10/09/09

Les lionnes ~ Jean-François Chabas

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 55 pages - 7,50€
illustration de couverture : Philippe Dumas

les_lionnesJean-François Chabas est un auteur que j'adore !!!
Il est très productif, pour mon plus grand plaisir, et a le talent de ne jamais se répéter. J'en tiens pour preuve ce petit roman qui est totalement, mais alors totalement, unique et exceptionnel.
A priori, le sujet n'est pas le plus palpitant. Ce sont deux lionnes, l'une est la mère, l'autre la fille. Elles choisissent de se séparer de la harde et partent près d'un campement d'hommes. L'occasion pour la mère de régler un compte personnel, qui date un peu, puisqu'elle n'a jamais oublié la mort de sa soeur par des humains qui se sont aidés de coups de tonnerre. Les deux lionnes se préparent donc à attaquer. Une grande première pour la fille, qui a un gabarit impressionnant, elle est grande, très forte, impose le respect autour d'elle. Ce face-à-face avec les hommes doit pourtant s'organiser, la tactique synchronisée, les sens en alerte, la soif du sang, l'instinct animalier, n'est pas lionne qui veut !
Je n'ai pas quitté ce livre avant la fin, pas perdu une miette et j'ai retenu mon souffle jusqu'au bout. J'étais ébahie, le coeur pris en étau, palpitant à fond les ballons. J'ignorais qu'on pouvait se glisser dans la peau de lionnes et de ressentir leurs émotions, de vivre leur vie à ce point.
Si ce n'est pas du talent, mais qu'est-ce que c'est !?!
J'adore, oui, tout simplement.

 

C'est la grande amour, le plus grand des sentiments
...

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09/09/09

Le plus vieux de la classe ~ Irène Cohen-Janca

DacOdac du Rouergue, 2009 - 70 pages - 6€

le_plus_vieux_de_la_classeL'histoire se passe au Kenya, à Tsévo. L'école ouvre ses portes à quiconque désire apprendre à lire et écrire, enfants et adultes qui vivent dans des villages reculés par exemple. C'est ainsi que se présente le "vieux", Zéfania. Il a un rêve : devenir policier. Mais il lui manque les connaissances pour passer le concours. Il se présente donc devant le portail de l'école, où John et ses camarades le dévisagent, stupéfaits et intrigués. La maîtresse se montre d'une gentillesse extraordinaire avec lui, et même la délicieuse Rebecca Lolosoli a des paillettes dans les yeux lorsqu'il s'exprime devant tous. Car le vieux est un héros, depuis le jour du buffle.

Ce petit roman nous raconte une histoire de tolérance et de courage, à travers les yeux d'un enfant - le narrateur, John - qui va prendre conscience des conditions difficiles de la vie dans le désert kenyan. John a des grands rêves pour sauver le monde, pour combattre la sécheresse et permettre à ceux qui souffrent de ne plus se priver d'apprentissage pour subvenir aux besoins de leur famille. C'est une histoire totalement dépaysante, pleine de générosité et porteuse d'un message simple mais touchant.
La fin est d'ailleurs très jolie.

 

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Un koala dans la tête ~ Elise Fontenaille

dacOdac du Rouergue, 2009 - 45 pages - 5€

un_koala_dans_la_teteNous poursuivons la découverte de la nouvelle collection dacOdac avec ce petit roman d'Elise Fontenaille au titre enchanteur : Un koala dans la tête.
C'est l'histoire de Charlotte, élève au collège, pas très consciencieuse dans son travail, souvent perdue dans ses rêveries, comme elle dit. Elle avoue être paresseuse par facilité et pour ne pas faire face aux trouilles qui font leur nid dans sa tête et son ventre. Son professeur principal en a cependant ras-le-bol et souhaite la bousculer en lui imposant un devoir oral - exposé au sujet libre. La demoiselle est bien embêtée et se confie à son père, qui va lui mettre entre les mains des livres en plus d'une photo trouvée par hasard dans ses affaires.
Un type qui ressemble à son père pose avec un koala sur la tête, le sourire éclatant. Qui est-il ? Son père est orphelin, n'a plus de famille, il vit séparé de la mère de Charlotte.
L'Australie et le koala font ainsi leur entrée dans la vie de la jeune fille.

Encore une belle lecture, faite de finesse et d'intelligence. J'ai beaucoup apprécié, entre le chemin qu'emprunte la narratrice et son portrait en douceur, j'avais mille raisons d'être séduite. Charlotte est un personnage atypique, rêveur, qui aime les livres et les récits de voyage. Elle s'amourache d'un pays aux antipodes de son paysage familier par la grâce d'une photographie, en plus de se découvrir une histoire de famille avec ses tiroirs secrets, et bien évidemment un tremplin dans la vie (scolaire) plus gratifiant que sa manie d'être 'caillou' (ne rien faire, se rouler en boule et attendre que le temps passe).
Jolie découverte, par l'auteur de Chasseur d'orages (disponible en doAdo).

A également été lu et apprécié par Bauchette qui s'interroge sur l'impact des couvertures.
(A titre personnel, j'aime beaucoup ce vert du Koala dans la tête.)

 

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Joyeux ornithorynque ! ~ Cécile Chartre

DacOdac du Rouergue, 2009 - 60 pages - 5,50€

joyeux_ornithoLa mère de Mado déteste le jour de son anniversaire - le 4 juin. C'est une pitié pour sa famille qui se creuse les méninges pour rendre la pilule plus douce à avaler, mais tous les efforts sont vains. Cette année, c'est la cata car la maman de Mado accuse 40 ans. Depuis un mois, le père en a mal au ventre à force de chercher une solution. Sur un coup de tête, il opte pour bannir le mot anniversaire et le remplacer par ornithorynque, et branle-bas de combat, toute la famille se niche dans le Combi pour aller en Espagne.

Je pensais me sentir proche de cette maman (hantise de l'anniversaire, hanlala), même pas. Par contre, j'ai retenu deux-trois trucs appréciables qui font que - maintenant - je vais moins râler le jour de mon anniversaire et savoir mieux apprécier l'instant présent. Je dis ça, je ne dis rien. C'est en tout cas le message précieux, délicat et sensible que ce petit roman vous divulgue. C'est l'histoire d'une famille sympathique qui va croiser sur son chemin une bonne raison de trouver la vie belle et formidable, en plus de se satisfaire d'être en vie et en pleine santé.

Un petit roman à déguster, qui figure parmi la toute nouvelle collection chez le Rouergue et qui s'adresse aux lecteurs qui ne lisent plus les ZigZag (que j'adore) et qui ne veulent pas encore se plonger dans les doAdo.
Testé et approuvé par ma fille, qui s'est esclaffée derechef : arf, c'est comme toi maman !
Tsss.

Mel et Jean de la Soupe de l'Espace ont a.d.o.r.é !

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08/09/09

Dernière phrase ~ Hélène Le Chatelier

Arléa, 1er / mille, 2009 - 90 pages - 13€

derniere_adresseForrest Gump a comparé la vie à une boîte de chocolat, la narratrice de Dernière adresse a cette petite phrase qui mériterait d'entrer dans les annales : le Flanby, comme la vie, ne tient jamais sa promesse d'un caramel généreux et opulent qui recouvrirait le tout d'une suavité un peu poisseuse et trop sucrée.

Niamh est une vieille dame, très, très âgée. Elle est arrivée au stade où elle se rappelle - son enfance en Irlande, son arrivée en France, son mariage avec Georges, le meilleur des maris, ses enfants, son veuvage, sa solitude, son ennui et son corps qui lâche l'affaire. Niamh ne tient plus debout, elle remplit son frigo de yaourts flanby, elle se fait pipi dessus, bref c'est le signal pour les enfants qui la confient à une maison de retraite. Ou, nursing home. Selon ses termes.

Le transfert est difficile, Niamh n'en peut plus d'être parquée parmi d'autres vieillards dans cet établissement où chaque geste est dénué de chaleur humaine. Tout est terriblement clinique, automatique. Sûr que ce climat la plombe... Niamh ne baisse pourtant pas les bras.
Dans tous les cas, vieillir c'est perdre. Perdre et se résigner à perdre. Se dépouiller de toutes ces choses parfois si chèrement acquises. C'est ça. On passe la fin de sa vie à se défaire de ce qu'on a mis tant de temps à acquérir.
Faut-il vraiment arriver au bout dans cet état de dénuement, de dépouillement de soi, sans artifice ?
Je ne m'y résous pas.
J'en veux encore.
Encore un peu.
Encore beaucoup.
Plus.
Toujours.
J'ai aimé cette vie, malgré tout.
Je l'ai aimée à m'en rendre malade.
J'en suis gourmande.
J'en veux encore.
J'ai faim encore.

Parce qu'il ne fallait pas s'attendre à un petit roman déprimant, le sujet parle de la vieillesse et de la fin de vie, mais c'est fichtrement bien raconté. Niamh est une narratrice extraordinaire, pleine de verve, avec un humour fin et plein d'esprit. Ok, ça yoyote un peu dans sa tête, elle a des lubies de collection improbable (après les yaourts, ce sont les stylos), mais bon sang, elle l'affirme crânement : Quitter le réel, c'est ce que je cherche justement ! Je parle toute seule, et alors ? J'assaissonne ma vie à ma façon. Je ne suis pas démente, j'ai de l'imagination. C'est tout. Ce n'est pas la même chose.

Bref, dans la vie, tout est bon... sauf la fin ! Niamh nous en offre un formidable exemple.
A méditer sagement.

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Meurtres entre soeurs ~ Willa Marsh

Traduit de l'anglais par Danielle Wargny
Autrement, 2009 - 205 pages - 18€

meurtres_entre_soeursEmmy et Livy sont demi-soeurs. Au lendemain de la guerre, le père de l'une a épousé la mère de l'autre, et tout ce joli petit monde a recréé une famille unie dans une agréable maison dans la vaste campagne de Londres. Un bébé vient souder ce bonheur sans nuages, Rosie, aussitôt considérée comme la petite princesse. Elle  forme le trait d'union d'un amour doux et ronronnant. Mais les soeurs voient rouge, cette petite soeur les agace, elle accapare l'attention des parents, elle est pourrie gâtée et son caractère la rend insupportable. A deux, Emmy et Livy complotent et rêvent de s'en débarrasser. Projet fou de gamines qui ne feraient pas de mal à une mouche... et pourtant l'avenir parle d'une prophétie à faire glacer les sangs chez cette fratrie qui va en voir des vertes et des pas mûres.

Les relations entre Livy, Emmy et Rosie vont empirer. La dernière des filles est une horrible peste, profiteuse et opportuniste, calculatrice, machiavélique. En s'acoquinant avec son double masculin, Rup, surnommé Porcinet (il gloutonne toute la sainte journée !), le couple s'est trouvé, et l'étincelle du mal luit de mille feux.

Le temps passant, il incombera aux soeurs de sauver leurs intérêts, de réfléchir, de se souvenir, d'assembler les morceaux d'un puzzle qui rend chèvre. Emmy et Livy ont tout loupé dans leur vie, elles le doivent à leur cadette, est-ce possible, elles n'en croient pas leurs yeux, hélas Rosie n'est pas avare de nouvelles ruses qui ont pour but de mettre sur la paille les aînées. Plus, toujours plus. Rosie aiguise ses griffes de rapace, elle veut la maison, elle veut les meubles, elle veut l'argent. Elle veut tout, par tous les moyens.

Laissez-vous surprendre, dépassez la vilaine couverture qui n'invite pas à la découverte car ce roman est une pure et exquise comédie noire, comme seuls les auteurs anglais ont le talent de nous offrir. C'est sarcastique, désopilant, agaçant, jusqu'au boutiste et immoral. La monstruosité des personnages comme Rosie, Rup et leur fille Alice nous semble proprement abjecte, malgré cela c'est un régal d'humour caustique. Face à eux, la paire Emmy-Livy présente une bonhommie naïve et touchante, parfois exaspérante, je n'en revenais pas, tant de déconfiture, tant d'innocence confondue, mes aïeux, réveillez-vous ! La fin, cependant, s'achemine sur un malicieux imbroglio... ah ! le goût des bonnes tartelettes aux baies. Tout un poème. N'a-t-on jamais dit que la gourmandise était un vilain pêché ?
Sur ce, régalez-vous sans retenue !

Extraits :

Cette fieffée Pamela parle aux deux filles de la chance qui leur est offerte et elles sont tout excitées. N'ont-elles pas dévoré toutes les histoires de pensionnat d'Enid Blyton ? N'ont-elles pas rêvé de festins nocturnes, de jouer au hockey ? Elles ont hérité des gènes de l'actrice et du pilote de chasse. Elles meurent d'envie d'expérimenter, d'explorer, de tester leurs limites. Elles meurent d'envie de s'éloigner de Mo et Pa et par-dessus tout, de Rosie. Elles supplient qu'on les envoie en pension. Mo est abasourdie et chagrinée de constater qu'Emmy et Liv sont tout à fait prêtes à être séparées. Elles pressentent que le moment est venu de changer de vie. Cela fait quatre ans qu'elles sont interchangeables, Livy et Em, Emmy et Liv. Mo s'est même arrangée pour qu'elles fêtent leur anniversaire le même jour, à égale distance entre les deux dates. Elles vont jusqu'à partager le même gâteau avec le double de bougies. Mo les habille de façon identique, comme si elles étaient jumelles. Elles désirent se libérer de tout cela et affirmer chacune leur personnalité.

(...)

De tous, c'est Rosie la plus heureuse. Elle grandit dans une atmosphère de serre, où lui sont prodiguées adoration et générosité. Tout ce dont Livy et Em ont été privées à cause de la guerre, Rosie en bénéficie, au centuple. En d'autres termes, elle est gâtée pourrie. Pas besoin - comme c'était le cas pour Livy et Em - de stratégies ou de cajoleries pour obtenir ce qu'elle veut. Tout lui tombe tout rôti dans le bec. Elle est blonde aux yeux bleus, comme Pa, souple et mince, comme Mo, mais elle n'a pas du tout hérité de leur douceur et de leur gentillesse. Elle est le croisement de la vieille mère calculatrice de Mo et du vieux père égoïste de Pa. Une combinaison redoutable. (...)
A l'âge de cinq ans, Rosie connaît ses parents sur le bout des doigts et les fait manger dans le creux de sa main. A dix ans, elle pourrait en remontrer à Iago, question rouerie. Lorsque ses soeurs rentrent, aux vacances, elle les observe attentivement. Elle devient championne de stratégie en deux temps trois mouvements. Elle n'a jamais entendu l'expression "diviser pour régner", mais elle sait parfaitement la mettre en pratique.

(...)

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07/09/09

Pirate des Garages-Vides ~ Corinne Lovera Vitali

Editions Thierry Magnier, 2009 - 85 pages - 7,80€

pirate_des_garages_videsRapport au juge, rapport aux adultes qui s'interrogent, rapport à la vie qui ne fait pas de cadeau.
Jim, seul, doit rédiger les derniers événements survenus durant les mois écoulés, depuis janvier, pour faire le vide dans la tête, bien amochée, d'ailleurs, avec un oeil poché et la boule à zéro. Jim revient sur tout, son enfance, son père au trou, sa mère à son tour inquiétée, le gamin confié à Nini, l'amie de la famille, ou disons qu'il fallait le planquer, dans une cantine rouge, et sursauter au moindre bruit suspect, veiller à toute visite inquiétante... Jim en a plein le sac de ses histoires, il fait son rapport, comme lui demandent le juge, Alexandra la princesse, sa prof en fait, et José le psy. Cela ne peut pas être pour un mal, contrairement à ce que pense Sophie, ainsi expliquera-t-il cette histoire de pirate des Garages-Vides, mais en passer par là demande aussi un long travail de visualisation globale.
Le rapport de Jim peut paraître bien décousu au départ, pas franchement engageant, mais ce serait se leurrer d'imaginer un compte-rendu d'une vie de râtés avec son lot de misère et de galère. Taratata. Le rapport est rédigé à la première personne, du coup le texte de Jim est une claque, pour vous dire lisez-moi, vous ne le regretterez pas. En effet, tout vient du coeur, c'est bien raconté, avec les tripes et l'envie, en passant par les zigzags. Signe des temps difficiles avec éclaircie au tournant.
C'est très court, seulement 80 pages, mais c'est tout à la fois juste, poignant, irrésistible, drôle, bizarre, prise de tête, intelligent et sensé. Et ça vous plante le clou bien comme il faut, là où il faut.

Madeline, libraire à L'Eau Vive, s'est sentie "trop remous dans le coeur".

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06/09/09

D'Or Que Landes, ou L'étrange aventure d'Harvey Squire ~ Denis Bretin

Syros "Hors Série", 2009 - 224 pages - 14,90€

dor_que_landesCe livre appelle les soirées d'hiver, pas celles qui vous dépriment toute la saison, mais celles qui vous voient blottis sous la couette ou au coin du feu en train de bouquiner au point de ne plus vouloir mettre le nez dehors.
C'est l'histoire d'un fils de barbier, Harvey Squire, il a dix ans et il est forcé de sortir par la glaciale nuit de Noël pour raser le mort du manoir des Fearnwood. Le chemin est long, le gamin doit traverser les landes mystérieuses et inquiétantes de ce bourg écossais, nous sommes en 1862.
Accueilli par le majordome revêche, Harvey pénètre chez les Fearnwood en tremblant comme une feuille. Il accomplit sa tâche, s'apprête à repartir lorsqu'il surprend une conservation entre deux types dans la bibliothèque de la maison. Le mort aurait caché un trésor, mais impossible de trouver le moindre indice. La suite se perd dans un brouhaha, car Harvey doit regagner le foyer où son père est en train de cuver son vin.
Depuis cette nuit de Noël, la vie d'Harvey Squire va changer. Il va faire la connaissance d'un libraire, Boniface Swifft, et d'une charmante et intrépide demoiselle, Amélia Fearnwood, qui lui confiera la suite de la discussion entendue dans le secret.
Inutile de vous en révéler davantage, si ce n'est que l'histoire s'annonce palpitante. Tout se passe dans un cadre fantastique, avec des énigmes à décoder, des vieilles légendes vont revoir le jour pour comprendre le secret du vieux Fearnwood qui est mort, probablement empoisonné, et rendu fou par ses propres découvertes.
Ambiance merveilleuse et fascinante !
De plus, le narrateur est un jeune garçon sympathique, naïf et courageux, malgré les nombreuses embûches sur son chemin. Et puis, il n'a pas la vie facile mais il trouve un formidable appui auprès de son meilleur ami Julius, avec lequel il ambitionne de devenir libraire et éditeur.
A Drisdale, petit village écossais, la lande est sauvage, hantée par des fantômes et le théâtre de scènes hallucinantes, qui vous donneront le frisson. On croirait un roman d'inspiration victorienne, un conte ou une nouvelle fantastique, tout cela ensemble, c'est clair,  l'auteur n'a pas hésité à puiser dans divers registres pour nous servir une lecture savoureuse et tout simplement envoûtante !

 

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05/09/09

Un dîner surprise, Olivia et la cerise sur le gâteau !

 

 

en cette rentrée, il y avait quelques albums jeunesse qui me disaient bien, des rendez-vous attendus, comme le p'tit dernier de mademoiselle zazie par exemple, plus : le prochain la fée coquillette, deux nouveaux rita et machin et la mélodie des tuyaux de benjamin lacombe (tout ça, en octobre, yep !), mais voici déjà :

le dîner surprise, par astrid desbordes et pauline martin, toutes deux coupables des rêveries d'un hamster solitaire, mon lien ici pour se rappeler cet album que j'avais beaucoup aimé.

le_diner_surpriseCette fois, l'histoire est un peu moins surprenante. Cela raconte une étrange soirée durant laquelle la poule attend ses invités, l'ours, l'écureuil et la souris, pour déguster un gâteau au fromage frais, avec des baies et des grains de sucre. Premier contretemps, un invité surprise frappe à la porte qui s'ouvre sur un loup frigorifié (la neige tombe à gros flocons). Notre bonne poule l'invite à prendre un thé chaud pour se réchauffer. Elle l'installe dans la cuisine. Deux secondes après, on frappe de nouveau à la porte. C'est l'ours, avec sa petite motte de beurre, et aussitôt il affiche une mine déconfite face à son hôtesse et son gâteau au fromage et il part en courant. La poule s'étonne, de plus cela se répète avec l'écureuil et la souris. C'est triste pour elle, tous ses efforts pour une soirée exceptionnelle, avec un mets savoureux, non pas une soupe à la carotte. Elle se confie au loup, lequel a repris du poil de la bête. Hmm. Trop naïve, notre poule ? A vous de juger. C'est beaucoup moins drôle (piquant) que les rêveries d'un hamster solitaire, mais c'est tout à fait charmant. On sourit, surtout.

albin michel jeunesse, 2009 / 10€

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oliviaplace maintenant à l'incontournable de la saison, j'ai nommé : Olivia qui revient en une version tout-carton du premier opus des aventures de cette petite cochonne (lauréat du prix baobab de l'album en 2000).

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas relu Olivia, aussi ce fut un grand plaisir de m'y replonger. Maintenant, je vous le confie, Olivia et ma miss C., même combat. Deux fillettes douées, pleines d'énergie, épuisantes pour leur entourage, curieuses, gourmandes, bavardes et j'en passe. Deux petites scènes m'ont fait penser à ça : Le matin, quand elle se lève, elle emmène le chat, elle se brosse les dents, se coiffe et remmène le chat. (Chez nous, vous imaginez juste un chien noir.) Après un bon bain, et un bon dîner, c'est l'heure d'aller au lit. Mais, bien sûr, Olivia n'a pas du tout sommeil. "Maman, juste cinq livres ce soir", dit-elle. "Non, Olivia, un seul. - Quatre, alors ? - Deux. - Trois ! - D'accord, trois, mais c'est tout."
Je vous dispense (faute de mieux) des illustrations qui sont un atout complémentaire à cette lecture. C'est tout bonnement drôle, une bouffée d'air frais rien qu'à contempler, et le reste sert un peu de légende qui vous tire le sourire jusqu'aux oreilles.

Seuil jeunesse, 2009 / 10 € . Mel de La soupe de l'espace en parle ici.

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attention, dernier point de contrôle : une nouvelle enquête de l'inspecteur Lapou droit devant !

cerise_gateauVous prenez un gâteau au chocolat, une cerise qui se fait la malle de sa branche, une foire d'empoigne et beaucoup, beaucoup de gourmandise autour. Remuez, ou tournez les pages, et vous obtenez un savoureux moment à parcourir toute seule, comme une bonne maman égoïste, après tout, se faire plaisir est un gage de lutte contre le vieillissement précoce. (C'est juste moi qui le préconise. Mais je suis sûre de ne pas me tromper !)
Comme d'habitude, il n'y a pas franchement d'enquête, l'inspecteur Lapou est plus débonnaire que jamais, il suit le mouvement, et son flegme ne le quitte pas une seconde. Tant mieux, cela rend la lecture piquante et décalée. Oui, j'aime beaucoup. En bonus, cette fois nous avons droit à la recette de la cerise sur le quatre-quart (très facile).

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2009 / 7€

Pour les plus jeunes, il y a aussi l'âne Trotro mène l'enquête, façon Club des Cinq sur la piste du goûter disparu. Et celui-ci ne coûte que 2€ !

trotro_mene_lenquete

04/09/09

Les mains rouges ~ Jens Christian Grondahl

Gallimard, 2009 - 204 pages - 14,90€
traduit du danois par Alain Gnaedig

les_mains_rougesVous passerez la quatrième de couverture qui vous raconte tout le roman, comme Une année étrangère de Brigitte Giraud. C'est un choix de l'éditeur, qui me laisse légèrement sceptique.
"Les Mains rouges" est un roman sur le passé, la culpabilité et le pardon. Cela commence avec la rencontre entre le narrateur et une femme prénommée Randi dans la gare de Copenhague, en 1977. Cette femme lui confie la clé d'une consigne et disparaît sans laisser de traces. Peu de temps après, le type la retrouve, découvre qu'elle porte une fausse identité et la voit de nouveau s'échapper dans la nature.
Des années vont passer, chacun a fait sa vie jusqu'au jour où l'homme la croise par hasard dans la rue. Les secrets de Randi n'ont jamais cessé de hanter le narrateur qui se montre impatient et de plus en plus séduit par cette femme troublante.
Très vite, on apprend qu'elle fuit un passé qui la hante et la terrorise, elle craint le retour de fantômes venus lui réclamer des comptes, et cela va se confirmer.
Je n'ai pas franchement adhéré à cette histoire, pas su cerner la finesse des ambiances propres aux romans de Grondahl (qu'on surnomme pompeusement le Modiano danois !). A vrai dire, je me suis singulièrement ennuyée. 
Ce cru 2009 n'a pas, selon moi, l'étoffe d'un Piazza Bucarest ou d'un Bruits du coeur, deux autres romans de l'auteur que je recommande chaudement.

l'avis de la librairie Mollat 

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