Drugstore, 2009 - 65 pages - 13,90€

«Love» est le nouvel album d'Hélène Bruller, à la couverture aussi colorée et pétillante qu'un disque de Mika. (copyright : lematin.ch)

LOVE_BRULLER

Grande première, Hélène Bruller a cessé de parler d'elle dans ses albums (Je veux le prince charmant  ; Je veux toujours le prince charmant ; Hélène Bruller est une vraie salope ; Les autres filles... et leurs mecs ; etc.). Du moins, c'est ce qu'elle nous annonce en préface où elle annonce qu'elle a de l'amour à revendre et souhaite attirer notre attention vers cette espèce rare et précieuse que représentent ses amis ! Mais à travers le portrait des uns et des autres, c'est aussi (et toujours!) un peu d'elle dont il est question. Et ça tombe bien, car j'aime beaucoup son humour.

Hélène Bruller a plutôt du souci à se faire après la publication de son album : ses amis, elle les aime beaucoup... surtout quand ils sont nuls (dixit la 4ème de couverture). Et ça balance pas mal, les petites vannes, les plaisanteries bien vaches, les tacles par derrière, les pointes d'ironie, l'humour gras, bienvenue à la soirée Petits Meurtres entre Amis. C'est autour d'un dîner que les présentations sont faites, du meilleur ami hype-gay, à la copine hyperactive ou karma-girl, qui a besoin de prier avant chaque bouchée de nourriture avalée... Je ne vais pas faire le tour de la galerie, car tous les personnages ont à tour de rôle leurs grands moments (mention spéciale pour testostérone man, l'homme qui dit non et l'homam).

En fait, le ton du livre se retrouve dans l'extrait avec la Wonder Woman, la femme trop parfaite qui, même en retard, arrive avec des bougies de votre parfum fétiche, souriante et pleine d'excuses, bref impossible de lui en vouloir d'être ce qu'elle est (juste parfaite !). Donc, il est dit ceci : On reconnaît bien le style d'Hélène : même ses compliments sont des saloperies.

J'ai déjà lu les autres albums d'Hélène Bruller, j'ai toujours pris grand plaisir à les découvrir (surtout celui du Prince charmant). Ce sont des retrouvailles sympathiques, pour qui n'a pas peur de la garce-attitude de la maîtresse de maison, et le ton délicieusement barré et graveleux lui donne juste ce qu'il faut de piquant. C'est bon de se détendre, puis de faire son propre tour de table et ricaner en pensant, welcome back mauvaise foi girl ou sors de ce corps, mère teresa ...

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