16/05/10

Blue Cerises saison 3

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" Les Cerises, c'est la possibilité d'être nous, tels quels, sans masque, sans paraître. Un cocon, peut-être, où nous pouvons nous protéger de tout le reste. " (Satya, de musc et de havane)

Voilà une troisième saison beaucoup plus rude pour nos Cerises. C'est le soir du réveillon de la saint-sylvestre, tous les quatre se rendent à une fête costumée, mais rien ne se passe comme prévu. Violette apprend que son frère a disparu, Amos pète un câble et lui envoie un scud en pleine figure, Zik et Satya frisent le rapprochement avant de revenir sur terre pour recoller les pots cassés. Quelle soirée !

Après la saison des secrets, voici la saison des révélations et du sentiment de trahison. Les masques tombent, le fantôme d'Olivia revient tous les hanter, entre apparition surréaliste ou harcèlement d'un dégénéré, les Cerises sont paumés et ont besoin de leur amitié pour ressouder les liens qui se desserrent. Or, l'amitié bat des ailes. Zik a le sentiment d'avoir été mise de côté, Amos a cru pouvoir se séparer de sa famille qui part au Canada en se consolant auprès des Cerises, mais soudain le déchirement devient vif et inexplicable, Violette a bafoué la confiance de ses proches, aujourd'hui elle en paie douloureusement le prix, et enfin Satya ne veut pas entendre parler de ce type débarqué de New York qui aurait bien connu ses parents en Inde. A l'instar de ses amis, il préfère se protéger de la réalité, ne pas affronter certaines vérités, trouver un refuge ailleurs, à la Cinémathèque par exemple. Quand on a toujours compté l'un pour l'autre, et l'un sur l'autre, cela devient subitement troublant de ne plus rien retenir et de découvrir que tout se délite. Et le désespoir de Zik est juste beau, poignant et émouvant.

" J'y ai tellement cru, aux blue Cerises, j'ai tellement cru qu'ils m'aidaient à vivre. Notre mot de passe n'est-il pas : "On en parle ?"
Dans ce cas, pourquoi est-il si difficile de se dire les choses ? N'y a-t-il pas une gigantesque supercherie à croire que l'on ne peut être rien sans les autres ? Je n'en peux plus. J'ai envie de hurler. Je ne supporte plus cette hypocrisie de merde. "
  (Zik, lonely cat)

Les blue Cerises, c'est l'amitié puissance 4. Une amitié fusionnelle, qui n'est pas épargnée par les coups de griffes, mais après tout il faut aussi grandir dans la douleur, et comme nos petits Cerises ont un goût inné pour la dramaturgie (on ne se gave pas de cinémathèque en apprenant par coeur les répliques implacables pour rien !), tout ça vous vrille le coeur et le corps. Cette saison se boucle donc sur une note d'amertume, en même temps lire quatre fois une cinquantaine de pages où les émotions sont intenses et exarcerbées ne peut pas se terminer autrement. Et c'est avec une certaine boule au ventre qu'on repose nos quatre petits bouquins, avec des questions qui passent en boucle, comme de ne pas comprendre où Amos a perdu la raison, à une lettre près (ça signifie "entendre son coeur") et sur quelle épaule Zik a calé sa tête (en se glissant dans la peau de Scarlett).

Donc, les larmes, les cris, la colère, la boisson, les notes de musique ont beaucoup versé dans cette saison mais c'est un mal pour un bien. Cette série, à travers son concept, son idée, son style et son portrait de quatre adolescents inséparables, montre que l'union fait la force.

En attendant un dénouement apaisant (Zik / Satya ?!?), la saison 3 a posé les bonnes questions : " Pourquoi cette violence ? (...) Où est ma place dans cette histoire ? Je suis libre d'être ce que je suis. Les ailes froissées, je me cogne, encore et encore, aux lumières de la vie. Et je me consume. " (Violette, la minute papillon)

La saison 3 des Blue Cerises comprend :

* Violette, la minute papillon ~ Cécile Roumiguière
* Zik, lonely cat ~ Maryvonne Rippert
* Amos, anticorps ~ Sigrid Baffert
* Satya, de musc et de havane ~ Jean-Michel Payet

Milan, coll. Macadam (2010) - 4€ chaque livre.