22/03/11

Indiana Teller : Lune de Printemps

IMG_3051Les aventures d'Indiana Teller pourront séduire les plus jeunes lecteurs (dès 11 ans) mais satisferont difficilement un lectorat aux attentes plus exigeantes. Ce n'est pas que l'histoire soit mauvaise, elle n'est cependant pas très originale et semble surfer sur la tendance actuelle qui fait les beaux jours des intrigues avec des créatures fantastiques, comme les loups garous. (Toutefois, comme on le sait, il faut en prendre et en jeter !)

Indiana Teller, en hommage au célèbre aventurier de l'Arche perdue, est fils de loup garou, petit-fils de l'Alpha, orphelin depuis la mort de son géniteur, suite à un drame familial. La mère d'Indiana est folle, c'est elle qui s'est acharnée sur son époux, elle vit aujourd'hui dans un internat spécialisé. Ce n'est pas une louve, mais une rebrousse-temps. Une particularité qu'a également héritée le jeune garçon. (Sous le coup d'une émotion, le garçon s'éclipse et voyage brièvement dans le temps.)

Longtemps, il a grandi avec cette frustration d'être le plus petit, le plus frêle, celui qui ne se transforme pas, au sein d'une meute où les corps gras, lourds et costauds s'imposent. Malgré tout, l'enfant a souvent tenu tête, s'est même entraîné en cachette pour acquérir expérience et maîtrise du combat, et en devenant jeune homme, n'a pas hésité à affronter les siens pour aller à l'université. C'est un peu contre les règles du clan, comme le fait de ne jamais s'amouracher d'une humaine - sous peine de condamnation à mort. C'est sûr que ça ne semble pas la foire tous les jours, mais ce sont des principes ancestraux sur lesquels le grand-père d'Indiana s'appuie en tant que Grand Seigneur des Loups.

Or, Indiana a cette spécificité de braver les interdits - en ne se transformant pas, du fait de son patrimoine génétique qu'il doit protéger comme un secret, en se liant d'amitié avec un Semi, l'ennemi juré du loup garou depuis toujours, en s'éloignant de la meute et en rencontrant des humains, envers lesquels il est attiré, et surtout en tombant fou amoureux de Katerina, la plus jolie fille de l'université.

L'histoire est mignonne, l'intrigue n'est pas très solide, même si cela ne manque pas de scènes d'action ni de rebondissements, mais j'ai trouvé l'ensemble plutôt convenu et prévisible. La personnalité d'Indiana m'a aussi posé un problème, car je le trouvais souvent immature pour un garçon en âge d'entrer à l'université. Et je pense que c'est un gros souci pour qui espère lire cette série - quel lectorat est visé ? Selon moi, c'est davantage indiqué pour les plus jeunes. Si seulement Indiana avait été collégien, ou lycéen, je pense que mes attentes auraient été revues à la baisse. Car je me suis sentie frustrée !

Globalement, j'ai trouvé l'histoire assez lente à démarrer, toute la partie sur l'enfance et l'adolescence du garçon, trop détaillée, m'a très moyennement intéressée. De plus, il n'y a rien de neuf dans le récit - les conflits au sein de la meute, la jalousie entre les clans, les menaces et tentatives d'assassinat, même la révélation du coupable n'est guère surprenante, sans compter l'histoire d'amour *fatalement* impossible - avec l'humaine, Katerina. Plus d'une fois, j'ai trouvé certains éléments cruches et désespérants de naïveté. Cette série est donc à considérer avec énormément de recul, ou à conseiller aux plus jeunes.

Indiana Teller, tome 1 - Sophie Audouin-Mamikonian
Michel Lafon (2011) - 375 pages - 17€

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Teaser Tuesday #12

TuesdayteaserNotre père, Nils Swedenborg, est si gentil. Toujours prêt à rendre service, attentionné presque à l'excès, d'une inébranlable tendresse. Il est aussi travailleur, et fort doué de ses mains. On ne connaît pas de meilleur charpentier. Non seulement il est habile et minutieux, mais malgré ses cinquante-deux ans il a conservé une belle énergie et soulève une poutre de frêne comme si elle était faite de carton.
Ce n'est pas non plus un mauvais cuisinier ; il lui arrive souvent de réussir d'excellents ragoûts, et de merveilleux gâteaux.
Sa fidélité est celle d'un chien de berger. Il n'a qu'une parole. Je ne l'ai jamais entendu mentir.
Il est bel homme, autant qu'une fille puisse juger l'apparence de son père.
Quel que soit le temps, quoi qu'il arrive, il est gai. Un vrai pinson, toujours à siffler ou à chanter.
Oui, vraiment, que de qualités.
Si seulement il n'était pas aussi bête.
Cela lui aurait évité d'épouser une sorcière.
Les sorcières de Skelleftestad - Jean François Chabas

C'était un mercredi. Le jour de la semaine où on a l'impression que vendredi ne viendra jamais. Et il faisait froid. Pas assez pour qu'il neige, mais un froid d'automne, lumineux et mordant, avec un vent glacé qui annonçait l'hiver. Bref, un jour à ne pas mettre le nez dehors. Un jour à rester bien au chaud, roulée en boule sur le canapé avec une tasse de chocolat fumant.
Belladonna Johnson parle avec les morts - Helen Stringer

Il paraît qu'au début, juste après le Retour, le parc d'attractions est quand même resté ouvert. Ils disaient que ça leur rappelait le temps d'avant. Le temps où ils n'étaient pas obligés d'ériger des clôtures, des murs et des barrières pour se protéger contre les masses de Mudos qui sont dans une quête perpétuelle de chair humaine. Le temps où les vivants n'étaient pas traqués à chaque instant.
Ils disaient que ça leur donnait l'impression que tout était normal.
Rivage Mortel - Carrie Ryan

Now that I've found the way to fly, which direction should I go into the night ? My wings aren't white or feathered ; they're green, made of green silk, which shudders in the wind and bends when I move - first in a circle, then in a line, finally in a shape of my own invention. The black behind me doesn't worry me ; neither do the stars ahead.
I smile at myself, at the foolishness of my imagination. People cannot fly, though before the Society, there were myths about those who could. I saw a painting of them once. White wings, blue sky, gold circles above their heads, eyes turned up in surprise as though they couldn't believe what the artist had painted them doing, couldn't believe that their feet didn't touch the ground.
Those stories weren't true. I know that. But tonight, it's easy to forget.
Matched - Ally Condie