03/04/11

There's rosemary, that's for remembrance.

IMG_3288J'ai été immédiatement happée par l'histoire, me délectant du ton doux et mélancolique de Lenah, jeune femme vampire qui vient d'accomplir un rituel pour redevenir humaine. Le miracle a eu lieu, Lenah a de nouveau seize ans, son protecteur, Rhode, s'est sacrifié pour elle. Mais pas le temps de s'apitoyer sur son sort, Lenah a soif de vie et de liberté. Elle se délecte de retrouver ses cinq sens, se gorge de soleil, pose un regard neuf et ébloui sur tout ce qui l'entoure, découvre aussi l'amitié avec Tony, puis l'amour avec Justin. Cet incroyable retour à la vie lui fait également prendre conscience des choix malheureux de son passé. Elle était une vampire puissante et redoutable, avait créé son cercle et sait qu'elle va devoir rendre des comptes. Ses anciens compagnons vont bientôt se mettre à sa recherche, car son nouveau choix de vie signe aussi son arrêt de mort.

Je ne vous cache pas le trouble derrière cette histoire, nimbée de beauté éthérée, de contemplation de la vie, d'intuition et de sens moral à double tranchant. J'ai été séduite par toute la première partie du récit, me glissant dans la peau de Lenah afin d'apprécier, comme elle, son cadre de vie et ses petits bonheurs quotidiens. Lenah est très sensible aux détails quelconques, pose un regard neuf sur des banalités, ose de nouvelles expériences, va au-devant des rencontres. Elle connaît le secret des plantes et des herbes, parle leur langage, cultive un rapport quasi mystique avec sa nature d'humaine. Elle s'entoure ainsi d'une aura délicate et qui subjugue. J'étais hypnotisée ! La partie sentimentale est plus accessoire, même si elle participe au charme général. Lenah est complètement fascinée par Justin, quand elle l'évoque, c'est en des termes d'aveuglement et de magnétisme. J'ai trouvé que c'était très beau, et pas niais. Mais de manière générale, l'auteur a su donner un charisme fou à chacun de ses personnages.

La transition entre la première et deuxième partie est un peu plus biaisée et j'ai regretté certaines réactions et attitudes, le basculement de situation fait entrevoir une réalité plus amère et pesante. Jusqu'alors, j'avais de Lenah une image d'icône intouchable, à la façon d'une Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, et j'étais envoûtée par cette atmosphère classieuse. En fait, tout ce qui survient aux alentours du Bal d'Hiver et après m'a un peu moins touchée. C'est brouillon et vaguement larmoyant, l'action part un peu dans tous les sens, et n'est même pas très crédible par instants. Ceci dit, cela ne m'a pas empêchée d'être captivée par le dénouement. (L'édition en VO offre le premier chapitre du tome suivant, cela atténue le suspense mais réactive l'envie de se procurer la suite très vite !) Il ne faut pas se tromper sur ce roman, il est plus tourné sur l'introspection, sur son ambiance vaporeuse et subtile, et beaucoup moins sur les actes et les retentissements. C'est une histoire délicate, avec une héroïne touchée par la grâce, qui laisse planer un certain spleen. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cet aspect.

Humaine - Rebecca Maizel
Albin Michel, coll. Wiz (2011) - 450 pages - 16€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

> les avis de Lily et Francesca

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02/04/11

Pêle-mêle Clarabel #27

Un peu d'évasion parce qu'il fait beau et que c'est le weekend !

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extraits - Un dragon dans la tête de Pittau & Gervais (Gallimard jeunesse, 2011)

Le deuxième poème, On peut, me fait penser au Cancre de Prévert.

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Et j'ai aimé aussi me promener dans l'herbe et découvrir ce qu'elle cache à travers le regard d'une petite fille.

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Dans l'herbe, de Yukiko Kato & Komako Sakaï (L'école des loisirs, 2011)

Et la palme de la jolie couverture revient à Lela Mari et Les animaux dans le pré.

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Dans ce livre, il n'y a pas de mots. Ce sont les images qui racontent, non pas une, mais beaucoup d'histoires. Des histoires de couleurs, d'odeurs, et des histoires d'animaux. Autant d'histoires qu'il y a d'animaux dans ce pré. Des animaux qui jouent, qui se tournent le dos, se guettent, se tendent des embuscades.

(Avec pages cartonnées, pour petits lecteurs !)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 15

01/04/11

"Oh, Darcy ! You have such a way with the ladies."

IMG_3118Présenté sous forme d'hommage au roman de Jane Austen, ce calque de Pride & Prejudice est une agréable lecture, romantique et divertissante, mais malgré ce plaisir, il faut reconnaître que ce n'est pas non plus follement renversant car l'intrigue est plate, prévisible, surtout pour ceux qui connaissent l'oeuvre originale.

Prom & Prejudice d'Elizabeth Eulberg se passe de nos jours, sur la côte Est des Etats-Unis, dans deux écoles bon chic bon genre (Longbourn pour les filles, Pemberley pour les garçons). Lizzie Bennet est élève boursière, ce qui revient à porter une cible sur le front, ses camarades sont tous riches et lui font sentir qu'elle n'a pas sa place parmi eux. Mais Lizzie est une talentueuse pianiste, elle a survécu à son premier semestre et ne veut pas décevoir ses parents, elle s'est jurée de ne plus se laisser marcher sur les pieds. Et c'est sur Will Darcy que son sens aigu de la rancune va se prononcer. Le garçon rentre d'un voyage à Londres avec son ami Charles Bingley, ce dernier est le chéri de Jane, la meilleure amie de notre héroïne, ils se retrouvent lors d'une soirée où Lizzie et Darcy vont cordialement afficher leur mépris respectif !

L'histoire se compose ainsi des malentendus et autres incompréhensions qui empoisonnent le couple - tous deux têtus, bornés, aveugles et rongés par leurs préjugés. La trame romanesque ne change pas d'un iota. Je n'ai hélas pas retrouvé la scène de la chemise mouillée, un comble impardonnable, mais l'essentiel du casting répond à l'appel (même l'horripilant Colin est de service, de même George Wickham dans son rôle de bad boy). Les personnages principaux n'ont toutefois pas beaucoup d'envergure - le couple de Jane et Charles est d'une fadeur, c'est à se demander à quelle époque ils vivent. De toute façon, toute démonstration affective m'est apparue compassée et sans étincelle. La seule surprise a été pour moi la scène au Carnegie Hall, où Lizzie et sa mère ont été conviées pour le concerto d'une célèbre pianiste.

Non, franchement cela n'a pas été une lecture déplaisante, loin de là. Il faut toutefois savoir qu'on ne retrouve pas l'humour et l'esprit de Jane Austen, et je pense que c'est un livre qui s'adresse surtout aux plus jeunes lectrices. Etant donné ce que j'ai déjà lu dans le même genre (Polly Shulman, Mandy Hubbard), j'ai trouvé que cette lecture, rapide et légère, a le goût délicieusement sucré d'une friandise, qui disparaît aussitôt après le brossage de dents. Sympathique donc, mais pas nécessaire. Sauf si on a envie de souffler entre deux rendez-vous qui vous mettent la tête à l'envers.

du même auteur :  The Lonely Hearts Club.

Prom & Prejudice - Elizabeth Eulberg
Published January 2011 by Point

LUENVOLu en VO - 13 

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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