31/05/11

One choice can transform you : Divergent

Those who blamed aggression formed Amity.
Those who blamed ignorance became the Erudite.
Those who blamed duplicity created Candor.
Those who blamed selfishness made Abnegation.
Those who blamed cowardise were the Dauntless.

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 A quoi reconnaît-on que ce livre et pas un autre va vous coller à la peau pendant un bon moment ? Dès la dernière page tournée, le sentiment de manque vous assaille. Malgré tous vos efforts, impossible de ralentir votre rythme de lecture. Le temps passe, et vous y pensez toujours. Au fil des pages, vous avez aimé, détesté, versé quelques larmes, poussé des cris de stupeur, senti votre coeur battre très fort... Parce que, moi je vous le dis, Divergent est le nouveau phénomène littéraire ! Celui qui peut battre The Hunger Games de Suzanne Collins (ou au moins lui arriver à la cheville).

Pour la petite histoire, nous sommes dans un monde divisé en cinq factions déterminées par les traits de caractère de l'espèce humaine. A seize ans, vous passez un test qui déterminera votre place au sein de cette société. Beatrice, l'héroïne, a grandi auprès de sa famille dans la section Abnegation, mais ses résultats de test sonnent le début d'un grand bouleversement.

Je vais m'en tenir au minimum, le reste n'appartient qu'à vous ! Sachez simplement que c'est un roman qui parle d'aventure, d'action, d'émotions, de trahisons, de sang, de larmes et d'amour. Ce sont près de 500 pages palpitantes, étouffantes, et peu glamour (je précise, car romance il y a, mais pas de guimauve écoeurante, c'est tout le contraire). Au centre, vous avez une petite nana déterminée à se tailler une place dans sa section, prête à se défendre et à vaincre tous les obstacles. Et vous avez le héros dans toute sa superbe : fort, mystérieux, qui ne laisse rien paraître, un vrai dur ! (J'ai apprécié que l'histoire ne tourne pas autour des sentiments amoureux, cela aurait nui à son côté brut de décoffrage qui fait tout son charme, je trouve.) Enfin bref, ce roman a tout pour plaire et il m'a plu énormément. Je ne peux que vous le recommander chaudement.

Divergent - Veronica Roth  smileyc002
Published May 2011 by Katherine Tegen Books

! DIVERGENT paraîtra en octobre 2011 aux éditions Nathan !

LUENVOLu en VO - 25


Teaser Tuesday #20

Le phénomène littéraire du moment !

"Somewhere inside me is a merciful, forgiving person. Somewhere there is a girl who tries to understand what people are going through, who accepts that people do evil things and that desperation leads them to darker places than they ever imagined. I swear she exists, and she hurts for the repentant boy I see in front of me.

But if I saw her, I wouldn't recognize her."

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30/05/11

iBoy

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Tom Harvey, seize ans, s'est pris un iPhone sur la tête (lancé du 30ème étage d'un immeuble) et a été mis k-o par le choc. Les médecins ont pu réparer les dégâts mais n'ont pu lui enlever quelques-uns des débris coincés dans son cerveau. Conséquence bizarre, le système intégré avec WIFI fusionne avec ses neurones. Tom, lui, découvre qu'il peut désormais surfer sur le net, s'infiltrer dans les réseaux téléphoniques et autres i-technologies en un simple battement de cils. Mais il n'en parle à personne, pas même à sa grand-mère avec qui il vit chichement dans un petit appartement au coeur d'un quartier mal famé. Et c'est alors que sa meilleure amie Lucy est victime d'une agression par la bande de petits caïds du coin, le crime est voué à rester impuni, ce qui révolte l'adolescent. Il crée ainsi iBoy, celui qui va venger l'honneur de Lucy.

L'histoire ressemble énormément à Spiderman, sans la piqûre d'araignée bien entendu. L'auteur ne s'en cache pas et y fait même référence avec humour (au moins, ça casse un peu avec l'ambiance déprimante). C'est un roman qui se lit avec rapidité, la technique est efficace et stressante aussi. On est pris par le rythme de l'intrigue, par l'atmosphère sombre et sans pitié, et par ce qui se bidouille dans la tête du garçon. Franchement c'est prenant, on déteste les méchants et on soutient le superhéros dans sa quête de vengeance. Sauf qu'il ne s'agit pas simplement d'un roman fantastique, mais un thriller psychologique. Tom, alias iBoy, se moque de faire le bien ou le mal, il est dicté par la colère et le sentiment d'injustice, ce qui est contraire aux principes des superhéros ! (Il existe une règle tacite. Ne cherchez pas.) L'adolescent carbure à l'instinct, il est déchainé et cela ne le rend pas meilleur et ne fait pas de lui un type extraordinaire - au pire, lui aussi est un monstre.

Tout ceci, simplement pour souligner que, même si c'est un formidable roman d'action, un roman redoutablement efficace, calibré pour divertir et plaire au plus grand nombre, c'est aussi un roman qui fait réfléchir, qui questionne et qui interpelle notre sens de la justice et les limites qu'on se pose. A lire, c'est vraiment un très bon roman !

iBoy - Kevin Brooks
La Martinière J. (2011) - 281 pages - 12,90€
traduit de l'anglais par Sabine Boulongne

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Pêle-mêle Clarabel #35

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Un bel exemple de tendresse : La pêche à la lune est un album aux effets secondaires remarquables. A chaque fois, sa lecture m'apaise et m'enveloppe dans une sensation de douceur et de béatitude. La journée de Momo commence mal, aussi il n'hésite pas à partir avec son Papy à la pêche à la lune. Vous savez comment pêcher la lune ? Avec un seau, une louche et beaucoup de patience. Un vrai miracle, croyez-moi. De plus, le regard de Momo, à la fin, ne cesse de m'enchanter. Je trouve à ce petit album un charme fou, c'est définitif !  Par Claude K. Dubois (Pastel, 2011)

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Je demande : le très classique Tomi Ungerer et son incroyable Crictor ! Madame Louise Bodot, grande dame française, reçoit un cadeau empoisonné de la part de son fils : un boa constrictor ! Gloups. Une fois calmées les émotions fortes, notre belle dame se prend d'affection pour son nouvel animal de compagnie. Elle le berce, lui confectionne un tricot pour l'hiver, le promène en laisse, c'est l'amour fou. Ils sont inséparables, les passants s'étonnent d'un tel couple, et pourtant ce cher Crictor va devenir un héros avec sa statue édifiée sur la place principale. Pourquoi, comment ? Bah je ne vais pas tout vous raconter non plus. Je ne cache pas mon faible pour le côté rétro et délicieusement guindé des illustrations - oui, j'aime beaucoup ! Le reste, c'est classique, très classique, ça ne se démode pas, c'est très bien. (L'école des loisirs, 2011 pour cette présente édition) 

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Et pour finir, Georgette la poulette - mon clin d'oeil. Parce que c'est drôle. Parce que Georgette est adorable et craquante. Parce qu'on trouve des petits détails qui font sourire. Parce que je me demande à quoi peut ressembler un oeuf carré. Par Christine Naumann-Villemin & Marianne Barcilon (ma fille a beaucoup lu leurs albums quand elle était plus jeune !) 

Claude in the city

Voici les aventures de Claude in the City. Admirez le look très frenchy de ce petit chien qui a pour ami une chaussette blanche à rayures rouges (Sir Bobblysock).

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Claude mène une double vie, sitôt que ses maîtres ont le dos tourné, pensant que c'est un bon chien pépère qui coule des journées tranquilles au fond de son panier. En fait il parcourt la ville en long, en large et en travers, parvient à mettre son grain de sel en arrêtant une voleuse d'oeuvre d'art et obtient une médaille du mérite, ou il s'improvise médecin urgentiste et trouve l'antidote pour requinquiter la troupe de catcheuses et d'acrobates du cirque.

"Nurse ! he cried, I've solved the problem ! These people have got eleven-o'clock-itis ! What they need is a nice cup of tea and a sit down. And possibly a biscuit, if you have any ?"

Si la vie pouvait être aussi facile et charmante ! En attendant, cette lecture est délicieuse et possède un charme fou. L'humour est fin, les illustrations regorgent d'élégance et d'une désuétude gracieuse. (Prochain titre à paraître en juillet : Claude on holiday).

 découvert grâce à Mélanie !

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28/05/11

Le Signe de K1

Un premier tome enthousiasmant, lu en septembre 2010. L'éditeur a finalement choisi de rééditer celui-ci avec une couverture toute neuve, toute belle, et dans la foulée voici la suite !

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An 2322. La communauté de K1 est en danger, les conditions climatiques sont déplorables, les eaux gagnent du terrain et les populations ne savent plus où se loger. Le gouvernement a donc mis en place le Protocole de Nod : 22 pionniers et leurs familles sont envoyés dans le passé afin de sauver l'humanité (et l'avenir).

Eté 2020, dans le sud-ouest de la France. Une épidémie va vicieusement s'abattre sur la ville de Médiola, touchant d'abord les oiseaux avant de contaminer les hommes. Le docteur Rieu, observateur impuissant, constate aussi d'étranges phénomènes se manifestant chez ses patients. Son fils aîné, Angelo, s'est vu intégrer un programme spécial pour les X-Cases comme lui. On en sait peu, de plus tous les contacts entre le Centre et l'extérieur sont coupés. Pauline, sa soeur, brillante élève à la Winners' School, se fait beaucoup de souci. Dans l'intervalle, elle est tombée amoureuse de Luka, un type très beau, au charme mystérieux, qui vient d'arriver en ville.

Je vous conseille de lire les deux livres l'un après l'autre, cela vous évitera les trous de mémoire comme pour moi ! Oui, c'est embêtant et c'est une perte de temps inutile. Sans être complexe, la série avait déjà planté son décor et présenté ses personnages (aux noms pas toujours simples). C'est important, surtout pour une série aux ambitions proches de la science-fiction. Le Signe de K1 se passe donc dans le futur, et en même temps dans le passé (ou ce qui ressemble un peu à notre présent). Le premier tome avait su placer ses pions, la suite fait place aux motivations cachées. Cette fois, tout se complique, toutes les destinées sont liées, l'étau se resserre, ce deuxième tome se veut plus redoutable, les plans sont tous plus tordus les uns que les autres... Un seul objectif demeure : trouver l'Ancêtre (et croyez-moi, quel choc !). 

J'ai beaucoup aimé le dénouement de la série, le mélange entre le futur et le passé, sans oublier le principe de cause à effet qui s'éclate à tous les coins de page dans ce dernier tome. C'était excitant de voir les masques tomber et de partager toutes ces courses-poursuites, de plus je n'ai pas regretté la mise au second plan de l'intrigue amoureuse (pour moi c'était le petit point faible du premier tome). Très franchement, j'ai trouvé cette fin de série aboutie et satisfaisante, Claire Gratias n'en fait pas des tonnes, et ce qu'elle fait, elle le fait très bien !

Le Signe de K1, Tome 1 : Le Protocole de Nod + Tome 2 : Le Temps des TsahDiks - Claire Gratias
Collection Soon chez Syros, 2011 - 15,90€

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27/05/11

0.4

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Vous prenez Millgrove, un petit village anglais comptant à peine 1000 âmes. Chaque année, un concours s'organise pour mettre à l'honneur les talents locaux. Danny Birnie, un camarade de Kyle, veut prouver qu'il possède le don d'hypnose. Quatre personnes se portent volontaires, dont Kyle et Lily (la petite copine de son meilleur pote). Le numéro dure quelques minutes, mais lorsque les quatre cobayes se réveillent, ils découvrent le public inerte. Comme un arrêt sur images. Pendant une heure, Kyle, Lily, Mrs O'Donnell et Mr Peterson tournent dans le village endormi comme des lions en cage. Ils ne trouvent aucune explication au phénomène. Et puis, miraculeusement, toute la foule a repris ses esprits. Kyle pense naïvement que la vie a repris son cours.

Non, non. Le cauchemar ne fait que commencer. Un cauchemar fait de faux-semblants et d'abrutissement total, en fait. Où l'on se demande ce qu'il se passe, ce que masque le black-out, pourquoi tous les gens de Millgrove ont reçu un traitement qui a lobotomisé leur cerveau, comment se fait-il que personne ne réagisse ou se souvienne de l'avant, pourquoi eux et pas les quatre autres ?! Le malaise s'accentue lorsque Kyle comprend qu'il devient le point dérangeant sur la carte. C'est un 0.4, a dit le docteur. Pas le temps de dire ouf, le garçon prend ses jambes à son cou. 

L'histoire a su me tenir dans ses filets pendant une large partie du roman, et même si c'est de l'action lente, avec quelques sursauts de suspense, je n'ai pas trouvé le temps long. J'étais curieuse de démasquer le pot-aux-roses, de comprendre le phénomène du 0.4, aussi scientifique et grotesque que cela puisse être. Las ! ça se termine en eau de boudin, notre histoire. J'avais bien détecté que ça virait au blabla, mais qu'il fallait en passer par là pour décoder le système. Néanmoins, je m'étais attendue à une fin plus bluffante et moins lisse, moins facile. C'est expédié comme une couche de beurre sur la tartine, avalé avec du café au lait et on oublie. Huh ? N'en faisons pas une déception déchirante non plus, parce que l'histoire n'est pas banale mais franchement bizarre, et rien que pour ça elle aurait pu mériter un minimun de respect pour son final. Ou un ersatz de feu d'artifice. (Il est annoncé que l'auteur travaille sur la suite, accordons-lui le bénéfice de nous surprendre encore !)

0.4 - Mike A. Lancaster
Nathan, coll. Blast, 2011 - 254 pages - 13,90€
traduit de l'anglais par Anne Delcourt

26/05/11

Rouge Rubis #1

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J'ai trouvé ce premier tome absolument captivant, et dès le départ j'ai été embarquée par son atmosphère délicieusement excentrique et mystérieuse. C'est l'histoire de la famille Montrose, de leur grande demeure de Berkeley Square et de tous leurs petits secrets qui se lèguent à travers les générations et que semble aujourd'hui partager Charlotte, la cousine de Gwendolyn (notre sémillante narratrice). Les deux filles sont en tout point différentes, l'une rousse, consciencieuse et douée pour les études, l'autre brune, étourdie, assez cruche et immature, ne jurant que par la pop culture (elle approfondit ses leçons en visionnant des tonnes de films et de séries tv !).

Toutes deux ont seize ans, Charlotte a depuis sa naissance été désignée comme étant "porteuse du gène" (celui de voyager dans le passé) et a reçu une éducation stricte et guindée pour "accomplir son destin". De son côté, Gwendolyn observe, commente, se moque avec gentillesse. Elle a bien assez avec ses propres visions (des esprits fantômes) et sa famille ne la prend pas au sérieux. Puis survient ce que personne n'attendait - ce n'est pas Charlotte qui s'évapore dans les airs, mais Gwendolyn ! C'est elle, l'ultime voyageuse, ce qui bouleverse toutes les données.

A partir de là, le lecteur plonge dans les longues explications et nous découvrons les arcanes du cercle privé formé par les Veilleurs. Comme Gwendolyn nous absorbons les révélations, les découvertes, accumulons le plus possible d'informations sur le chronographe, les voyages dans le passé, la motivation du comte de Saint-Germain et pourquoi deux autres voyageurs ont brutalement disparu en volatilisant la machine. Heureusement, ce premier tome ne se contente pas de poser les bases (même s'il est bien obligé de passer par là), il distille aussi les informations précieuses sur l'intrigue qui se tisse avec subtilité.

C'est un monde nouveau, peut-être fascinant et excitant, mais finalement dangereux et hypocrite. Nous le réalisons aux côtés de Gwendolyn, une héroïne charmante, sans retenue, qui prend la mouche dès que son nouveau partenaire de voyage la déconsidère avec hauteur. Gideon de Villiers est l'homologue de sa cousine Charlotte, il est prétentieux et autoritaire, se méfie de Gwendolyn (ce n'est pas de sa faute, sa mère a été complice des agissements du couple qui a disparu, et depuis les Veilleurs mettent en doute l'apparente naïveté de l'adolescente). Fort heureusement, leurs chicaneries apportent du piquant et font de ce couple improbable un duo irrésistible !

Que demander de plus ? Nous avons une ambiance londonienne, une richesse historique, des bonds dans le temps, des personnages attachants et drôles, des méchants et des gentils à n'en plus savoir, une réelle intrigue, généreuse et qui s'étoffe au fil des chapitres, beaucoup de mystères et de l'humour... Cette mise en bouche met véritablement en appétit ! Vivement la suite.

Rouge Rubis - Kerstin Gier  smileyc002
Milan, 2011 - 336 pages - 13,90€
traduit de l'allemand par Nelly Lemaire

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25/05/11

L'âme humaine contient autant d'ombre que de soleil.

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Max et Isabelle, des jumeaux de dix-sept ans, ont quitté leur Québec natal pour quinze jours de randonnée en Bretagne. Un soir de tempête, ils arrivent trempés et épuisés au manoir de Bellotte où une vieille dame leur offre le gite et le couvert. Tout de suite, Isabelle est frappée d'une sensation étrange qu'elle ne peut s'expliquer. Durant la nuit, elle est réveillée par un frôlement et toujours cette sensation inconfortable. Dès le lendemain, elle fouille les rayons de la bibliothèque et dégote une histoire familiale teintée de tragédie sentimentale. Une jeune fille de bonne famille serait tombée amoureuse du médecin du village, avec lequel elle aurait envisagé de tout plaquer (fiancé, fortune) pour une autre vie. Isabelle comprend alors qu'un drame a entaché les murs du manoir et que l'esprit de cette jeune femme amoureuse hante encore le domaine. Il ne lui reste que quelques jours pour tout démasquer, et elle ne devra guère compter sur l'aide de leur hôte, car soudainement la vieille dame semble trouver leur présence encombrante.

Que de mystères dans les pages de ce roman ! Imaginez, la Bretagne, une tragédie sentimentale, des fantômes du passé... je buvais du petit lait ! Et très franchement, l'écriture est envoûtante. Le ton est doux, romantique et dramatique, agrémentée de quelques pointes d'humour et d'expressions québecoises qui font toujours sourire (et les petites réflexions bien piquantes d'Isabelle donnent du grain à moudre au moulin). La jeune fille, également narratrice, est une personnalité forte et attachante. Elle est entêtée et pragmatique, peu portée par le fantastique et les légendes folkloriques (son frère, même s'il est au second plan, apparaît davantage rêveur et sensible). Inutile de préciser que ce qu'elle va découvrir en Bretagne risque donc de la bouleverser et la conduire à revoir ses jugements et autres certitudes. En somme, c'est un très beau roman d'ambiance où le charme et l'élégance ne font pas défaut, et où l'intrigue délicate et mystérieuse finit de convaincre le lecteur. Une première rencontre séduisante, qui augure d'autres heures agréables de lecture (un deuxième tome va paraître en septembre).

Chroniques d'une sorcière d'aujourd'hui : 1. Isabelle - Angèle Delaunois
Editions Michel Quintin (2011) - 222 pages - 14,50€
illustration de la page couverture : Magali Villeneuve 

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24/05/11

Blood Sinister

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Le début est assez remarquable : une jeune fille de seize ans, en convalescence chez sa grand-mère, découvre les journaux intimes d'une aïeule portant le même prénom qu'elle - Ellen. Au fil de sa lecture, elle réalise que son ancêtre a rencontré un vampire, qui va chercher à la kidnapper. Plus d'un siècle après, il semblerait que la créature réclame vengeance alors que l'état de santé d'Ellen s'aggrave et qu'elle est hospitalisée en urgence (rien n'est le fruit du hasard). Le début du roman est donc une petite réussite qui a su immédiatement me séduire : cadre victorien, héroïne chêtive, passé mystérieux, journaux intimes et ambiance sombre et oppressante... Quand Celia Rees s'empare du mythe du vampire, elle verse davantage dans la forme classique à la Bram Stoker que dans les (délicieuses) bluettes qui fleurissent sur le marché ces dernières années. Le pari est-il pour autant tenu ? Non, hélas. Cela tient la route les 2/3 du livre, mais la dernière partie est faible et décevante. L'intrigue avait su dresser un tissage habile et confondant entre le présent et le passé, les deux Ellen faisaient corps et s'entendaient pour réciter une histoire qui nous interpellait, mais le retour à la réalité est brouillon. Tout l'épisode de l'hôpital est plat, invraisemblable et je m'y suis ennuyée. La fin aussi est facile, trop rapide. C'est dommage de n'avoir pas su profiter de l'élan du début, vraiment réussi et captivant. Je ferme ce roman sur une note mitigée, teintée de frustration.

Malédiction du sang - Celia Rees
Seuil (2011) - 248 pages - 13,90€
traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombey

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