24/06/11

"The easiest lies to tell are the ones you want to be true."

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L'histoire débute de façon assez originale et sur les chapeaux de roue, puisque le héros se retrouve sur le toit de son école en simple caleçon. C'est la nuit, probablement le fruit d'une crise de somnambulisme... Dès le lendemain, son grand frère arrive pour le conduire chez lui afin d'assurer sa sécurité. Ceci ne réjouit guère Cassel, à dix-sept ans, cadet de la famille Sharpe, il est le seul à ne posséder aucun pouvoir (c'est là qu'entre toute la dimension fantastique) : son grand-père tue par simple contact, sa mère manipule les émotions (et purge une peine de prison pour escroquerie), son frère Barron trafique la mémoire et l'aîné, Philip, peut briser les os d'une simple pensée. (Sans entrer dans les détails, il est ici question de faucheurs et de magie. Vous comprendrez...) 

Mais si Cassel est aujourd'hui autant chouchouté par les siens, c'est parce qu'il serait l'auteur du crime qui a coûté la vie de sa meilleure amie, Lila, il y a quelques années. Le père de celle-ci étant un redoutable chef de la pègre, les Sharpe craignent une vengeance. Problème, il n'a aucun souvenir de son acte de violence et cela ne cesse de le hanter. Il fait également des rêves récurrents d'une chatte blanche qui lui murmure dans son sommeil de réveiller sa mémoire endormie, mais tout ceci n'est pas très clair et sa famille ne lui prête qu'une oreille distraite. 

Il faut dire aussi que les Sharpe sont des gens atypiques, qui usent de l'union familiale sous de faux prétextes. En gros, ce sont des arnaqueurs et Cassel lui-même est un fichu manipulateur, relevé d'une pointe de menteur patenté. Quel beau portrait ! Cet anti-héros a franchement tout pour plaire ... ou déplaire. C'est le risque. Personnellement ce garçon ne m'a pas été trop antipathique, et comme rien n'est facile dans sa vie, comme tout n'est que coups bas et vastes fumisteries, j'étais forcément cliente !

Par contre, l'autre inconvénient du récit tient du fait que le tempo est lent, très lent. C'est le parti pris de l'auteur - Holly Black n'avantage pas le mouvement, mais les rouages des esprits torturés. L'ambiance est assez particulière, sombre et poisseuse, cela a son charme. Toutefois, il m'a manqué ce truc en plus pour rendre à mes yeux cette série incontournable et bluffante. L'intrigue est parfois trop alambiquée, les chemins trop sinueux, on s'y perd facilement, d'autant plus que le rythme ne nous laisse pas cheveux au vent. Enfin bref, il reste que l'auteur propose là quelque chose de différent, sur un ton plus décalé et avec un style bien à elle, c'est déjà ça.

Chat Blanc (Les Faucheurs #1) - Holly Black
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2011 - 364 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jean-Pierre Pugi 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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L'Arcane de l'Aube

Série découverte chez Amadis.

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Deux royaumes se cherchent des poux depuis des générations et tentent de conclure des alliances en mariant leurs sujets royaux entre eux. En vain, car la discorde renaît sans cesse de ses cendres. C'est ainsi que Caesar et Nabaka se retrouvent mari et femme aux termes d'un traité qui laisse songeur - la princesse a les cheveux rouges, ce qui est pire qu'une provocation ! En effet, dans cette contrée, seules les chevelures de jais attestent le sang royal, le reste est voué à servir ou occuper des basses tâches. C'est un sort plus enviable que celui que connaissent les demi-humains (mi-bêtes, mi-hommes). En d'autres termes, ce sont des esclaves qui n'ont aucune liberté. Seulement, Nabaka a grandi auprès de l'un d'eux. Il s'agit de Loki, un homme-chien d'une fidélité exemplaire. Il a suivi sa maîtresse en taisant ses sentiments, même si ces derniers remontent vite à la surface et laissent présager des choix difficiles qu'il faudra affronter.

Entre Caesar et Nabaka, les rapports sont froids et frisent la haine. Le prince se sent insulté par la chevelure flamboyante de son élue, tandis que cette dernière, habituée aux sarcasmes et à l'indifférence des siens, a choisi de contre-attaquer au lieu de s'apitoyer. Et finalement, ces deux-là s'apprivoisent en douceur, bien maladroitement aussi. Du coup, leurs sentiments évoluent, un peu contre leur volonté car Nabaka ne veut pas décevoir Loki alors même que son coeur commence à s'emballer pour celui qu'elle doit considérer comme son ennemi. Terrible, terriiiible dilemme à l'horizon ! ^-^

L'histoire n'est franchement pas compliquée car la mangaka a su adopter un rythme rapide, simple et concis, avec de belles scènes romanesques (shôjo power !) et quelques tranches d'humour. Les éléments explicatifs sont glissés en toute simplicité, augurant une intrigue assez attrayante (et captivante !). Les dessins sont également très beaux, justes et précis. Enfin bref, cela faisait un petit moment que je n'avais pas renoué avec le plaisir de lire une série manga et je suis bien contente que le hasard ait désigné L'arcane de l'aube (ah oui, j'oubliais de préciser que cette série est classée "fantastique", du fait des personnages hors du commun et du don que va développer l'héroïne...). Voili, voilà.

Tomes 1 & 2 : L'Arcane de l'Aube - Rei Toma (Kaze Manga, 2011)

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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Faire de chaque jour une fête

(Pour la délicate tranche des 8-12 ans.)

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Des crêpes à l'eau de Sandrine Beau : la maman de Solène a bien du mal à joindre les deux bouts mais refuse de se plaindre. Et pourtant, la visite de Cartable Préhistorique plombe un peu l'ambiance à la maison. Solène n'ignore pas leurs soucis d'argent. Elle sait bien que ses vêtements sont rapiécés et qu'elle porte des baskets à deux euros cinquante. Cela n'empêche pas d'avoir une super copine, Zoé, qui distribue des m&m's comme des preuves d'amour. Son papa et elle viendront à leur rescousse pour empêcher Cartable Préhistorique d'abuser de son autorité et leur éviter aussi une expulsion.
Pas très gaie mais réaliste, l'histoire se veut aussi optimiste en défendant l'amitié et l'entraide comme roues de secours dans la vie. Ce n'est pas un sujet facile et qui ne fait pas forcément envie aux jeunes lecteurs (ma fille a jugé que c'était trop triste), parce que c'est un sujet actuel aussi, qui rappelle trop la vraie vie. Je suis donc partagée, entre savoir, ne pas fermer les yeux, prendre conscience et rêver, s'échapper, oublier... les enfants choisiront.
(Grasset jeunesse, coll. Lampe de poche, 2011).

La roue de Sandrine Kao : Elise est la seule de sa classe à ne pas savoir faire la roue. Elle le prend comme un drame personnel et entreprend de se remettre en question. Elle se juge invisible, insipide, terne et inintéressante. Elle ne comprend pas ce que lui trouvent ses amies, elle est amoureuse d'un garçon mais n'ose pas lui avouer, de toute façon ça doit le laisser indifférent, elle trouve sa petite soeur brillante et plus intelligente... A la maison, ses parents sont accaparés par leur boulot et les filles apprennent à se débrouiller par leurs propres moyens, sauf qu'à ce régime leur mère finit par craquer et se retrouve à l'hôpital. Suite à cet événément, Elise comprend qu'elle ne compte pas pour des prunes et que ses camarades se soucient d'elle et l'apprécient pour ce qu'elle est - une fille simple, gentille, attachante et vraie.  
Voilà un roman qui vous donnera envie de mettre de côté vos petits tracas existentiels pour aller de l'avant et surmonter vos problèmes ! J'ai envie de le conseiller à toutes les minettes (environ 10 ans) qui arrivent à un croisement de leur vie où les questions pleuvent et les réponses ne sont pas souvent à la hauteur des espérances... La roue, c'est un symbole : se lancer dans la vie, passer à l'action, retomber sur ses pieds. Être bien dans ses baskets. Rien que pour ça, j'ai trouvé cette lecture très sympa !
(Syros, coll. Tempo, 2011). 

C'est vrai que je manque de courage. M'élancer me fait peur. Me balancer  m'effraie. Plonger me terrifie. Je courbe l'échine, je me recroqueville, je me roule en boule...
C'est si facile, une galipette...
Voilà, ma vie sera telle une galipette : je courberai le dos, j'avancerai en roulant sur les événéments de la vie, sans jamais lever la tête, et j'arrêterai d'avancer dès que je rencontrerai un obstacle sur ma route.
Ça ne me dit pas vraiment, une vie pareille !
Moi aussi je veux pouvoir décider de ma vie, la prendre en main, réussir à aller là où j'ai envie et ne pas simplement me laisser porter.

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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