18/07/11

La fiction s'insinue dans la réalité comme des racines qui font craquer le revêtement d'un trottoir.

L'histoire suivante se passe au pensionnat Biriozy, près de Novgorod, où trois camarades de chambrée, Pénélope, Ludmila et Sanouk, suivent leurs études entre ennui et torpeur. C'est alors qu'arrive leur nouveau professeur de littérature, Anton Mordiev, qui leur confie un petit livre qui va tout faire basculer. Les filles décident de se faire la lecture tous les soirs, dans leurs lits, et aussitôt se prennent de passion pour la découverte de la civilisation nénètse, un petit peuple qui vit de l'élevage de rennes au-delà des Monts Oural. Mais cette lecture n'est pas du goût de tous, car la sous-directrice, Olga Petrovna, leur confisque l'ouvrage avant de procéder à des mesures plus radicales. 

En quelques 200 pages et des brouettes, et avec une élégance très appréciable, Anne Bouin a tout saisi de la subtile balance entre le divertissement, la beauté et le charme d'une rencontre. Elle nous livre un roman incroyable, d'une force rare, et qui renoue avec l'art de raconter une histoire. Et ce qui est étonnant, aussi, c'est la richesse de l'intrigue et tout ce qu'il est possible d'impliquer, d'imaginer, de dénoncer. Et puis c'est drôle, l'amitié entre les filles est espiègle, sincère et rafraîchissante, il y a aussi du suspense, beaucoup de poésie, quand Sanouk découvre une petite feuille de bouleau entre les pages du livre, elle ressent, plutôt qu'elle ne comprend, que la lecture de l'ouvrage sera capitale pour elle. Et c'est enfin grandement dépaysant, l'histoire se déroulant en Russie, nous nous baladons alternativement entre les murs du pensionnat austère, dans la très coquette isba bleue de la babouchka de Sanouk, ou sous un tchoum, à se réchauffer sous une peau de renne. Bref, j'ai été totalement sous le charme, plus qu'enchantée par cette première approche, qui se poursuit avec Un été sibérissime.

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Les vacances d'été réservent à nos trois héroïnes, Pénélope, Ludmila et Sanouk, des retrouvailles avec leurs familles respectives, sans se douter qu'une nouvelle fois les aléas de la vie vont les réunir pour se serrer les coudes au nom d'une cause commune. 

Ce deuxième épisode n'a rien perdu de son charme, de sa fraîcheur, de son dépaysement. Les premiers chapitres nous offrent même une impression de nonchalance estivale, mais il ne faudrait pas s'y tromper, car l'histoire reprend ses droits et nous plongeons alors dans un roman qui mélange l'aventure, l'espionnage, la mafia et même les premiers émois amoureux... Sincèrement, c'est toujours aussi beau, doux et élégant. L'ensemble paraît plus dynamique, synchronisé comme un ballet russe qui s'enflamme. On vit au rythme des personnages, de leurs palpitantes aventures, on tremble face aux dangers, on oublie le monde qui nous entoure, on prend fait et cause pour protéger la culture nénètse, et on aime jusqu'aux méchants, qui peuvent se révéler attachants à leur façon. Vraiment, ce fut une lecture chaleureuse, enivrante, simple et parfaitement efficace, et j'ai très envie de retrouver tout ce petit monde le plus vite possible ! 

Petite Feuille Nénètse (Médium, EdL 2009) & Un Eté Sibérissime (Médium, EdL 2011) - Anne Bouin
illustration de couverture : Rascal   smileyc002

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13/07/11

Roulette Russe : Noël en Juillet, par Anne Gaëlle Balpe, Sandrine Beau & Séverine Vidal

Noel en juillet

Les éditions Oskar jeunesse ont décidément pris le parti d'offrir à leurs lecteurs un été qui donne des frissons. En voici encore la preuve avec ce Noël en Juillet. L'histoire vous glace les sangs, croyez-moi ! 

Dans la cour d'un immeuble, trois adolescents s'improvisent enquêteurs pour démasquer le tordu qui zigouille les chats après avoir suspendu leurs cadavres en une sinistre mise en scène. Et pour mieux pimenter l'intrigue, le timbré en question nous livre ses apartés à vous dresser les cheveux sur la tête. 

A côté de ça, il y a aussi le triangle amoureux qui se joue entre Youri, Tomaso et Emma. Il y a l'amitié, certes, mais aussi la trahison, les mensonges, les déclarations sur le bout des lèvres et la confusion des sentiments. C'est doux, c'est beau mais ça n'évite pas le drame.

Ahlala, quelle tension ! Et ce dénouement qui n'empêche nullement l'amertume de pointer son nez...  C'est un roman sans pitié mais réussi. Un polar noir où l'écriture de trois drôles de dames coule et roule sur un fil, révélant toute la subtilité du pouvoir des mots et de la portée des événements. Troublant, mais fort. 

Oskar jeunesse, 2011

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Les Chroniques Etranges des Enfants Trotter : La Malédiction Shakespeare, par Anne Ferrier & Régine Joséphine

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Voilà un petit roman que j'ai beaucoup apprécié ! Demandez le programme : Stratford-upon-Avon, Shakespeare (forcément), un tombeau violé, une malédiction farouche, un jeune garçon féru de magie, une statuette Harry Potter, une grande soeur frappée de révélation, une tante indépendante, un jeune acteur charmant, un rôdeur qui ne compte pas pour des prunes... Vous me secouez tout ça et vous obtenez un récit vif et enlevé.

Suite au départ précipité de leurs parents, Albane et Victor sont confiés à leur tante Agatha, journaliste de son état, qui elle-même doit s'envoler pour l'Angleterre, dans la ville de Shakespeare. Tous les trois concluent un pacte de cohabitation forcée mais sans heurts. Or, à peine arrivés, les enfants sont livrés à eux-mêmes, se baladent dans la rue comme des âmes en peine (du moins, Victor) alors que Albane est bousculée, victime d'un vol de portefeuille. En tentant de rattraper l'individu, elle s'engouffre dans une église en travaux, Victor à ses trousses, et là ... leur cauchemar commence. Ont-ils réveillé un fantôme endormi et seraient-ils, alors, victimes de la malédiction proclamée par le dramaturge anglais ?

Je me suis délectée de la tension cachée dans ce livre, l'histoire de Victor et sa soeur est stressante et palpitante. J'ai également beaucoup apprécié l'utilisation du folklore de Stratford et de la légende qui entoure Shakespeare (sa mort, ses écrits, sa malédiction...). C'est grisant et terriblement excitant ! Est-ce que la fin présagerait d'une suite ? (Bah oui, j'aimerais bien.)

Oskar jeunesse, 2011

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Mon journal top secret : Dans l'enfer de la téléréalité, par Dee Shulman

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C'est le deuxième livre des aventures de Polly Price et de sa mère excentrique, comédienne avide de gloire et reconnaissance, après Sur Scène aux Etats-Unis.
Nous retrouvons le même format (couverture cartonnée, imitation parfaite du journal intime avec écriture manuscrite et des tonnes d'illustrations) qui avait fait le succès du premier. La lecture est toujours agréable, guillerette et dynamique.
Cette fois, la mère de Polly accepte de participer à une émission de téléréalité au pied levé et s'entoure des conseils d'une coach de vie, madame Vanilla, véritable phénomène de foire tant ses conseils sont d'un ridicule. Même l'équipe de production en rit sous capes. Au milieu de tout ça, c'est la petite Polly qu'on plaint franchement, elle qui tient absolument à se préserver dans son école, elle craint les conséquences de la diffusion de ce programme de grande écoute. C'est la cata !  Mais qu'est-ce qu'on rigole... 

Bayard jeunesse, 2011

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Pêle-mêle Clarabel #35

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Alvin Ho est une série sympathique, surtout destinée aux plus jeunes lecteurs. Alvin est un garçon qui craint tout un tas de choses, comme d'aller à l'école, de parler en public, de jouer avec les filles, de participer à des sorties scolaires improvisées etc. Il est pourtant équipé d'un Kit Anti-Catastrophe, a un grand frère en CM1 et une petite soeur qui ne va pas encore à l'école. Chez lui, il est intrépide et se transforme en superhéros (il est l'Homme Pétard) mais ça ne dure pas plus loin que le weekend ou les vacances.
Il est comme ça, Alvin. Petit, timoré et attachant.
Autre détail le concernant : sa famille vit à Concord dans le Massachusetts (qui n'a jamais lu Louisa May Alcott ne peut pas comprendre). C'est une ville historique très fière de ses racines et de son patrimoine, qui aime aussi reconstituer des batailles auxquelles participent les enfants.
Bref, c'est une ville également réputée pour ses auteurs célèbres, comme Ralph Waldo Emerson, Henry Thoreau et cette chère Louisa M. Alcott. D'ailleurs, dans le deuxième livre, la classe d'Alvin effectue le Circuit Abolition et rencontre des clones des auteurs morts en visitant leurs maisons. Bien entendu, cela figure parmi les phobies du garçon qui développera une énième crise d'angoisse en s'évanouissant dans les toilettes ! 
J'ai trouvé le deuxième livre plus drôle et pétillant, plus alerte aussi. En clair, je l'ai préféré au premier (ma foi, bien sympathique et tout aussi drôle). Et le sous-titre annonce les réjouissances : allergique aux fêtes d'anniversaire, projets scientifiques et autres catastrophes d'origine humaine. 
Alvin Ho est un narrateur tout mignon (les illustrations aident pour ça, car elles sont vraiment craquantes). C'est un naïf avec une imagination débordante, la moindre contrariété peut vite devenir un cauchemar sans fin, aux conséquences tantôt ridicules ou pathétiques, mais essentiellement rigolotes. Ce n'est pas pour se moquer non plus, mais Alvin est tout bonnement un comique malgré lui. 
A conseiller aux plus jeunes, avec un adulte pour les accompagner (surtout pour les références littéraires et autres). 

Alvin Ho (illustré par LeUyen Pham) - Lenore Look (Tourbillon, 2010 & 2011)

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12/07/11

Sur le chemin des vacances #5

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Cinq ans après, Clémentine, reporter photographe, revient dans le quartier de Monsieur Madone. C'était l'homme de sa vie, son grand amour. Il s'est tué et la jeune femme n'a jamais pu surmonter son chagrin. Elle retrouve aujourd'hui la famille de son amant, fait une promenade dans le parc de Versailles en compagnie du jeune frère et tous les deux, sous leur parapluie, parlent du deuil, de la douleur, du spleen et du vide.
Ce n'est pas un roman triste ni mélancolique, c'est au contraire une histoire attendrissante autour d'une femme inconsolable, dont le corps trahit les émotions et les blessures mal cicatrisées. C"est aussi l'histoire d'une famille incroyablement belle, au sein de laquelle on se sent à l'aise, à tel point qu'on aimerait y être définitivement adopté. Et puis ça parle d'amour, qu'on perd, qu'on trouve, qu'on gagne et qu'on reconquiert. Je ne voudrais pas en dévoiler davantage, ne cherchez pas non plus à trop apprendre sur ce livre, allez plutôt vers lui et laissez-vous porter. La plume de Maïté Bernard, qui m'avait été révélée avec Et toujours en été, possède une sensiblité et une justesse qui me touchent à juste titre.

Monsieur Madone - Maïté Bernard (Pocket, 2011)

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Rien ne prédestinait ces quatre femmes à se rencontrer et à unir leurs ambitions, si ce n'est cette commune soif de vengeance envers le même individu. Olympe d'Avremont est une baronne kidnappée qui ruse de mille roueries pour échapper aux convoitises du Commodore. Sylvine La Violette, la cuisinière, a choisi d'entrer au service du pirate pour lui faire payer les vies volées de son époux et de ses enfants. Agathe La Boissière, fière et redoutable fine lame, a juré de venger l'honneur de son père, quitte à perdre un peu plus de sa réputation en se comportant comme un garçon manqué. Nagîna, princesse du désert, porte un voile pour cacher son visage défiguré et compte bien remettre la main sur le diamant que lui a volé son ennemi. Le Commodore, donc, est l'homme à abattre. C'est un pirate rustre et violent, qui vit actuellement caché dans des grottes au pied des falaises de la Gironde, avec sa bande de malfrats stupides.
C'est un revigorant roman d'aventures que nous propose Florence Thinard, un roman où se mêle le souffle de la piraterie dans un décor soigné, finement travaillé à force de recherches scrupuleuses pour mieux dépeindre l'époque et les lieux qui dépayseront le lecteur. Ambition hautement réussie ! C'est un roman historique luxuriant de détails, l'auteur nous renvoie à une adresse internet pour découvrir l'Hermione par exemple. A noter également que les personnages endossent ici des personnalités atypiques, qui se distinguent bien les unes des autres. En tête, le quatuor des femmes. Et même l'horrible Commodore montre un visage de pirate bien plus réaliste qu'un Jack Sparrow séduisant et sympathique. 
Ce roman captivera les lecteurs dès 14 ans qui apprécient les récits historiques truffés d'action, avec une pincée de mer et d'amitié pour pimenter le tout.
Les illustrations sont l'oeuvre de François Place.

Mesdemoiselles de la Vengeance - Florence Thinard (Folio junior, 2011)

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Miles Halter, 16 ans, est un lycéen studieux qui décide de quitter sa Floride natale pour rejoindre Culver Creek en Alabama. Il s'agit d'une pension dirigée par l'Aigle, directeur pointilleux qui proteste contre le tabac, l'alcool et la transgression du couvre-feu. L'école est un établissement pour petits génies qui comprend deux groupes : les pensionnaires normaux et les weekendeurs, des gosses de riches qui rentrent chez eux en fin de semaine. 
Miles se lie d'amitié avec son camarade de chambre, le Colonel, puis rencontre Takumi et la délicieuse et sexy Alaska Young. Ensemble, ils vont vivre une amitié très forte, bien qu'elle sera aussi éphémère. Alaska, brillante jeune fille auréolée de mystères, fascine notre jeune narrateur. Pourtant celle-ci est lunatique, "cafteuse" et insaisissable. 
Un drame va frapper le petit groupe, qui sera également une remise en question personnelle et délicate, les uns se sentant coupables, les autres rancuniers. Miles et son copain le Colonel vont alors mener leur enquête, mais très vite ils seront persuadés de courir après un fantôme qui fuit, tout le temps. 

Difficile de faire bref avec ce roman, tant il m'a semblé très dense et intelligent sur les rapports de l'adolescence concernant l'amitié, l'amour, le désir sexuel et l'enfance. Dès le début, on a déjà le goût de l'originalité et de la subtilité, ce n'est pas qu'un banal roman pour la jeunesse parmi d'autres, celui-ci me semble sortir du lot. Pourquoi ? D'abord l'histoire est bien écrite, l'auteur est un jeune homme qui signe là son premier roman, prometteur et encourageant. Il a su créer dans l'univers de Culver Creek un milieu érudit et confiné où l'on partage les farces, les leçons et les petites bravades contre l'interdit. (Cela m'a fait penser au roman "Le Maître des illusions" de Donna Tartt.) Ce lieu clos exacerbe les désirs et les passions : les amitiés sont fusionnelles, la perte devient ainsi une épreuve intolérable et douloureuse. Ce qu'il se trame à Culver Creek est secret. Les adolescents entre eux adoptent des noms de code, ils dégagent aussi une image plutôt positive avec leurs réussites scolaires et leur érudition exemplaire. Miles, par exemple, cultive la passion des dernières paroles de morts célèbres, et a débarqué en Alabama guidé par le précepte de Rabelais « Je pars en quête d'un Grand Peut-Être ». Enfin bref, c'est un roman singulier et passionnant, assez flamboyant par ses excès, on passe facilement du rire aux larmes, sans rien y comprendre !

Qui es-tu Alaska ? - John Green (Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, 2011)

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Comment (bien) rater ses vacances, par Anne Percin

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Ah, ces ados... ! S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer parce que la vie serait tellement triste et banale sans eux. Imaginez un lascar de 17 ans, suffisamment brillant et intelligent pour décréter qu'il en a soupé des vacances en famille, qui décide de s'isoler chez sa grand-mère dans sa petite maison coquette du Kremlin-Bicêtre. Mais une série d'imprévus vont accompagner cette mise au vert, à commencer par la crise cardiaque de la mamie, d'une arrestation par les flics, d'une petite cuite avec des cerises à l'eau-de-vie, d'une légère indigestion avec des oignons (de tulipe), et j'en passe. 

Comme tout ado qui se respecte, notre Maxime est un geek dans la peau, accro au net et à ses faux-semblants. Il fait ainsi la connaissance d'une Pikachu sur SpaceBook, qui dégaine plus vite que son ombre et qui pousse notre loustic dans ses retranchements. SEUL. Le mot est jeté. En l'absence de ses parents injoignables, Maxime va gérer seul l'hospitalisation de sa grand-mère, le stress d'un chauffe-eau en rade, le quiproquo avec les flics... TOUT. SEUL. On a beau trouver ce récit drôle et cynique, il n'empêche qu'il révèle aussi le mal du siècle qu'est la solitude, qu'on bazarde en surfant sur des réseaux sociaux pour créer l'illusion. 

Rassurez-vous, ce n'est pas une lecture à but philosophique ! Ce roman a pour simple vocation de divertir, il s'y emploie même très bien, nous offrant une lecture savoureuse des aventures mouvementées d'un adolescent en vacances et qui va apprendre, par la force des choses, à se prendre en charge comme un grand et sans faiblir. Toute ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite. ;)

Comment (bien) rater ses vacances - Anne Percin 
Rouergue, coll. doAdo, 2010 - 185 pages - 11,50€

** MAXIME WILL BE BACK IN NOVEMBER 2011 ! ** 

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11/07/11

"Wear your pain like lip gloss!"

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De retour de vacances, et pour un nouveau trimestre à Saint-Augustin, Calypso découvre avec horreur qu'elle devra partager sa chambre avec son ennemie jurée, Honey, et la très mystérieuse Portia. L'une et l'autre vont pourtant admirablement s'entendre, d'autant plus que ses meilleures amies, Star et Georgina, ne jurent plus que par la nouvelle élève, Indie. Les rouages de la jalousie commencent à grincer, et s'activent fébrilement lorsque Calypso réalise que ses petits chéris, Billy et Freddie, la battent froid et qu'il y aurait concurrence sur l'affaire en la personne de Portia ! Notre exquise américaine va alors être bornée et stupide en tombant dans le piège tendu par Honey, et cela va durer pendant des pages et des pages... Amitié, jalousie, même combat ! 

Ce deuxième tome est toujours drôle et pétillant, mais il est aussi extrêmement agaçant du fait de la personnalité puérile de Calypso. Son absence de jugeote rend la plupart de ses attitudes lamentable. C'en est même gênant ! De plus, la romance royale entre Calypso et le prince ne sert finalement que de fil rouge (ténu) tant le garçon est peu présent - bon, ok, son personnage n'est pas extraordinaire et encore moins crédible, et j'aime bien Billy dont on cherche, hélas, à se débarrasser bien trop facilement. Ceci, pour rappeler, qu'il s'agit avant tout d'une série qui parle d'histoires de filles et de pensionnat. On trouve en vrac des animaux comme doudous, de la vodka dans des flacons de Body Shop, des cours d'escrime ou de latin ou de littérature, des cigarettes fumées en toute clandestinité, un peu d'herbe, du Febreze, des Jelly Babies et du gloss, énormément de gloss, à dégainer à la moindre contrariété... Cela ne vole pas haut et c'est girly à souhait. J'en ai bien conscience, mais ça me plaît pour mes lectures de vacances. 

Les confidences de Calypso : 1. Trahison Royale - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2006 ou Pôle Fiction 2011 - 356 pages.
traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf

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08/07/11

Hollywood contre Windsor

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Calypso Kelly est une roturière, californienne de son état, inscrite dans une pension pour jeunes filles en Angleterre, essentiellement fréquentée par tout le gratin du royaume, et bien évidemment par le jeune prince héritier. Freddie est sexy, il tombe sous le charme de Calypso, qui n'en croit pas ses yeux. De toute façon, depuis son retour de vacances de Pâques, elle plane sur son petit nuage : elle est enfin copine avec les Divas, le groupe de filles toutes très snobs et pimbêches, et raconte à qui veut l'entendre qu'elle a une relation amoureuse avec l'assistant (gay) de sa mère. Son béguin pour Freddie lui attire les foudres d'une autre fille, la garce de service, dont la jalousie va plus que provoquer des éclairs, Calypso va véritablement vivre un enfer. 

Sans surprise, cette série collectionne les clichés autour des filles et des pensionnats, c'est niais, c'est creux, c'est affreusement girly et même la romance royale passe au second plan. Bref, il n'y a pas de quoi fouetter un chat ! Et pourtant j'ai lu d'une traite ce premier tome en me surprenant à ricaner plus d'une fois de bon coeur. C'est le double effet Kiss Cool : admettre la platitude de l'histoire, mais en savourer chaque miette malgré tout. C'est bon, la honte. Calypso n'est pas l'héroïne du siècle, son histoire ne figurera pas non plus dans les annales, mais on s'en fiche, car c'est drôle, dans le style chick-lit pour midinettes en détresse, et ça se lit facilement, surtout en vacances.

Les confidences de Calypso : 1. Romance Royale - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2005 ou Pôle Fiction 2011 - 258 pages.
traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf 

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Sur le chemin des vacances #4

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L'album a été traduit et publié aux éditions Thierry Magnier.
C'est l'histoire d'une petite chouette qui tombe de son nid et qui veut retrouver sa maman. Un gentil écureuil viendra à son aide et ensemble ils feront le tour de la forêt pour remplir cette délicate mission.
Très drôle et franchement adorable ! Les illustrations de Chris Haughton sont tout simplement ravissantes. Même que Bauchette a la petite mascotte chez elle...  

Un peu perdu (traduction de : A bit lost) - Chris Haughton (éd. thierry magnier, 2011)

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Non-Non se sent un peu tout mou. Il a donc envie de pratiquer un sport. Mais lequel ? Toutes ses tentatives ne se révèlent guère concluantes. Et c'est ce qui nous fait bien marrer, à chaque page on se demande ce qu'il va bien imaginer comme excuse pour se défiler.
Bah oui, encore Magali Le Huche, mais que voulez-vous, moi je l'aime ! Et puis, son personnage est drôle et attachant, il n'est pas parfait, il a la flemme, il touche à tout mais se lasse très vite, il est partisan du moindre effort mais ne se démonte pas, il a toujours une raison valable pour tenter sa chance ailleurs.
Avec les petits flaps amusants, ce sont d'autres bonnes surprises délirantes qui nous attendent !

Non-Non veut faire du sport (mais a un peu la flemme) - Magali Le Huche (éditions Tourbillon, 2011) 

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Voici un cahier tout fou, plein de couleurs et de tampons assemblés par thèmes : nature, ville, montagne, animaux, pôle Nord... il ne reste plus qu'à peindre ou dessiner autour... Inventer des chemins pour raconter des histoires... Découper les lettres de l'alphabet à la fin du cahier pour un message anonyme.

Encore une bête curieuse à détailler sous toutes les coutures avant de laisser libre cours à son imagination. C'est un livre d'artiste par Joëlle Jolivet (j'apprécie beaucoup son travail) et qui s'inscrit un peu dans la tendance du moment, car on trouve pas mal de livres de la sorte. Cela plaît aux plus jeunes et aux autres aussi... c'est bien ! 

Complètement tamponné ! (cahier d'artiste) - Joëlle Jolivet (Sarbacane, 2011)

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Pour de vrai, une famille découvre un mammouth dans le frigo. Les pompiers arrivent, la mission de sauvetage est en cours quand l'animal se fait la malle et se réfugie au sommet d'un arbre. Penaud, il attend son heure. Qu'est-ce que j'ai souri à la fin ! De toute façon, c'est un album très rigolo qui fait honneur à tous ces amis imaginaires qui parfois tiennent compagnie aux enfants. 

Un mammouth dans le frigo - Michaël Escoffier & Matthieu Maudet (l'école des loisirs, 2011)

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Martin Viot est également auteur et illustrateur de bandes dessinées, cela ne vous surprendra guère à la lecture de cet album : que de détails ! C'est (presque obligatoirement) le livre qui vous accompagnera sur la route de vos vacances - c'est comme vivre ses propres aventures sur papier. On y retrouve donc la file des voitures qu'on croise et recroise au hasard des trajets, les bouchons aux stations de payage, les pique-niques sur l'herbe, les nausées, les pauses pipi, les bêtises et les chansons pour tuer le temps qu'on trouve trop long... quand sonne enfin l'heure de délivrance avec l'arrivée sur la plage. 
Très chouette !

Papa, on les double ! - Martin Viot (Seuil jeunesse, 2011)