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Stella a dix-sept ans. Elle est sur la terrasse d'un immeuble. Elle compte les lumières allumées en face. Sa meilleure amie Adèle la rejoint. Elle non plus ne tourne pas rond, elle attend un coup de fil, celui qui la fera tout plaquer. Deux vies. Le même ennui. Désillusion. Séquence après séquence, les filles inventent, racontent, extrapolent. Elles redessinent la vie des autres, et entre les lignes se traduit leur véritable malaise. La vérité éclate à la fin. Moche, morbide, affligeante. 
L'écriture est concise et brève, comme un uppercut, elle s'accompagne d'une bande-son imparable (Portishead, Télépopmusik, Nirvana). C'est une lecture oppressante et fascinante, d'où on ne sort pas indemne. 

"J'ai 17. J'ai 17 ans. Du toit-terrasse de mon immeuble je regarde le monde. Je surplombe le monde et le monde est à moi. La nuit le monde se fait docile se laisse compter parce qu'il est fatigué le monde. Le monde s'endort doucement. Bientôt le monde sera un. Un pour moi. Un en une étoile accrochée à la fenêtre que je cherche quelque part en face. Et je sens déjà que le monde s'oublie. Le monde est ailleurs."

J'ai 17 pour toujours - Jacques Descorde
L'école des loisirs, coll. Théâtre, 2011. 62 pages. 6,50€ 

Au même âge, forcément j'aurais adoré une lecture qui commence ainsi : J'ai 17 ans. Je suis née et je vis dans une ville plantée en bord de mer dans le nord de la France. Là où certains jours par beau temps on peut voir les côtes blanches de l'Angleterre. Là où il se dit que quand elles se laissent apercevoir c'est signe de pluie pour le lendemain et qu'il vaut mieux ne pas les voir ces Anglais maudits.