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Ben et Cody, pour la première fois depuis des années, vont passer leurs vacances de Noël dans les Keys, délaissant ainsi la bande de copains qu'ils ont depuis l'enfance. Avant de partir, Ben confie un cadeau à sa voisine, Cass. Sans réfléchir sur la signification de son acte. 
Les vacances, au bord de l'océan, s'annoncent grandioses. Ce sont baignades et parties de pêche à gogo. Ambiance radieuse et conviviale. Certes, Ben doit veiller sur son petit frère de sept ans, lui le grand de treize ans, il aimerait bien avoir un peu de temps rien que pour lui. 
Arrive alors la jeune Mica, âgée de onze ans, et son père, biologiste marin. Aussitôt Cody s'attache à elle et veut qu'elle partage toutes leurs activités. Ben, lui, rechigne et la traite de peste. C'est une mademoiselle Je-sais-tout, pimbêche et effrontée, il en a sa claque de garder les mômes ! 
Ce qui l'agace aussi, c'est l'attention que ses parents lui portent. Serait-ce de la jalousie ? Si oui, ce n'est pas grave car l'important dans l'histoire repose dans son inaction. C'est calme, mais apaisant. L'atmosphère des Keys est envoûtante, le bien-être est communicatif, on se sent comme un poisson dans l'eau. 
Oui, il y a des interrogations quant à la vie bohème que mène Mica et le vice caché de son père (il boit par désoeuvrement), du coup pour attirer son attention la fillette multiplie les quatre cent coups. Sous ses dehors de garçon manqué, Mica est en fait fragile et en manque de sa maman. Elle raconte des histoires, s'invente une vie merveilleuse, avec des étoiles plein les yeux, mais l'intelligence des Floyd réside dans leur silence et leur absence de jugement. Ils sont là, pour Mica. Ils lui offrent amitié, famille, partage et Noël heureux. Comme quoi, l'amour, parfois, ça ne tient à pas grand-chose. 
Car finalement c'est un roman sur les sentiments. Le lien familial très fort qui existe entre Ben, ses parents et son petit frère. Les émotions balbutiantes de Mica pour ce grand gaillard qu'elle trouve fascinant. L'attirance indicible que son amie de toujours, Cass, exerce sur Ben. La maladresse du capitaine envers sa fille unique dont il laisse l'éducation au petit bonheur la chance. Enfin voilà, c'est un roman tout simple, mignon, attendrissant, très doux et qui procure un bien fou.

Comme frères, par Adrian Fogelin
Flammarion, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau.