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J'étais tellement dans l'attente de cette lecture, croyant naïvement y croiser une famille improvisée à partir de petites vies brisées ou bancales, comme d'autres histoires à la Anna Gavalda ou Maud Lethielleux, bref j'avais imaginé un rendez-vous très différent, et résultat je me trouve un peu déçue. 
Pourtant, la maison du 33 Georgiana Street, à Camden Town, à Londres, me semblait le rendez-vous improvisé de pauvres âmes en peine : on y croise Sam, un gamin de dix-sept ans en fugue, et Bohemia, dix ans, une maman alcoolique. Hmm, le tableau s'annonçait tristounet. Le propriétaire, Steve, a la tronche de travers, mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il y a aussi Isabel et son chien Paillasson, toujours aux aguets, concierge à ses heures perdues, essentiellement pour grapiller des informations sur les autres locataires. Trop curieuse, ou soucieuse des enfants perdus ? Peut-être, ou peut-être pas. 
De fil en aiguille, il apparaît que Sam cache un lourd secret et a besoin d'être oublié. Mais la petite Bohemia le colle sans cesse, babille pendant des heures, l'use de questions... A force, la patience du garçon atteint ses limites ! Il va donc craquer et s'en vouloir. Cela va réveiller ses vieux démons, mais en même temps permettre de l'aider et d'avancer. 
Moralité : Il n'est jamais trop tard pour rattraper ses erreurs. Pour demander pardon. 
J'ai donc terminé mon livre sur une note de tristesse et d'agacement (surtout envers le personnage de la mère de Bohemia, pff), avec le constat d'être passée à côté de quelque chose (cette notion d'entraide, d'amitié et d'espoir entre ceux qui n'en peuvent plus d'y croire) car je n'ai nullement été touchée par l'histoire ou les personnages. C'est passé comme ça, zou, et puis plus rien !? 
Etrange...

La Fourmilière, par Jenny Valentine
Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2011. Illustration de couverture : Sereg.