02/03/12

... le bonheur, c'est d'accepter de ne pouvoir jamais compter les étoiles, et continuer de les contempler.

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ENFIN la dernière partie des histoires des Blue Cerises. J'attendais ce moment depuis mai 2010 ! Cela commençait à faire long... Autant dire que le plaisir des retrouvailles me faisait planer sur un petit nuage. Aussitôt je plonge mon nez dans le bouquin et, là, grand sourire jusqu'aux lèvres, parce qu'il est question de Zik.
Zik, ma chouchoute. La douce rebelle, au grand coeur. Mais Zik est malheureuse par la faute des Cerises. La brouille est sévère, tous se cachent dans leur coquille et c'est à celui qui fera le premier pas, qui tendra la main... Pas facile. Alors Zik a entrepris sa propre thérapie, elle voit un psy, elle parle du passé, une douleur en appelant une autre, et elle a renoué avec son amoureux.
Viendra le tour d'Amos, qui me donne toujours l'impression d'être un grand sage, attentif, présent, ne jugeant jamais, très à fleur de peau, lui aussi. Son refus de quitter la France avec son père et sa soeur s'explique autrement que par l'envie de rester auprès de ses amis, Amos a besoin de retrouver d'autres racines... et là, autre rencontre, autre destin, c'est troublant.
Surgit de sa boîte l'imperturbable Satya, drôle, irrésistible, charmeur et charmant. C'est clair, tout le monde craque pour lui. Et dire que notre grand séducteur ne le fait même pas exprès ! En fait, lui aussi a la tête à l'envers, il fuit certains fantômes, court après d'autres, croise une belle inconnue dans son duffle-coat rouge, serait-ce bien la même ? Satya est à bout de souffle, il en a marre de passer à côté du bonheur et de le voir filer entre les doigts. 
Le dernier acte est donc consacré à Violette, complètement paumée et qui s'en veut. Il est temps d'en finir avec Olivia, elle seule doit prendre les devants et affronter le passé. Elle le sait. En chemin, elle croise un type constellé de poussière grise et qui lui parle de Murakami. C'est Nemo. Et déjà, son coeur s'emballe... sauf que c'est connu que Violette est allergique aux histoires d'amour, aux sentiments et aux déclarations. Du coup, c'est la panique. Il ne lui a rien promis, mais son intuition ne la trompe pas.
Entre retrouvailles et secrets dévoilés, la dernière saison des Blue Cerises nous apporte de grandes bouffées de joie, de peine et de tendresse. Place également aux doutes, aux inquiétudes, aux interrogations et aux prises de position. Ce dernier rendez-vous est plus grave, un peu doux-amer, mais c'est aussi le rendez-vous qui recommande de lâcher prise, de s'aimer, de l'avouer, de prendre son envol. Et c'est sur une pointe de nostalgie que ça se termine, que les Cerises nous poussent vers la sortie. Fin du spectacle. Applaudissements.
C'est triste, quoi. 
Mais reste le souvenir d'avoir lu et aimé une série bouleversante, très bien écrite, avec des personnages à bichonner et chérir parce qu'ils le valent bien... Encore merci pour cette rencontre, cette expérience complètement folle de pencher vos quatre têtes sur une même intrigue, vraiment un pur enchantement !  

la petite phrase de la saison 4 : Elle me lance un regard, elle a peur, je sais, mais ça y est, elle plonge, elle est entière, c'est ce qui me fascine chez elle : sa force de vie, comme une boule d'instinct qui dévale la pente jusqu'au bout, une fois que sa décision est prise, Zik sait ouvrir les brèches.

Blue Cerises, saison 4 : Lune Bleue par Maryvonne Rippert, Sigrid Baffert, Jean-Michel Payet & Cécile Roumiguière
Milan, coll. Macadam, 2012.
nouveau format, nouvelles couvertures -) j'aime beaucoup !

mais surtout...


01/03/12

Music is love.

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Rien que pour les références musicales, ce livre est extra ! Sans quoi, c'est l'histoire d'Allie, seize ans, qui vit à Berkeley, la ville universitaire, avec sa mère divorcée. Elle travaille chez un disquaire, Bob & Bob, où elle croise d'autres allumés comme elle, des passionnés de musique et de vintage, dont le très mystérieux M, sur lequel Allie craque et nourrit toutes sortes de fantasmes.
Elle a aussi créé un blog, Princesse Vinyle, qui, espère-t-elle, devrait révolutionner la blogosphère et l'industrie musicale : parce qu'elle veut rassembler tous les aficionados autour de la même passion, déclencher un vent protestataire contre le rock aseptisé, le téléchargement, le numérique, le matraquage publicitaire.
Dans le même temps, une série de cambriolages a lieu dans le quartier où Allie bosse, elle va naturellement chercher à éclaircir ses doutes en compagnie de sa meilleure amie, Kit, en pleine détresse sentimentale. Oui, parce qu'on se doute un peu du schmilblick, mais faisons comme si. De son côté, la mère d'Allie tente de reconstruire sa vie amoureuse, tandis que son père annonce qu'il va de nouveau être papa. Tout ça fait sourire ou grincer des dents, mais c'est la vie, Allie est très philosophe, à seulement seize ans elle fait preuve d'un bel esprit zen et pas rancunier, et rien que pour ça, c'est très appréciable !
En fait, ce petit roman raconte la vie de tous les jours d'Allie, ce qui rend la lecture presque ordinaire, mais surtout proche du lecteur, car c'est une histoire faite de belles rencontres, du temps qui passe, de vacances d'été, d'intuitions désagréables selon lesquelles on se serait bien trompé en tirant le mauvais numéro, de la fin d'un rêve et de la décision de passer à autre chose. C'est finalement banal, mais pas désagréable, et c'est ponctué de musique, bien entendu. A ce sujet, Allie est très snob en la matière, elle a le droit, ses goûts sont sûrs, sélectifs et irréprochables. L'occasion de faire de belles découvertes, comme Billy Bragg et son tube California Stars ! 

Princesse Vinyle, par Yvonne Prinz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduit par Madeleine Nasalik.