20/09/12

"Once you read something, you can't erase it from your brain."

Quand les autres s'endorment et plongent dans leurs rêves, le cauchemar de Janie commence.
 
WAKE 

De quoi sont faits nos rêves ? Que se passerait-il si quelqu’un pouvait entrer dans ces histoires folles qui agitent nos nuits ?
Depuis qu’elle a cinq ans, Janie Hannagan porte un lourd secret : quand les autres s’endorment près d’elle, elle perd connaissance pour être entraînée dans leurs songes. Témoin de leurs terreurs nocturnes, elle voudrait les aider mais comment faire ? Elle est là, au coeur de leur intimité la plus profonde, mais ils ne semblent pas la voir… Et quand elle se réveille, il ne lui reste qu’une sensation de gêne coupable qu’elle ne peut partager avec personne.
En se confiant à Cabel, Janie croit trouver l’âme soeur et espère sortir de sa solitude. Mais ses rêves, à lui, se révèlent si troubles et inquiétants… A-t-elle fait le bon choix en choisissant ce garçon-là ?

Je vais vite oublier ce rendez-vous loupé et abandonner Janie à ses rêves, parce que je n'ai vraiment pas accroché à son histoire. Problème d'écriture, un texte au présent, impression d'être prise pour une simplette, une histoire qui ne casse pas trois pattes à un canard, des personnages sans éclat, sans charisme, et soudain l'envie de ne pas perdre son temps, de penser à tous ces autres livres qui attendent... Là je dis STOP ! Impression désagréable d'une lecture médiocre.

Wake, par Lisa McMann
La Martinière J. (2012) - traduit par Raphaële Eschenbrenner

Posté par clarabel76 à 17:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Et, comme le soleil dans son enfer polaire, Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

IMG_7840

Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d'un cheval, accroché à la falaise. 
Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. 
Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.
Prix du meilleur roman francophone au Festival polar de Cognac

« Cette vallée était d'une beauté terrassante, qui transit Servaz.
Une atmosphère de conte de fées.
C'était bien ça : une version moderne et adulte des sinistres contes de fées de son enfance. Car, au fond de cette vallée et de cette forêt blanche, songea-t-il en frissonnant, c'étaient bien des ogres qui les attendaient. »

L'intrigue est habile et perverse, mais redoutablement longue. Comptez pour l'édition poche 730 pages ! C'est beaucoup trop. Je ne pense pas qu'il en fallait autant pour planter le décor, s'insinuer dans la vie des personnages, suivre des pistes, se perdre, avoir des soupçons, éparpiller des petits cailloux, en avoir les poches lourdes, se dire que l'ambiance est austère, fascinante, glaçante... C'est tout le mérite de cette plongée en enfer, une sensation étourdissante, un vrai coup de bluff. Il faut néanmoins avaler un récit consistant et beaucoup trop copieux pour atteindre le nirvana. Du coup, je sors de cette lecture, dont j'avais trop espéré, un peu déconfite.

Glacé, par Bernard Minier  (Pocket, 2012 )

 

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19/09/12

Toc-toc, le revoilà !

Appel à une danse de la joie pour tous les fans de l'inspecteur Lapou ! Voici sa nouvelle enquête : la ciboulette hachée menue. 

IMG_7842

IMG_7843

IMG_7844

Je ne me lasse pas de l'humour de cette série et je suis totalement admirative du flegme de notre grand détective. Au programme : un massacre dans le potager, des légumes sous le choc, une invitation privée à une salade-party, un docteur gonflé du genou, une ciboulette revêche et rebelle, un peu tête de linotte aussi, une coccinelle très coquette, un ver tout raplapla et une madame Lapou ultra amoureuse... Miam, miam ! Bénédicte Guettier sait nous régaler. 

La ciboulette hachée menue (une enquête de l'inspecteur Lapou) par Bénédicte Guettier (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012) 

Posté par clarabel76 à 19:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

18/09/12

Tico et les ailes d'or

IMG_8116

Être différent, c’est parfois une souffrance. Tico le petit oiseau était né sans ailes. Il pouvait sautiller et chanter, mais pas voler comme ses amis. Il rêvait d’avoir une paire d’ailes dorées… Et voilà qu’un beau jour, l’oiseau génie exauce son voeu ! Mais être différent peut s’avérer une chance, à condition d’être généreux. Dans un premier temps, tous les anciens amis de Tico l’ont fui car ils le prenaient pour un crâneur. C’était mal le connaître : avec chacune de ses plumes, il va faire des heureux !

UN CONTE TRES CLASSIQUE, MAIS MERVEILLEUSEMENT ILLUSTRé.  

Tico et les ailes d'or, par Leo Lionni (Ecole des Loisirs, 2012)

IMG_8117

IMG_8119

IMG_8120

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Une maison n'est jamais tranquille dans l'obscurité pour ceux qui écoutent intensément.

Jonna vit dans un orphelinat et n'a qu'un rêve : être adoptée par une jolie maman coiffée en chignon et un gentil papa aux souliers vernis. Or, un jour, déboule une vieille voiture déglinguée, d'où surgissent deux jambes poilues à moitié couvertes par un jean miteux, puis un torse velu, et enfin une grosse tête noire en forme de poire avec un sourire idiot. C'est un gorille ! La directrice ne laissera jamais cette espèce de guenon crasseuse adopter un enfant, Jonna en est sûre. Et pourtant, horreur ! C'est elle que la gorille choisit...

IMG_7548

C'est une histoire totalement hallucinante, révélée par ce roman à la jolie couverture illustrée par Arnaud Boutin, et dont le titre aux accents excentriques ne fait pas de doute sur la question. Mais il faut dépasser les premières impressions et en apprendre plus sur Jonna et sa maman gorille, qui vivent sur un terrain convoité par la mairie, et qui sont confrontées aux bêtises et aux jugements des autres. 

La fillette aussi va changer d'état d'esprit, car au départ elle n'était pas fière d'avoir été choisie par cette maman hors du commun, elle avait peur et honte de se promener en sa compagnie. Finalement une tendre complicité va naître entre elles. Elles vont apprendre à mieux se connaître, à discuter, partager leurs désirs, leurs rêves et leurs peines. 

"Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être." écrit Jonna, à la fin.
En effet, son histoire se pose comme un rappel à l'ordre : il faut combattre les préjugés, avoir droit à la différence, s'accepter, se tolérer, ne pas juger. Il faut dénoncer la méchanceté et l'ignorance, afficher sa fantaisie, revendiquer sa part du bonheur. Cette lecture en apparence futile et légère se révèle donc beaucoup plus profonde et pertinente dans sa réflexion.
Une découverte attendrissante et faussement cocasse
.

Ma mère est un gorille (et alors ?), par Frida Nilsson 
Bayard jeunesse, 2011 - traduit du suédois par Ludivine Verbeke

Voilà une nouvelle série pour les juniors : Esprit, es-tu là ? Ce premier tome est une lecture bien gentille, autour d'une héroïne, Kate, qui se découvre médium, comme sa mère, le jour de ses 13 ans. Au collège, elle se frite avec la fille la plus populaire mais devient copine avec une nouvelle venue, Jac, qui se trimballe partout avec son violoncelle (son boulet, dit-elle). Elle aussi a un secret, et comme par hasard, tout est lié par des fils invisibles. L'issue peut sembler placide, il ne faut pas s'attendre à de grands frissons, mais le suspense tient la route et titille notre curiosité jusqu'au bout. Cette série sans prétention a de beaux atouts pour séduire les plus jeunes (à partir de 10 ans). Elle mêle habilement vie quotidienne, fantastique, humour et suspense.

Le fantôme de la bibliothèque, par Elizabeth Cody Kimmel
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2012 - traduit de l'américain par Anne Lauricella
illustration de couverture : Lucie Durbiano


D'un bond d'un seul et sans hésitations On se documente sur la navigation (...)

IMG_7821

Personne ne comprend ni pourquoi ni comment la bibliothèque Jacques-Prévert se retrouve à voguer sur l'océan. A bord, le directeur, la bibliothécaire, un prof de technologie, la 6èmeF au complet, et Saïd l'infernal, qui se trouvait là par hasard. C'est à partir de cette idée farfelue que Florence Thinard a imaginé une histoire dynamique et originale.
La survie va très vite s'organiser à bord de la bibliothèque flottante, les ouvrages dans les rayons vont servir de sources d'inspiration et autres guides pour nos rescapés. Il faut tout réapprendre : gérer la nourriture et la boisson, songer à protéger ses arrières et installer des tours de garde sur le toit.
Histoire improbable, certes, mais d'une naïveté charmante, cette lecture possède plus d'un tour dans son sac. Elle séduit, embarque son lecteur, fait partager la vie en communauté, ouvre l'esprit d'aventure et apprend à dépasser ses limites. Jules Verne et Michel Tournier font également partie du voyage, de quoi éveiller la curiosité.
On y lira aussi, entre les lignes, un joli hommage aux bibliothécaires et à leur dévouement sans bornes. Florence Thinard parvient à nous proposer une balade sympathique et dépaysante, avec un zest de fraîcheur hautement bénéfique. C'est follement surréaliste, mais ça fait toujours plaisir. Et puis ma fille était en 6èmeF, alors oui ça fait sourire encore plus.

Encore heureux qu'il ait fait beau, par Florence Thinard
éd. Thierry Magnier, 2012 - illustration de couverture : Barroux

* titre emprunté à une chanson des Frères Jacques 

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Humour, poésie et cirque ambulant !

Passage en format poche du roman de Jean-Claude Mourlevat, précédemment publié sous le titre : La prodigieuse aventure de Tillmann Ostergrimm.

IMG_7827   IMG_7829

Suite à une dispute avec son père, Tillmann Ostergrimm se rend sur la place du village où a lieu la traditionnelle fête du Carnaval. Et là, miracle, le garçon se soulève de terre, sans raison apparente, il peut voler ! Un dénicheur de talents croise son chemin et le pousse à accepter de le suivre : le Cirque de Globus n'attend plus que lui. C'est leur fortune assurée.

Face à ses protestations, Tillmann sera emmené de force. Un long périple l'attend, au cours duquel il fait la rencontre de Lucia, la plus petite femme au monde. Leur arrivée à Globus n'est pas sans heurt non plus, puisque le directeur est un type revêche et tyrannique. Le cirque, lui, ne ressemble à rien du tout. Plus malheureux que jamais, Tillmann comprend qu'il doit s'en échapper.

S'enchaîne alors une autre aventure complètement folle, où l'on appréciera la générosité de Tillmann. Avec ses compagnons d'infortune, il va fonder une troupe de théâtre ambulant et parcourir du pays. Il fera l'expérience de l'amitié, de l'amour, mais aussi de la trahison. Sa maison lui manque de plus en plus. Lui qui refusait d'être tonnelier de père en fils va pleurer de joie sur le chemin du retour, il était trop bête, il a cru que la belle vie était ailleurs.

Ce petit roman, signé J-C Mourlevat, se veut une lecture cocasse et émouvante sur la destinée d'un garçon qui possède soudainement le don de voler (on n'explique pas pourquoi, ni comment, ce n'est pas ce qui compte finalement !). C'est une lecture légère et rigolote, surtout destinée pour les plus jeunes, car ce texte n'a pas la force romanesque du Combat d'hiver ou du Chagrin du roi mort.

Le garçon qui volait, par Jean-Claude Mourlevat
Folio junior, éd. 2012 - couverture : Jean-François Martin
illustrations : Marcelino Truong

17/09/12

Pêle-mêle Clarabel #52

Un assortiment d'albums aux pages cartonnées, pour les petites mains malhabiles des enfants curieux ! 

IMG_7836    IMG_7838

Je reprends ici la présentation (parfaite) de l'éditeur : Voici un tout premier dictionnaire qui recense les mots que répètent avec gourmandise les bébés et leurs parents : bobo, dada, toutou, joujou, papa, mamma... Ces petits mots qui ont deux syllabes identiques et un seul sens, comme un rassurant retour du même, ainsi que le décrivait Freud en 1920 dans son article "Au-delà du plaisir". Des mots de tous les jours, fondateurs du langage chez le bébé, mais aussi de son rapport à l'autre, au monde, sont définis ici avec poésie et humour par Corinne Dreyfuss. 

J'ai aimé les illustrations de Benjamin Chaud, comme à leur habitude, joyeuses, colorées et amusantes. Lecture décomplexante aussi, puisqu'elle rassure les jeunes parents dont la manie de parler en deux syllabes aux bébés est finalement considérée profitable ... et tout à fait normale ! A feuilleter, pour de rire.

Le petit Roro (mon tout premier dico), par Corinne Dreyfuss & Benjamin Chaud (Actes Sud junior, 2012)

IMG_7743

J'ai adoré cet album aux mille couleurs (et à la couverture orange pétante !). C'est un livre-interactif où le lecteur est invité à suivre les consignes de l'histoire (mettre sa main dans la boue, jouer à saute-mouton, cacher la souris, éviter les piques du hérisson, dessiner la coquille de l'escargot, suivre le chemin du bout du doigt, frapper à la porte, caresser le chien, chatouiller le chaton...). J'ai passé l'âge de développer ma motricité, mais j'ai tout de même bien rigolé en me prêtant au jeu de Martine Perrin.

Petite main petit pouce, par Martine Perrin (Seuil jeunesse, 2012)

IMG_7697    IMG_7699

Pour les petits amateurs des dinos, cet album saura les surprendre, les enthousiasmer et les faire participer à la lecture. En effet, il cumule les tirettes, les textures à touchers, les volets à soulever et les pop-ups ! On part à la découverte des dinosaures grâce aux animations proposées (faire manger un tricératops et des diplodocus, ouvrir des oeufs de bébés maiasaures). Les illustrations de Marion Billet sont incontournables : rondes et craquantes, elles ne peuvent que séduire en douceur. 

Grrr ! les dinosaures, par Marion Billet (Nathan, coll. Kididoc, 2012)

IMG_7702    IMG_7703

Aujourd'hui, c'est le bazar : les animaux sont tous bizarres. Ils jouent à méli-mélo, changeant de poils ou de peau. Cela nous donne des inventions très originales : le chat est couvert d'écailles, le chien se change en girafe et devient girouaf, la vache produit du lait à rayures chocolatées, le croco devient doux comme un agneau... L'auteur joue avec les mots et les expressions, l'illustrateur également s'en donne à coeur joie, quel duo ! C'est loufoque, débordant d'imagination, ça fait rire aussi et ça invite le lecteur à tester, tâter, frotter, caresser... Encore un chouette album dans ce registre ! 

Zoo Zinzin, par Julie Clélaurin & Cyril Hahn (Seuil jeunesse, coll. Les albums caresses, 2012)

Ce sont ces petites choses, égrenées au fil des jours, qui ont sur la suite de la vie, l'effet d'un rideau cachant le soleil.

IMG_7818

Ce roman est remarquable, même si le ton est froid et cinglant, il sert à mieux dresser le portrait de Marie, une vieille femme sournoise, aigrie par les années durant lesquelles elle a multiplié les exigences et les caprices. Mariée à André, instituteur à la retraite, elle n'a cessé de le houspiller, le rabaisser, le faire tourner en bourrique. Et lui, bonne pâte, s'est plié à ses tortures...

A présenter ainsi, c'est clair que le livre ne fait pas très envie. Ce serait cependant une erreur de ne pas s'y intéresser, car le talent narratif d'Hervé Bel consiste à nous présenter cette femme, indigne et détestable, sans jamais forcer le trait ou sombrer dans le ridicule. Au contraire, on peut être surpris par les pointes d'humour, souvent malgré elle, de Marie, qui pense petit et vit tout aussi petitement, en plus des aspects dérisoires de sa vie et sa façon de penser.

Le film de sa vie est déroulé sous nos yeux, on la découvre jeune fille, belle et insouciante, déjà pimbêche, choyée par un père qui cédait face à son bon vouloir, puis amoureuse, sottement romantique, jouant presque un jeu, elle s'étourdit de belles paroles, souhaite qu'on flatte son ego, semble accorder une grande faveur en épousant l'homme de son choix... Dès le départ, on la sent naïve et calculatrice, car lorsqu'elle aura cessé de vouloir paraître, elle se laissera submerger par son amertume.

Avare, égoïste, abusive, despotique et ingrate, Marie est une héroïne rare et incroyable. Au début de la lecture, on est en droit de penser que ça ressemble à la vie de nos parents, ou nos grand-parents, un couple au crépuscule de sa vie, quoi. Et puis cette façon d'entrer dans l'intimité de Marie, de pénétrer sa logique et sa mauvaise foi, vraiment à plus d'un titre, le résultat est bluffant, saisissant et accrocheur. Je ne pensais pas m'attacher autant à cette histoire, c'est comme une fascination dérangeante pour cette femme au caractère impossible, qui défend sa cause avec véhémence et tromperie. C'est redoutable, jusqu'au bout !

Les Choix Secrets, par Hervé Bel
JC Lattès, 2012

Elle a toujours vécu dans cette illusion que le monde était un parterre, et qu'elle était sur la scène, aimée de son public, et elle la vedette, tantôt indifférente, tantôt gentille, tantôt méchante, mais toujours pardonnée. Qu'il suffisait d'un geste de sa part pour recueillir des preuves d'amour.

Posté par clarabel76 à 08:15:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

14/09/12

"What a joke! Poor little rich girl's fallen in love with the Republic's most famous criminal."

legend

J'étais impatiente de découvrir Legend, présenté comme étant le nouveau phénomène en matière de dystopie. Ma foi, je n'ai PAS DU TOUT été déçue. Sitôt la lecture entamée, je n'ai plus relevé le nez du bouquin. L'histoire se veut semblable à tout ce qu'on peut lire actuellement sur le marché, mais elle se distingue aussi par sa force et son caractère brut.

Nous sommes en République Américaine, dans une société divisée entre les partisans du gouvernement en place et les rebelles qui vivent dans les Colonies. Parmi les mécontents, se trouve Day, le héros au grand coeur, celui qu'on surnommerait presque le Robin des Bois, parce qu'il s'en prend aux riches pour aider les plus pauvres. Il a été déclaré Ennemi Public Numéro 1. Traqué depuis des années, il parvient à échapper aux poursuites des brigades les plus chevronnées. Tout bascule le jour où la maison de sa famille est marquée d'une croix à trois branches. Son jeune frère est contaminé. Pour le sauver, il organise une expédition hâtive dans un hôpital où des soldats manquent de lui faire la peau. Un homme va tomber. Suite à cette tragédie, la jeune June Iparis entre en scène.

Âgée de quinze ans, considérée comme étant le prodige de la République, elle a obtenu des résultats brillants à ses Examens et peut aujourd'hui revendiquer une place de choix au sein des meilleures troupes. Sa première mission consiste à infiltrer les quartiers pauvres de Los Angeles pour démasquer le mystérieux Day. Elle a une dent contre lui, une vengeance personnelle, qui laisse supposer que tout échec est impossible. S'engage alors un affrontement très déstabilisant : Day et June ne seront jamais assez préparés pour ce qui les attend. Entre méfiance, séduction et trahison, leur rencontre n'est pas à l'abri des tourbillons.

Il faut dire que l'intrigue autour des protagonistes est pesante, haletante, menaçante. On pressent les drames à venir, et pourtant on se laisse surprendre, étourdir et duper. Ce qui m'a également particulièrement plu, c'est l'absence, ou presque, de dentelles brodées pour faire beau dans le décor. Ici on n'a pas le temps de s'émouvoir, pas le temps de s'attendrir, pas le temps de ressentir des papillons dans le ventre. L'amour n'est pas au centre de l'action, pour une fois je pense que c'est tant mieux (à vrai dire, j'ai trouvé la relation précipitée et sous-développée). A contrario, il règne une impression de force brute et décapante qui fait un bien fou au moment de tourner les pages. On a peur pour les personnages, l'auteur choisissant rarement la facilité. Son univers est rude, très marqué et pas mielleux pour un sou. De plus, son rythme infernal rappelle la sensation d'urgence qu'une lecture comme Hunger Games ou Divergent inspire : action, pression, et le reste pour plus tard. Vivement la suite (en 2013) !

Legend, par Marie Lu
Castelmore, 2012 - traduit par Olivier Debernard