19/12/12

"Nothing and nobody stops Wilma Tenderfoot!"

Quelque part entre l'Angleterre et la France se trouve une île avec juste une toute petite colline, une île que personne n'a jamais pris la peine d'explorer. Allez donc consulter une carte et vous la verrez - par là, un peu plus haut. Il n'y a rien de surprenant à ce que l'île de Cooper, somme toute banale et insignifiante, n'ait jamais été découverte. Après tout, plus personne n'enseigne l'exploration à l'école. De plus, la curiosité est loin d'être encouragée depuis qu'on a appris que c'était un vilain défaut. Mais chacun sait que sans curiosité, il n'y a pas d'aventure.

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Wilma Tenderfoot, une orpheline de dix ans au caractère impétueux et déterminé, rêve de devenir un détective mondialement connu, mais pour l'heure elle vit à l'institution pour Petits Malchanceux, sous la houlette de Mme Skratch, qui n'est pas une rigolote. La chance semble enfin lui sourire lorsqu'elle décroche un petit boulot chez une vieille dame qui réside au nord de l'île. C'est le début de l'expédition, même si son séjour sur place lui réserve quelques déconfitures, elle ne se départit pas de son optimisme légendaire. Et puis, elle a déjà un nouvel ami, le chien Beagle, baptisé Pétrin.

Mais une autre bonne nouvelle l'attend, puisqu'elle va découvrir que son voisin n'est autre que le détective Theodore P. Lebon. Un modèle pour elle. Elle a d'ailleurs appris par coeur la liste des dix petits trucs du bon détective ! Coup de bol, la maison du grand homme est en effervescence, suite à un double meurtre et à la disparition d'un précieux diamant, les forces de l'ordre sont sur les dents. Voilà une nouvelle affaire pour M. Lebon ... et Wilma, qui se propose de devenir son apprentie, au grand dam du détective.

La fillette est attachante, mais brouillonne et maladroite. Elle ne prend jamais le temps de tirer les bonnes déductions à partir des indices. C'est pourtant le b.a.-ba de son métier. Néanmoins, Wilma redouble d'efforts, à défaut de concentration, et se révèle une experte en espionnage, écouter aux portes ou suivre les suspects, emprunter des chemins tortueux, se déguiser et ne jamais partir le ventre vide, toutes les astuces du détective n'ont plus de secrets pour elle !

Et c'est foncièrement jubilatoire, quel humour ! quel sens du rythme ! L'histoire est menée tambour battant, sans retenue, avec une galerie de personnages atypiques. Le résultat est drôle et se veut un mélange de comédie absurde à l'humour parfois acide ! Mijoté aux petits oignons, le roman enchantera les lecteurs qui aiment les histoires à suspense, les héroïnes intrépides et les fins qui se terminent bien (avec en bonus une recette de croustilles sucrées). Un deuxième tome est déjà disponible, un troisième est prévu au printemps 2013.

Wilma Tenderfoot, tome 1 : L'énigme des coeurs gelés - par Emma Kennedy
Casterman, 2012 - traduit par Corinne Daniellot / illustré par Nancy Peña

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18/12/12

L'histoire du soir #32 : L'invité de Noël, par France Quatromme & Mélanie Allag

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Envie d'un conte de Noël ? Voici l'histoire d'un invité pas comme les autres, qui se glisse dans les maisons, en laissant des traces de pas sur le tapis et des miettes de gâteau sur la nappe, mais qui n'oublie pas de déposer quelques paquets sous le sapin ! Le petit garçon avait tout préparé la veille, en décorant le sapin et en préparant les souliers près de la cheminée, alors le matin il s'inquiète et mène son enquête, sous le regard complice de ses parents, de son chat et de son chien !

Ambiance douce et chaleureuse pour cet album qui retranscrit bien l'esprit des fêtes. J'aime en particulier les illustrations de Mélanie Allag, qui ne sont pas sans me rappeler celles d'Aurélie Guillerey... Un charme fou, beaucoup de tendresse et de délicatesse. C'est tout simple et tout mignon.

L'invité de Noël, par France Quatromme et Mélanie Allag (L'Elan Vert, 2012)

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Une chanson d'ours, de Benjamin Chaud

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Papa Ours s'est à peine installé pour son hibernation qu'il se réveille en sursaut. « Il sent un courant d'air froid là où il aurait dû sentir la chaleur du petit ventre de Petit ours. » Ce dernier a perçu le bzzz d'une abeille « drôlement en retard » passer à toute vitesse devant la porte de la tanière. Qui dit abeille dit miel, Petit ours le sait bien et hop hop hop il décide de la suivre...

La suite de l'aventure est drôle, entraînante, colorée et facétieuse. Le papa ira jusqu'à la ville, dans un théâtre, sur la scène d'un opéra pour tenter de retrouver son fiston. Les pleines pages de l'album sont d'ailleurs fourmillantes de détails, au travers desquels il faut traquer l'indice et la trace du fiston. C'est assez excitant pour qui aime se pencher sur ce genre de cache-cache. 

Et moi j'adore !!! J'adore aussi les illustrations de Benjamin Chaud, son ton, son humour, ses ours adorables, ses couleurs, son récit palpitant, semé d'embûches, avec des séquences rigolotes et un final étincelant ! C'est un fantastique album ... pour petits ET grands lecteurs, évidemment.

Hélium, octobre 2011

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“Damn, girl. You space so hard, you ought to look into a career at NASA.”

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Ce sixième tome boucle le premier cycle de la saga, qui s'éternise jusqu'à 15 tomes, je vous le rappelle. Le sachant, cela a toujours eu le don de me glacer sur place. Je suis lasse des séries qui s'éternisent, le temps passant, les affinités s'étiolent, les envies également, j'en suis donc venue à la conclusion que ce tome 6 serait mon dernier rendez-vous à Morganville.

Pour mémoire, Bishop contrôle la ville et ses habitants, il a condamné à mort Shane et son père, Michaël est devenu son bras droit, Myrnin a retourné sa veste, Amelie a disparu et Claire est sa messagère attitrée. Eve a coupé les ponts avec tout le monde, elle est écoeurée mais ignore tout des intrigues secrètes de la communauté vampirique. Enfin, c'est sans compter sur cette chère Claire qui ne sait pas garder un secret. Sinon, chose promise, chose due : Claire a fêté ses 17 ans ! Rappelez-vous, selon la loi de l'état du Texas, elle est désormais considérée autonome et libre de ses actes sur le plan sexuel... C'est Shane qui va être content ! ^-^

Si vous appréciez les récits au rythme endiablé, avec les mauvais coups qui pleuvent à tous les coins de rue, les ambiances glauques et oppressantes, les personnages qui pédalent dans la semoule, les trahisons, les mensonges, les amitiés fortes et les promesses d'amour qui font chaud au coeur, vous avez toutes vos chances pour accrocher à cette série ! Pour ma part, il me semble avoir fait le tour de la question, j'ai apprécié cette synergie pendant un moment, mais je n'ai jamais éprouvé la moindre compassion pour les personnages, aussi il est temps de souhaiter bon vent à Claire Danvers et ses amis, la partie est finie pour moi !

Vampire City, tome 6 - Rachel Caine 
Hachette, coll. Black Moon, 2012. Traduction de Alice Delarbre.
en VO : Carpe Corpus

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“There are no coincidences. And everything means something.”

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A la mort de son père, Thais, dix-sept ans, voit sa tutelle confier à Axelle Gauvin, une amie de la famille qu'elle ne connaît pas du tout. Elle part donc s'installer à la Nouvelle-Orléans, découvre un monde nouveau et excentrique, mais la plus grosse découverte consiste à tomber nez-à-nez avec son sosie parfait. Thais aurait donc une soeur jumelle, Clio, laquelle a été élevée chez sa grand-mère et ... initiée à la magie dès son plus jeune âge. Thais tombe des nues, mais ses soucis ne font que commencer. 

Pour un premier tome, nous avons tous les éléments en place : présentation des personnages, de la magie, des secrets et des enjeux, l'histoire prend vraiment son temps pour installer ses pions, c'est assez long, pas très palpitant non plus, surtout qu'au final il n'y a pas de grosses surprises pour pimenter tout ça. Donc, d'un certain point de vue, c'est une lecture très lisse et peu originale.

Ensuite, Clio et Thais tombent toutes les deux amoureuses de beaux garçons au charme ténébreux, l'une pour un certain André, et l'autre pour Luc. Mais ne vous attendez pas à une nuée de papillons dans le ventre, car l'histoire ne nous laisse même pas le temps de partager cette sensation, car à peine esquissé, c'est déjà plié ! Beaucoup de promesses et d'attentes pour un résultat banal et bien frustrant, c'est ce que je retiendrai de cette lecture, maintenant la suite ne peut que se développer car elle a toutes les cartes en main. Parution du tome 2 en avril 2013.

Balefire, tome 1 : Le Calice du vent, par Cate Tiernan
Msk, 2012 - traduit par Aude Lemoine

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17/12/12

L'histoire du soir #31 : Le petit Cépou, par Pépito Matéo & Bruno Heitz

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Saint-Denis, banlieue Nord. Le petit Cépou, un gamin du quartier, passe son temps à regarder ses baskets, en traînant dans le tram pour échapper au contrôleur, qui a un visage d'ogre. Chez lui, ce n'est pas la fête non plus, tous les soirs à la même heure, les Perrault regardent les jeux à la télé et rêvent de gagner au loto. Il faut dire que, avec sept gosses à nourrir, le père sans boulot et la grand-mère qui s'est cassé le fémur, c'est un peu dur !

Un matin, les Perrault ont un plan et envisagent de semer les mômes dans la jungle des Halles. Entre les multiples stations de métro, les panneaux publicitaires, le monde partout, les visages faussement souriants, viennent aussi les grimaces et les pleurs lorsque les enfants réalisent qu'ils sont perdus. Le petit Cépou, le plus rusé de la bande, calme le jeu et entend ramener ses "ginfrans" à la maison grâce à des chewing-gums semés en chemin.

Dans cette version urbaine et moderne, le Petit Poucet trouve une seconde jeunesse. L'humour y est grinçant, le style enlevé, pour une lecture agréable et humoristique. L'histoire était déjà parue dans la collection "Mini Syros, Paroles de Conteurs" en 2009, mais il fait aujourd'hui peu neuve grâce aux illustrations de Bruno Heitz, un format plus grand et un cd où l'auteur, Pépito Matéo, laisse éclater sa gouaille avec brio. C'est drôle, impertinent et décalé. 

Le petit Cépou, par Pépito Matéo et Bruno Heitz (Syros, éd. 2012)

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Les Ombres grandissent au crépuscule, par Henning Mankell

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Je ne connais pas beaucoup Mankell, à part ses romans policiers avec Kurt Wallander, j'en avais une image un peu froide et déprimante, comme souvent avec les auteurs nordiques. Sa série pour les jeunes lecteurs est donc particulièrement surprenante, dans le sens où le ton est décalé, avec un humour espiègle, qui prête à sourire. Une chouette lecture, franchement savoureuse. Au centre, nous avons un garçon de 12 ans, Joel, qui ne connaît rien à la vie, qui vit dans sa bulle et qui a un esprit débordant d'imagination.

Le gamin vit seul avec son père Samuel, sa mère a quitté le foyer et n'a plus donné de nouvelles. Elle existe sous le prénom de Jenny, et puis c'est tout. Bref, l'histoire commence au moment où Joel traverse la rue sans regarder et passe sous un bus. Il se relève sans la moindre égratignure, un vrai miracle ! Par contre, le garçon est perplexe et s'interroge. Maintenant, que doit-il faire ? Accomplir une bonne action pour remercier d'être un miraculé ? Oui, pense-t-il. Alors il choisit d'aider son amie Gertrude, défigurée depuis son opération bâclée, car sous ses airs de folle, elle est complètement désespérée. Il est temps de lui trouver un amoureux pour lui changer les idées !

Le garçon doit d'abord trouver le candidat idéal, ce qui n'est pas facile lorsqu'on habite une ville minuscule, au fin fond de la Suède, sans la moindre activité fédératrice, si ce n'est boire un verre au bistrot, se chamailler ou danser au bal du samedi soir. Joel prospecte, scrute et tâtonne, il envoie des lettres d'amour, donne des rendez-vous secrets, et puis cela devient trop compliqué pour lui. En fait, il n'a aucune expérience du monde des adultes, tout le dépasse et il fait pire que mieux.

Le cadre est posé, c'est à la fois tendre et cocasse, avec une brochette de personnages attachants, beaucoup de fraîcheur, d'innocence et d'excentricité. On suit l'intrépidité du garçon avec enthousiasme, et même si son aventure tourne au vinaigre, on espère pour lui et son petit monde que le soleil brillera à nouveau. Il y aura d'autres livres de la sorte, avec Joel Gustafsson, l'auteur en a écrit quatre tomes, le premier (A Bridge to the Stars) n'a pas été traduit, le prochain (When the Snow Fell) est prévu pour l'automne 2013. La couverture française est signée Olivier Balez. Le titre, très beau, donne une idée de la touche de poésie qu'a su apporter la traduction, très soignée.


Seuil, 2012 - traduit par Marianne Ségol-Samoy et Karin Serres 
illustration de couverture : Olivier Balez

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16/12/12

Dernières pages de l'année #2

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Pour ne pas perdre de vue tous ces jolis rendez-vous de l'année 2012...

 

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... to be continued.

C'est la marche des libraires : EliabarGaëlleThis pretty things et Bauchette sollicitent votre attention !

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à toi, ma fille, déjà une droguée des écrans, comme toute sa génération, parce que je n'ai pas envie qu'elle dise un jour à ses enfants : “ en ce temps-là, il y avait des libraires et des librairies ” ...

aimez-les, soutenez-les, achetez vos livres chez eux ! 

 

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14/12/12

“It is the first day of November and so, today, someone will die.”

“I say, 'I will not be your weakness, Sean Kendrick.'
Now he looks at me. He says, very softly, 'It's late for that, Puck.”

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Quel fabuleux roman ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il me plaise autant, j'ai adoré chaque minute passer à le lire, c'était un moment sublime, déstabilisant mais mémorable. Rien n'indiquait que l'histoire allait m'embarquer à ce point, on y parle de chevaux surgissant de la mer, avides de sang et de viande, des chevaux sauvages et intrépides, mais des chevaux dont toute la communauté de Thisby est bougrement fière !

L'île de Thisby est également un cadre magnifique, c'est une île de pêcheurs, peuplée de gens simples et qui sentent le poisson, c'est un microcosme d'hommes et de femmes éprouvés par les pertes, mais qui gardent toujours la tête haute par fierté. C'est une question de principe. Cette terre, on l'aime et l'on l'accepte, sinon on part sur le continent à la quête d'une autre vie, plus riche, moins étouffante. Puck Connolly est une jeune fille qui a toutes ses racines sur cette île, jamais elle n'envisagerait de la quitter. Ses parents sont décédés, elle a grandi avec ses deux frères, Gabe et Finn, et tout commence lorsque l'aîné annonce son intention de partir.

Le monde de Puck s'effondre, par bravade elle annonce qu'elle va participer aux Courses du Scorpion, réputées dangereuses et réservées aux cavaliers émérites. Qu'importe, Puck est une jeune fille farouche et orgueilleuse, elle n'a cure des quolibets et s'inscrit avec sa jument Dove. Non seulement c'est la première femme à participer à une telle course, mais de surcroît elle se présente avec son cheval de la plaine, alors que ses concurrents chevauchent les terribles capaill uisce. Soit elle est folle, soit elle compte mourir.

Sur la plage, lors des premiers entraînements, Puck rencontre Sean Kendrick, le champion des dernières éditions. Il concourt sur le cheval le plus rapide de l'île, pour le compte de l'homme le plus riche de Thisby, mais le garçon est à un croisement des chemins lui aussi. Nul autre que lui n'a cette même connivence avec sa monture, c'est un type exceptionnel, passionné par les chevaux et la mer, neuf ans plus tôt son père a été tué sous ses yeux, depuis il est devenu un garçon solitaire, enfermé dans sa bulle, très sensible aussi et soudainement bouleversé par l'intrusion de cette Puck Connolly.

Le rythme du roman est assez lent, mais pas dénué d'intérêt, car tout se construit pièce par pièce. Le décor se plante, on découvre les moindres recoins de Thisby, fait connaissance avec sa population, on aime, on s'attache, on peste, et puis on s'amourache de cette tendre complicité qui s'installe entre Puck et Sean. C'est tellement touchant. Pudique et miraculeux. Avec leurs sentiments à fleur de peau, ils vivent une relation sans fausse note. Sans oublier leur combat vers cette course qu'on attend fébrilement, et qu'on vit tout aussi intensément. Ouhlala, cela faisait un bon petit moment que je n'avais pas eu l'occasion de lire un roman aussi magique et prenant ! J'ai même versé ma petite larme à la fin, pour dire combien j'étais à fond dans mon truc. Une telle communion avec son livre, moi j'en demande encore !!!

Sous le signe du Scorpion, par Maggie Stiefvater smileyc002
Hachette, coll. Black Moon (2012) - traduit par Camille Croqueloup

“That's a poor match, Sean Kendrick," says a voice at my elbow. It's the other sister from Fathom & Sons, and she follows my gaze to Puck. "Neither of you are a housewife."
I don't look away from Puck. "I think you assume too much, Dory Maud."
"You leave nothing to assumption," Dory Maud says. "You swallow her with your eyes. I'm surprised there's any of her left for the rest of us to see.”

“Shhhhhh, shhhhhh, says the sea, but I don't believe her.”

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Le Muraille de Lave

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Le commissaire Erlendur est en vacances prolongées et a coupé tout contact avec ses collègues. Voilà qui donne un peu de champ libre à Sigurdur Oli, dont on va découvrir la véritable personnalité, lui qui est décrit comme un type froid, très snob et un mauvais mari, l'occasion lui est donné de se présenter sous un jour nouveau. Et effectivement, la recette est miraculeuse. J'ai pris plaisir à mieux cerner ce personnage torturé, à travers ses relations avec sa mère, mais aussi avec son père, à travers leur histoire de couple notamment, puis leur séparation. Inévitablement on pense à sa propre histoire avec Bergthora et certaines fêlures trouvent enfin leurs explications.

N'oublions pas que Sigurdur est flic et qu'il doit tremper dans la gadoue pour aider un ancien camarade d'école. Le beau-frère de celui-ci s'est fait pincer dans une soirée *entrecôtes* et depuis il est victime de chantage. Une petite intervention anodine de Sigurdur pourrait impressionner la jeune femme et calmer le jeu. Hélas, cette dernière est rouée de coups par un individu. Seul témoin sur les lieux, le policier est alors dans l'embarras.

L'enquête va également nous conduire auprès d'investisseurs banquiers, déterrer de vieux dossiers mêlant le sexe, le fric et le crime crapuleux. Ambiance poisseuse, mais ambiance pesante. A ceci s'ajoute un revenant du passé, un clochard qui veut raconter à Erlendur son enfance dévastée par la faute d'un pédophile. Bon, on ne se marre pas à tous les coins de page, c'est sûr, mais on ne moufte pas non plus. Il faut suivre cette histoire dans un silence religieux et angoissant, qui ne laisse rien filtrer. Lorsque les masques tombent, forcément on en prend un coup au moral.

Insoupçonnable et pourtant élémentaire, cette histoire nous plonge dans des abîmes profonds. C'est amer, mais c'est bon comme un café sans crème. Par contre, j'ai souri malgré moi en replongeant dans cette Islande en pleine croissance économique, c'était une époque pas si ancienne, mais qui nous semble tellement surréaliste aujourd'hui... Prévoir pas moins de 10 heures d'écoute en version Audiolib.

La muraille de lave, par Arnaldur Indridason
éditions Métailié, 2012 et Audiolib 2012  -  traduit de l'islandais par Eric Boury

Jean-Marc Delhausse excelle à mettre son interprétation au juste ton de ce sombre constat d'un monde qui renie ses valeurs.

Écoutez l'extrait lu par Jean-Marc Delhausse

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