29/01/13

Vers l'infini et au-delà !

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Eugène a une imagination débordante. Sitôt qu'il s'ennuie, il part dans des histoires qui prennent forme dans sa tête. Il devient alors le Capitaine Sans-Gêne, à bord de son navire Triton, il parcourt les mers et les océans, pour défendre les opprimés et pour anéantir les squales gigantesques, les poulpes géants, les méduses carnivores et les scaphandres zombis.

Même une partie de football avec ses copains se transforme en retransmission enflammée d'un match endiablé, qui ferait pâlir Lionel Messi. Il est comme ça, Eugène. Toujours dans la lune. La tête dans les étoiles. Des idées plein la tête. Des rêves par milliers. Même chez lui, son esprit vagabonde. Il est ailleurs, tout le temps. Il transforme son quotidien en une aventure folle et passionnante.

Le seul souci, c'est qu'il est souvent à côté de ses pompes en classe. La maîtresse n'en peut plus de le rabrouer, de lui coller des punitions, de lui remettre les pieds sur terre. Ses résultats scolaires sont passables. Et pourtant, Eugène est un garçon intelligent, mais ses parents s'inquiètent et préfèrent se rendre chez un spécialiste.

Un spécialiste qui ressemble à un singe, se dit Eugène. Aussitôt, son esprit s'évade et laisse place une autre interprétation de la réalité. C'est magique ! C'est un véritable pouvoir que possède ce garçon. Heureusement le médecin va rassurer tout le monde, en soulignant bien que Eugène est un garçon tout à fait capable. Son truc, pour le moment, c'est d'avoir besoin d'être ailleurs et de pouvoir le faire. Pourquoi l'en priver ?

Alors les histoires d'Eugène peuvent reprendre de plus belle, des histoires avec Naruto, Harry Potter, Jack Sparrow, ou même James Bond, Spider-Man et les chevaliers du Jedi. Nul n'arrive à sa cheville, bien entendu. Et c'est ce qui rend ce petit texte drôle, enlevé, déjanté et pertinent. A lire, pour se rassurer d'avoir un esprit trop rêveur.

Je sauve le monde dès que je m'ennuie, par Guillaume Guéraud - illustrations de Martin Romero
Rouergue jeunesse, coll. ZigZag, 2012

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Vivre d'espoir

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Ce n'est pas drôle d'avoir des parents qui s'aiment et vivent sous le même toit. Ce n'est pas drôle, car la vie est alors tout ce qu'il y a de plus ordinaire ! Quelle plaie. Louis, qui peine à finir son devoir d'espagnol, a l'esprit qui vagabonde. C'est ainsi qu'il décide de mettre tout en œuvre pour provoquer un divorce entre ses parents, ce serait selon lui pour mieux stimuler l'éveil de sa sœur et lui.

Mais ni celle-ci, ni sa grand-mère ne trouvent l'idée réjouissante. Pourtant, Louis a tout organisé dans sa tête. Il s'est inspiré du modèle de son pote, Roméo, dont la mère brésilienne et le père américain sont séparés mais entretiennent de bonnes relations, et font du quotidien de Roméo une vraie partie de rigolade.

Donc, Louis focalise toute son attention sur l'anniversaire de sa mère. Quarante ans, l'heure du renouveau. Son plan consiste à inviter la maman de Roméo, pour qu'elle tombe amoureuse de son père, et pour sa mère, Louis a envisagé d'inviter un vieil ami d'enfance. L'invité surprise, ce serait ... Benjamin Biolay. Eh oui.

Viendra, viendra pas ? La soirée finira-t-elle en apothéose, ou sera-t-elle un désastre annoncé ? Louis est jeune, inconscient, fou, spontané, irréfléchi. Il est à un âge où il pense que c'est toujours mieux ailleurs et où il n'est jamais satisfait de ce qu'il a. C'est le deuxième roman que je lis sur ce sujet, où les enfants pestent d'avoir des parents encore mariés et qui s'aiment, alors que tous les copains sont des enfants du divorce (cf. Marre de l'amour de Maud Lethielleux). C'est bien aussi, d'avoir une histoire un peu loufoque et qui traite de ce sujet avec dérision. C'est drôle, c'est tendre, ça parle du bonheur et c'est extrêmement sympathique.

L'invité surprise, par Géraldine Barbe
Rouergue jeunesse, coll. dacodac, 2013

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"I love London. I love everything about it."

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Ce qui caractérise ce roman, c'est son humour, très pince-sans-rire. Le narrateur s'appelle Jason Priestley, comme l'acteur de la série Beverly Hills, il a 32 ans, il est journaliste free-lance après avoir arrêté sa carrière de prof, il vit avec son meilleur pote, Dev, qui vend des jeux vidéo et porte des t-shirts ringards, il a vécu quatre ans avec une fille, Sarah, qui a fini par le quitter et qui vient d'annoncer sur Facebook qu'elle se fiançait avec *Gary*. Lui, Jason, se contente d'avaler une soupe, il se sent seul, minable et se défoule en postant des commentaires insultants sur le mur de son ex. C'est le premier déclic signalant qu'il est temps de se bouger.

Un jour, dans la rue, il croise une jeune femme en train de monter à bord d'un taxi. Il lui vient en aide avec tous ses paquets, puis remarque qu'elle a oublié son appareil photo jetable. Et là, Jason est cloué sur place. Il reste totalement inactif. En fait, il vient d'avoir le coup de foudre. Son pote Dev prend alors les choses en main en faisant développer les clichés. C'est un peu la stupéfaction lorsqu'ils vont les découvrir, mais une autre sonnette d'alarme résonne dans la tête de Jason : sur l'une des photos, il se reconnaît, en train de lire un journal, dans un café. Bingo ! Plus motivé que jamais, il va donc remuer tout Londres pour retrouver cette belle inconnue.

L'aventure n'est pas avare en pitreries, ni en rebondissements, l'ensemble ressemble d'ailleurs à une comédie britannique dans toute sa superbe, dans la veine de Notting Hill (on y pense souvent et très fort !), les situations cocasses se succèdent, les rencontres improbables surviennent, servies par des personnages hauts en couleur. C'est particulièrement jouissif. Bien entendu, ce côté farfelu peut déconcerter, parfois c'est excessif et un peu usant, mais il y a une telle volonté de bien faire, de donner le sentiment que tout est possible, finalement on a très envie d'y croire jusqu'au bout et on accompagne Jason dans sa quête absolue de sa moitié, avec une joie non simulée. Au bout de 492 pages, on a encore la tête qui tourne, mais le sourire aux lèvres, et on se dit que ce roman fait un bien fou !

C'est elle !, par Danny Wallace
Presses de la Cité, 2012 - traduit par Christine Barbaste

Et parce que tous les titres de chansons en tête de chapitres sont de Hall & Oates,

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