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L'histoire se situe dans la proche banlieue de New York, aux Hollows, petite bourgade réputée tranquille et silencieuse, cerclée par des bois qu'il faut éviter de traverser, à cause des mines souterraines. Une vingtaine d'années plus tôt, une femme a disparu, abandonnant son mari et ses deux jeunes enfants. C'était la première grosse enquête de Jones Cooper, aujourd'hui flic à la retraite et occupant ses journées à bichonner les jardins de ses voisins.

Lorsque Michael Holt est de retour en ville, pour vider et vendre la maison de ses parents, il souhaite également rouvrir le dossier sur la disparition de sa mère. Il a embauché un détective privé, lequel est assisté d'une médium, Eloise Montgomery, qui fait des rêves sur les morts suite à un tragique accident de voiture. Sans comprendre pourquoi, elle a eu une vision de Jones Cooper et vient le lui signaler. Ce dernier est intrigué, mais a d'autres chats à fouetter.

En effet, Jones a été sollicité par la très discrète Paula Carr, mariée et mère au foyer, qui s'inquiète à propos de la première femme de son mari. Celle-ci a envoyé son fils Cole en vacances chez eux, mais depuis n'a plus donné de nouvelles. Kevin prétend qu'elle a mis les voiles, mais Paula est quelque peu perplexe. Personne ne doit être au courant de cette enquête que Cooper tient à cœur de conclure, pour se réconcilier avec ses vieux démons.

Cette lecture n'est finalement composée que d'action lente et d'introspection, avec une ribambelle de personnages dont les destins vont finir par se croiser, ou disons qu'on s'en doute, sinon à quoi servirait cette galerie de portraits interminable ? Bref, l'auteur déroule son fil sur un rythme nonchalant, en entretenant l'idée que l'on se fait du suspense, c'est psychologique, pas éclaboussant.

Il faudra attendre la deuxième partie, au bout de 300 pages, pour enfin s'offrir un début de frisson. C'est dommage d'avoir cherché à tout décortiquer, dans la présentation des lieux, des personnages et dans l'analyse de leurs sentiments, leurs secrets et leurs pensées, c'est beaucoup trop touffu, trop long. Le dénouement, finalement, n'est qu'une suite de décompression après toutes les fausses angoisses perçues. Je vous jure, rien que le prologue promettait une histoire plus stressante.

Ce n'est pas une déception, juste une frustration. C'est moins un thriller, et davantage une sombre histoire de vies ordinaires bousculées par les désordres amoureux et les non-dits, avec pour cadre la parfaite petite ville américaine, théâtre fabuleux des drames intimes.

Les voix du crépuscule, par Lisa Unger
Livre de Poche, 2013 (éditions du Toucan, 2012) - traduit par Yoko Lacour

-SELECTION POUR LE PRIX DES LECTEURS-