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Parce qu'il est sûr de son charme, avec son visage de beau gosse, Martin se prend pour le roi du monde. En cours, il fait le guignol. A la ville, il roule des mécaniques avec ses deux potes inséparables, Mark et Matthew. Un soir, pourtant, tout dérape : à bord d'une voiture volée, conduite par un dealer, Martin est victime d'un accident, grièvement brûlé, scotché sur un lit d'hôpital avec une tronche en compote.

Au lieu de s'effondrer, Martin décide de reprendre place dans sa vie mais se confronte au regard, et surtout aux jugements des autres. On cherche à lui attribuer des sentiments qu'il n'éprouve pas, car il est loin de se considérer perdu ou minable. Même ses potes n'osent plus le regarder en face, sa petite copine devient distante... C'est une totale remise en question pour lui.

J'avais une certaine appréhension au début de ma lecture, j'avais un peu de mal à encadrer le personnage de Martin, et puis son histoire a fini par me bluffer. Jamais, à aucun moment, celui-ci ne nous joue la petite sérénade du type désespéré, mal dans sa peau. Martin fait preuve d'une grande acuité sur son handicap, sur le comportement de son entourage, qui se sent mal à l'aise en sa présence. Mais lui refuse de se laisser abattre.

Sa vie va d'ailleurs prendre une nouvelle orientation, en mieux, grâce à son expérience, ses nouvelles rencontres et les désillusions suite à son accident et sa tentative de retour à la “vie normale”. C'est un roman qui se lit vite, il est assez prenant et vivifiant dans l'âme. On y découvre aussi l'écriture belle et envoûtante de Benjamin Zephaniah, écrivain et poète rastafari.

Un autre visage, par Benjamin Zephaniah
Actes Sud junior, 2010 - traduit par Dominique Piat