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Kyla, seize ans, vient de subir une opération. Elle a été « effacée ». C'est une coutume courante, décrétée par les hautes instances, pour éradiquer la délinquance galopante. Des jeunes gens en crise ou désoeuvrés sont reprogrammés pour une nouvelle vie, avec une mémoire toute neuve, les émotions bridées par le port d'un Nivo greffé au bras. Toute montée d'adrénaline peut désormais les mettre en danger. Ce sont ainsi une flopée de jeunes gens aux sourires niais, qui ne se posent pas de questions, qui évoluent dans un semblant de vie ordinaire. Leurs nouvelles familles sont accueillantes, mais prudentes, car le système en place surveille tout, contrôle les moindres faits et gestes, et la police (les Lorders) n'hésite pas à arrêter tout élément perturbateur. Bizarrement, Kyla est consciente du climat pesant et suspicieux qui règne autour d'elle. Toutefois, elle a bien compris qu'il fallait qu'elle garde pour elle ses interrogations. Son opération aurait posé un léger couac, elle n'a pas la même attitude ni les mêmes compétences que ses pairs. Elle est innocente et naïve dans sa façon d'être avec les autres, et pourtant son esprit est vif dès lors qu'elle capte une anomalie dans son paysage (la disparition de camarades dans son lycée). Kyla a aussi des flashs durant son sommeil, elle est réveillée par des cauchemars qui lui dictent de vieux souvenirs, mais elle ne sait pas encore ce qu'ils cherchent à lui révéler.

J'ai aimé, beaucoup aimé ce livre. L'histoire, aussi captivante soit-elle, ne s'écoule pas sur un rythme effréné, au contraire c'est plutôt lent, mais on prend le temps d'apprendre un tas de petites choses, de savourer l'ambiance, assez glauque et flippante, de se poser des questions et de se surprendre à attendre la suite avec impatience. Ce roman vous réservera bien des surprises ! Au départ, il m'a un peu rappelé celui de Rachel Cohn, Version BETA, sans son parfum sulfureux, mais il est beaucoup plus angoissant, sombre et oppressant. C'est franchement fascinant, j'ai été scotchée.

Effacée, par Teri Terry (La Martinière J., septembre 2013 - traduit par Maïca Sanconie)