23/10/13

“Parfois, mieux vaut faire un long détour pour se rendre à deux pas.”

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Je comprends mieux pourquoi ce spin-off ne nous a pas été proposé plus tôt, l'idéal aurait été qu'il sorte avant la parution des Portes du Paradis, le dernier tome de la série des Vampires de Manhattan (je plaide coupable, à l'époque j'avais pesté contre ce détail !). Parce que, très franchement je ne l'ai trouvé ni passionnant, ni excitant, maintenant que je l'ai lu.

L'histoire devait nous expliquer ce qu'il était advenu de Bliss, et plus précisément sa rencontre avec la Meute des Loups. Ces derniers aussi ont une histoire à nous dévoiler, avec son lot de traques infernales, de séparations déchirantes, de sacrifices inévitables et d'amours contrariées, sur fond de variations mythologiques mélangeant tous les genres. Mouaip, mouaip, mouaip. Tout ça m'a semblé tellement creux et inintéressant, au final. J'ai galéré pour me familiariser avec ce nouvel univers, j'ai même fini par m'y ennuyer ferme.

Alors soit, c'est un petit crochet avant le sprint final et ça peut éventuellement intéresser un lecteur en pleine découverte de la série des Vampires de Manhattan. Malheureusement, j'ai bouclé la saga en décembre 2012 et depuis j'ai tourné la page. Pour moi, ce spin-off paraît trop tard en VF, j'ai eu le sentiment d'être larguée. Sans compter que les personnages ne m'ont guère inspiré de sympathie, à l'exception de Bliss forcément, qui se révèle plus forte et déterminée, très débrouillarde, sensible et vulnérable, avec ses blessures secrètes. Lawson, par contre, m'a fait l'effet d'une girouette au bord de l'implosion hormonale... au secours !

En somme, il faut lire ce livre dans la foulée, juste avant le dernier tome de la saga, sinon vous oubliez !

Le Pacte des Loups, par Melissa de la Cruz (Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, septembre 2013 - traduit par Morgane Caussarieu)

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22/10/13

L'abominable sac à main d'André Bouchard

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Vous l'ignorez peut-être, mais les sacs des mamans sont des créatures voraces et dangereuses !

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La bête passe son temps à tout avaler : portefeuille, peigne, bâtons de rouge à lèvres, chéquier, liste de courses, stylos, paquet de mouchoirs, agenda, parapluie pliant, maquillage, bonnet de laine, brosse à dents, dentifrice, foulard, cure-dents, etc. C'est un puits sans fond ! L'animal absorbe, absorde... Un jour, le sac a même avalé les clés de la maison !  

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Mais maman est courageuse, maman est téméraire, elle plonge la main dans la gueule de la bête, inconsciente du danger. Seule la fillette reste sur ses gardes, elle se méfie du monstre qui sommeille, un jour il arrivera un malheur ! C'est un sac gobetout, impossible à dompter, mais maman refuse de s'en séparer. C'est pire qu'un animal de compagnie, c'est une partie d'elle-même.

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La fillette persiste et signe : il faut se méfier de l'animal, un jour il en aura assez des vieux jouets et des chaussettes qui traînent, il aura besoin de chair fraîche !

Humour grinçant ? Check. Histoire criblée de stéréotypes ? Check. Tout ça dans un but pour se moquer gentiment ? Check. Décidément, André Bouchard  ne cesse de délirer dans son coin avec ses albums qui font glousser dans les chaumières. Ce nouveau livre ne déroge pas à la règle, il est sympa et rigolo à parcourir, même si je l'ai trouvé un peu  moins pertinent que d'habitude.

L'abominable sac à main d'André Bouchard (Seuil jeunesse, octobre 2013)

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“People lied. That's just what they did.”

hemlock

Très, très bon roman que voilà ! Son ambiance sombre, son ton vif, ses personnages à fleur de peau, son danger alentour et ses garous particulièrement effrayants font de cette lecture un rendez-vous incontournable. Le résultat est en effet captivant ! Tout de suite, on plonge dans une histoire noire et pleine d'amertume, marquée par la mort d'une adolescente. Son groupe d'amis est dévasté, chacun cherche un refuge, que ce soit dans l'alcool ou dans le besoin d'avoir des réponses, pour avancer et oublier le drame. Mackenzie est une jeune fille qui se juge quelconque, mais qui, finalement, est une nana entourée par deux potes irrésistibles, qui se chamaillent pour obtenir son attention et décrocher son cœur, oui, un triangle amoureux est au programme, attention les yeux, mais franchement c'est plutôt bien amené, pas trop nunuche non plus. L'héroïne fait même preuve d'auto-dérision à ce sujet :

« Nom de Dieu ! Ma vie n'allait quand même pas devenir aussi débile que toutes ces séries pour ados !
Une coulée de graviers et de poussière a dévalé la pente. Je me suis retournée. Kyle était au sommet de la colline. J'ai senti ma poitrine qui se fendait en deux. Sans un mot, il a fait demi-tour. Et voilà, c'était officiel : ma vie était digne d'une série débile. »

Autour, nous avons aussi une enquête criminelle, pour cerner le mystère qui entoure le meurtre d'Amy. L'arrivée en ville d'une milice privée sème la zizanie, Mac se heurte à leur chef et devient une cible à éliminer. Elle réalise dans le même temps que ses amis proches lui cachent aussi de nombreux secrets, parfois assez déconcertants. Et ce climat de délation, de suspicion et de peur panique autour des garous finit par enfoncer le clou : c'est globalement sombre, vif et envoûtant. L'auteur n'a pas versé dans la facilité, elle malmène ses personnages, elle dessine une histoire pas toujours joyeuse, ça change un peu et ça fait du bien. C'est le 1er tome d'une trilogie, la suite est déjà disponible en VO : Thornhill.

Hemlock, par Kathleen Peacock (La Martinière J., juin 2013 - traduit par Nathalie Azoulai)

21/10/13

Vive la différence ! de Leigh Hodgkinson

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Hippolyte Patel est un troll poilu, qui ne ressemble pas aux autres trolls. Hippolyte est gentil, poli et ordonné. Mais ses copains trolls le trouvent particulièrement nul comme troll et ne l'aiment pas du tout.

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Pétula Pétal est une fillette qui habite dans une maison avec ses parents. Elle est bruyante, fofolle et très désordonnée. Tout le contraire de ses parents !

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Tous deux sont donc désemparés de partager une existence pleine de contradictions et d'immenses frustrations. Alors, lorsque Petula et Hippolyte se rencontrent par hasard, ils comprennent qu'ils viennent de trouver la solution idéale : troquer leur vie pour vivre celle de l'autre, qui semble davantage leur correspondre ou répondre à leurs aspirations. 

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Et c'est le rêve ! le bonheur parfait ... surtout au début ! Très vite, Petula et Hippolyte s'aperçoivent que faire toujours la même chose, être autorisé à confondre leurs interdits commence à leur peser sérieusement. C'est devenu trop facile, trop lisse... trop ennuyeux ! Il est temps de mettre fin au drôle de troc et retrouver chacun sa famille.

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J'ai adoré cet album pour ses merveilleuses illustrations, si douces, si pétillantes, si pleines de vie et si colorées ! Chaque page est un véritable enchantement.

Tout est drôle et facétieux dans cette histoire : les noms des personnages, leurs décisions de troquer leur vie, jusqu'à leurs lubies tendrement rigolotes : faire le ménage, tout ranger et adorer ça, mais aussi se curer le nez sans vergogne, le revendiquer et préférer ça à cueillir des fleurs ! Le ton est cocasse, absolument désopilant - les enfants vont adorer !

J'ai beaucoup aimé aussi la farandole des polices et des caractères, lorsque le texte s'adapte au personnage - pour souligner les expressions fofolles de la fillette ou toutes discrètes du troll poli, par exemple. L'auteur a peaufiné chaque petit détail, a bichonné son texte, en plus du ton, elle a pris un soin scrupuleux à veiller sur la forme.  

L'histoire parle évidemment du droit à la différence, du fait d'être accepté pour ce que l'on est, de ne pas juger les autres, etc. Un message clair, simple mais qu'il faut toujours répéter.  

En somme, c'est un très chouette album qui séduira à coup sûr les enfants (et qui ouvre notre quinzaine consacrée aux lectures qui font gentiment peur, en attendant la fête des monstres et des esprits du 31 octobre) !

Vive la différence ! de Leigh Hodgkinson (Gallimard jeunesse, septembre 2013)

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“Quelle naïveté ! Le Diable a juste joué avec lui... La terreur ne manquera jamais de valets.”

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Ne nous attardons pas sur cette couverture peu engageante, et misons sur l'effet de surprise pour découvrir ce que cache le roman ! A priori, c'est une histoire plutôt banale au sujet d'un couple, Raphaël et Laura, qui s'aime mais se détache, depuis l'arrivée au lycée d'un nouvel élève, Melvil, qui cristallise les fantasmes les plus secrets de la jeune fille. Ce qu'elle ignore, c'est qu'elle est sous la coupe d'une possession maléfique, générée par une bague qu'elle vient de trouver dans une petite bijouterie vieillotte.

Son petit copain se débat comme un beau diable pour sauver leur relation amoureuse, mais sa jalousie complique tout et précipite l'inévitable. Leur amie Apolline tente aussi de leur venir en aide, elle-même se débattant au sein d'un flot de rêves brumeux qui cherchent à lui communiquer un message, au sujet d'une Fille des Brumes et d'un Démon, etc. L'intrigue n'a aucun secret pour nous, puisqu'on a connaissance des projets machiavéliques qui animent Melvil et celui qui se fait appeler l'Orfèvre. Au départ, je trouvais ces deux-là assez risibles à vouloir se fondre dans la masse, en adoptant le langage des jeunes de l'époque et en se mettant à la page sur le plan technologique.

Puis, j'ai été prise dans le feu de l'action, avec l'enchaînement des événements, la montée en puissance des forces démoniaques, la manipulation mentale basée sur les peurs les plus vives et l'élimination des éléments dérangeants. Sans mentir, toute la première partie est assez effrayante et sait nous tenir en haleine. La suite me voit plus réservée, avec l'entrée en scène d'une enquête policière plutôt bien menée, mais assez classique. C'est un autre rythme, une nouvelle façon d'aborder cette lecture, qui heureusement va reprendre sa cadence infernale dans les derniers chapitres. Au final, malgré de microscopiques réserves, je trouve que le roman a su parfaitement nous entraîner dans son univers (de possession, de forces maléfiques et de vieilles légendes démoniaques) et nous fait passer un bon moment de lecture.

Le Démon des Brumes, par Luc Blanvillain (Seuil jeunesse, septembre 2013)

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18/10/13

Rouge et vert de Gabriel Gay

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Rouge et Vert sont deux opposés : l'un est permissif, l'autre interdit tout. Un jour, ces deux-là finissent par se chamailler. Vert est éjecté dans la rue et met les bouts. Il rencontre un pigeon et mange un peu de banane écrasée, un petit morceau de plastique et deux frites. Puis il décide de découvrir la ville, mais plus il avance vers l'inconnu, plus il croise des voitures et des camions. 

L'aventure n'est plus aussi exaltante, Vert se sent tout raplapla. Et c'est Rouge qui vient à sa rescousse... Ils prennent ainsi conscience de leur complémentarité : sans leur travail, c'est la pagaille dans toute la ville. Les voitures sont bloquées, il faut se remettre au boulot ! Vert en haut, Rouge en bas, puis changement de place, etc. 

Tout rentre dans l'ordre, les bisbilles sont oubliées, les deux rivaux ont scellé un pacte : ils sont indissociables, chacun avec leurs particularités, ils contribuent à faire avancer le monde. 

Album coloré et très séduisant, qui représente la ville comme un univers mystérieux et cerné d'embûches, et qui parle aussi de petites querelles entre copains, sur lesquelles il faut bien sûr passer l'éponge car on apprend toujours des différences des autres ! Lecture très sympathique, par Gabriel Gay (qui illustre souvent les couvertures des romans à l'École des Loisirs).

Ecole des Loisirs, octobre 2013

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En avons-nous toujours bien conscience quand nous traversons la route, quand nous roulons en voiture ou à vélo ? Les bonshommes rouge et vert des feux de circulation sont des petits personnages vivants ! Ils courent, grimpent, descendent à longueur de journée pour que le feu fonctionne, et que nous soyons en sécurité. Leurs noms ? Vert ! et Rouge ! Mais que se passe-t-il s'ils se mettent à se disputer pour savoir qui est le plus important ? Aïe ! La catastrophe menace...

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“Nom d'une micropipette ! J'étais libre ! Quel talent !”

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Flavia de Luce, âgée de seulement onze ans (sa maturité m'épate !), nous revient dans une nouvelle enquête criminelle, qui aura le don de faire lambiner le lecteur, puisque celle-ci ne survient qu'à la moitié du roman. Alors oui, c'est usant pour les nerfs de se demander quand le coup va enfin tomber mais toute bonne chose mérite sa peine !
En attendant, nous suivons cette chère Flavia qui sillonne la campagne anglaise avec sa bicyclette Gladys et fomente des plans pour empoisonner ses sœurs aînées. C'est ainsi qu'elle croise au bord de la route le célèbre marionnettiste, Rupert Porson, et son assistante Nialla, en panne de véhicule. Ils sont diligemment pris en charge par le pasteur, qui va les loger chez un couple de fermiers, les Ingleby. En échange, ils acceptent de donner une représentation pour remercier la communauté de Bishop's Lacey de sa chaleureuse hospitalité.
Flavia est dans ses petits souliers, ravie de prêter main forte. Mais voilà, un drame survient... De nouveau, notre jeune enquêtrice, qui affiche un goût prononcé pour les détails macabres et les expériences chimiques, fait preuve d'une intelligence redoutable pour démasquer la vérité. Sa connaissance des lieux et des habitants lui permet de se faufiler partout, d'écouter et d'analyser, oui, oui, à la façon d'une Miss Marple en culottes courtes, bardée d'un humour froid et cinglant.
C'est savoureux en diable, un petit bonbon anglais à déguster. Ce que j'apprécie dans cette série, plus que tout, c'est son ambiance raffinée et sa galerie de personnages tous très attachants. So british dans l'art et la manière - je suis conquise, définitivement.

La mort n'est pas un jeu d'enfant, par Alan Bradley (éditions 10/18, coll. Grands Détectives, octobre 2013 - traduit par Hélène Hiessler)

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“Ecrire pour le journal de l'école ne fait pas de toi la prochaine Jane Austen, tu sais.”

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Quelle merveilleuse surprise que ce petit roman, qui chipe les bonnes astuces du roman gothique en l'assaisonnant à sa sauce (roman jeunesse oblige), mais qui parvient à vous filer une bonne chair de poule à force de rebondissements et autres tours de passe-passe dignes des plus grands ! L'histoire se passe à Londres, en 1899. L'héroïne s'appelle Penelope Tredwell, elle a treize ans et a hérité du magazine Le Frisson illustré à la mort de son père. C'est grâce aux histoires à succès de Montgomery Flinch que le magazine a pu redresser la barre et connaître un succès fulgurant. Mais en fait, l'auteur de ces histoires terrifiantes n'est autre que Penelope elle-même, sauf qu'il lui est impossible de le revendiquer, aussi a-t-elle embauché un obscur comédien pour la représenter publiquement.

S'affichant à ses côtés comme étant sa nièce, Penelope et le faux Montgomery vont rencontrer le directeur d'un asile qui a constaté des agissements troublants chez ses patients, quelques minutes avant minuit. Incontrôlables, ils se mettent à rédiger des propos sans queue ni tête, avant de retomber dans leur léthargie. Au moment de prendre connaissance avec ces Ecrits de Minuit, le trio constate avec stupeur qu'ils ont disparu de la circulation ! Intrépide et curieuse, Penelope ne va pas relâcher ses efforts pour démasquer ce mystère, quitte à mettre sa propre vie en péril.

Action, suspense, ambiance... Franchement, tout est là, réuni autour d'une intrigue efficace et habilement construite, qui vous laissera une méchante impression d'angoisse perfide et latente, surtout si vous portez une haine farouche envers les araignées (erk !), vous risquez donc d'en voir de toutes les couleurs ! J'ai cru que l'auteur allait jouer petits bras, mais pas du tout, son roman nous entraîne vers les tréfonds des ambiances fantastiques du XIXe siècle et réussit à nous toucher, nous embarquer, nous donner des sueurs froides. C'était vraiment très, TRES bien ! Sur cette belle lancée, deux autres titres vont paraître.

Douze Minutes Avant Minuit, par Christopher Edge (Flammarion, mai 2013 - traduit par Laurence Kiefé - ill. de couverture : Eric Orchard)

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17/10/13

Plaine, ô ma plaine...

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Attention, troisième et dernier tome !!! Nous retrouvons Nina, à bord du Transsibérien, en compagnie de Sacha et d'un vieil ami, Boris Nikitine, afin de sauver sa mère, déportée dans un goulag de la Kolyma. Au cours de ce long voyage, nous découvrons un paysage désolé et désolant, le froid, le manque de nourriture, le troc, la police omniprésente, la délation, mais aussi les convois de prisonniers, des femmes désespérées et brutalisées, des soldats embrigadés dans un système corrompu, dont ils échappent en noyant leur impuissance dans la boisson. A côté de ça, passe le majestueux Express Bleu, le train des officiels et des nantis, à bord duquel on croise la ravissante Véra !

Et là, un drame s'opère : Sacha tombe sous le charme, instantanément. Nina, elle, a le cœur blessé et gonflé d'amertume. Car c'est une chose surprenante dans ce roman, puisque nous découvrons notre héroïne confrontée à ses premiers émois amoureux. A elle son lot de souffrance, jalousie et déception maintenant ! C'est assez soudain, mais après tout Nina a tout de même 16 ans, sous ses airs de fillette coincée dans un corps qui ne connaît la puberté que de nom.

Il lui faudra de la patience, beaucoup de patience, ainsi lui avait enseigné son vieux maître Arkadi Tchernigov, avant de toucher au but. En attendant, place à toutes ses missions : sauver sa maman, retourner à Moscou, délivrer Dima, livrer son dernier Souffle, affronter son oncle, etc. On s'imagine que ça va tourbillonner dans tous les coins, et finalement il n'en est pas question. C'est un peu ma petite déception, car le dénouement n'est pas flamboyant, mais très posé, très rigoureux. A chaque problème, sa solution. Dossier après dossier. Tchac, tchac. Au suivant !

Cela ne gâche nullement la très bonne appréciation que j'ai de cette série, car l'auteur en profite pour glisser des notes historiques, biographiques, culturelles, etc. On trouve des tableaux, des poèmes, des détails affligeants sur la vie en Russie sous le régime de Staline. Un glossaire est d'ailleurs disponible à chaque fois pour expliquer les termes difficiles ou moins évidents. En bref, non seulement cette série aura eu le goût de me séduire, de m'étonner, de proposer un style neuf et changeant dans le paysage actuel, mais elle a également introduit une belle intelligence dans son propos. Cette série n'a que du positif pour elle !

Nina Volkovitch, tome 3 : Le Combat, par Carole Trébor (Gulf Stream éditeur, mai 2013)

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Les sornettes de Guillemette de Gwendoline Raisson et Sandra Poirot-Chérif

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Voici l'histoire d'un village dont les habitants vivent scotchés à leur petite boîte carrée et à ses images qui passent sans jamais s'arrêter. Les gens ne parlent plus, les enfants ne jouent plus, les rêves se meurent, l'imagination aussi.

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Seule Guillemette, la fille du boulanger, occupe son temps autrement. Son truc à elle, c'est inventer des histoires (des sornettes, dit son papa). Elle n'hésite d'ailleurs pas à se rendre sur la grande place du village et chante une ode pour faire pousser les lampadaires. Evidemment, les villageois la regardent d'un drôle d'air et s'éloignent, effrayés.

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Comprenant que son horizon est bouché au village, elle décide de s'en aller pour découvrir plein de pays. Partout où elle passe, Guillemette raconte ses histoires et en apprend de plus incroyables encore.

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Un jour, dans la forêt d'Âme-à-Zombie, Guillemette découvre une machine qu'il faut constamment alimenter en histoires car celles-ci sont envoyées dans les petites boîtes carrées du monde entier. C'est une course perpétuelle, mais les travailleurs sont épuisés et manquent d'imagination (alors ils racontent n'importe quoi pour remplir leur machine).

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Guillemette, elle, a des tonnes de sornettes à leur proposer et se met aussitôt à l'ouvrage. La vie est belle et insouciante, mais un soir, en contemplant un croissant de lune, la fillette songe avec nostalgie à son père et à la boulangerie. Il est temps de rentrer chez elle !

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Son accueil dans son village sera alors ... triomphal. Les dévoreurs d'images ont reconnu Guillemette dans leur petite boîte carrée, ils veulent maintenant tout connaître de son formidable périple. Guillemette a mille choses à raconter et à montrer. Elle va ouvrir une baraque à sucreries pour partager les friandises, mais aussi les poèmes et les histoires, qu'elle a récoltés au cours de son voyage.

Et depuis, le soir, les enfants racontent des contes à dormir debout à leurs parents. De plus en plus ils oublient d'allumer les petites boîtes carrées. Parfois, la nuit, certains se mettent aussi à rêver ! ...

C'est un album MAGIQUE sous toutes les coutures : le texte est drôle, facétieux, poétique et enchanteur, il rappelle l'importance des histoires à lire et à raconter, le passe-temps assassin qu'est la télévision, mais sans jamais nommer l'instrument incriminé ! Le récit est génial et invente des mots, des expressions, des pays, des voyages.

Ajoutez des illustrations aussi débordantes d'imagination et vous obtenez un rendez-vous gai, coloré et exaltant ! A conseiller, pour petits et grands !!!

Les Sornettes de Guillemette, par Gwendoline Raisson et Sandra Poirot-Cheriff (Naïve livres, octobre 2013)

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