05/12/13

Gladiateur, tome 1 : Le combat pour la liberté, par Simon Scarrow

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Empire romain, 61 av. JC.
Marcus Cornelius Primus assiste, impuissant, à la mort de son père. Sa mère et lui sont enlevés et livrés à un homme assoiffé de vengeance et portant une haine ancestrale à l'ancien centurion Titus Cornelius Pollenius. Par chance, Marcus parvient à s'échapper et cherche à se rendre à Rome. Mais sa fuite va tourner court sur le bateau à bord duquel il avait réussi à se faufiler clandestinement. Démasqué, Marcus est finalement vendu comme esclave à un laniste, qui l'envoie dans la meilleure école de gladiateurs.

Commence alors pour lui une existence de dur labeur, à devoir suivre une formation difficile et dictée par des règles très strictes. Toutefois, Marcus acquiert les compétences d'un guerrier d'élite. Tenaillé par son passé qui le hante toujours, il veut recouvrir sa liberté au plus vite pour sauver sa mère et obtenir de Pompée le Grand de leur venir en aide (son père lui avait sauvé la vie, lors de la défaite de Spartacus). Mais d'autres révélations attendent le garçon au tournant, encore et toujours !

Les jeunes amateurs d'aventure et d'action vont apprécier cette découverte, plantée dans un contexte historique enrichissant (surtout quand on connaît le succès des séries comme Rome ou Spartacus, mais aussi des films comme 300 ou Gladiator, et même le jeu vidéo Ryse : Son of Rome, les références ne manquent pas !). La Rome antique a toujours enflammé l'imaginaire des lecteurs et autre cinéphiles. Comment, maintenant, adapter cet univers sans pitié à un public de 11-12 ans en moyenne ?

Simon Scarrow a visé juste : une intrigue hyper basique mais palpitante, grâce à une succession de rebondissements et un coup de théâtre final. En plus, le personnage central est un héros sympathique, qui incarne les notions de valeur et d'honneur de l'époque (époque pourtant très troublée et ultra violente, ne l'oublions pas !). Certes, la série décrit avec réalisme les scènes de combat, mais sans violence gratuite, comme elle s'adresse à des enfants, cela ne dépasse jamais les bornes. Une lecture passionnante, qu'on peut rapprocher avec la série Les trois légions de Rosemary Sutcliff, par exemple. 

Gallimard jeunesse, février 2013 - traduit par Julien Ramel
♣ Tome 2 à paraître en 2014 ♣

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04/12/13

Pêle Mêle : Catacomb City - Belladonna Johnson parle avec les morts - Le Cycle des destins : Aylin et Siam

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Juste sous nos pieds, enfouie dans les Catacombes, se trouve une mégapole moderne, où existe un royaume de rats remarquablement intelligents. Hélas, après un Coup d État sanguinaire, la démocratie a été remplacée par une dictature dirigée d'une main de fer par un rat, le commandant Killdeer et son conseiller, le cruel et pervers rat blanc,  Billycan, rescapé d'un laboratoire. Poursuivis par les soldats de Killdeer, les frères Vincent et Victor Nightshade fuient les Catacombes et trouvent refuge dans le dernier bastion de la Résistance organisée autour de Juniper, qu'on croyait mort. La ravissante Clover Belancort, dernière héritière de son clan, se joint bientôt à eux pour échapper à son triste sort (elle a été désignée nouvelle Élue de Killdeer).

C'est un roman entraînant, qui s'adresse essentiellement aux enfants qui aiment lire (398 pages au compteur) en proposant une histoire autour des thèmes éternels que sont l'honneur et la fidélité, les liens de parenté et l'amour perdu, les alliances et les trahisons. C'est assez basique, agréable à lire, par contre ça ne vaut pas des lectures - avec des animaux en tant que héros - comme la série du Royaume d'Outrebrume de M.I McAllister, Le Mont des Brumes de Susan Schade & Jon Buller ou aussi La Forteresse des lapins de Linda Zuckerman (mon tiercé gagnant, dans le désordre).

Catacomb City, de Hilary Wagner (Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, novembre 2013, traduit par Jean Esch)

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Dans le monde de Belladonna Johnson, parler aux morts est une chose parfaitement normale. Elle vit même avec son père et sa mère qui sont décédés, mais toujours très impliqués dans la vie de leur fille (ce sont des fantômes qui cuisinent, font la vaisselle, ne mangent pas, font les devoirs, lisent le journal et sont coincés chez eux, aucune malice derrière tout ça). Un jour, sans avertissement, les esprits disparaissent. La porte entre le monde des vivants et celui des morts est en train de se refermer. Belladonna doit empêcher que cela se produise, ou elle pourra dire adieu à sa famille pour de bon.  

J'ai déterré ce livre de ma pile (eh oui !) et n'ai pas été mécontente de mon choix. La lecture s'est effectivement avérée divertissante et amusante. L'intrigue, une nouvelle fois, est basique : une jeune fille aidée d'un garçon intrépide (et d'une demoiselle, fantôme de son état, qui a connu la mort en tombant sur la tête après s'être pris les pieds dans le filet de tennis !) part à la recherche d'une mystérieuse Porte Rouge et va vivre de palpitantes aventures. L'ensemble est assez convenu, l'héroïne manque peut-être de charme ou de finesse, mais ça reste tout de même très sympa à lire, surtout pour les amateurs d'histoires fantastiques (comme L'Atlas d'émeraude de John Stephens). 

Belladonna Johnson parle avec les morts, par Helen Stringer (Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, mars 2011, traduit par Hélène Collon)

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La chute d'un astéroïde a provoqué la montée des eaux et a fait disparaître du globe terrestre des milliers de kilomètres carré. Nous sommes en 2132, la ville de Paris a été presque entièrement engloutie par la mer. Seuls émergent çà et là les sommets de quelques monuments où se sont installées des communautés de rescapés. Aylin, treize ans, habite sur l'îlot du mont Valérien, dans un village construit au cœur d'une forteresse. Un jour, les Valériens reçoivent la visite d'un garçon aux doigts palmés, qui vit sur la tour Eiffel (rebaptisée tour des Elfes). Sans aucune explication, il laisse un Murex à la jeune fille. Après quoi, la vie de celle-ci va être complètement chamboulée.

J'ai beaucoup aimé l'entrée en matière du roman, tout de suite j'ai été interpellée par cet univers futuriste, si proche de notre monde actuel (également menacé par les effets du réchauffement climatique). J'ai été charmée par toutes les trouvailles : les monuments parisiens rebaptisés, les communautés distinctes, le mystère des enfants de Dyoun, les colonies de murex, leur rôle et leur pouvoir, les destinées exceptionnelles qui s'annoncent... C'est juste dommage que, parfois, le traitement me soit apparu trop simpliste.

A noter que chaque roman de la série pourra se lire indépendamment des autres.

Le Cycle des destins, livre 1 : Aylin et Siam, par Éric Simard (Syros, octobre 2013, ill. de couverture : Thomas Ehretsman)

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Un jour, par Morris Gleitzman

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Pologne, 1942.
Félix a dix ans et vit dans un orphelinat, en attendant le retour de ses parents (disparus depuis trois ans). Ces derniers, libraires, parcourent le pays pour sauver les livres et éviter qu'ils terminent au bûcher. Félix patiente en écrivant des histoires. Il a une imagination débordante, pas du tout conscience du danger et clame sa candeur à longueur de pages. Quelque part, c'est drôle et très attachant, même si cette naïveté fait un peu froid dans le dos. Car tout ce que nous raconte le garçon ne masque pas la terrible réalité : l'occupation allemande, l'horreur nazie, l'holocauste, etc.

Un jour, Félix décide de quitter l'orphelinat pour retrouver ses parents. En chemin, il sauve une fillette de six ans, Zelda, d'une maison en feu et entreprend de continuer l'aventure avec elle. Ils seront, hélas, arrêtés et conduits au ghetto juif où un vieux dentiste, Barney, va les prendre sous son aile. Nouvelles arrestations, autres tentatives de fuite, bref les péripéties ne manquent pas ! Et notre cœur bat à tout rompre.

Ce petit roman est extraordinaire. Il alterne les émotions fortes aux séquences légères et désopilantes, puisque l'histoire est racontée par Félix lui-même. Rappelez-vous, il est jeune, dix ans seulement, et d'une naïveté confondante. Mais son innocence fait aussi tout le charme du livre ! Confronté à la réalité du terrain (les fusillades sauvages, les convois vers la mort, la délation, le vol des biens d'autrui, etc.), l'enfant sera meurtri et déçu, mais conservera cette volonté de toujours se raconter des histoires, pour oublier la laideur qui l'entoure et se donner du courage.

Cette lecture, c'est vraiment une petite perle de douceur (et d'humour) dans un univers de brutes ! C'est un livre adorable et attachant, qui devrait d'ailleurs être indispensable dans toutes les bibliothèques des écoles.  

éditions (Les Grandes Personnes), janvier 2011, traduit par Valérie Le Plouhinec, illustration de couv. : Henri Galeron

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03/12/13

Le Kididoc des qui, par Sylvie Baussier et Didier Balicevic

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Un livre animé très complet pour répondre aux questions des enfants : Qui était Robin des Bois ? Qui était Cléopâtre ?
Qui étaient les hommes de Cro-Magnon ?
Qui habitait dans les grottes ?
Qui a peint les grottes ?
Qui était Lucy ?
Qui a découvert le feu ?

Autour de 13 thèmes, dont Les hommes de la préhistoire, L’Egypte des pharaons, Les gladiateurs, Les chevaliers, Les explorateurs, Au château de Versailles, Les pirates, Les Indiens d’Amérique, Petits mystères rigolos, Quels inventeurs, etc., ce fabuleux Kididoc tente de mêler humour et instruction pour satisfaire les amateurs d'histoires et des anecdotes historiques. Il y a aussi une multitude de volets à soulever pour rendre la lecture dynamique. Un principe désormais courant dans la collection grand format chez Kididoc, qui a toujours publié des ouvrages de qualité, aussi bien au niveau du contenu que du contenant !

Nathan, coll. Kididoc, octobre 2013

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Le grand livre-jeu du permis ! de Anne-Sophie Baumann et Pronto

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En avant pour 9 grands jeux permettant de découvrir le code de la route en s'amusant ! Parmi les suggestions : "Cherche et trouve les dangers", "Joue à conduire une voiture", "Devine la signification des panneaux", "Passe ton permis"... En somme, un contenu varié, accessible et ludique (avec des rabats à soulever, des languettes à tirer, des roues à tourner).

Les enfants apprécieront également de monter leurs petites voitures, avant de partir à la découverte de l'univers riche et instructif de la sécurité routière. Les informations sont adaptées selon l'âge recommandé (à partir de 5 ans), et la collection Kididoc est aussi un gage de grande qualité. De plus, les illustrations sont rigolotes et colorées, l'ensemble assez surprenant. Bref, tout pour séduire un jeune lectorat passionné d'automobiles. 

Nathan, coll. Kididoc, octobre 2013

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Réveillés les premiers ! de Komako Sakaï

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Quel bonheur d’être réveillée avant tout le monde ! Ce matin-là, quand Anna ouvre un oeil, tout est noir alentour. Seul le chat Shiro s’étire déjà sur ses pattes. C’est le moment rêvé pour faire ce qu’on aime en toute liberté. 

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Descendre sans faire de bruit, chiper des cerises et du lait en cachette, regarder la lune, piquer la poupée de sa grande soeur, et puis sa boîte à musique, et encore ses crayons de couleur… sans reproche et sans peur.

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Admirez les couleurs de la nuit, le teint brouillé, l'impression de brouillard, l'état comateux... Cet album est une petite pépite !

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Comment expliquer l'insaisissable ? L'essentiel, à vrai dire, se passe dans les dessins et l'émotion qu'ils dégagent. C'est subtil, particulièrement délicat.

De toute façon, j'aime beaucoup le travail de Komako Sakaï (cf. aussi l'album Dans l'herbe). C'est une vraie poésie, une grande finesse, des petits détails a priori insignifiants, et pourtant incroyablement peaufinés, un coup de crayon sûr et facilement identifiable, une impression de familiarité et d'authenticité.

A chaque fois, l'auteur plante un décor dans lequel le lecteur peut aisément se reconnaître. C'est généralement un quotidien auquel on se sent proche. Et puis, l'atmosphère nocturne est apaisante. Choisir cet album en lecture du soir conduira agréablement les enfants à se coucher en toute quiétude.

Réveillés les premiers ! de Komako Sakaï (Ecole des Loisirs, septembre 2013)

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Sept messages pour mes 15 ans, par Stewart Lewis

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Luna porte le deuil de sa mère depuis un an, celle-ci a été renversée par un taxi et a laissé une famille choquée. En fouillant dans son studio, Luna trouve son portable et découvre qu'il contient sept messages. Elle écoute le premier et se réserve le droit d'écouter le reste au fil des jours. Sa mère, qui était un mannequin célèbre, aurait, semble-t-il, emporté ses secrets dans sa tombe. Car au fil de ses découvertes, Luna est de plus en plus perplexe, convaincue que son père lui ment, que sa mère menait une double vie, que d'autres personnes étaient dans la confidence et doivent aujourd'hui jouer cartes sur table avec elle.

Cette quête, finalement, permettra à la jeune adolescente de se remettre sur les rails. Depuis un an, elle se sentait déboussolée et complètement à l'ouest. Elle a même pris l'initiative de taper à la porte de son voisin, le bel Oliver, qui joue du violoncelle sous sa fenêtre, à longueur de journée, pour lui proposer de l'assister. Ainsi, de rencontres en surprises, de révélations en désillusions, d'interrogations en confidences, Luna dresse un portrait pas tout rose de sa jolie maman, mais apprend aussi d'autres vérités sur la vie, l'amour et l'engagement en général.

C'est un doux roman, plutôt doux-amer, très sensible, touché par la grâce et arrosé d'un voile de suspense, que j'ai eu plaisir de picorer. Peut-être le charme finit-il par s'étioler au fil des chapitres, la fin se révélant trop lisse, trop facile, mais du moins le reste du roman n'aura jamais manqué de m'émouvoir, de me troubler et de m'interpeller. Le parcours de Luna est celui d'une adolescente brisée, qui cherche de nouveaux repères et qui va brillamment se sortir de son long tunnel avec tact et beaucoup d'acuité. C'est un très beau et doux moment que nous propose cette lecture !

La Martinière J., octobre 2013, traduit par Sophie Passant

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02/12/13

Cinq jours, par Douglas Kennedy

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Laura est mariée à Dan depuis de nombreuses années, et pourtant elle ne se sent ni heureuse ni épanouie. Elle mène sa vie professionnelle avec application, elle adore son travail et pourtant là aussi elle commence à flancher. A force de côtoyer tous les jours la détresse des autres (elle est technicienne en radiographie), Laura a le sentiment de devenir transparente.
Elle a aussi pris à bras le corps la dépression nerveuse de son fils, a supporté la neurasthénie de son époux, humilié d'être au chômage. Le temps passant, Laura a accumulé le stress et la morosité des autres et a fini par ne plus se soucier d'elle-même.
Lors d'un weekend à Boston, elle rencontre Richard, agent d'assurances, marié et père de famille lui aussi, un type au physique ordinaire, qui l'aborde, la touche, lui parle. Tous deux ont d'abord un déclic intellectuel. L'un et l'autre vouent une passion pour les mots et la littérature et blablatent des heures durant sur leurs connaissances, leurs frustrations aussi, car jamais auparavant ils n'avaient pu exprimer leur érudition avec autant de liberté.
De fil en aiguille, les sentiments vont apparaître. Et ainsi, ils vont vivre une liaison fusionnelle, passionnelle, intense.
Fin de l'histoire ? Pas vraiment.
Car l'histoire est terriblement banale, nous faisant comprendre que la raison reste plus forte que la passion, que nos vies sont vouées à demeurer dans leur petite case, bien cloisonnée. Inutile de rêver en sortir. Il y a le poids de la famille, des proches, de notre éducation aussi ... Tout ça fait qu'on demeure paralysé plus souvent qu'on ne le voudrait.
A vrai dire, je n'ai pas beaucoup accroché à cette histoire, que j'ai trouvée lente, longue et barbante.
L'ennui, dans ce livre, c'est l'accumulation de clichés, les dialogues plats, le besoin d'étaler une bonne couche de culture qui sonne faux, l'impression d'être en retrait de cette histoire, tristement banale de surcroît, avec des personnages ternes et ordinaires, qui se jettent dans une passion amoureuse laquelle ne nous fait pas rêver une seconde.
L'interprétation de Rafaèle Moutier est jolie et délicatement sensuelle, mais un peu moins convaincante dès qu'il s'agit du personnage de Richard (quel pédant, ce type ! et pourtant quel lâche ! ...). En clair, autant j'ai pu être touchée par la partie féminine, la sensibilité de Laura, autant j'ai été agacée par ce type médiocre, frileux, qui bombe le torse avant de se défiler au moment opportun (tout ce qui m'insupporte !).
C'est triste et tellement pathétique dans l'ensemble. Ce n'était franchement pas le livre qu'il me fallait lire en ce moment (la maladie, la morosité, le constat d'échec, et tout ça). Je n'en pouvais plus d'arriver à la fin ! Par contre, aussi bizarre que cela puisse paraître, j'ai tout de même voulu aller jusqu'au bout de l'histoire, même si j'ai survolé des passages de temps à autre. Comme quoi ! Ce livre renferme peut-être un pouvoir de fascination morbide... 

Audiolib, novembre 2013 - texte lu par Rafaèle Moutier (durée d'écoute : 10 h 31) - traduit par Bernard Cohen, pour les éditions Belfond.

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L'Affaire Saint-Fiacre, par Simenon

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Rarement un roman de Simenon ne m'aura autant fait penser à un Agatha Christie ! L'histoire commence quand une lettre anonyme arrive à la P.J. : « Je vous annonce qu'un crime sera commis à l'église de Saint-Fiacre pendant la première messe du Jour des Morts. » Maigret se rend aussitôt sur les lieux, lesquels sont aussi ceux de son enfance. Ce retour au bercail va clairement le chambouler, au fil de ses promenades et de ses errances au cœur d'un village qui ne le reconnaît plus, et que lui-même ne reconnaît pas non plus !

A commencer par la comtesse Saint-Fiacre, dont il avait gardé un souvenir ému et troublant d'une femme élégante et pleine d'assurance, lui était le fils de l'ancien régisseur du château. Aujourd'hui, c'est une petite dame toute vieille, fragile du cœur, qui a dilapidé sa fortune et qui s'est découvert, lors de son veuvage, une folle passion pour des hommes jeunes et intéressés. Peut-être cette passion lui aura été fatale, car elle est victime d'une crise cardiaque au cours de la messe, sous les yeux du commissaire, clairement dépassé par les événements.

La suite va confirmer qu'il restera longuement spectateur de cette comédie macabre, notamment lors du souper final, mis en scène de façon théâtrale, au cours duquel les principaux suspects sont rassemblés autour d'une table, attendant la sentence proférée par le maître d'œuvre qui n'est pas Maigret ! C'est non seulement un roman où flotte un parfum de nostalgie, assaisonné d'une pointe de mélancolie, mais c'est aussi un certain regard sur le temps qui passe, les rapports à la filiation, la hiérarchie sociale, l’argent et le sexe. Cela se laisse lire sans frémir, mais avec beaucoup de respect.

François Marthouret, encore une fois, est un excellent narrateur pour restituer ce ton solennel, cette ambiance pesante et désenchantée propre au roman de Simenon. L'effet est poignant et subjuguant. Durée d'écoute : 3 h 48 simplement.

Audiolib, novembre 2013, texte lu par François Marthouret. Existe aussi en format poche.

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