Le monde de Charlie

Charlie, quinze ans, entre au lycée et se lie d'amitié avec Patrick et Sam, deux élèves de Terminale. Le garçon est fasciné par la jolie Sam, il le lui avoue, mais elle le repousse avec douceur, trop jeune, lui susurre-t-elle dans un sourire, c'est encore un môme en apprentissage de la vie, prêt à mordre dans une folle aventure qui s'ouvre à lui.

Et en effet, les sorties entre potes, les âneries pimentées au cocktail sexe-drogue-alcool s'enchaînent, du moins Charlie en est d'abord le témoin privilégié, puisqu'il traverse l'existence de ses proches en y posant un regard neutre, mais pas simplet non plus. Il y a sa soeur qui se fait tabasser par son copain mais s'obstine à le fréquenter en dépit de l'interdiction des parents, ou Patrick qui entretient une liaison avec un type révulsé par ses penchants homosexuels, Sam qui sort avec un gars plus âgé qu'elle...

Charlie, lui, est un poète dans l'âme, qui compulse tous les bouquins que lui suggère de lire son prof de littérature (Harper Lee, Fitzgerald, Salinger, Kerouac etc.). Des références pointues, susceptibles d'ouvrir son univers et ses expériences. Et il s'en donne à coeur joie, le bougre, il se lance dans une relation amoureuse, va au bout de ses envies, de ses désirs, de ses fantasmes. Le type faussement désinvolte, direct, franc et excessif.

Mais bon, toute cette tambouille n'a hélas pas su me le rendre sympathique pour autant. Charlie est trop “space” dans son genre, plus jeune, il a été témoin d'un viol et a observé de ses yeux incrédules la scène sans jamais bouger de la chambre où sa soeur l'avait confiné pendant qu'elle faisait la fête, une autre fois il l'avait surprise avec son petit copain en pleine action, trop tard, il est pour elle un obsédé ! 

Je n'ai, sincèrement, jamais réussi à me fondre dans l'histoire, à m'attacher aux personnages, à être touchée par l'intrigue. On peut tout raconter sur l'adolescence, ses rites et ses excès, mais là... no way. Le roman de Chbosky est amer et dérangeant, à mettre en scène des jeunes gens sur la corde raide, à toujours braver les interdits, sauf que c'était pour moi too much. 

Totale déception pour cette lecture que j'envisageais de découvrir depuis de nombreuses années. J'ai fermé la dernière page en poussant un soupir de soulagement, pas mécontente d'en être sortie et d'éprouver un sentiment de libération. Ce livre n'a pas su me communiquer une énergie positive, dommage.

Sarbacane, coll. eXprim', novembre 2012 pour la nouvelle édition (titre et couverture d'après l'adaptation cinématographique), 1ère édition en avril 2008, sous le titre Pas Raccord - Traduit par Blandine Longre.