J'aimais mieux quand c'était toi

Après “Bord de mer” et “Numéro six”, j'avais coutume de foncer les yeux fermés dans le monde de Véronique Olmi, dont j'ai lu religieusement tous les romans jusque janvier 2010 avec Le Premier Amour. Ce livre a marqué le début du désintérêt, le temps a passé. Et puis, janvier 2015, je me fais une joie de retrouver cet auteur qui se prête à l'exercice de la lecture à voix haute pour sa dernière parution, J'aimais mieux quand c'était toi.

De par son métier de comédienne, Véronique Olmi ne pouvait refuser une telle opportunité et offre une composition exaltante et exaltée en mettant en scène une femme assise sur un banc dans une gare. Cette femme s'appelle Nelly, elle aussi est comédienne de théâtre mais sa dernière représentation a tourné au fiasco et la voilà démunie, désemparée, à ressasser la cause de cette crise de panique.

Tout à son rôle de Mère dans la pièce “Six personnages en quête d’auteur” de Pirandello, Nelly reçoit un choc en apercevant dans le public, assis au 5ème rang, son ex-amant. Une vision foudroyante et brutale, suite à laquelle elle a réagi tout aussi violemment. S'ensuit une longue dérive d'une femme en détresse, d'une amoureuse bafouée, bref le monologue est interminable, à évoquer pêle-mêle l'amour, le théâtre, l’engagement de soi, la passion, la peur, les sentiments.

L'exécution ne manque pas de brio, mais laisse aussi poindre une part d'hystérie. Et j'avoue avoir été déçue, car le récit m'a semblé pompeux et sans fin (alors qu'il ne dure que 3 heures !). J'ai retrouvé toute la puissance créatrice de l'auteur, son ton incisif et sa rage contre la platitude et l'ennui qu'expriment si bien ses personnages. Par contre, aucune émotion chez moi. Rien. Me suis sentie simple spectatrice d'une comédie tragique, extérieure et attentive, mais peu concernée.

Audiolib, janvier 2015 ♦ texte lu par l'auteur (durée : 3h 09) ♦ éditions Albin Michel