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Parmi les nombreux cadeaux reçus pour célébrer sa naissance, entre les peluches, les mobiles, les grenouillères, le cheval à bascule et la balançoire géante, le petit Benjamin a également reçu une valise rose. Par sa grand-mère un peu excentrique. Sa maman s'arrache les cheveux pour comprendre la signification d'un tel cadeau, tente de cacher la valise au fond de l'armoire, puis dans la cave, mais rien n'y fait, le petit Benjamin est fou amoureux de sa valise et ne peut pas s'en passer. Il dort dedans, il fait ses premiers pas avec ou part à l'école en y rangeant toutes ses fournitures. Le temps passe et la valise continue de l'accompagner durant les plus grandes étapes de sa vie.

Une valise rose utilisée comme un doudou inséparable, en voilà une idée originale proposée par Susie Morgenstern ! Elle suppose ainsi qu'il ne sert à rien de ressembler à tout le monde, c'est comme être invisible, après tout. Quel ennui. C'est avec beaucoup d'humour et de cocasserie qu'elle nous transporte dans cette histoire qui fait la part belle à la relation pleine de tendresse entre la grand-mère et son petit-fils, sans écarter les tensions dans le couple, avec la place de la « belle-mère », sujet de discorde intemporel. (De manière générale, l'épouse n'a jamais le beau rôle. Cf. la fin de l'histoire !)

Bref. C'est avec autant d'espièglerie que Serge Bloch s'empare du récit, grâce à ses dessins débordant de charme vintage, qui rendent la lecture drôle, intelligente et très attachante. On retrouve aussi l'obsession de S. Morgenstern pour le rose qu'il faut offrir aux garçons, afin d'en finir une bonne fois pour toute avec la discrémination sexiste... Cf. Des roues roses dans la tête (Seuil jeunesse) avec Ch. Dutertre.

Gallimard Jeunesse / mars 2015 

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