23/09/15

Tornade, de Jennifer Brown

Tornade

« La famille n'est pas liée par le sang, mais par les sentiments et le cœur. »

La vie de Jersey, seize ans, vole en éclats après le passage d'une tornade dans son quartier. Ce n'est pas seulement sa maison ou ses amis qu'elle perd, puisqu'elle doit être hébergée ailleurs, c'est avant tout sa famille, son seul point d'ancrage, qu'elle imaginait solide et intouchable. On vit alors tout un éventail d'émotions à la lecture du roman, dont il est difficile de synthétiser l'impact. Mais c'est fort, très fort. Qu'on ne s'y trompe pas non plus, l'histoire ne verse jamais dans le sensationnalisme, mais cherche à creuser ce que signifient les sacro-saints liens familiaux. Et donc, pulvériser la vision qu'en avait l'héroïne, qui va découvrir des relations teintées de trahison, de non-dits et de désarroi. Forcément, ça fait mal. Heureusement que le rythme est rapide et intense, car on n'a pas le temps de s'appesantir. On se sent comme en apnée quand le deuil, la perte des repères familiers et le chamboulement des nouvelles rencontres se succèdent sans dire ouf. C'est l'effet « tornade » - ça bouscule tout sur son passage.

Albin Michel, coll. Wiz / Avril 2015 ♦ Traduit par Céline Alexandre (Torn Away)

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22/09/15

Sonnez les comptines, de Kimiko

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L'actualité littéraire pour les bambins s'annonce musicale, avec pour mot d'ordre les comptines que se doivent de connaître ou reconnaître le jeune lecteur. Cette petite brique, signée Kimiko, rassemble 178 titres classiques et incontournables, parmi lesquels : Pomme de reinette, Maman les p'tits bateaux, Frère Jacques, Le rock'n'roll des gallinacées, Am stram gram, L'empereur, sa femme et le petit prince...

Ce livre est néanmois organisé de façon cohérente, selon des thèmes variés mais inévitables. Nous avons donc des comptines pour chanter, danser, mimer, raconter ou compter, des comptines sur l'alphabet, les jours de la semaine, les mois de l'année ou sur le temps ou les jours de fête, des comptines gourmandes, sur les morts tordus ou pour s'amuser avec les animaux, pour dormir et pour rire.

Les illustrations de Kimiko apportent la caution adorable à cet ouvrage de référence pour tous les prescripteurs de la petite enfance.

Seuil jeunesse / Septembre 2015

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Mes premières comptines en anglais, illustrées par Séverine Cordier

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Que diriez-vous d'une petite initiation à la langue anglaise, sans se creuser la tête, juste pour s'amuser et chanter, grâce aux incontournables «Nursery Rhymes» (l'équivalent de nos berceuses enfantines), que cette chère Mother Goose (la Mère l'Oie) nous guide à découvrir ! 

Le répertoire est assez succinct puisqu'il propose six chansons phares de la culture anglaise : Let's go The Wheels on the bus - One, two buckle my shoe - The Alphabet song - Itsy Bitsy Spider - Head and shoulders - Twinkle, Twinkle, Little Star.

Ce sont aussi des chansons qui permettent à l'enfant de se familariser avec un vocabulaire spécifique en évoquant les lettres de l'alphabet, les chiffres ou les parties du corps. Il me semble juste que le rythme est un tantinet trop rapide pour un enfant de bas âge (maternelle) qui débute réellement avec l'anglais.

Après tout, l'album est joliment illustré, absolument charmant et entraînant. Il aura tout lieu de séduire parents, enfants et enseignants dans un but pédagogique et tout bonnement distractif ! ;-)

Gründ / Août 2015

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Pablo et le Grand Vilain Gribouillis, de Martin Zeller & Vincent Caut

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Au pays des petits carreaux, tout est bien dessiné. Pablo a passé sa matinée à tracer des traits droits, penchés et ronds pour faire une maison, avec un tapis, un canapé, des chaises, des jouets et une cheminée. Il ne manque plus que la couleur ! Pour la trouver, il faut se rendre dans la forêt des traits.

Seul problème, c'est là qu'habite le Grand Vilain Gribouillis, qui laisse derrière lui un immense fouillis. Nos amis ont à peine le temps de s'approcher de l'arbre à couleurs que le monstre surgit, pas content du tout. Pablo décide l'affronter, les mains sur les hanches. Et si le vilain était finalement rigolo ?

Cette mise en scène théâtrale est parfaite pour dédramatiser les ratures et les coloriages qui dépassent sur les cahiers des enfants ! L'histoire est racontée avec imagination et suspense, usant d'un vocabulaire simple et accessible pour les bambins. Les illustrations de Vincent Caut, qui a également créé l'adorable Avni, se fondent à merveille dans le décor et soulignent bien les expressions des personnages dans chaque situation. C'est assez drôle et très agréable à lire !  

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées ♦ août 2015

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C'est parti ! Un livre-circuit pour se préparer à écrire

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Il est devenu de plus en plus courant de trouver ce type d'ouvrage, façon livre-circuit, qui invite l'enfant à «lire avec son doigt» en suivant des lignes tracées sur les pages. C'est une manière anodine d'exercer l'enfant à l'écriture, tout en restant merveilleusement ludique. On trouve aussi des lignes aux textures différentes, des illustrations joyeuses et de nombreuses surprises à chaque détour.

Selon le personnage choisi (escargot, grenouille, chenille) l'enfant s'entraîne aux boucles ou aux lignes droites, sans se douter de la supercherie. Preuve qu'on peut apprendre tout en s'amusant - les enfants l'oublient souvent ! Parmi les ouvrages dans ce créneau, celui-ci figure parmi mes préférés, rien que pour ses illustrations pétillantes et facétieuses. La couverture elle-même donne envie d'en lire davantage ! 

Nathan / Septembre 2015

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Comme un poisson dans l'arbre, de Lynda Mullaly Hunt

Comme un poisson

Allie se rend tous les jours à l'école avec la boule au ventre. Les séances de lecture ou d'orthographe sont une torture pour elle. Elle pédale dans la semoule, ne comprend rien ou s'imagine dans une forêt de lettres qui s'éparpillent dans tous les sens. Parfois, elle s'échappe en dessinant dans ses cahiers ce qu'elle ressent. Mais cette attitude passe pour de la provocation ou de la nonchalance, et souvent la fillette est envoyée chez la directrice pour correction.

Jusqu'à présent, Allie n'a jamais trouvé le courage d'expliquer ses difficultés et souffre en silence de passer pour une débile. Ses camarades se moquent d'elle. Chez elle, sa mère travaille tard le soir et n'a pas le temps pour se pencher sur ses devoirs pour l'aider. Son frère Travis est adorable mais préfère la mécanique aux bouquins. Leur père est militaire, parti en mission depuis plusieurs mois. Aussi, l'arrivée du nouveau professeur, M. Daniels, va se révéler plus que providentielle !

L'enseignant affiche de suite une méthode de pédagogie fantaisiste, qui va inciter la classe entière à apprendre d'une façon différente et à considérer les particularités de chacun comme un enrichissement collectif ! Allie est dyslexique, son ami Albert est passionné par les sciences, Keisha est la reine des cupcakes ou Oliver pose inlassablement des questions sur le monde qui l'entoure. La cohésion du groupe ne s'opère pas en un claquement de doigts et c'est ce parcours qu'on s'attache à suivre, avec tendresse.

C'est donc un petit roman sympa, qui doit notamment son succès parce qu'on le présente aussi en édition spéciale pour lecteurs dyslexiques. Ce n'est pas non plus une lecture révolutionnaire mais j'espère qu'elle tiendra ses promesses pour déculpabiliser les enfants qui se sentent dévalorisés ou qui sont en perte de vitesse dans leur parcours scolaire.

Castelmore / Septembre 2015 ♦ Traduit par Paola Appelius (Fish in a Tree)

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21/09/15

Le Sourire des femmes, de Nicolas Barreau

Le Sourire des femmes

Le roman avait tout pour me plaire, avec une entrée en matière alerte et séduisante. Aurélie achète en librairie un roman qui l'interpelle, car l’héroïne lui ressemble comme deux gouttes d’eau et travaille dans un restaurant qui porte le même nom que le sien, Le Temps des Cerises, rue Princesse. Cette lecture survient à point nommé, puisque la jeune femme se morfondait sur son sort suite à une rupture amoureuse. Elle décide donc d'entrer en contact avec l'auteur, un certain Robert Miller, par l'entremise de son éditeur, André Chabanais. Commence alors un délicat subterfuge, mené non sans maladresse, vers une aventure particulièrement houleuse, mais où le désordre amoureux se pare de magie et d’enchantement.

Cette comédie romantique, plantée dans un Paris pittoresque et gourmet, concentre tous les ingrédients nécessaires pour enjôler le lecteur. J'étais tout à fait disposée à me laisser faire, bonne poire que je suis, sauf que j'ai vite été saoulée par la fameuse supercherie (qui prend des tours patauds et assez niais). Je n'ai pas non plus été séduite par le personnage masculin, ni par l'écriture assez maniérée - du genre, « il a commis un attentat sur mon cœur »... Trop chichiteux et mielleux. Cela a eu pour effet de rompre définitivement le charme. Dommage.

Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2014 ♦ Traduit de l'allemand par Sabine Wyckaert-Fetick (pseudonyme de Sophie Scherrer) ♦

 

Le Sourire des femmes ldp

Disponible en Livre de Poche / Janvier 2015

La Resquilleuse, de Mary Wesley

La Resquilleuse HO

Matilda Poliport, âgée d'une cinquantaine d'années, a décidé de tirer sa révérence. Après avoir astiqué sa maison de fond en comble, brûlé toutes ses lettres et donné son jars de compagnie à un fermier, elle glisse son panier de pique-nique dans la voiture, petits pains au beurre, fromage et bouteille de vin rouge, et met le cap vers la plage. Elle entend se saouler et avaler des cachets, puis nager jusqu'à n'avoir plus de force.

Mais ses projets sont mis à mal et elle est contrainte de quitter les lieux en bougonnant. C'est comme ça qu'elle croise en chemin un type recherché par la police pour matricide. Sur un coup de tête, elle l'emmène dans son cottage isolé, lui donne les vêtements de son mari décédé. Ne demande aucune explication. Et se met à lui parler de sa vie. S'ensuit un étonnant tête à tête, avec dialogues corrosifs et révélations stupéfiantes.

Cette comédie aux allures cocasses et à l'humour noir explosif (il en faut) prend vite un tour cynique, qui déstabilisera volontiers le lecteur attaché à de vieux principes (comme quoi, toutes les vieilles dames écrivains sont délicieuses et ne peuvent qu'écrire des livres ronronnants). Il n'en est rien. Le dénouement m'aura certes beaucoup attristée mais la lecture en général a été salvatrice et décapante ! J'en garderai un souvenir... déroutant. ☺

Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2011 ♦ Traduit par Michèle Albaret (Jumping the Queue) pour les éditions Flammarion en 1994 sous le titre Souffler n'est pas jouer.

 

La resquilleuse

Disponible en poche chez J'ai Lu / Juin 2013

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19/09/15

Le Prix de l'innocence, de Willa Marsh

Le prix de l'innocence Autrement

Ah, les années 60, époque enjouée et fabuleuse, illustrée par les virées en décapotable, les pique-niques et le flonflon des robes, des danses et d'une chanson entonnée entre amis... Fiona est alors jeune vendeuse, naïve et mal embouchée, employée dans un grand magasin. Elle y rencontre Vanessa, tombe amoureuse d'un beau parleur et rêve éveillée. Trente ans plus tard, Fiona recolle petit bout par petit bout les souvenirs de cette jeunesse insouciante. Elle vient de recevoir une lettre de son amie qui lui annonce la visite de son fils Alex. Cette rencontre va bouleverser l'inertie de son quotidien, englué dans une tristesse sans nom. Fiona a perdu tragiquement un enfant et s'est recroquevillée dans la douleur. Depuis, un silence palpable s'est creusé au sein de son couple, qui tend à les éloigner.

Il y a un certain charme à partager cette évocation douce-amère de l'amitié et des premières amours. L'atmosphère est nostalgique, le rythme lent, mais le tout manque de verve pour nous embarquer franchement dans cette histoire qui reste très mélancolique. Aurait pu mieux faire. 

Autrement / Février 2013 ♦ Traduit de l'anglais par Eric McComber (Facing The Music)

 

Le prix de l'innocence

Disponible en poche chez J'ai Lu / Avril 2015

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18/09/15

California dreamin', de Pénélope Bagieu

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Ellen Cohen, petite fille joviale et intrépide, grandit à Baltimore dans une famille juive traditionnelle. Elle voue à son papa une admiration sans borne. Amateur d'opéra, c'est avec lui qu'elle partage son goût pour les chants mélodieux, lui aussi qui l'encourage à croire en ses rêves. Plutôt que de travailler dans le deli ambulant, Ellen veut devenir chanteuse. Avec son physique plantureux, sons sens de l'humour et son extraordinaire voix, Ellen devient Cass Elliot et part à New York tenter sa chance.

On suit son ascension, pas à pas, par le truchement de témoignages de ses proches (sa famille, ses amis, ses amoureux). On la devine sensible, paumée mais animée d'un véritable optimisme et de cette conviction absolue d'être une artiste unique et insoupçonnée. Le chemin de la gloire est long, mais forge l'ambition de Cass. C'est aussi la belle époque des années 60, son esprit communautaire et désinvolte, sa musique folk, le drame de Dallas... Bref. C'est magique ! L'immersion est totale. La sensation, grisante.

La BD est dessinée tout au crayon noir, pour une lecture plus dynamique et à l'esprit psychédélique. On sent une maturité dans le dessin de Pénélope Bagieu, dans son parti pris de raconter les débuts de Mama Cass et de terminer le récit à l'apogée du groupe qui produit enfin son premier single - California Dreamin'. Entre nous, la lecture ne s'arrête pas là et nous pousse même à en découvrir davantage. Car cet album fait plus que nous plonger dans la folie des sixties ou redécouvrir The Mamas and the Papas en écoutant leur musique.

C'est se rappeler l'essor du rock, du mouvement hippie, la Beatlemania, les Beach Boys et The Byrds. C'est danser avec des fleurs dans les cheveux, vivre d'amour et d'eau fraîche. C'est croire en l'impossible et aux étoiles dans le ciel. C'est comprendre aussi que l'histoire est beaucoup plus intimiste et touchante qu'en apparence, avec des thèmes comme l'amour impossible, l'espoir déçu ou la quête désespérée, qui rendent Cass Elliot terriblement touchante. Cet album, à la fois tendre, drôle et sensible, est un beau patchwork d'émotions et de sensations. ♥

Gallimard Bandes Dessinées / Septembre 2015

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heart red

 

The Mamas and the Papas, au Ed Sullivan Show en 1968

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