13/05/16

En vrille, de Deon Meyer

En vrille

Après avoir vaillamment combattu ses vieux démons, Benny Griessel craque et replonge dans l’alcool, au grand dam de son collègue, Vaughn Cupido, à qui l'on vient de confier la responsabilité d'une nouvelle enquête criminelle. Ernst Richter, créateur d’un site qui fournit de faux alibis aux conjoints adultères, vient d'être assassiné, mais ce génie de l'informatique avait plus d'un tour dans son sac et multipliait les casquettes pour remettre à flot sa société aux comptes déficitaires. Tous les coups semblaient permis, aussi les forces spéciales ne s'étonneront plus de déterrer d'autres vérités cinglantes : activités illicites, lettres de menace et d'insulte. Les suspects ne vont pas manquer. Mais face à la séduisante Desiree Coetzee, la directrice opérationnelle d'Alibi.co.za, Vaughn perd également toute consistance. Il procède à une interpellation expéditive, se fourvoie avec panache et finit par remonter les bretelles d'un Benny désespérément inefficace en le contraignant à se soigner une bonne fois pour toute. Grosse prise de conscience pour notre Hawk à la carapace fêlée, mais grand pas en avant dans sa vie ! Ouf. En parallèle, on assiste aux rencontres entre un viticulteur et son avocate, auprès de laquelle il déploie l'arbre généalogique de sa famille. Pourquoi un tel déballage ? On le découvrira fort tard dans l'histoire, tout juste saisit-on que la police vient de débarquer sur ses terres pour procéder à une inculpation, mais qu'il entend préparer sa défense en bonne et due forme. Cette lecture m'aura finalement semblé moins palpitante, en comparaison du frénétique Kobra, dont le tempo avait été effréné et ensorcelant. C'est le risque avec les auteurs prolixes, à l'instar de Michael Connelly ou Harlan Coben, dont les parutions rapprochées sont souvent de qualité inégale mais continuent d'attirer les lecteurs dans leurs filets. Moi être chocolat. J'apprécie donc cette série sud-africaine où on y retrouve des personnages tenaces et imparfaits, un pays en butte à une ségrégation raciale et un taux de criminalité galopant. L'enquête est certes assez lente et pêche en révélations fracassantes, elle ne découle pas non plus sur un dénouement époustouflant, mais l'écoute reste agréable et entraînante, toujours sous l'égide du brillant Eric Herson-Macarel, dont la voix chaude illumine le texte et rend la lecture toujours classieuse et envoûtante.

Interprété par Eric Herson-Macarel, pour Sixtrid (avril 2016) - Durée : 11h 46

Traduit par Georges Lory (Icarus) pour les éditions du Seuil

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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