Le destin presque timbré

Étienne Durillon mène une vie de célibataire réglée comme du papier à musique : il se lève tous les matins à la même heure, avale un œuf dur avant de prendre son bus pour se rendre au boulot. Le soir, il regarde son feuilleton préféré en mangeant un œuf au plat puis va se coucher à 20h30 tapantes. 
Parfois, Étienne est saisi d'angoisse, il a les jambes flageolantes et souffre d'une terrible migraine. Trop de routine, trop de monotonie ? En fait, notre héros est un grand timide, solitaire et renfermé, il n'ose pas avouer son béguin pour sa jolie collègue Vanessa par exemple. Et lorsqu'il contemple son existence, il soupire de frustration.
Aussi, le jour où il reçoit une publicité pour transformer sa vie, avec la promesse d'une aventure pleine de surprises, de joie et d'amour, Étienne n'hésite pas à renvoyer son coupon de participation, agrémenté d'un chèque de 3999 euros. Et les effets sont immédiats : dès le lundi matin, notre ami croise les fameux Agents Transformateurs sur son chemin.
Ces derniers agissent naturellement en mode incognito, mais Étienne n'est pas dupe et les reconnaît à travers leurs multiples déguisements, depuis le clochard au pied de son immeuble aux vieilles dames à moto, en passant par le bijoutier spolié et le dangereux escroc. Étienne est ainsi entraîné dans une journée de folie à enchaîner les rencontres et les péripéties sur un rythme trépidant.
Le résultat est très, TRÈS drôle ! La lecture est une franche partie de rigolade, riche en rebondissements et en trouvailles facétieuses. Le personnage d'Étienne Durillon est un gentil naïf qui se découvre un destin de héros audacieux et qui plonge dans la vraie vie avec une fringale inédite. Lui-même se surprend à adorer ça ! 
Il faut dire aussi que l'histoire est portée par un souffle de fraîcheur et de dynamisme qui communique autant de plaisir que d'exaltation. La folie ambiante est contagieuse, entre les illustrations, les couleurs, le ton et l'humour, l'histoire est complètement dingue et c'est tout à son honneur. J'ai souri du début à la fin, en savourant jalousement ce petit roman qui file une pêche d'enfer. 
Goûtez-le sans plus tarder. ☺

Grasset Jeunesse - septembre 2016