Pour avoir adoré Celui qui sera mon homard l'an dernier, j'ai sautillé de joie en découvrant le nouveau roman de Tom Ellen & Lucy Ivison (ou comment un amour de lycée a laissé place à une véritable complicité perceptible dans leur écriture). French Ski nous invite à vivre les émotions folles d'un voyage scolaire au cours duquel de jeunes anglais vont délirer sur les rencontres et les premiers baisers. Imaginez ce magma d'hormones en folie et vous obtenez une idée de votre lecture un poil bêtifiante mais idéale pour émoustiller les très jeunes lecteurs ! ☺

French ski

Mouse et Jack partent avec leurs collèges respectifs en classe de neige dans les Alpes. La jeune fille vient d'être virée de son école de danse et ne connaît quasiment personne, à part deux copines rigolotes, Connie et Keira, et son ancienne meilleure amie Lauren, devenue hypocrite et peste. Elle tente de faire bonne figure, mais se sent à côté de ses pompes. Jack aussi manque totalement de confiance en lui, pour jouer sur scène avec son groupe ou auprès des filles, tandis que ses deux potes, Max et Toddy, tirent des plans sur la comète à propos des nanas qu'ils vont rencontrer en faisant des paris débiles. Tout ce joli monde affiche crânement 14 ans, ce qui explique l'aspect immature et puéril du roman. On y parle “galoches” et conquêtes faciles, on fanfaronne, on fait des mystères, on crève de jalousie, rien de bien méchant. On s'amuse d'un rien (Monsieur Jambon le hamster) et l'histoire vole au ras des pâquerettes. Pour notre plus grand plaisir. Car la lecture est légère et touchante dans sa façon d'aborder la maladresse des adolescents, leur empressement et leur esprit bêta, leur obsession puérile pour le sexe opposé. Tom Ellen & Lucy Ivison ont saisi l'essence de l'âge ingrat qu'ils traitent avec humour et sans complexe. La narration alternée apporte aussi de la dérision aux situations rocambolesques - les filles et les garçons peuvent partager les mêmes aventures et ne pas les ressentir de la même façon. Par contre, ils ne trichent pas sur leurs angoisses, leurs doutes et leurs attentes. Ce savant mélange entre la comédie et l'apprentissage de vie donne finalement à la lecture de jolies couleurs de fraîcheur et de liberté. Le roman se lit avec quelques crispations, quand on a passé l'âge, mais inspire aussi une sensation de joie et d'insouciance qui reste très appréciable pour se changer les idées !  

Traduit par Julie Lopez pour Gallimard Jeunesse [Never Evers]

Coll. Scripto - Octobre 2016