31/01/17

Bilan du mois : Janvier 2017 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

coin douillet pour l'hiver 2

 

Début d'année frisquet, températures glaciales, pas le goût de mettre un orteil dehors, à part pour les contraintes d'usage, repli total dans notre cocon, avec des litres de thé et des centaines de pages à parcourir... 

 

Ce mois de Janvier, j'ai préféré : 

❅ Espionnage intime, de Susie Morgenstern

❅ Ne retournez jamais chez une fille du passé, de Nathalie Stragier

La Brigade des Poussins, de Doreen Cronin

Sherlock, Lupin & moi : Le mystère de la dame en noir, d'Irène Adler

 

❅ Kamarades, de Mayalen Goust, Benoit Abtey & Jean-Baptiste Dusseaux

❅ L'Affaire de la belle évaporée, de J.J. Murphy

❅ La Carrière du Mal de Robert Galbraith

❅ Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom de Barbara Constantine

❅ Petits secrets, grands mensonges, de Laura Moriarty

 

Ce mois-ci j'ai également vu la série norvégienne, OCCUPIED, d'après une idée de Jo Nesbø

Occupied

 

La Norvège souhaite se concentrer sur des énergies propres et mettre un terme aux exploitations de gaz et de pétrole, suscitant un profond mécontentement chez les autres gouvernements européens. La Russie décide de frapper fort en kidnappant le Premier Ministre, pour le contraindre à une cohabitation de six mois afin de boucler leurs contrats. Au cours de cette occupation sous tutelle, la situation ne va hélas pas s'améliorer entre les deux pays. Et ce sont les destins du Premier Ministre, Jesper Berg, de son garde du corps, Hans Martin Djupvik, mais aussi du journaliste, Thomas Eriksen, et de sa compagne, Bente Norum, propriétaire d'un restaurant situé juste en face de l'ambassade russe... que nous allons suivre avec grand intérêt. 

Cette série d'anticipation sur fond de conscience écologique a été une vraie bonne surprise. Outre son ambiance glaciale et fascinante, elle dévoile aussi un scénario d'une redoutable intensité. Le ton est incisif, la mise en œuvre perspicace et surprenante. Malgré certains points trop flous ou survolés, l'histoire est totalement crédible et s'envisage comme une sidérante réalité. À voir ! 

 

  

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Les salauds devront payer, d'Emmanuel Grand

les salauds devront payerUne vraie bonne découverte que ce roman d'Emmanuel Grand, lu par Christophe Reymond pour Audiolib !
Pourtant, le sujet a tout lieu d'inspirer une certaine amertume. L'histoire se passe dans le Nord, près de Valenciennes, au cœur des friches industrielles et des quartiers populaires. Le tableau dépeint est gris, lourd et morose. Ambiance peu réjouissante. Dans la petite ville de Wollaing, les habitants font contre mauvaise forture bon cœur. Entre chômage et galères, ils n'ont pas d'autre choix que d'emprunter de l'argent à des organismes peu regardants. Ce sont ensuite les petites frappes du coin qui viennent cogner pour réclamer les sommes impayées. La jeune Pauline en sait quelque chose. Elle n'a pas remboursé ses dettes mais a choisi de filer en douce pour échapper à ses créanciers. Malheureusement, elle sera retrouvée morte dans un terrain vague. Le commandant Erik Buchmeyer et le lieutenant Saliha Bouazem, nouvelle recrue débarquée de Thionville, arrivent donc sur place et procèdent à une enquête a priori limpide. Les suspects sont rapidement pointés du doigts, il ne reste plus qu'à rassembler les preuves pour les faire tomber. Cependant, l'affaire est loin d'être bouclée puisque cette organisation en vase clos est certes perfide et redoutable, mais elle va aussi dévoiler un vieux contentieux syndical et un dramatique secret de famille donnant libre cours à une machiavélique histoire de  vengeance.
Finalement, ce n'est pas seulement un pur roman noir, avec du suspense, de la sobriété et de la mélancolie. C'est aussi un roman social, d'une intensité psychologique forte et poignante. On replonge ainsi dans le contexte des grèves, des luttes des classes, des manipulations politiques et des sacrifices sans état d'âme. Un état des lieux vindicatif et démuni. Sur le coup, j'ai pesté. Encore un tableau du Nord sinistré. Encore et toujours l'image d'une région en crise et sur les genoux. J'admets que c'est facile, mais ce n'est pas malveillant non plus. Et puis ça donne une certaine gravité à l'histoire, en plus des meurtres à résoudre, des plaies ouvertes et des rancœurs tenaces. C'est comme entretenir une mémoire et des souvenirs. De toute façon, avec cette lecture, il faut apprendre à débroussailler, les thèmes sont vastes, les chemins empruntés sont nombreux, les coïncidences parfois trop belles... Même l'entrée en matière est incongrue (un régiment en Indochine et en Algérie), on se demande souvent où nos pas nous mènent mais le résultat est cohérent et réussi. J'ai bien apprécié cette errance à l'aveugle et néanmoins parfaitement maîtrisée par son auteur.  

Texte lu par Christophe Reymond pour Audiolib (durée : 10h15) - Janvier 2017

Suivi d'un entretien avec l'auteur

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30/01/17

Le Dernier Des Nôtres, d'Adélaïde De Clermont-Tonnerre

Cette lecture rassemblait plusieurs atouts qui avaient tout lieu de me plaire : grande fresque familiale sur fond historique, des drames, des trahisons, des secrets, des mensonges, des pertes et des retrouvailles, avec en sus le Grand Prix de l'Académie française. 

Le dernier des notresManhattan, 1969. Werner Zilch est un beau jeune homme, cavaleur et intrépide. Il croise dans la rue une jeune femme superbe, qu'il décide de suivre et séduire, mais la belle est farouche et insaisissable. Elle fuit le bellâtre et se joue de ses sentiments, ce qui augure un cache-cache amoureux interminable et mouvementé.
Dresde, 1945. Parmi les décombres et les bombardements, une mère agonisante met au monde son bébé, recueilli in extremis par des soldats en déroute. Après bien des déboires, cet enfant sera confié à une famille américaine, qui ignore tout de son passé, à part la supplique, écrite sur un bout de papier, implorant de conserver le nom de l'enfant, “le dernier des nôtres”. 
Werner grandit heureux, comblé d'amour et de tendresse, mais avec cette frustration de ne rien connaître de ses origines et la peur de l'abandon, d'où ses conquêtes multiples, son besoin de plaire, son tempérament impulsif et colérique. Sa liaison avec Rebecca, difficile et tourmentée, va cependant l'amener à percer le mystère de sa naissance et de sa famille. 

Eh bien, quelle déconvenue au bout du compte ! J'ai trouvé ce roman extrêmement banal, sans surprise et absurde. L'histoire de Werner s'inscrit d'après une haine farouche entre deux frères, l'un brillant ingénieur auprès de von Braun, l'autre officier sadique dans un camp de concentration. Lequel est son véritable géniteur ? Comment et pourquoi l'enfant a parcouru les océans et atterri dans un orphelinat ?
C'est en rencontrant la mère de Rebecca que Werner prend en pleine face l'horreur de ses racines. Imaginez, la fille d'une juive martyrisée avec le fils d'un allemand... Tout amour est impossible, le couple se déchire et chacun lutte contre ses fantômes. (“Je t'ai trompée parce que tu m'as quitté. - Je t'ai quitté car tu m'as trompée.”) Le couple tourne autour du pot. C'est lassant. Alors, pour sauver leur idylle du naufrage, ils s'investissent dans la traque des nazis et alimentent le suspense par des rebondissements à n'en plus finir.
C'est peu de dire que j'ai été déçue par cette lecture (qui revêt les mêmes apprêts qu'un roman de Douglas Kennedy, selon moi). C'est beaucoup trop sentimental, absolument pas crédible, avec des personnages creux et agaçants. Le fil conducteur est grossier, on voit tout venir à des kilomètres. Certes, il y a du rythme et des destins racontés en parallèle, ça se lit vite et bien, on mord facilement à l'hameçon, mais ça inspire également de l'impatience et de l'exaspération. Et puis, à force de cultiver l'histoire d'amour interdite, le ton devient mielleux et pousse les amants dans des situations abracadabrantes et grotesques. Au secours. On se retrouve avec une macédoine d'intrigue sentimentale et de faux suspense dans un théâtre de guerre et de mort. Le résultat est loin d'être à mon goût !
J'ai traîné pour arriver au bout du livre, car je voulais malgré tout connaître son issue, mais toute réconciliation était inenvisageable. Du mélo, de la facilité, encore et toujours... j'étais hélas rompue. Seule note appréciable : la lecture faite par Rémi Bichet pour Audiolib. Un ton juste, une émotion palpable, une attitude désinvolte. Son identification au personnage de Werner aurait pu être détestable, car ce type est détestable, mais Rémi Bichet glisse une bonne distance et sauve son rôle en toute subtilité. Cela ne repêchera pas mon appréciation pour le roman, dont je ne regrette pas la découverte, mais j'en prends acte. 

Texte lu par Rémi Bichet pour Audiolib (durée : 11h 44) - Janvier 2017

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28/01/17

Les Romantics : Quand l'Amour s'emmêle, de Leah Konen

les romanticsEn couple depuis deux mois avec Anika, Gael est fou amoureux et n'hésite pas à noyer sa douce sous les déclarations et les cadeaux. C'est un grand romantique, qui croit énormément aux signes et à la destinée. Pour lui, il ne fait aucun doute que son amour est grand, fort et réciproque. Et puis, patatras. Gael surprend son amoureuse dans les bras d'un autre... Anika le trompe avec Mason, son meilleur ami ! Trahison suprême. Le cœur de Gael est brisé en mille morceaux. Le voilà blessé, déçu, inconsolable et meurtri. Et plus le temps passe, plus il devient amer. Aussi, pour sauver ce grand romantique du marasme, c'est l'Amour en personne qui intervient dans son aventure en lui proposant une tendre alternative...

Cette idée de donner la parole à une entité aussi floue que l'Amour est charmante (après tout, c'est bien la Mort qui s'exprime dans La voleuse de livres de M. Zusak). Cette fois, la perspective est plus douce et légère. Elle nous embarque dans une comédie délicate et enlevée ! Au centre, Gael est un héros sensible, qui place tous ses espoirs dans une relation hélas illusoire, lui qui refuse de croire que l'amour est mort (il est fils de divorcés). Il n'y a qu'un pas pour qu'il bascule dans le cynisme. L'ingérence discrète de l'Amour donne donc lieu à des situations cocasses, notre Cupidon cherchant à guider le chemin de son sujet vers une certaine évidence, sauf que celui-ci vient de foncer tête baissée dans une nouvelle prétendante... Pas de quoi bouleverser notre entremetteur, dont les projets sont pourtant contrariés, puisqu'il se résout à participer activement à l'intrigue.

Tous les ingrédients pour convenir à une jolie comédie, en toute modestie, se bousculent en un joyeux chaos et invitent le lecteur à un agréable passe-temps. Le déroulement de l'histoire est sans surprise, on ne se pâme pas devant le gong final. Ce sont davantage les commentaires ou les situations dérisoires qui donnent du pep's à l'ensemble. C'est drôle, romantique et idéaliste. On trouve aussi de chouettes clins d'œil à la pop culture (Game of Thrones, Hitchcock, Le Seigneur des Anneaux, Quand Harry rencontre Sally...). Et les titres introduisant chaque chapitre ne manquent pas de sel non plus ! 

Un roman distrayant, qui rappelle que l'amour pique comme un cactus. ☺

Traduit par Sophie Passant pour les éditions de La Martinière Jeunesse - Janvier 2017

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27/01/17

Toute résistance est inutile, de Cora Carmack

toute resistance est inutileJe n'ai rien contre les romances légères, distrayantes à lire, sans prétention. Cela donne du baume au cœur et un sourire niais aux lèvres. De temps en temps, c'est vrai, ça fait du bien. Sauf que la mécanique souvent se répète et quand je me sens d'humeur bougonne, ça ne passe plus. J'ai juste envie de rouspéter et de réclamer la fin de cette mode éditoriale, pitié, il faut varier les plaisirs.
Cette fois encore, il est question d'une étudiante engoncée dans sa petite vie étriquée, qui pensait s'échapper du carcan paternel en quittant le lycée, seulement son fameux père a accepté le poste d'entraîneur de l'équipe de football américain sur le campus où se trouve sa fille. Imaginez ses rêves de profiter d'une liberté nouvelle... envolés ! Papa toujours derrière son dos, papa attentif à ses faits et gestes, papa exigeant et intraitable, entouré de machos aux gros biscotos, dont l'ex de notre héroïne. Mais elle a juré de ne plus y toucher, elle en a assez des sportifs, même si elle évolue parmi eux depuis la nuit des temps. Bingo, elle rencontre un nouveau spécimen en la matière, alliant à la fois le pouvoir de séduction et l'interdit. Naturellement, le charme opère alors qu'ils sont supposés résister à la tentation (mauvais timing, objectif à tenir, aucun écart possible, etc.). Il y a toutefois un monde entre ce qui est dit et ce qui se produit. Et là, les bras m'en tombent. Je ne comprends pas ce besoin de mettre en scène des jeunes gens qui se pelotent et qui poussent loin leur flirt, alors que leurs discours prônent le contraire. Je suis paumée dans le message que cela peut envoyer auprès des plus jeunes. La raison ou les sentiments, toujours ce sempiternel refrain... 
Dallas et Carson se lancent donc dans une roue de séduction archi vue et revue, ils se cherchent et se taquinent, ils ont pour eux la morgue, le désir et le tempérament. C'est une histoire basique, fignolée vite et mal, sans surprise et sans originalité. Elle brasse en vrac la peur de grandir, l'absence de lâcher-prise, l'amertume qui vous ronge et la confiance à accorder aux autres. Ce n'est pas bien méchant, mais tout est cousu d'avance et ça manque d'une touche de fantaisie ou d'humour pour faire la différence. De toute manière, j'étais déjà fâchée par l'amoncellement des clichés dès le commencement, la fille qui cherche à se dévergonder en se rendant à une soirée alcoolisée, la meilleure copine pétillante qui incite à se bouger les fesses, les garçons tous plus beaux les uns que les autres, les neurones qui grillent pour évoquer l'un ou l'autre (lui est magnifique, elle est superbe...). Bye-bye la subtilité. Ce n'est rien de moins qu'une lecture bêtifiante et stéréotypée. Rien de neuf sous le soleil. NEXT.

Traduit par Maïca Sanconie pour les éditions La Martinière Jeunesse - Juin 2016

Titre VO : All Lined Up - A Rusk University Novel

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Avec ou sans toi, de Donna Freitas

avec ou sans toiC'est l'été, Jane profite des vacances pour se prélasser à la plage avec ses copines et oublier l'épisode tragique survenu un soir de février. Présente sur les liens d'un cambriolage, la jeune fille a été agressée par des individus portant une cagoule. Unique témoin pouvant permettre leur arrestation, elle est depuis résolument mutique et traumatisée par cette soirée cauchemardesque. Jane porte également un sentiment de culpabilité qu'elle refuse de partager. Ses amies se soucient de son bien-être et tentent de lui changer les idées, tout en surveillant ses fréquentations. Car elle a en ligne de mire un certain Handel Davies. Certes il est beau gosse, charmant et attirant, mais il souffre aussi d'une réputation de mauvais garçon. Il jure néanmoins d'être différent et entend prouver à Jane ses intentions honorables. Séduite, celle-ci lui accorde sa confiance. Elle ne se sent plus la même depuis ce fameux soir et veut briser sa coquille pour chasser ses vieux démons. Ses amies ne la comprennent plus, elles s'inquiètent, la poussent dans les bras d'un autre garçon, Miles, plutôt bon chic bon genre, une valeur sûre et rassurante. Mais les émotions ne se contrôlent pas, ni les pulsions du corps et du cœur. Jane suit envers et contre tout son instinct et entame son travail de deuil. Il lui faut affronter ce qu'elle renie - l'enquête en cours, le lieu du crime, la sépulture de son père - et remonter le fil de ses souvenirs enfouis.
J'avoue que c'est un parcours foncièrement douloureux, avec en toile de fond une histoire poignante, un amour naissant et un besoin de laisser-aller pour mieux se libérer des entraves du choc subi. Le chagrin et la détresse de l'héroïne sont réels, mais ils n'ont eu aucun effet sur moi. Oui, je suis la reine des glaces. En vrai, j'ai simplement trouvé la lecture peu surprenante, trop banale et parfois incongrue (l'attitude maternelle est trop laxiste, l'hypothèse du triangle amoureux inadaptée et les révélations fulgurantes tombent à plat). Je n'ai rien ressenti dans l'accompagnement de cette douce jeune fille, éprouvée par un drame de la vie, qui découvre aussi l'amour et ses tourments, sauf que ça a un goût de déjà vu. Un roman touchant, mais hélas trop ordinaire.

 

Traduit par Camille Bocquillon pour les éditions de La Martinière Jeunesse - mars 2016

 

Titre VO : The Tenderness of Thieves

 

 

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NEED, de Joelle Charbonneau

NeedTout commence par une banale chaîne virtuelle, une invitation pour s'inscrire sur un nouveau réseau social, avec pour simple formalité : exprimer ce dont on a le plus besoin. Les lycéens de la petite ville de Nottawa se prennent rapidement au jeu et viennent grossir la communauté de NEED.
Kaylee et son meilleur ami Nate tombent également dans le panneau, lui pour décrocher une meilleure note au prochain examen, elle... hésite. Son frère DJ est gravement malade et en attente d'une greffe de rein. Leur père a quitté le foyer en apprenant la nouvelle, et depuis la jeune fille se bat pour le retrouver et lui demander de passer le test de compatibilité.
Un soir de désœuvrement, Kaylee remplit le formulaire de NEED sur un coup de tête. Avant de s'en mordre les doigts. Car l'implication de sa demande n'est pas sans conséquence. Mais en y réfléchissant bien, Kaylee réalise également que tous ses camarades sont désormais embringués dans un système qui va dépasser leurs compétences, mettre à mal leurs jugements et surtout les rendre responsables d'actes immoraux. 
Dans l'incapacité de prévenir la police, en conflit perpétuel avec sa mère, Kaylee se retrouve seule à combattre cette force invisible, qui a réussi à tisser sa toile parmi des jeunes gens vulnérables et impuissants, prisonniers d'un système qui les pousse à franchir de plus en plus de limites. La prise de conscience est glaçante, surtout pour le lecteur qui suit en alternance les différentes répercussions dont se rendent coupables les autres membres de NEED, alors que Kaylee se démène pour tirer au clair cet enrôlement de force. Des adolescents meurent, le jeu a viré au cauchemar et le roman se lit comme une course effrénée pour démasquer les webmasters et mettre un terme à cette spirale de l'horreur. Forcément, les révélations vont surprendre notre héroïne et auront un impact direct sur sa vie personnelle au point de fragiliser tous ses maigres acquis.
Le roman ne dépasse pas la mesure, il est juste ce qu'il faut d'entraînant, de flippant et de saisissant. Il incite aussi à une réflexion intéressante sur le danger potentiel des réseaux sociaux et du rouage pervers des jeux en ligne. À rapprocher avec le roman Addict de J. Ryan. 

Traduit par Amélie Sarn pour les éditions Milan - Octobre 2016

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26/01/17

Petits secrets, Grands mensonges, de Liane Moriarty

Petits secrets grands mensongesAu cours d'une soirée quizz organisée par l'école du quartier, des parents anormalement émêchés se donnent en spectacle de manière scandaleuse et déplacée. Ils se lancent des noms d'oiseaux, en viennent aux mains, se bousculent. Puis la farce vire au drame, une victime est déplorée, la communauté est sous le choc. Commence aussitôt une enquête qui ne dévoile rien de l'identité de la victime ou des responsables de la cohue. Rien ne filtre, si ce n'est quelques détails distillés avec parcimonie.
Cette mise en scène redoutable, au suspense bien ficelé, est diablement efficace et rend la lecture captivante ! On plonge sans se douter dans une abominable histoire de harcèlement, d'injustice et de préjugés, alors que tout se passe dans une simple classe de maternelle au cœur une banlieue chic et cossue. Jane vient d'y emménager avec son fils Ziggy lorsque celui-ci est accusé de persécuter une petite camarade. La mère outrée monte au créneau et use de son influence pour intimider les nouveaux venus, tandis qu'une résistance s'organise autour de la jeune maman célibataire en dénonçant le lynchage en règle. La guerre des mères est déclarée et elle s'annonce sanglante.
On pourrait se moquer du sordide de la situation, si ce n'est que cela démontre aussi l'acharnement bête et méchant à entraîner les uns et les autres dans une ronde infernale qui exacerbe toutes les passions (divorce, famille recomposée, adolescence, carrière, procrastination, humiliation, coups et violence). On n'imagine pas les drames cachés dans ces doux foyers en apparence ordinaires et aisés. C'est tout à la fois poignant, révoltant, délicat et émouvant. On se croirait presque dans une nouvelle saison de Desperate Housewives ! De plus, le rythme est incroyablement bon, angoissant et haletant. On ne voit rien venir des révélations finales, on se fait même manipuler sur toute la ligne et on applaudit le tour de force.
Ce roman est addictif, ingénieux et surprenant ! Franchement top. 

La voix de Danièle Douet peut vous paraître familière, puisqu'elle double notamment Nicole Kidman, Kristin Scott Thomas, Gillian Anderson et Felicity Huffman (Lynette Scavo dans Desperate Housewives). C'est une voix chaleureuse et très agréable à écouter, qui s'amuse ici à accentuer les défauts ou les particularités des uns et des autres, sans surjouer ou friser le ridicule. On assiste avec un certain effroi à cette comédie sinistre sur les drames domestiques en prenant note du poids des secrets et des mensonges qui peuvent parfois faire tout basculer. Malentendus, ragots, rumeurs alimentent le quotidien de ce petit monde qui vit en vase clos. Effroyable et sidérant. ☺

Texte intégral lu par Danièle Douet pour Audiolib (Janvier 2017) - durée : 15h 23

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24/01/17

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine

Tom Petit TomQuel bonheur, ce roman ! Chaque livre de Barbara Constantine est un onguent pour adoucir les petits bobos de l'âme car on y retrouve avec certitude des histoires sans prétention, qui se lisent avec un sourire aux lèvres et qui nous donnent envie de croire à une vie simple et authentique auprès de personnages insolites. C'est dommage que l'auteur ne publie plus rien depuis Et puis, Paulette... en 2012.
L'histoire de Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom est une ritournelle charmante, pimpante et tintinnabulante. C'est en effet un roman extrêmement joyeux et léger, même s'il ne nous raconte pas que des choses tendres et insouciantes non plus. Mais c'est justement parce que le sujet est traité sans misérabilisme que la pilule est plus agréable à avaler. Tom a onze ans. Il vit avec sa mère Joss dans un vieux mobil-home. Cette dernière n'a même pas vingt-cinq ans, elle collectionne les petits boulots et néglige souvent son rôle de maman pour sortir faire la fête sur sa mobylette. Tom a grandi en se débrouillant seul. Souvent, il se faufile dans le jardin de ses voisins, un couple d'excentriques qui se disent vous et qui parlent avec un accent anglais, pour leur chiper des légumes ou pour regarder la télévision derrière leur fenêtre. Il ignore tout de son père, ne doit surtout pas ennuyer Joss avec des questions inutiles et a l'obligation de l'appeler par son prénom, sinon elle se fâche. De toute façon, Tom est un môme accommodant. Il aime aussi se rendre utile, comme avec Madeleine, une vieille dame solitaire, qui a la mémoire flageoleante et qui oublie de manger au point de s'évanouir dans ses plans de choux. Heureusement, Tom veille au grain ! Mais qui vient à la rescousse du Petit Tom ? Pour ça, les anges gardiens ne manquent pas. Entre Samy, l'ami d'enfance de Joss devenu croque-mort, Archibald et Odette, les voisins pas si aveugles, et aussi sa propre mère qui exprime avec maladresse son amour pour son petit homme et qui apprend à grandir en même temps que lui...
Bref. Il règne par-dessus tout une humeur radieuse dans ce livre. Et c'est tant mieux. Tous les petits tracas sont balayés en un tour de main. Chaque personnage constituant le maillon d'une formidable chaîne humaine, la solidarité est inaliénable à la bonne coordination de l'intrigue. On s'attache aux uns et aux autres, on se soucie de leurs problèmes, on les retourne sans complexe et on sourit devant l'évidence, on ne badine pas avec les sentiments, on s'aime sans trop l'avouer, et puis on s'offre des cadeaux sous toutes les formes (une robe, des madeleines de commercy ou des bocaux de sauce tomate). Cela coule de source et ça fait un bien fou ! C'est finalement une promenade bucolique rafraîchissante et chaleureuse.

Je recommande également la version audio lue par Benjamin Jungers qui apporte son lot de tendresse, de fantaisie et de folie douce à cette histoire qui revendique une véritable noblesse de cœur. Le comédien adopte à juste titre un ton enfantin, pas bêtifiant, mais qui souligne l'innocence de Tom face à des situations parfois dramatiques. Le môme ne manque pas de ressources et nous le prouve tout au long du roman qui rappelle que l'entraide et la générosité constituent une façon toujours délicate d'avancer au mieux dans la vie. J'ai follement aimé. ☺

Texte intégral lu par Benjamin Jungers pour Audiolib (Janvier 2017) - durée : 4h 03

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23/01/17

Lock & Mori, de Heather W. Petty

Lock moriToujours dans ma monomanie holmesienne, j'ai opté pour le roman suivant - Lock & Mori, qui propose une nouvelle interprétation du couple fatal de Sherlock et Moriarty.
Direction l'Angleterre du XXIe siècle. Lock et Mori sont tous deux lycéens, lui est un excentrique passionné de chimie, qui s'enferme dans un laboratoire sous le théâtre de l'école pour se livrer à des expériences improbables, et elle... oui ELLE, porte le nom de James “Mori” Moriarty et affiche une morgue pour mieux se protéger car la jeune fille vit un drame personnel dont elle a honte. La rencontre entre ces deux-là n'est malheureusement pas explosive, mais leur relation ne va pas se tisser sans heurt ni passion. Tout commence par un défi, lancé par Lock à Mori : démasquer ensemble le tueur en série qui sévit dans les rues de Londres. Même si la compétition fait rage, leur enquête ne doit pas étouffer les indices trouvés et faire état de toutes les observations glanées en chemin. Seulement, Mori va déroger aux règles établies et ne pas partager certains secrets et autres doutes qui vont rapidement poindre. Or, si elle ose en parler, c'est toute sa vie qu'elle met en péril. 
D'abord déçue par la couverture du livre, j'ai ensuite été chagrinée par son contenu : pas de vrai suspense, des personnages sans relief, manque d'alchimie et une propension au  mélodrame un poil trop présente. Cette mise en scène contemporaine des personnages mythiques de Sherlock Holmes et Moriarty n'est finalement pas à la hauteur des attentes, l'auteur focalise l'attention sur les tourments de l'adolescente qui vit dans un foyer plongé dans le cauchemar depuis la mort de la mère. Son père, pourtant inspecteur de police, a sombré dans l'alcool, la dépression et la violence... mais nul n'en a conscience car Mori prend garde à préserver ses frères. Elle encaisse les coups et les humiliations en serrant les dents, d'où son attitude fuyante avec Lock, alors qu'il l'attire beaucoup. Mais leur relation est très en-dessous de son potentiel, c'est plat, sans sucre, sans miel, sans sel, sans piment. Complètement fade. Sans compter qu'on voit tout venir à des kilomètres à la ronde, il n'y a aucune surprise, que ce soit dans l'intrigue policière ou dans l'évolution de leur histoire amoureuse. C'est fichtrement banal et languissant. Suis très déçue. On a là une lecture insipide malgré une initiative savoureuse en imaginant Sherlock Holmes et Moriarty hors de leur contexte habituel. Le flop total.

Traduit par Luc Rigoureau pour les éditions Hachette - Octobre 2016

 

Original Title : Lock & Mori

 

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