Fin de ronde Stephen KingBrady Hartsfield, alias Mr Mercedes, est de retour ! Nous l'avions abandonné sur son lit d'hôpital, dans un état végétatif irréversible, mis k-o par Bill Hodges et ses acolytes. Certaines révélations dans Carnets Noirs (Tome 2) avaient toutefois ébranlé nos certitudes pour finalement se confirmer et éprouver nos nerfs dans ce dernier tome de la série. 

Car - OUI - Brady Hartsfield est plus redoutable que jamais. Son esprit n'est pas mort et a déjà élaboré sa vengeance contre l'ancien flic à la retraite. Son but : en finir avec le massacre du City Center, hanter les rescapés et les pousser au suicide... Tout ça, tout ça. L'étendue de son pouvoir est hélas sidérante, l'engrenage actif et efficace, les victimes tombent comme des mouches. Complètement obsédé par ce taré, Bill Hodges ne cesse de vagabonder dans les couloirs du Kiner Memorial pour s'assurer du coma de Brady, scrutant la moindre évolution pour le livrer à la justice, mais peine perdue. Le docteur Babineau a d'ailleurs interdit de séjour le détective dans son service...  histoire d'avoir les coudées franches pour ses étranges expérimentations. Bref.

Au fur et à mesure de la lecture, on plonge plus concrètement dans les méandres du cerveau ravagé de notre désaxé, on suit également les tourments personnels de Bill (ses douleurs abdominales et ses pertes d'appétit ne sont pas anodines) et on retient un cri d'horreur à la découverte de la manipulation mentale capable de frapper vite et fort (on ne répètera jamais assez la dangerosité des écrans et la fascination hypnotisée qu'ils suscitent). Globalement le roman est bon et se lit avec rapidité car le rythme, l'énergie, le suspense ne manquent pas. Seule la fin est décevante - après une remarquable et progressive montée en tension, le roman s'essouffle et opte pour un dénouement convenu. Une solution hélas récurrente. C'est ainsi. Malgré tout, ce dernier tome opte pour l'originalité en mêlant avec ingéniosité le thriller au fantastique et en proposant une intrigue tour à tour nébuleuse et captivante. Un rendez-vous imparable.

Techniquement, Antoine Tomé reprend du micro pour Audiolib et nous ressert cette vilaine manie de donner aux rôles féminins des voix particulièrement hystériques - cf. Holly Trelawney, l'associée de Bill Hodges - ce qui provoque instinctivement une réaction épidermique. Résultat, je ne pouvais plus encadrer ce personnage, bien malgré elle, car j'étais incapable de faire abstraction de l'incarnation donnée par le jeu du comédien. Cette composition exagérée devient une expérience grinçante pour les oreilles (Monster de Bauwen, L'écorchée de Carrisi, Que ta volonté soit faite de Chattam). Plus de modération, moins de singerie, merci ! ☺

©2016 / 2017 Éditions Albin Michel / Audiolib. Traduit par Océane Bies et Nadine Gassie

(P)2016 Audiolib / Texte intégral lu par Antoine Tomé (durée : 14h 03)


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