La plus grande chance de ma vie« C'est toujours moi qui gagne. Le billet trouvé par terre, la fève dans la galette, la dernière paire à ma taille, c'est pour moi. C'est comme ça, j'ai de la chance. C'est dans mes gènes, mes parents travaillent à la Française des jeux. »

Juliette a toujours cru en sa bonne étoile, jusqu'à ce que l'ambiance à la maison vire à la soupe à la grimace. Son père est intenable, fait des remarquables piquantes, insinue que sa fille n'est pas sa fille, puis claque la porte de l'appartement et demande le divorce. Sortez les violons. Mère et fille se serrent les coudes, elles sortent ensemble, font du shopping, mangent des éclairs au chocolat, oublient leurs soucis et encaissent les coups durs. Lorsque son père demande un test de paternité pour réclamer la preuve de son lien avec Juliette - eh ouais - c'est une autre bombe qui leur tombe sur la tête. Les résultats révèlent que l'adolescente n'est ni sa fille, ni celle de sa mère. Qui est-elle alors ? Après enquête, elles apprennent qu'une infirmière un peu dingue a inversé deux bébés après leur naissance. L'affaire éclate au grand jour, cellule de crise en perspective et six personnes chamboulées. 

Pour Juliette, les questions se bousculent dans la tête, lui donnent des idées noires, la projettent dans la perspective d'une autre vie et lui broient le cœur d'imaginer sa maman en préférer une autre, etc. Ce portrait de jeune fille vulnérable, en équilibre précaire, est très touchant, frappant de vérité, tour à tour poignant, sincère et vrai. Pour dire, je reconnaissais à maintes reprises des traits de ma propre fille, avec ce caractère à fleur de peau, cette volonté farouche de réclamer de l'attention, ce besoin de comprendre et d'être rassurée... J'ai beaucoup aimé ce roman, il est court - 140 pages - mais a cette capacité de vous absorber dans sa bulle tout en délivrant une histoire bouleversante et qui interpelle. Après tout, “l'amour est un choix, il ne faut pas se forcer”. 

Rouergue Jeunesse, coll. doAdo, 2017