01/10/17

Pêle-Mêle : Les Quiquoi et l'étrange attaque du coup de soleil géant - Une petite voix

Les Quiquoi et l'étrange attaque du coup de soleil géant

Olive et ses joyeux compères sont assommés par la chaleur. La faute au soleil énorme dessiné par notre artiste. Résultat, tous se plaignent de porter une robe, une casquette à oreilles, un parasol ou de la crème solaire. ILS N'EN PEUVENT PLUS. Olive se met alors à dessiner un ventilateur... oups, un peu trop puissant. Raoul a voldingué vers l'inconnu et ses amis doivent traverser une forêt de cactus pour le retrouver. Mais chaque défi trouve sa solution dans une pirouette dessinée astucieusement, ou pas. Les rebondissements s'enchaînent et donnent ainsi à lire une fabuleuse aventure de nos Quiquoi préférés. C'est drôle, inattendu et complètement farfelu. Le trait d'humour d'Olivier Tallec et Laurent Rivelaygue se met ici au service de la prévention contre les méfaits du soleil (cf. le coup de soleil féroce et prêt à bondir sur nos jeunes amis). Une interprétation désopilante, qui tire des sourires et des larmes de bonheur aux lecteurs enchantés. Je suis FAN. ♥

Les Quiquoi et l'étrange attaque du coup de soleil géant, de Laurent Rivelaygue & Olivier Tallec

Actes Sud Junior - BD - 2017

 

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Une petite voix

Solitaire et secret, Jérémy est un enfant qui semble vivre dans sa bulle, mais qui ne renvoie pas non plus une image très charismatique. Le garçon est incompris - “avec ses airs bizarres” - et est rejeté par ses camarades ou ses proches. En fait Jérémy vit dans un monde imaginaire, dont l'héroïne, April March, est anglaise, enfermée dans un pensionnat qu'elle cherche à fuir. Son personnage incarne tout ce que Jérémy n'est pas - audacieux, joyeux, intuitif - si bien que le môme tourne de plus en plus le dos au réel pour se complaire dans le fictif. Cherry on top, Jérémy rêve de rencontrer son April pour vivre de fabuleuses aventures à ses côtés. En attendant, sa famille tourne autour de lui en cherchant la brèche dans la carapace. Le garçon est visiblement hermétique à toute manifestation émotionnelle. C'est un bloc, un rempart. Après avoir exprimé son ras-le-bol, sa famille se rétracte et éprouve une sincère inquiétude à son sujet.

J'avoue avoir, moi aussi, ressenti une grande perplexité face à ce petit Jérémy, qui chamboule pas mal ma vision sur l'enfance et l'hypersensibilité. C'est d'ailleurs la grande force du livre - on vit et on partage ses doutes, ses peurs, ses rêves, ses espoirs, mais aussi ses éclairs de lucidité ou de désarroi. On s'imprègne de son mal-être et on ressent une grande tristesse. C'est assez déstabilisant d'avoir un môme de huit ans, conscient de sa différence et du regard qui se pose sur lui, sans pouvoir lui donner un coup de pouce. Quelle frustration, que d'impuissance à tourner les pages du roman... Mais c'est aussi une grande prouesse de l'auteur qui est parvenu à toucher au plus juste le lecteur en nous sensibilisant au “problème” des grands rêveurs. Imaginez, dans une société formatée, le rêve devenir une maladie ? Chair de poule assurée, brrr... 

Une petite voix, de Patrick Olivier Meyer

Actes Sud Junior, 2017

illustration : Sébastien Mourrain


La guerre de Catherine, de Julia Billet & Claire Fauvel

LA GUERRE DE CATHERINE

Pour avoir déjà lu le roman de Julia Billet, j'ai retrouvé avec plaisir son adaptation en format BD qui propose une interprétation vibrante et pleine d'empathie de l'histoire de Catherine, une adolescente juive en pleine tourmente, condamnée à fuir pour survivre, et qui use de son art pour raconter les heures sombres de notre pays. La lecture est foncièrement captivante. Séduite par les illustrations, où se mêlent subtilement l'émotion et la poésie, j'ai aimé revivre l'aventure de l'héroïne, riche en sensations, et qui rend aussi un formidable hommage à des héros du quotidien, des ombres à jamais anonymes, mais dont le courage et le dévouement ont sauvé bien des vies.

Comme d'autres enfants juifs, Rachel a été confiée par ses parents à la Maison de Sèvres, une école dirigée par Goëland et son mari Pingouin, aux méthodes pédagogiques révolutionnaires. Il règne dans ce cocon de verdure une ambiance légère et insouciante, mais suite à la rafle du Vel' d'Hiv, la directrice prend des mesures drastiques. Les réfugiés doivent changer d'identité et porter un nouveau nom - Rachel devient alors Catherine Colin - avant de partir en zone libre. Animée de sa passion pour la photographie, Catherine ne quitte plus son Rolleiflex et va figer chaque rencontre, chaque visage, au gré de son périple. La guerre selon Catherine s'égrène de rencontres aussi touchantes qu'inattendues, dans des campagnes isolées, chez des paysans aux abords rustres, dans un couvent catholique, auprès d'une institutrice frivole et éprise de cinéma, ou dans une cabane perdue au fond des bois... Le chemin de Catherine est long, exténuant et fatalement angoissant. Plus la guerre prend un tour féroce, plus le silence des absents devient pesant. Les liens se font et se défont, car l'exil n'en finit plus et la fin du cauchemar paraît si éloignée.

Il y a certes quelques fioritures romanesques dans ce parcours, mais l'essentiel a puisé son inspiration dans les souvenirs d'enfance de la mère de Julia Billet et dans les témoignages des anciens pensionnaires de la Maison des Enfants de Sèvres, rue Croix-Bosset. Une lecture remarquable, poignante et bouleversante, aussi bien en roman (l'école des loisirs, 2012) ou en bande dessinée. Une double réussite. 

Rue de Sèvres, 2017

Posté par clarabel76 à 18:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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