Mes nuits à la caravaneGros cœur rouge sur ce roman, où l'on rencontre une bande de potes hyper attachante, dans la verte campagne limousine, autour d'une histoire simple mais prenante.
Lucile vit seule avec son père, qui a tendance à oublier son désespoir dans l'alcool. La mère est morte d'un cancer, le restaurant familial a brûlé dans un incendie criminel, l'assurance n'a pas remboursé les pertes. Le moral est donc au plus bas, mais Lucile refuse d'en accepter davantage. Ne supportant plus l'attitude indigne de son père, elle claque la porte de la maison et part s'installer dans la caravane au fond du jardin.
Ce lieu servait déjà de refuge pour sa maman, qui aimait peindre et s'isoler dans sa bulle. Et effectivement, la caravane est imprégnée des souvenirs maternels. Tout semble remonter à la surface, les émotions, le passé, les vieilles histoires d'amour et de jalousie, les rancunes tenaces, les dettes, les trahisons... Bref.
C'est en compagnie de ses meilleurs amis - Ben, Djoul et Léna - qu'elle se bricole un cocon douillet, lequel deviendra également le point d'ancrage pour les amateurs de musique et de poésie. Le cadre est féerique, l'ambiance festive et joyeuse, la lecture laisse également entrevoir une région au charme bucolique insoupçonné (Bellac et ses alentours), en plus d'une communion parfaite entre ces jeunes gens en plein apprentissage de la vie.
Dans le même temps, Lucile conduit promptement son enquête sur sa famille, marquée par les drames et les malheurs, et nous embarque dans sa longue traversée du tunnel, entre deuil, solitude et désarroi. C'est un parcours tranquille, avec juste ce qu'il faut d'espérance, de folie, d'amitié et d'amour. J'ai beaucoup aimé ! À lire et découvrir comme une parenthèse enchantée.

Rouergue, coll. doAdo (2018)

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