En faisant référence, à tort ou à raison, au célébrissime roman de Margaret Mitchell, l'éditeur avait beau jeu de m'attirer dans ses filets ! En effet, l'histoire est tout ce qu'il y a de plus flamboyant et romanesque dans le genre.

APRÈS L’INCENDIE

Diana Cooke est une héroïne fascinante - cette beauté sudiste vit dans une magnifique propriété en Virginie et évolue avec aisance parmi la bonne société. Or, la réalité est moins glorieuse car la famille Cooke est ruinée. Pour sauver le domaine de Saratoga, ses parents n'hésitent pas à conclure un mariage avec le capitaine Copperton, un homme riche, puissant et parvenu. Diana a dix-huit ans, elle est naïve et intrépide, éblouie par les voyages en Europe et les toilettes clinquantes. Le réveil aura néanmoins un goût amer. Car cette parade, tristement banale, ne masque pas la brutalité d'un mariage vulgaire. Diana Cooke Copperton va pourtant connaître un destin incroyable, au sein duquel la flamme de la passion ne faiblira jamais.

Après un début laborieux, en raison d'un style lourd et ampoulé, j'ai finalement dévoré le roman en deux jours ! Clairement, j'ai été envoûtée par cette superbe fresque sentimentale, où se bousculent tous les clichés, avec des personnages caractériels, des élans du cœur déraisonnés, des drames en cascade et des émotions déchirantes. On se fond, avec un plaisir énorme, dans le décor de cette Amérique sudiste, accrochée à ses vieilles valeurs et ses grandes demeures historiques. De plus, le récit est surprenant et sensuel, avec une Diana en maîtresse absolue, femme entière, qui livre son corps et son cœur à ses instincts charnels, sans retenue, sans tabou.

Le roman parle donc d'amour, de fureur et de passion, évoque aussi la famille et l'héritage, relie le passé et le présent, en somme c'est ensorcelant. Au-delà d'un certain penchant pour les démonstrations excessives, la lecture se révèle époustouflante. Il n'y a qu'à fermer les yeux et s'imaginer qu'on part pour un long voyage ! Grandiose, vraiment. ☺ 

10/18 (2018) - Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Après l’incendie est suivi d’une nouvelle autobiographique inédite, Trois lamentations : le récit autobiographique d'une année où un très jeune Goolrick a partagé sa classe avec trois jeunes filles rejetées par le groupe : une prolétaire, une obèse et la première fille noire scolarisée parmi les Blancs.