09/04/18

Boys Band Killeuses, de Goldy Moldavsky

Boys band killeusesErin, Pomme, Isabel et la narratrice (alias Sloane Peterson, ou Bright Lights, Big City, selon ses humeurs) se connaissent à travers leur passion commune pour le groupe des Ruperts. En apprenant que les garçons sont descendus dans un hôtel en ville, nos fans hystériques décident de réserver une chambre au même endroit et arpentent ainsi les couloirs pour les rencontrer. Bingo, Pomme croise le moins sexy du lot près de la machine à glaçons et passe à l'action en bondissant sur lui. Le type est mis k-o, traîné par la jambe jusqu'à la chambrée des nanas qui piaillent d'excitation. Hop, elles le saucissonnent sur une chaise, le bâillonnent, lui posent un bandeau sur les yeux. Et puis quoi, après ? Exit le self-control. Les filles sont ingérables et ont perdu tout sens commun, elles n'écoutent que leurs pulsions et vont au bout de leurs fantasmes.

Ce qui était, au départ, un simple délire de nanas déjantées va finalement dégénérer et laisser place à un truc glauque et malsain ! Mais tenez-vous bien, c'est sacrément drôle. Oh là là, ces filles sont de vraies tarées. Elles sont carrément flippantes, voire un peu pathétiques. Toutefois, leur obsession maladive va également révéler une introspection mortifiante (folie vengeresse, ambition dévorante, trouble paranoïaque et j'en passe). Le ton est acide, cruel et amer. L'humour est noir et implacable. Et pourtant, c'est jubilatoire. On bascule dans la dérision avec facilité et ahurissement, l'enchaînement des événements est inattendu et parfois grotesque. En clair, j'ai trouvé ça bon et redoutable. Pour un premier roman, c'est diablement prometteur. ☺

La Martinière J. (2018) - Traduction d'Yves Sarda

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Phobos#4: Il est trop tôt pour respirer, de Victor Dixen

phobos4

De retour de leur mission, les derniers survivants du programme Genesis doivent répondre de leurs choix au cours d'un procès aux nombreuses retombées médiatiques. Léonor, plus particulièrement, est dans le viseur. Son bras de fer avec Serena McBee est encore dans toutes les mémoires. Qu'on aime ou pas, la jeune fille continue de diviser. Mais Léo tient bon et accuse les coups. Elle a d'ailleurs d'autres projets en tête et veut fouiller son passé pour percer le secret de ses origines. Elle n'oublie pas non plus son grand amour perdu, crie justice, affronte la pègre brésilienne et se lance dans le combat écologique pour préserver la planète et alerter l'opinion publique sur le drame des “errants climatiques”. Léonor est la pasionaria par excellence, même si elle saoule grandement. Autour d'elle, ses amis se consacrent à leurs carrières respectives (danse ou médecine) tandis que d'autres mordent la poussière ou luttent pour leur survie.

Mon appréciation globale de la série a toujours été en dents de scie - des personnages creux, des atermoiements interminables, des amourettes risibles et une expédition scientifique en dessous des normes. Pourtant, Phobos suscite un vrai engouement, une addiction palpable, qui fait qu'on y retourne, en dépit des défauts pointés du doigt. C'est assez spectaculaire et ingénieux pour le souligner ! Ce dernier volume ne déroge pas à la règle. Il va combler les nombreuses questions ouvertes, laissées en suspens, mais va procéder de façon convenue et longuette, avec une fin hollywoodienne à faire rouler des yeux. En puisant son inspiration dans les courants actuels (cinéma, jeux vidéo et internet), l'auteur produit ainsi des scènes sensationnelles, qui font leur petit effet auprès d'un public adolescent, avide d'émotions fortes. 

Lors de sa parution fin 2017, je pensais y plonger assez rapidement, intriguée mais lucide, car j'étais refroidie par les 17 heures d'écoute annoncées. Cet épisode 4 s'est néanmoins avéré distrayant et plaisant à écouter. Maud Rudigoz est une narratrice parfaite (joli timbre de voix, intonations cohérentes, aucune surenchère, nulle caricature, débit fluide et agréable). Et puis l'histoire offre son lot de bonnes surprises. En somme, la lecture n'est certes pas révolutionnaire, mais sympathique dans le genre.

 

©2017 Robert Laffont (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Maud Rudigoz (durée : 17h 23)

 

Posté par clarabel76 à 14:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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