La chambre des merveilles, de Julien Sandrel

La chambre des merveillesJe ne connaissais pas du tout ce roman - gros succès en librairie, me dit-on - et mon premier instinct a été le recul en découvrant le résumé. C'est l'histoire d'une mère qui se bat pour son fils dans le coma... J'imaginais déjà une histoire pleine de pathos et empreinte de sentiments bouleversants. J'ai soupiré, pas mon truc. Et puis le format audio est arrivé. J'ai tenté. Et je n'ai pas regretté.

Thelma a longtemps sacrifié sa vie de famille pour sa carrière. Aujourd'hui, son fils de douze ans aimerait lui confier qu'il est amoureux pour la première fois. Comme d'habitude, sa mère ne lui prête aucune attention et préfère répondre à un coup de fil de son boss. Vexé, Louis file sur son skate droit devant lui. L'instant d'après, un véhicule le percute de plein fouet. L'enfant est conduit aux urgences, en soins intensifs, plongé dans un coma. Malgré tous leurs efforts, les médecins s'avouent vaincus et préparent Thelma à l'irrémédiable - d'ici quatre semaines, ils vont débrancher les machines. Mais Thelma refuse cette sentence. En tombant sur le cahier des merveilles rédigé par son fils, elle décide de réaliser pour lui tous ses rêves les plus fous et souhaite que ses initiatives insuffleront de l'espoir - de la vie - chez son garçon léthargique. 

C'est heureusement une lecture riche en émotions - pleine de tendresse, d'amour, de rires et de délires. J'ai trouvé ça très sympa et tellement bon à parcourir. En seulement 5 heures, j'ai partagé la force d'une mère qui remet toute sa vie en question et qui se lance des paris insensés pour arracher son fils de sa bulle. C'est complètement improbable, romanesque et doucereux, mais après tout ça fait aussi du bien de croire en l'impossible et d'imaginer un marathon bombardé de couleurs, un karaoké au Japon ou un stage de foot avec un entraîneur sexy en diable. J'ai même fermé les yeux sur la mise en scène finale qui joue trop sur la corde sensible - j'ai croisé les doigts pour que ça ne parte pas en cacahuète car mon appréciation globale était extrêmement positive jusqu'à présent ! Et je confirme que ce roman est bel et bien touchant, écrit sans prétention, prompt à vous communiquer bonheur, chaleur et espérance. J'ai été agréablement surprise - et conquise. 

©2018 Calmann-Lévy (P)2018 Audiolib lu par Sophie Duez. Durée : 5h env.

J'ai beaucoup aimé la voix de Sophie Duez et son interprétation naturelle et authentique du début à la fin. C'était si réaliste que j'avais l'image de l'actrice en tête pour incarner la Thelma du roman. 

Le livre audio se boucle sur un entretien de 15 minutes avec l'auteur. Plutôt académique, mais toujours instructif à écouter ! 

 

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La femme à la fenêtre, de A. J. Finn

la femme à la fenetreAnna Frost vit recluse chez elle et passe ses journées à boire du merlot en épiant la vie de ses voisins. Séparée de son mari et de sa fille, elle reçoit régulièrement de leurs nouvelles et les rassure sur sa santé - oui, elle suit scrupuleusement son traitement. Elle s'accroche. Elle est incapable de sortir, de voir du monde, elle a une peur panique dès que son pied franchit le seuil de la porte, mais elle s'accroche. Elle parle à des inconnus en ligne. Elle a également mis sa carrière de psy en berne et regarde des vieux films en noir et blanc à longueur de journée. En bref, Anna n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Sa routine est pourtant chamboulée avec l'arrivée des Russell dans le quartier. Très vite, Anna s'aperçoit que ça ne tourne pas rond dans cette famille et soupçonne le père d'être violent et tyrannique. Un soir, elle surprend le couple en train de se disputer et voit Jane Russell s'effondrer, le corps poignardé. Elle contacte aussitôt à la police, qui lui apprend l'existence d'une autre Jane Russell. La famille fait bloc, accuse Anna d'avoir tout inventé mais celle-ci s'acharne et fouille dans sa tête en vrac.
Pendant 500 pages, on avance ainsi à tâtons et on suit les méandres des pensées d'Anna - embrumées par l'alcool, les médicaments, les phobies et les non-dits. Il n'en fallait pas moins pour brouiller les pistes. On traîne donc pas mal la patte, à se demander ce qu'on fait là, à regarder cette femme errer dans sa propre existence, à s'interroger sur son état mental, à s'encroûter dans sa routine... Cela peut sembler lent et long - oui, ça l'est forcément - mais c'est aussi l'ambiance désirée par l'auteur. Distiller le doute, rendre la narratrice peu fiable, pointer son état borderline, hésiter entre la soutenir ou la blâmer. J'ai finalement opté pour la présomption d'innocence. Portée par ce rythme, j'ai tout gobé et n'ai absolument pas vu venir la fin ! Damned. Une prouesse.
En somme, c'est lourd d'une monotonie pointilleuse, soutenu par un suspense glaçant et nourri d'une tension psychologique ciselée. C'est gros mais assez bon car j'aime énormément les références aux classiques du cinéma qui ont donné le ton en créant une atmosphère façon Hitchcock & co (sans réellement égaler leur génie). Attendez l'essoufflement du buzz, puis tentez le coup ! 

Presses de la Cité (2018). Traduit par Isabelle Maillet

 

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30/05/18

Ça peut pas faire de mal #4: La littérature jeunesse , de Guillaume Gallienne

guillaume gallienne La littérature jeunesseEn découvrant que le programme de cette nouvelle édition de l'émission phare de Guillaume Gallienne portait sur la littérature jeunesse, je me suis dit, chic ! Et puis j'ai pris connaissance du menu en question - Kessel, Twain, Carroll, Tournier - de bons bougres, des incontournables, alors que je m'imaginais déjà une excursion plus contemporaine ou audacieuse. Ça peut pas faire de mal, en effet. Passons, car j'ai vraiment passé 2 h 30 délicieuses à écouter l'animateur lire et commenter les grands classiques que sont Le Lion, Tom Sawyer, Alice au pays des merveilles, Vendredi ou la vie sauvage. « Quatre livres hantés par des espaces inexplorés, des mondes vierges que les héros tentent d'apprivoiser. » écrit Timothée de Fombelle en préface. Lui aussi en connaît un rayon... J'ai donc passé toute une soirée à écouter dans mon lit cette promesse d'évasion et de retour en enfance. Que de souvenirs sont remontés à la surface ! J'ai adoré... J'ai savouré l'exotisme de l'Afrique, l'humour absurde d'une partie de croquets dans les jardins de la reine, l'aventure américaine le long du Mississippi et le retour aux sources sur une île déserte. Auprès de Patricia, d'Alice, de Tom et de Vendredi, j'ai passé un instant mémorable et ressenti un immense bonheur. On dit que la lecture ouvre les horizons et donne des ailes, avec Guillaume Gallienne j'ai vécu cette sensation fabuleuse de m'échapper dans des aventures pleines de vie et de rythme. Le comédien réussit à insuffler une vraie joie de vivre, un amour incommensurable des livres et l'envie de lire, toujours plus et plus loin. C'est fantastique. L'accompagnement au piano par Philippe Dubosson diffuse aussi un fond musical envoûtant et crée une ambiance de cocon douillet très, très appréciable !

©2017 Éditions Gallimard / France Inter (P)2014 / 2017 France Inter.

Collection Écoutez lire, Gallimard (2018)

Écoutez lire : "Les Aventures de Tom Sawyer" de Mark Twain : suivons le célèbre garçon dans ses facéties, sur le chemin de la maturité 

 

La cité des cendres (The Mortal Instruments 2) de Cassandra Clare

La cité des cendres The Mortal Instruments 2

Je poursuis ma relecture de la série de Cassandra Clare en format audio - une exclusivité Audible Studios - renouant ainsi avec le souvenir d'une plongée en apnée dans cet univers foisonnant. Confrontés à leur pire cauchemar, Jace et Clary se dépatouillent avec leurs sentiments et leurs hormones en ébullition à grands renforts de simagrées et autres geignements insupportables. J'avais oublié le fossé générationnel - j'inspire, j'expire - c'est usant mais l'auteur pose heureusement des bases solides dans la construction de son univers, et pour le coup on ne s'ennuie pas. Le retour de Valentin agite le Monde Obscur - le type assassine à tour de bras, créant la pagaille parmi les vampires, lycanthropes, magiciens et fées, tous peu solidaires mais conscients d'obéir à l'Enclave pour cesser le massacre. Ainsi, Clary et Simon progressent dans leurs découvertes des forces démoniaques et deviennent des pantins moqués et désarticulés dans les cours royales. Autre phénomène bondissant hors de sa boîte comme un diable enragé : l'Inquisitrice Imogene. Cette dernière a placé Jace dans sa ligne de mire. Elle veut sa peau, elle veut le briser et elle y parvient très bien. Notre blondinet préféré n'est plus qu'une loque de déprime et de tourments... Sa brutale révélation sur son histoire familiale a achevé toute promesse de bonheur et éteint ses maigres espoirs en un avenir radieux. Sortez les violons, sonnez les trompettes, la sérénade plombe l'ambiance. De son côté, Clary n'est guère finaude et se console dans les bras de son meilleur ami. Ouh, la vilaine... À plusieurs reprises, la jeune fille ne brillera pas par ses initiatives et donnera le sentiment d'être une girouette flamboyante. Trop, c'est trop. Qu'on cesse les atermoiements adolescents pour plonger dans l'action ! Bim bam boum, ça se bouscule dans les rangs, et ça cogne, et ça dégaine les stèles, et ça barbouille de runes... pour une sortie de piste électrisante et qui nous laisse à bout de souffle. J'en profite pour saluer le travail de Audible Studios qui propose une parution rapprochée des tomes de la série (la Cité de Verre est disponible le 31/05), ce qui sustente la lectrice fébrile que je suis. J'ai beau avoir conscience des défauts - et être coupable d'avoir franchi l'âge légal - je reste envers et contre tout addict à l'univers fascinant de Cassandra Clare. Mordue un jour, mordue toujours. 

©2008 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios. Version intégrale lue par Bénédicte Charton. Durée d'écoute : 12h 28

La lecture faite par Bénédicte Charton est agréable et réussie - elle nous entraîne illico dans les 12 heures d'un marathon d'exploits et de péripéties en tous genres. Par contre, gare à la prononciation du titre anglais (pitié pas Ze mortal instruments) et à l'intonation un poil trop maniérée pour la voix de Valentin. Je chipote, ce sont des détails insignifiants car je reste séduite sur la conduite générale ! ☺

 

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29/05/18

Hector et les plantes espionivores, de Danny Wallace

Hector et les plantes espionivoresRien ne va plus à Starkley - pourtant connue pour être la quatrième ville la plus ennuyeuse au monde ! La commission royale de l'Orgueil des Territoires vient de rendre son rapport et a décidé de rayer des cartes cette ville jugée trop imprévisible. Starkley est en effet devenu le théâtre d'étranges phénomènes inexplicables, dont tout dernièrement le hoquet gravitationnel. En un battement de cils, la population et les objets se mettent à léviter avant de retrouver contenance dans un bazar indescriptible. S'ensuit une pluie de graines noires impossibles à déloger... Et c'en est assez pour faire tourner en bourrique Débilda Stylé, l'agent du COT. Hector et ses camarades ont rapidement compris qu'ils devaient reprendre du service, car d'horribles plantes espionivores sont en train de faire leur nid à Starkley. Le monde est devenu fou - sauf pour les membres du FSP. Cette avalanche d'acronymes vous rend sans doute chèvre ? Sauf si vous êtes un lecteur assidu de cette série de Danny Wallace, introduite avec Les pétrifieurs de temps. C'est une découverte absolument géniale, dans le sens où le ton est humoristique sans négliger l'action et les rebondissements qui font parfois dresser les poils sur les bras. Même les illustrations de Jamie Littler viennent mettre leur grain de sel pour créer une atmosphère décalée. On prend ainsi vite conscience que le ton est peut-être à la rigolade mais que les événements secouant la ville de Starkley sont assez graves et effrayants. On trouve, tout naturellement, des créatures monstrueuses et du danger à chaque coin de rue (et de pages). Ne vous méprenez pas, ils n'ont pas été convoqués pour faire de la simple figuration. La tension est donc perceptible, les jeunes héros sont mouillés jusqu'au cou face à des ennemis impitoyables... heureusement c'est raconté sous forme de boutades, donc le mélange rend la lecture légère et distrayante. En gros, on vit de fortes émotions mais c'est franchement délirant ! À tenter, dès 9-10 ans.

Gallimard jeunesse, 2018 - traduit par Marie Leymarie

illustrations par Jamie Littler

 

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La Team Sherlock : L'énigme du Mâra Khol Ma, de Stéphane Tamaillon

Après s'être illustrée dans Le mystère Moriarty, la Team Sherlock est de retour !

la team sherlock mara khol ma

L'année scolaire touche à sa fin pour les élèves du collège Comte-de-Phénix. Tous s'apprêtent à retourner chez eux ou à profiter des vacances pour se remettre de leurs émotions. Pour Célandine, Haruko et Alejandro, leurs projets vont soudainement prendre une tournure inattendue après avoir reçu un mystérieux e-mail de Watson, le vieux bibliothécaire de l'école. Ce dernier n'avait plus donné de nouvelles depuis plusieurs mois, mais vient de leur adresser un message sibyllin que les enfants vont s'empresser de décoder. Après quoi, tous trois s'envolent pour le Japon - patrie de la jeune Haruko - et vont s'allier à la divine Mlle Adler pour retrouver Watson.

Ce deuxième tome a été une réjouissance sur toute la ligne - les personnages mènent une enquête mouvementée sans jamais perdre leurs moyens, même s'ils sont parfois victimes de leur naïveté ou leur confiance aveugle. Qu'importe, on admire leur intelligence et leur courage, car les péripéties ne vont pas manquer à Tokyo - ni les ennemis à leurs trousses. L'enchaînement des aventures est d'ailleurs palpitant - j'ai été immédiatement embarquée dans l'histoire, beaucoup plus percutante et entraînante. Les petits défauts du début ont été gommés (sensation de longueurs et lecture trop juvénile). Et naturellement, les références à l'univers de Conan Doyle sont toujours excitantes ! À noter le souci de l'auteur de mettre en avant la culture nippone et d'introduire le jeune lecteur dans cet art de vivre raffiné. Le précieux côtoie l'effervescence. De plus, l'action, le suspense et les rebondissements se bousculent et laissent entrevoir une palette riche en couleurs et en émotions à cette série épanouissante ! Une bonne pioche dès 9-10 ans.

seuil jeunesse (2018 - illustration de couverture : Alban Marilleau

 

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28/05/18

Le bracelet, d'Andrea Maria Schenkel

le braceletPrintemps 1938, à Rastibonne, près de Munich. La famille Schwarz sent grossir la haine antisémite et décide de quitter le pays pour se rendre à Shanghai. Mais au dernier moment, le père renonce à fuir et abandonne les siens sur les quais de Gênes, en Italie. Le jeune Carl a une dizaine d'années et souffre en silence de la défection paternelle. Pourtant, une nouvelle vie l'attend, auprès de sa sœur et sa mère, et avec leurs compagnons de voyage, qui vont former une petite communauté solidaire face à leur destin de réfugiés dans l'océan Pacifique. En 2010, Carl est un vieil homme qui coule une retraite paisible dans la banlieue de New York avec sa femme Emmi. C'est après avoir reçu un coup de fil par des agents travaillant pour le futur musée de l'Holocauste qu'il va replonger douloureusement dans son passé et réveiller des souvenirs enfouis.

En presque 400 pages, l'auteur Andrea Maria Schenkel nous plonge dans une saga passionnante, convoquant des personnages aux destinées bouleversantes, entre la Bavière, le bassin méditerranéen, la ville de Shanghai et les États-Unis, durant les années sombres de la guerre. La construction est habile, brassant les visages et les rebondissements, s'imprégnant au mieux des ambiances et des changements de décor, pour un rendu efficace car on tourne les pages avec curiosité et impatience. La révélation finale tombe un peu comme un cheveu sur la soupe - inattendue et stupéfiante, elle nous laisse un peu sur notre faim mais nous plonge aussi dans une profonde réflexion teintée de tristesse et d'amertume. Ceci n'enlève, toutefois, en rien l'excellente appréciation qu'a su m'inspirer ce roman ! La lecture est en effet prenante et instructive, éclairant parfois des chapitres méconnus (Shanghai devenu un centre pour les réfugiés et les juifs d'Europe, mais aussi les enlèvements d'enfants en Allemagne pour gagner les précieuses croix des Mères). 

Très bon roman, assez marquant et poignant. Je conseille.

Actes Sud (2018) - traduit de l'allemand par Stéphanie Lux

 

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Un cri sous la glace, de Camilla Grebe

UN CRI SOUS LA GLACEEmma Bohman est une jeune femme à la petite vie tranquille et monotone. Employée dans une grande chaîne de vêtements, elle tombe un jour sous le charme de son patron, le séduisant Jesper Orre. Leur liaison clandestine va néanmoins connaître une fin brutale car l'homme disparaît sans crier gare, malgré leurs récentes fiançailles. Ébranlée par ce soudain désistement, Emma commence à douter. Seule avec ses secrets, elle perd de plus en plus pied.

Peu de temps après, la police découvre, dans la maison de Jesper Orre, le cadavre d'une femme avec la tête tranchée. L'enquête est conduite par Peter Lindgren, un policier désabusé, bientôt rejoint par un profileuse de renom, Hanne Lagerlind-Schön. Or, ces deux-là se connaissent car ils ont vécu une liaison passionnelle dix ans plus tôt, laquelle s'est achevée abruptement, laissant les anciens amants meurtris et amers.

À tour de rôle, les trois protagonistes nous font avancer dans le dédale de cette histoire tarabiscotée et au suspense tendu. Les secrets des uns et des autres viennent peu à peu approfondir l'enquête et agrémenter la lecture d'une note d'angoisse pesante et latente. C'est bien ficelé, assez glaçant et dramatique dans son genre. Le cadre suédois reste - à mes yeux - un supplément d'âme et d'attrait non négligeable. Même si je n'ai pas accroché aux personnages, je reste curieuse de connaître la suite de leur histoire (cf. Le journal de ma disparition). En attendant, ce premier contact offre une évasion appréciable, riche en frissons et autres émotions, car le dénouement est assez inattendu !

Calmann-Lévy, 2017. Traduit du suédois par Anna Postel

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25/05/18

Les anges mordent aussi (Felicity Atcock 1) de Sophie Jomain & lu par Lila Tamazit

Relecture audio d'un roman découvert en 2011.

Les anges mordent aussi Felicity Atcock 1

Felicity Atcock est affolante de maladresse et de naïveté ! On la découvre, dans ce tome 1, s'embarquer dans des aventures pas croyables (des virées en boîte de nuit, des nuits d'amour et des beuveries insensées) pour finalement être au milieu d'une enquête criminelle et le témoin encombrant de serviteurs célestes envoyés sur Terre (et le sandwich plus ou moins consommé de ces mêmes créatures surnaturelles).

Bon. Plus d'une fois, ma fibre féministe a fait des bonds d'horreur et d'incompréhension... écœurée surtout par le machisme ambiant. Au secours ! Certains clichés récurrents en bit-lit demandent à être dégraissés, dans un contexte où l'on cherche justement à sensibiliser le public face aux abus sexistes (paroles, gestes impardonnables). M'enfin... Cela reste de la lecture de détente - 9 heures d'une histoire farfelue, avec une héroïne 100% cruche, qui brandit l'humour sarcastique à hautes doses. 

Certes, c'est lourd, cela manque de subtilité... on peut s'y habituer à la longue, mais les détails crus et vulgaires de certaines scènes m'ont fait souvent lever les yeux au ciel. Mamma mia, c'est à prendre comme un gros délire survolté. Rien de neuf sous le soleil. Mais Lila Tamazit livre une performance décente et amusante.

©2011 Rebelle Éditions (P)2018 Audible Studios

 

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