je vais resterFabienne et Roland viennent d'arriver en vacances à Palavas. Il fait super beau, une brise légère souffle sur le bord de mer. Le couple décide de faire un tour sur la plage en attendant de prendre possession de leur location. Soudain, une bourrasque de vent sème la zizanie chez les plagistes. Et bim, c'est le drame. Là je laisse volontairement planer le suspense... mais Fabienne va avoir le choc de sa vie et se retrouver dans la panade. Contre toute attente, elle décide de rester. Elle compte profiter des vacances déjà programmées et réglées en avance. Elle coupe son téléphone. Rencontre un type dans un bistro. Et refuse de s'épancher. Malgré une couverture estivale, la lecture réserve beaucoup de surprises et beaucoup d'émotions. J'ignorais totalement ce qui m'attendait. Bonjour la claque au tournant. J'ai été abasourdie par le coup de théâtre. J'ai même relu deux fois la scène, envoyé des snaps à mon entourage, car je n'étais pas sûre d'avoir tout compris. Le coup de massue, youhou. J'étais dépitée. Par contre, cela m'a donné envie de continuer ma lecture, d'accompagner Fabienne et de cerner ce qui se tramait dans sa tête, comment elle allait gérer son chagrin. Elle ne laisse rien filtrer, mais se donne une semaine pour flancher ou avancer. Rien que pour ça, je dois dire qu'elle est assez impressionnante - ou déconcertante - car on a un peu de mal à percer sa carapace. Mais cela reste une BD fascinante, au-delà du drame, du cynisme et de la gravité, on retrouve toute l'absurdité des faits divers insolites et l'émotion des amours fauchées trop tôt. À côté, il y a les paysages ensoleillés, l'insouciance des vacanciers, le bleu de la mer et le bruissement des activités touristiques. C'est dans ce doux contraste qu'on réalise aussi qu'on vit sur une drôle de planète ! En bref, un rendez-vous étonnant et riche en émotions.

rue de Sèvres, 2018