Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l’espoir du monde. Mais les abeilles disparaissent, inéluctablement, et dans l'indifférence. Victimes de notre espèce, elles en seront, peut-être, le salut. 

Une histoire des abeilles Pocket

Totalement sous le charme de la couverture, j'ai découvert avec ravissement une lecture pleine de sensibilité et étonnamment captivante. L'histoire se déroule sur trois époques et trois continents, à travers trois personnages et leur vie familiale.

En Angleterre, au milieu du XIXe siècle, William cherche un nouveau sens à sa vie car il juge son confort domestique étouffant, loin de ses rêves de jeunesse. Un jour, il trouve dans son bureau un livre sur l'apiculture que son fils Edmund aurait (intentionnellement, pense-t-il) abandonné. Voulant l'impressionner, William décide de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. Tom annonce à son père George qu'il ne reprendra pas la ferme car il souhaite devenir écrivain. Déprimé par cette nouvelle, l'homme perd goût à son travail, mais note avec inquiétude les premiers signes de disparition des abeilles.
Dans la Chine futuriste de 2098, suite au Colony Collapse Disorder (le Grand Effondrement ayant entraîné l'extinction des abeilles) le gouvernement a mis en place une politique pour “polliniser la nature à la main”. Tao est ouvrière et profite de son jour de congé pour partir en pique-nique dans la forêt... mais la sortie vire au drame. Son fils est transporté en urgence à l'hôpital et placé en soins intensifs. Son cas suscite une attention abusive des plus grands chercheurs du pays, au grand dam de sa mère qui est tenue à l'écart. Folle de douleur, elle fouille dans de vieux ouvrages évoquant les événements du passé et comprend le rôle de son garçon dans ce cataclysme.

Parce que l'écriture est belle, l'histoire romanesque et fascinante, on se surprend à tourner les pages du livre sans réaliser que le temps passe et que c'est déjà le point final. Il faut dire aussi que ce n'est pas uniquement une histoire des abeilles - même s'il y a urgence à les protéger et qu'il n'est jamais vain de le rappeler - c'est avant tout une histoire de transmission avec trois exemples de relations filiales qui ne sont pas simples. Chez William, par exemple, l'homme déploie une énergie incommensurable pour épater son garçon, et ne voit plus sa fille pourtant admirative du travail accompli. Inversement, les liens distendus entre Tom et son père vont peu à peu se ressouder à travers les épreuves. Quant à Tao, c'est un grand cri d'amour et de dévouement qui s'étale sous nos yeux, dans l'adversité et à travers son combat. En bref, c'est un roman remarquable, qui tente de symboliser l'espoir et réveiller les consciences écologiques, tout en évoquant l'amour filial avec tendresse et sincérité. En fermant ce livre, je me sentais imprégnée de poésie et de lumière ! 

Un peu à l'image de cette couverture chez Pocket : de toute beauté.

Traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon - repris chez Pocket (2018)