14/12/18

Gare aux fantômes : qui vivra verra ! (Agatha Raisin enquête 14), de M. C. Beaton

Agatha Raisin enquête Gare aux fantomes

Il y a encore du remue-ménage dans la vie d'Agatha Raisin. Ayant eu vent de ses talents d'enquêtrice, son nouveau voisin, Paul Chatterton, la convie chez une vieille dame acariâtre qui prétend que son manoir est hanté. La police a fait peu de cas de son affaire et ses voisins sont tous d'avis que c'est une vieille peau détestable. Agatha et Paul sont également reçus comme des malpropres et estiment qu'ils ont tout à gagner de retirer leurs billes avant le massacre. Dommage pour Agatha qui commençait à trouver excitant de passer du temps avec son nouvel ami...
Je vous vois venir, mais rassurez-vous, point de béguin à l'horizon. L'homme est marié, même si son épouse est absente. Et Agatha Raisin est vaccinée contre les peines de cœur. D'ailleurs, j'étais juste en train de songer à Charles Fraith que... tadam... le voici le voilà dans toute sa superbe. Le tandem qu'Agatha et lui forment figure parmi les plus attachants et improbables !
Mais revenons à notre intrigue : quid des fantômes chez l'horrible Witherspoon ? Sont-ce des affabulations d'une grand-mère esseulée et désireuse d'attirer l'attention ? Roulement de tambours. Et nouveau crime en perspective. On soupire d'aise à retrouver l'énergie positive d'Agatha Raisin. Même si la tournure de l'intrigue ne surprend plus, on apprécie énormément l'humour et les paysages anglais de ce rendez-vous incontournable. Je regrette un peu le personnage de John Armitage, au profit de ce Paul Chatterton, dont le rôle demeure encore très ambivalent (on apprend à se méfier aussi). L'enquête criminelle est également plus décousue, avec moins de substance croquante, par contre elle se conclut sur une perspective hautement réjouissante. À suivre, donc, très prochainement... et plus précisément fin février 2019 !
Bravo aussi à Françoise Carrière dont l'interprétation pleine de verve donne du piquant à cette lecture : sa participation est essentielle au succès de la série. Je ne cesse de le répéter.

©2003 / 2018 M.C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit par Clarisse Laurent. Titre VO : Agatha Raisin and the Haunted House

(P)2018 Audible Studios

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Sleeping Beauties, de Stephen King & Owen King

sleeping beautiesEmbarquement immédiat pour Dooling, petite ville des Appalaches, où les habitants ne sont ni plus ni moins des êtres ordinaires. En apparence. Dans la prison pour femmes, une nouvelle prévenue vient semer la zizanie : Evie Black est inquiétante et mystérieuse. Avec son aura puissante, elle envoûte ses comparses, sous l'œil goguenard du personnel impuissant. Commence alors un étrange phénomène : les femmes s'endorment et ne se réveillent plus. À la place, leur corps est recouvert par un cocon qu'il est déconseillé de transgresser (sous peine de voir les endormies se métamorphoser en folles furieuses). Bientôt, le syndrome Aurora frappe toute la communauté féminine de Dooling et d'ailleurs.
Comme souvent dans les romans de Stephen King, on se focalise sur un monde en vase clos, on scrute les comportements humains en situation désespérée et on laisse l'auteur s'en donner à cœur joie pour dépeindre des vies banales fouettées par un vent de panique. Ce faisant, il épingle sans vergogne toutes les bassesses possibles et inimaginables et gratine, non sans humour, ses congénères dans cette vision d'une société qui les priverait de compagnie féminine (devinez quoi ! ... les WC seraient d'une crasse monumentale). Bref. Vous gloussez bien derrière votre bouquin à les imaginer se dépatouiller sans vous.
Maintenant, parlons technique, car ce livre audio est le prolongement d'un roman de 830 pages, soit près de 28 heures d'écoute. Oui, tout ça. Un vrai marathon de lecture qui semble interminable... et pourtant je suis bon public. Seulement, mon ami, j'ai jugé qu'il y avait trop de tours et de détours pour toucher au but. Et à force de tourner autour du pot, on trépigne d'impatience, on geint et on a l'impression de s'abrutir. Ceci dit, je ferme les yeux (loin de moi le syndrome Aurora) car j'ai été littéralement hypnotisée par l'ambiance sordide de Dooling et par le caractère étrange et fantastique de l'intrigue. Cette histoire écrite à quatre mains (père et fils) se voudrait un hommage à nous les femmes, nous le charme (pauvres diables que sont les hommes). Un brin caustique et déjanté.
Bravo à la fabuleuse Marie Bouvier qui a lu ce texte avec patience et dévotion : j'ai totalement adhéré à ses interprétations car elle multiplie sans relâche les voix selon les personnages (et ils sont nombreux) ou leurs personnalités. On peut plus facilement se repérer et avancer dans l'histoire avec aisance. Une véritable prouesse.

© 2018 Éditions Albin Michel. Traduit par Jean Esch  (P)2018 Audiolib 

 

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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