12/04/19

Ne pars pas sans moi, de Gilly Macmillan

NE PARS PAS SANS MOIDepuis son divorce, Rachel vit exclusivement pour son fils de huit ans, Ben. Un dimanche, alors que tous deux se baladent dans la forêt, la jeune femme est accaparée par un coup de fil et laisse son garçon partir en avance. Mais cinq minutes plus tard, Ben n'est plus dans son champ de vision et ne répond plus à ses appels. Paniquée, elle court comme une folle à travers bois et hurle son désespoir. Son fils a disparu. Les secours interviennent dans l'heure et la police ouvre son enquête. La mère est interrogée, l'ex est convoqué, la famille, les voisins, les proches sont tous inspectés à la loupe. La procédure est lancée. Lors de la conférence de presse, Rachel commet pourtant un impair et devient alors la cible de toutes les attaques. Suspectée, elle est clouée au pilori en place publique. Sur internet, la vindicte populaire est tout aussi déchaînée. Un blog particulièrement haineux se détache du lot et influence les policiers. L'enquête est alors désordonnée et sabotée. Bref. C'est du grand n'importe quoi.

Au milieu, le lecteur aussi est malmené. Pris en étau. Spectateur impuissant du déferlement de mépris et du harcèlement mis en œuvre contre le personnage de la mère. Rachel Jenner ne colle pas à son rôle de mère idéale, son mode de vie est attaqué, sa relation avec son ex et son hostilité vis-à-vis de sa nouvelle femme sont passés au crible. Pour un peu, on basculerait aisément du côté de l'accusation car tout est embrouillé, beaucoup moins complaisant ou acquis. Des zones d'ombre apparaissent, des secrets de famille aussi vont éclater. L'histoire est assez hallucinante pour brouiller les pistes et le jugement. Mais il n'empêche ! La démonstration faite du jugement hâtif et de l'aveuglement volontaire est franchement glaçante. La violence sur internet est réelle et devient l'outil du fiasco : cauchemar pour la mère, défaillance policière, drame familial et dommage collatéral. On assiste donc à un drame dont nul ne va sortir indemne. Même le lecteur est sidéré par l'ampleur du dossier. L'expérience est terrible et hélas très réaliste. Par contre, la lecture manque de rythme et peine bizarrement à émouvoir.

Pocket, 2017 - traduit par Christel Gaillard-Paris

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Une mer si froide, de Linda Huber

Une mer si froideMaggie et Colin sont en vacances au bord de la mer quand Olivia, leur fillette de quatre ans, disparaît alors qu'elle ramassait des coquillages. Face à une police impuissante, le couple décide de quitter leur cottage en se résignant au pire.

Quelques kilomètres plus loin, la petite Hailey se prépare pour la rentrée des classes. Sa mère est enceinte, fatiguée et soucieuse. Elle a de moins en moins de patience avec sa fille et attend le retour de son mari retenu en Californie au chevet de sa grand-mère malade. Jennifer lui réserve une grande surprise.

À son arrivée, Phillip tombe des nues.

Ce roman entrelace deux histoires de couple et de famille.
Deux histoires où se mêlent les larmes, la détresse, le deuil, la maternité, la résilience.
Deux histoires qui vont entrer en collision au fil d'un long cheminement vaseux et d'une attente angoissante.
C'est poignant, pas forcément crédible, mais on se laisse happer par cette lecture aux accents tragiques et humains.

Presses de la Cité (2017) - traduit par Cécile Leclère

 

En poche ! Les Enfants du fleuve, de Lisa Wingate

Les Enfants du fleuve

Memphis, 1939. Alors que leur mère est en plein accouchement difficile, les cinq enfants Foss sont arrachés de leur péniche pour être conduits dans un étrange orphelinat. On leur explique que leur maman est morte et que leur père a renoncé à ses droits parentaux. Les adorables bambins aux boucles blondes sont rapidement exhibés et présentés à des riches familles qui les adoptent les uns après les autres. Rill est l'aînée de la troupe, elle a douze ans et se rebiffe contre cette séparation forcée. Elle ne comprend pas non plus qu'on leur impose de changer de nom et qu'on leur interdise d'évoquer leur vraie histoire. En attendant, la fillette s'accroche pour supporter les conditions difficiles au foyer, les regards libidineux du gardien, les brimades des autres gamins. Leur famille est éclatée mais Rill ne perd pas espoir de sauver sa fratrie.

De nos jours, en Caroline du Sud, Avery Stafford est une jeune avocate à qui tout sourit. Elle vient de se fiancer à son ami d'enfance et se mobilise pour la nouvelle campagne de son père (sénateur) quand elle fait la rencontre d'une vieille dame qui s'émeut à la vue de son bracelet en forme de libellule. Un détail en amenant un autre, Avery va contacter un certain Trent Turner, chargé de remettre un courrier en mains propres à sa grand-mère, laquelle n'a hélas plus toute sa tête. Négociant au mieux, la jeune femme parvient à obtenir les documents qui la poussent à enquêter toujours plus loin sur un héritage familial complexe et inattendu.

Sitôt les premiers chapitres avalés, le temps de replacer chaque personnage dans son contexte, j'avoue que l'histoire n'a pas cessé de me hanter ! On suit avec passion les deux parcours racontés en parallèle, attendant avec fébrilité la collision, car l'intrigue est conduite de longue haleine et remue profondément notre corde sensible. On y découvre aussi le scandale Georgia Tann ou, pendant trente ans, son trafic d'adoptions sous le manteau a fait sa fortune, en volant les plus démunis pour complaire les foyers argentés. Bénéficiant au passage de complicités bienveillantes, son marché juteux n'a jamais été inquiété mais a propulsé de nombreuses familles dans un chaos sans nom.

En somme, cette lecture est excellente ! Elle m'a fait vivre mille émotions et se révèle étonnamment attachante. On se balade ainsi en plein cœur de l'Amérique bon chic bon genre à courir après une histoire invraisemblable, tour à tour romanesque, poignante et passionnante.

POCKET 2019 - Traduit par Aude Carlier

 

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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