30/04/19

Les voisins du 9, de Felicity Everett

Les voisins du 9Lorsqu'ils emménagent au numéro 9, Lou et Gavin fascinent leur voisine Sara. Artistes menant une vie bohème et tapageuse, ils ne connaissent ni la routine ni le conformisme. Leur maison ne désemplit jamais. C'est un va-et-vient constant de copains, de bonnes bouffes, de musique et d'alcool. La première fois qu'elle y met un pied, Sara ne sait plus si elle est horrifiée ou envoûtée.
Mais l'emprise a déjà opéré. Avec son mari Neil, les voilà entraînés dans ce raz-de-marée chaotique. À l'opposé de leur façon de vivre. La nouveauté a pour eux le goût de l'exotisme, de l'encanaillement. Ils vont ainsi retrouver une nouvelle intimité, lâcher prise avec l'éducation de leurs enfants et aussi abandonner leurs vieux amis. Ils reçoivent en plein de la poudre aux yeux et se sentent gratifiés d'être ainsi honorés.
Toutefois, nul n'est parfait. Des failles apparaissent - infimes mais pernicieuses. Comme le caractère narcissique de Lou, son charme à cajoler son entourage pour obtenir des faveurs. Quid de leur sincérité, leur spontanéité, leur snobisme ? Au-delà du paraître cool et branché, ne serait-ce point une mainmise sur l'autre, avec son pouvoir de séduire et d'exercer une ascendance sans avoir l'air d'y toucher ? Chi va piano, va sano. Sara sort enfin de sa torpeur.
On le sait, on le sent. Il y a de la tromperie dans l'air ! Malgré les dispositions apparentes, nulle propension au thriller psychologique n'est pourtant envisagée. Alors non, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Oui, ça ronronne plus que ça grogne. L'histoire se déploie à travers les petits riens du quotidien et ça a du bon aussi. On zieute, on trépigne, on soupire. J'aurais certes voulu qu'une Némésis se révèle mais on s'en tiendra à un regard perdu dans le vide... #frustration

HarperCollins Poche (2019) - Traduit par Marie Lauzeral

Titre VO : The People At Number 9

 

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Bilan du mois d'Avril 2019 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Birthday Marilyn

 

En avril, il y a eu des anniversaires, des vacances, du soleil et des lectures sanglantes...

☼ Comme une tombe, de Peter James

☼ Le Piège du silence, de Rachel Abbott

☼ L'étranger dans la maison, de Shari Lapena

☼ La Dernière fille, de Riley Sager

☼ La Dernière Nuit à Tremore Beach, de Mikel Santiago

☼ Elle, de Harriet Lane

☼ L'invitation, par Elizabeth Day

Nuit & Sœurs, de Bernard Minier

 

Et une lecture pleine de magie ! ♥

☼ Les Défis de Morrigane Crow : Nevermoor, de Jessica Townsend

 

♪♫•*¨*• Séries TV •*¨*•♫♪

 

Ce mois-ci, j'ai terminé la série BATES MOTEL (5 saisons). Diffusion 2013-2017

BATES MOTEL

Sensation d'avaler une enclume : on se souvient des premières saisons polluées par une ambiance très lourde et malsaine, d'abord parce qu'à White Pine Bay la ville est gangrénée par la corruption, la drogue et les règlements de compte internes. Norma y débarque avec son fils Norman où tous deux vont diriger un motel situé au bord d'une route très peu fréquentée. Ses relations avec le shérif ne sont pas au beau fixe, mais Alex Romero va devenir un personnage important pour Norma, quitte à déséquilibrer la relation qu'elle entretient avec son fils. Norman a grandi de cet amour exclusif. Il sort tout juste de l'adolescence quand il réalise qu'il souffre de troubles de la personnalité - que Norma va refuser d'admettre. Et là, il faut saluer la prouesse de Freddie Highmore qui se confond au personnage de Norman Bates avec un naturel désarmant. Plus d'une fois, j'ai haï ce garçon car il incarnait la folie, la terreur, l'angoisse, la pathologie... Il est flippant. Un véritable psychopathe.

On n'oublie pas non plus l'histoire poignante et dramatique. On connaît les grandes lignes, mais c'est toujours une surprise de redécouvrir la lecture qui en est faite - inspiration d'après le personnage du film de Hitchcock mais aussi du roman de Robert Bloch. Plus les saisons s'enchaînent, plus le climat vire au glauque. Au cauchemar. Bref. C'est effrayant, déprimant et malgré tout fascinant. Surprise du casting : Rihanna se glisse dans la peau de Marion Crane pour un tour de passe-passe épatant. Même la scène de douche est revisitée - chapeau !

 

Loin du tumulte de GAME OF THRONES (dernière saison en cours #tapage médiatique assommant), je retrouve donc ma PHRYNE FISHER préférée en replongeant dans la série en 3 saisons. Diffusion 2012-2015

Miss Fisher murder mysteries

Cette série inspirée d'après les romans de Kerry Greenwood est un étourdissement de fanfreluches et de champagne dans une Australie des années 20 où Miss Fisher vient de déposer ses nombreuses malles. Véritable touche-à-tout, elle se lance dans une carrière d'enquêtrice et n'hésite pas à empiéter sur le terrain de l'inspecteur Robinson qui ne cache pas son exaspération. Leurs bisbilles sont délicieuses et charmantes, annonçant une complicité plus tendre et (presque) amoureuse au fil des épisodes.

Hélas, la série s'est mise en arrêt depuis le départ de son actrice fétiche - Essie Davis s'est installée en Angleterre et a tourné pour GOT notamment. C'est un coup dur pour les amoureux de Miss Fisher dont les enquêtes pleines de peps offraient également un défilé de toilettes à faire baver d'envie... Depuis, les producteurs ont lancé une série spin-off se déroulant dans les années 60 avec une Peregrine Fisher en tête d'affiche.

Image associée

 

Autre frustration de lectrice, la série n'a jamais été traduite dans son intégralité (5 titres chez 10-18, 2 chez City éditions pour un total de 17 romans en VO). Soupirs.

 

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29/04/19

Avalanche Hôtel, de Niko Tackian

Avalanche HôtelLe roman ne commence pas de façon très originale : un type se réveille la mémoire en vrac. Il croit travailler dans un hôtel luxueux puis découvre qu'il est policier et enquête sur la disparition d'une jeune fille. Ceci explique sans doute pourquoi il s'est perdu dans les montagnes enneigées, sauvé in extremis par un bon samaritain.
Enfin. Tout n'est pas clair dans cette histoire. Les première pistes nous laissent à penser une version et l'instant d'après d'autres révélations nous guident vers de nouveaux sentiers. Il faut croire que l'auteur manipule exprès le lecteur avec son personnage amnésique qui confond souvenirs enfouis et divagations oniriques. Sauf que...
On part loin, très loin dans un imbroglio pas possible. Où la vérité est ailleurs. Oubliez néanmoins Fox MulderJack Torrance ou même Jason Bourne. Joshua Auberson est un type ordinaire, semblant souffrir de troubles psychiques, lesquels vont l'entraîner dans une expérience bizarre mais pénible à suivre. La frontière entre rêve et réalité est d'ailleurs très mince - on bascule aussi entre présent et passé - mais on reste dans un brouillard sans fin et impénétrable.
Ce n'est pas facile d'apprécier un tel voyage. Quand bien même ça se lit rapidement, le rythme n'est étonnamment pas si vif et trépidant. Au contraire, j'ai trouvé que c'était plat, agrémenté d'un zeste de suspense, hélas peu croustillant au vu des attentes.
D'où une frustration au final - cette lecture ne m'a pas semblé aussi aboutie qu'un Vertige de Thilliez, voire L'Anneau de Moebius. Et puis l'ambiance devient de plus en plus lugubre et moins fantasmagorique en bout de course. Cela me laisse sceptique. À noter que la performance d'Olivier Chauvel, lecteur pour Audiolib, est excellente ! On ressent pleinement le mystère des lieux et les tourments du personnage, on a la sensation d'une immersion totale, dans le froid, le flou, la psychose... c'est glaçant.

©2019 Calmann-Lévy (P)2019 Audiolib

 

 

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Sœurs, de Bernard Minier

Sœurs Bernard MinierEn 1993, Martin Servaz débutait dans la police criminelle avec une affaire particulièrement corsée : deux frangines assassinées, attachées à des troncs d'arbres dans des tenues de communiantes. Comme elles idolâtraient un écrivain célèbre, les inspecteurs vont le prendre pour cible - interrogatoire musclé etc. - mais un événement inattendu va boucler le dossier précipitamment.
Vingt-cinq ans plus tard, l'épouse de cet écrivain est assassinée. Servaz est de nouveau sur le coup et retrouve un homme brisé. Encore une fois, l'enquête démontre que la fiction empiète le réel. Que cet homme cristallise de nombreux fantasmes. Au flic de tout démêler sans trop se perdre dans ce marasme.
Après ma lecture hallucinée de Nuit, il me fallait reprendre du service au plus vite. Si je n'ai pas lu Soeurs avec la même intensité ou la même fringale, je n'en sors pas mécontente non plus. Cette lecture n'est en effet pas avare en crimes tordus et autres rebondissements saisissants. En prime, elle offre une confrontation implacable entre deux personnalités pour le moins biaisées. Servaz qui revient de l'enfer, Lang qui flirte avec... On a aussi une orchestration millimétrée - aucun détail superficiel - et une histoire qui déroule son fil dans une ambiance pesante et dramatique.
Franchement, on a les synapses en surchauffe tant la manipulation est étudiée magistralement. On se surprend à relâcher la pression après le point final, réalisant alors qu'on n'en menait pas large ! Par contre, les personnages ne me touchent pas. Et apparemment, Servaz tire sa révérence dans cet épisode. Bon vent à lui ! Que voulez-vous...
Je n'oublierai pas de sitôt ce roman au caractère obsédant et qui se penche sur le milieu des écrivains, leur inspiration et leur public parfois trop envahissant. Bon point aussi pour la lecture audio faite par Hugues Martel !

©2018 XO éditions (P)2018 Audiolib

        REPRIS EN POCHE CHEZ POCKET (2019)

        

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28/04/19

La Dernière Nuit à Tremore Beach, de Mikel Santiago

la derniere nuit à tremore beachJ'ai adoré l'ambiance de ce roman carte-postale : une maison isolée sur une plage irlandaise. Clenhburran, comté de Donegal. La pluie, le vent, l'orage... c'est somptueux.
Un homme vit seul, en retraite forcée après un divorce douloureux et une carrière en souffrance - il est pianiste de renommée internationale. Peter n'est plus capable de composer et boit trop. Un soir de tempête, en se rendant chez ses voisins, il est victime d'un accident et est frappé par la foudre. Hospitalisé en urgence, il ressort quasi indemne mais souffre de migraines atroces.

Les jours passant, la douleur peine à s'effacer et Peter constate qu'il fait de de plus en plus de rêves étranges, paranoïaques ou prémonitoires, en fait notre homme est convaincu que ses amis vont mourir. Impossible pour lui d'expliquer ce phénomène. La médecine aussi est impuissante. Et ça tourne en boucle comme de la paranoïa aiguë ou une grosse crise hallucinatoire. On nage en plein délire.
Résultat, on trépigne d'envie de savoir ce qui se trame car la narration est lente et longue. Certes, elle fait traîner le suspense et entretient savamment un flou artistique sur les rêves de Peter. Mais c'est parfois un peu trop disparate - heureusement que le décor est magnifique, ça fait passer le temps - aussi on pardonne tous les petits défauts de ce roman chaotique à ses heures perdues. Le dénouement est d'ailleurs explosif - d'un seul coup, sans prévenir. On a un enchaînement intense et vibrant... mais est-ce un rêve ou la réalité ?
En tout cas, le dépaysement a été appréciable. Je me sentais ailleurs durant ma lecture. Complètement transportée.

Roman traduit de l'espagnol par Delphine Valentin (Actes Sud, 2016 pour la traduction)

Repris en poche BABEL NOIR (2018)

 

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26/04/19

Elle, de Harriet Lane

Elle Harriet LaneC'est en rangeant ma bibliothèque que j'ai mis la main sur ce livre. Me souvenant avoir beaucoup aimé Le beau monde, j'ai commencé à picorer quelques phrases sans supposer que j'allais finalement tout engloutir en quelques heures.
Emma est une maman débordée par ses deux jeunes enfants. Un jour, en postant son courrier, elle paume son portefeuille qu'une inconnue lui rapporte à la maison. Cette femme prétend agir de façon désintéressée et bienveillante. Nina est artiste peintre, divorcée, mère d'une adolescente de 17 ans. Elle n'hésite pas à proposer son aide pour soulager Emma dans son quotidien bordélique.
Ce que celle-ci ignore, c'est que Nina a tout orchestré du début à la fin. Elle joue un rôle malsain dans la vie d'Emma qui ne soupçonne vraiment rien. Ou quand elle s'interroge, elle est encore à côté de la plaque. Il faut dire que l'influence de Nina est fugace mais elle s'infiltre efficacement dans les moindres recoins. Emma est pour elle une cible. Sa cible. Pourquoi ? On n'a de cesse de se poser la question tout au long du roman.
L'ambiance du livre m'a fait penser au film de Jacques Deray (La Piscine) au cours duquel Jane Birkin flirte avec le danger sous les yeux d'une Romy Schneider impuissante. Il y a ici la même impression de torpeur qui ne trompe personne car le drame est tapi dans l'ombre et attend son heure pour nous sauter en pleine figure.
C'est fascinant. On succombe sans mal à l'aura indolente du roman, on reste aux aguets en devinant que tout est faussement anodin, on découvre une relation obsessionnelle qui fait carburer l'imagination sur le comment tout ça va finir. La résolution est par ailleurs angoissante - déchirante - et tellement frustrante ! Harriet Lane écrit de façon remarquable et très poétique mais on ne se figure pas l'horreur que masque son récit.
Quelle prouesse ! C'est excellent.

Éditions Plon - collection Feux Croisés - 2015

Traduit par Séverine Quelet

 

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25/04/19

Am Stram Gram, de M. J. Arlidge

Am Stram Gram lizzieSuis très perplexe après cette lecture. 
Qui, pourtant, démarre fort : des couples sont enlevés pour être séquestrés dans des lieux sordides. Ils n'ont pas d'eau, pas de vivres, mais un pistolet chargé d'une seule balle. Le deal est clair : pour survivre, il faut éliminer l'autre. 
Ce jeu morbide va hélas faire des adeptes et essaimer ses victimes dans tout Southampton. Pour l'équipe du commandant Helen Grace, la traque est dès lors obsessionnelle et sans pitié. Qu'importe si l'assassin est coriace, avec toujours une longueur d'avance.
L'ambiance au bureau est aussi tendue par la connaissance d'une taupe au sein de la brigade. Qui livre des infos au tortionnaire ? qui marchande des bribes de l'enquête à la presse ? En gros, tout fout le camp. Et on continue d'avaler des pages et des pages de scènes immondes avec un stoïcisme anormal. 
Comme si ça ne suffisait pas, la vulgarité s'invite à la fête. À croire qu'on aurait pu oublier combien c'est glauque. Une surenchère inutile. Déjà que l'héroïne est particulièrement tordue dans son genre : chaleureuse comme un bloc de marbre et aimant pratiquer une vie sexuelle riche en sensations fortes.
Voilà, voilà. Des réjouissances peu folichonnes pour un roman dégobillant les travers et autres perversités de notre société. Je m'attendais peut-être à autre chose, je ne sais pas, je suis écœurée par tout ce que j'ai lu. Même le dénouement fout un coup au moral. C'est lugubre, très désagréable comme sensation.
Je vais digérer un peu avant d'ouvrir Il court, il court, le furet.

©2015 Éditions Les Escales, pour la traduction française. Traduit par Élodie Leplat (P)2019 Lizzie

        REPRIS EN POCHE CHEZ 10-18

        Am Stram Gram 1018

 

Tout un poème, par Ursula Poznanski

TOUT UN POÈME PRESSES DE LA CITE

Rien ne semblait lier un passionné de Tolkien et une esthéticienne ingénue... si ce n'est la poésie de Rilke. Sarah et Gerald ont fait connaissance sur un groupe Facebook mais vont trouver la mort sur un camping. Suicide ou meurtre ? Pour en découdre, la commissaire Beatrice Kaspary décide d'infiltrer la communauté sous pseudonyme. 

La lecture est surprenante car subtile et très élaborée : on y croise la face cachée des réseaux sociaux et la beauté cryptique de la poésie dans une enquête criminelle qui ne se contente pas de ronronner. En clair, ça zigouille pas mal et ça fait remuer les méninges. On s'attache aussi aux personnages principaux, Beatrice et son coéquipier Florin, tous deux lancés dans une recherche qui ne laisse rien au hasard. On ne soupçonne rien, on vit au rythme des échanges en ligne et on se laisse prendre dans ses filets. La solution est par ailleurs déroutante car trop décalée par rapport aux attentes.

Au final, j'ai été très agréablement surprise par ce roman - qui fait suite à Ça ressemble à un jeu. Certains détails pourraient indiquer que l'ordre à suivre serait préférable (référence à une certaine Evelyn ou un ancien mentor Herbert). Toutefois, ce n'est pas bien compliqué de raccrocher les wagons et monter à bord en appréciant l'ambiance moderne et ancrée dans le monde virtuel, via Facebook, en plus des mystères autour du groupe accro à la poésie... enfin, on peut imaginer des tas de choses ! Ça se lit d'une traite et on passe un vrai bon moment. Dommage de ne pas trouver les deux derniers tomes de la série en VF. Une très bonne pioche, en attendant.

Traduit de l'allemand par Corinna Gepner pour les éditions Presses de la Cité (2015)

Repris en poche chez POCKET

Tout un poeme

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24/04/19

L'Erreur, de Susi Fox

L'ERREURAprès un accouchement difficile, une femme peine à s'émouvoir face au berceau de son nouveau-né puis finit par se convaincre qu'il ne s'agit pas de son bébé. Son SOS se heurte à un mur d'indifférence car tous pensent qu'elle est en pleine dépression post-partum.
Hospitalisée au service psychiatrique, elle rencontre d'autres mères en détresse, confie ses déboires et met au point un test ADN pour clamer sa vérité à la face du monde. Son fils est sous couveuse, fragile et vulnérable. Son mari lui raconte des boniments et son père lui fait des révélations fracassantes. On nage en plein délire !
Et pourtant, j'ai longtemps apprécié ce que je lisais car l'ambiance est poignante et hyper stressante, avec une tension insoutenable qui donnerait presque envie de tout zapper pour connaître la fin.
Par contre, on se cogne aussi à des
détails incongrus et gros à avaler. Même l'explication finale est tirée par les cheveux. On a un enchevêtrement de drames et de mensonges qui se déroule en vase clos - bonjour l'angoisse. La chronologie minutieuse vise aussi à casser le mythe du couple beau et amoureux des premiers chapitres. Peu à peu, on s'éloigne du vernis pour une réalité plus amère et douloureuse. Sauf qu'on reste sur le carreau.
Dommage d'avoir dérapé car j'étais mortifiée de partager le désespoir de cette femme en me disant aussi qu'elle délirait peut-être. Qui sait ? C'est l'autre point fort du livre d'avoir réussi à brouiller les pistes et de laisser le lecteur s'imaginer toutes sortes de divagations. Psychose ou pas, on vit un vrai cauchemar. C'est sûr.
Ça reste néanmoins une lecture en demi-teinte à cause des longueurs et des improbabilités du scénario. J'en sors frustrée, avec une sensation d'inconfort et de malaise d'avoir vécu une expérience traumatisante.

Fleuve Noir (2019) - Traduit par Héloïse Esquié

 

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23/04/19

Club Audible : L'omelette au sucre, de Jean-Philippe Arrou-Vignod & lu par Laurent Stocker

l'omelette au sucre club audible

RDV du mercredi 24 avril à 19h45 sur FB

1 - Avez-vous apprécié la lecture/écoute de ce titre ? Que pensez-vous de l’histoire ? En aviez-vous déjà entendu parler ? Quel est votre avis sur l’interprétation de Laurent Stocker et les nombreuses ambiances sonores ?

J'ai adoré ! Je connaissais déjà mais c'est toujours un plaisir de relire chaque épisode. L'interprétation de Laurent Stocker est aussi un vrai cadeau car elle apporte cette touche malicieuse et tellement drôle aux histoires des Jean. Idem pour l'ambiance sonore. On a ainsi une ambiance guillerette où on s'y sent merveilleusement bien.

2 - Connaissiez-vous déjà Jean-Philippe Arrou-Vignod en tant qu’auteur ? Aviez-vous déjà lu des titres jeunesse ou des romans adultes de cet auteur ? Parmi ses séries les plus connues, vous retrouverez les « Enquêtes au collège », les « Histoires des Jean-Quelque-Chose » ou les albums de « Rita et Machin »… les connaissiez-vous ?

Tout lu ! Rita et Machin ♥ P.-P. Cul-Vert (Pierre-Paul Louis de Culbert) ♥ Magnus Million & Mimsy Pocket ♥  Les Jean-Quelque-Chose ♥

Tout est excellent ! Pour petits et grands.

3 - Lisez-vous régulièrement des titres jeunesse ? Ou avez-vous fait une exception dans le cadre du #ChallengeAudible ? Ce titre vous rappelle-t-il des souvenirs d’enfance ?

Je lis souvent des titres jeunesse - ça m'oxygène entre 2, 3 thrillers ou romans noirs. Et il n'y a pas d'âge pour lire de la littérature jeunesse ! :)

4 - Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans « L’omelette au sucre » ? Quel aspect de l’histoire globale et quel passage en particulier ?

L'ensemble est un délice à lire et à écouter : l'insouciance, la bonne humeur, les personnages, le revival des 60s. On ne peut que succomber à cette chronique familiale au charme vintage. Cela me fait penser aux albums de famille qu'on découvre en s'extasiant. J'adore cette tribu des Jean qui se chamaillent ou deviennent complices quand ça les arrange. Moi aussi j'appartiens à une famille nombreuse donc forcément ça me parle ! Chaque anecdote est croquignolette, et pas besoin d'avoir vécu à la même époque pour s'y sentir proche.

5 - Que pensez-vous de Jean B. (aka Jean Bon/ Jambon) notre narrateur d’une dizaine d’années ? Quel est votre personnage préféré ?

Jean B. rêve d'aventure. C'est le futur James Bond. Voilà. Ça veut tout dire.

6 - L’un ou l’une d’entre vous a-t-il lu la suite des aventures de la famille des Jean ? (L’auteur a publié le septième tome de la série l’année dernière)

Oui, tout lu, tout lu. Tout écouté aussi. Série incontournable. Possède des vertus thérapeutiques insoupçonnées ! ;p

 

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