Drague interditeCette lecture vaut entre trois et quatre étoiles, selon les passages et les humeurs, car j'ai réellement ressenti un méli-mélo d'émotions au fil des pages, en plus d'avoir galéré pour y plonger et apprécier ce que je lisais. Sensation de cafouillage et manque d'empathie pour les personnages... cette lecture m'en a fait voir de toutes les couleurs.

Darcy et son frère Jamie entretiennent une relation houleuse depuis leur enfance. Au milieu, Tom Valeska a longtemps servi de tampon. Mais l'ami d'enfance est zone interdite. Pour Darcy, véritable électron libre, cette tentation est donc une torture. Lorsqu'elle rentre en ville pour superviser les travaux du cottage de sa grand-mère défunte, elle comprend qu'elle devra cohabiter avec son béguin de toujours et résister à ses pulsions.
Or, Darcy est tout sauf raisonnable et pondérée. Ses pensées se résument à goûter l'objet de ses désirs, lui sauter au cou, le mordre et le lécher sous toutes les coutures (elle annonce clairement la couleur, dans un langage cru, assez effrayant). Ses réactions en retour sont également disproportionnées et aberrantes... comme arracher les meubles de la cuisine sous le regard impassible de son mec !
La personnalité de Darcy n'est donc pas très sympathique ni attachante. Elle nous apparaît obsessionnelle, capricieuse et butée. Ses liens avec son jumeau sont également immatures et explosifs. C'est vite saoulant. On a face à nous des gens excessifs et usants, qui se créent des problèmes superficiels et qui ne trouvent pas mieux de les résoudre que de se lancer des noms d'oiseaux à la figure. C'est d'un cafouillis... longs, longs soupirs.

Et pourtant, il y a quand même des moments sympas et qui font graouter dans les chaumières car l'instinct est animal entre Darcy et Tom. Ça se flaire, ça marque son territoire, ça se cherche et ça se découvre. On retrouve hélas cette tendance à tourner en ridicule des scènes de séduction qui sont à la limite du désespoir. Comme dans Meilleurs ennemis, ça me toujours semble presque inhumain de chauffer le mâle alpha lequel reste admirable de stoïcisme envers et contre tout... Et on accentue sur les mêmes travers, proches du mauvais goût ou de l'absurde, comme cette bretelle de soutien-gorge qui ne reste jamais en place sur l'épaule de Darcy.

Voilà voilà. On me penserait agacée ou dédaigneuse après coup... et puis pas du tout. J'ai tenu à lire le bouquin jusqu'au bout car j'avais envie de rester dans cette aventure, en dépit de ses défauts, et je lirai sans souci le prochain roman de Sally Thorne (maintenant qu'elle vient de se crasher après son succès, elle ne peut que rebondir !).

Harlequin (2019) - Traduction par A.H. Sophie