La cage doréeCamilla Läckberg est très perturbante dans ce changement de registre.
Certes, son héroïne fait froid dans le dos : après des années de mariage, Faye est larguée comme une vieille chaussette par un mari cavaleur et tyrannique. Des années à bafouer son estime de soi et son ambition. On se dit, déchire-tout. Venge-toi. Ne lâche rien.
Ça tombe bien car Faye choisit de prendre sa revanche. Elle met au point un plan redoutable et sans scrupule. Elle ne laisse rien au hasard et rend le lecteur complice malgré lui.
Sauf que c'est difficile de compatir à sa situation. En plus de l'amertume ambiante, l'histoire est truffée de sexe... toutes les cinq minutes. C'est vulgaire et gratuit. Franchement indigeste.
De toute façon, dans ce roman, tout le monde en prend pour son grade : les hommes qui veulent des maîtresses au bureau et des potiches en cuisine, les femmes qui renoncent trop vite, qui sont condamnées par le temps, l'âge et les kilos en trop, sans oublier les clichés suédois devenus un fantasme (et un business).
Bref. Camilla Läckberg avait la rage au ventre quand elle a commencé à écrire ce roman ! C'est pas possible autrement. Il faut avertir les aficionados du couple Erica Falck / Patrik Hedström, ceux qui préfèrent les paysages idylliques de Fjällbacka. Le choc risque d'être insoutenable.
Cette fois, on quitte ce cocon douillet pour une vision plus sombre et écœurante de la vie de famille, de la vie de couple et des relations amoureuses. C'est déstabilisant... Et pourtant, cela a réussi à me tenir en haleine. Comme une plongée en apnée dans cette histoire sordide et dérangeante.
Comme quoi, cette Camilla, elle assure !

Un tombereau d'applaudissements pour la lecture faite par Odile Cohen... la classe jusqu'au bout. Chapeau.

©2019 Titre original : "En bur av guld" / ACTES SUD, pour la traduction française par Rémi Cassaigne (P)2019 Actes Sud

La vengeance sera douce et impitoyable : il lui a tout pris, elle ne lui laissera rien. 

La Cage dorée est un thriller glaçant qui résonne funestement avec l’ère #MeToo. Pour la première fois, Camilla Läckberg quitte Fjällbacka pour explorer la perversité de l’homme dans les hautes sphères de la société stockholmoise. Et montrer combien il peut être fatal de sous-estimer une femme.