20/11/19

Qui a une taille de guêpe (Hamish Macbeth 4), de M.C. Beaton

Qui a une taille de guêpeÇa se confirme : c'est de mieux en mieux !
Les enquêtes de Hamish Macbeth m'inspirent cocooning, ambiance vintage et dépaysement dans la campagne écossaise. C'est une lecture 100% confort et conduite en toute bonhomie avec en figure de proue notre sympathique policier (nonchalant et désintéressé de sa carrière). Lui se plaît dans son village de Lochdubh (on se souvient de son exil contraint et forcé dans Qui s'y frotte s'y pique). Il aime sa petite vie tranquille, auprès de son chien et de ses moutons. Et pas loin de la ravissante Priscilla Halburton-Smythe.

Dans ce nouvel épisode, un couple venu s'installer dans une vieille bicoque fait déjà beaucoup jaser car l'épouse, intrusive et insolente, s'attire de moins en moins la sympathie des gens. À l'exception des ménagères qui périssent d'ennui, la population a vite fait de fuir Trixie Thomas sans demander son reste ! Et puis... le drame, encore.
Hamish Macbeth sent l'appel du crime et y répond en retoquant posément le médecin (dont les conclusions vont susciter la suspicion). Humm... C'est fort sympathique à lire, tout ça. J'aime de plus en plus cette série qui est fraîche et distrayante. Il y a aussi un fil rouge concernant l'amourette entre Hamish et Priscilla... de quoi devenir chèvre ! Mais c'est assez cocasse et moins fastidieux que le problème entre Agatha Raisin et James Lacey.
#vaderetrosatan

©2019 Albin Michel (P)2019 Audible Studios

La performance de François Delaive me sied davantage ! Miracle. C'est plus tolérable à écouter, moins de voix crispantes pour ridiculiser les personnages féminins. Ce n'était plus possible... donc on dit merci !

 


Ça peut pas faire de mal : Les femmes écrivains, lu et commenté par Guillaume Gallienne

Les femmes écrivains ça peut pas faire de malCette émission radio, diffusée sur France Inter, est excellente ! Elle m'accompagne souvent sur les routes des vacances et offre à découvrir un large panel de lectures et d'univers littéraires.
Cette fois, ce sont les femmes écrivains qui sont à l'honneur. De grandes dames comme Marguerite Duras, Annie Ernaux, Simone de Beauvoir et Marguerite Yourcenar. Comme le souligne Leïla Slimani en préface, il n'existe pas d'écriture féminine mais il y a une urgence pour les femmes à raconter leur histoire. « À lever le voile sur des expériences, des émotions, des combats qui ont été trop longtemps passés sous silence. L'avortement. Le viol. L'érotisme. La maternité. La domination sociale et le combat pour la liberté. »
Toutes ont aussi puisé dans les livres une émancipation, une échappatoire. Elles ont bouleversé l'ordre, changé de classe sociale, affronté le regard des autres, bousculé la pudeur. Elles ont ainsi fait preuve de courage, de lucidité ou de tendresse à raconter leur parcours. Leurs romans évoquent des femmes qui s'affranchissent, qui font des études, qui aiment librement, qui se détournent du patriarcat. Tous les quatre nous touchent à leur façon et pourraient encore éveiller des consciences endormies. Hé-ho, ça se passe ici et ça peut pas faire de mal !
J'ai donc passé deux heures trente fabuleuses à me bercer de mots, de musique d'ambiance et d'extraits de romans où l'on respire un parfum quelque peu suranné... j'aime beaucoup !

"C'est un drôle de truc, l'écriture."
Marguerite Duras

 "Être femme, c'est le résultat d'une histoire."
Simone de Beauvoir

"Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. On risque avant cet âge de méconnaître l’existence des grandes frontières naturelles qui séparent l'infinie variété des êtres."
Marguerite Yourcenar

 "Il n’y a pas de vraie mémoire de soi."
Annie Ernaux

©2018 France Inter (P)2019 Editions Gallimard

Guillaume Gallienne rend hommage avec délice à quatre grandes écrivaines, accompagné au piano par Philippe Dubosson et au violoncelle par Ernesto Insam. L’écoute en classe de ce CD est autorisée par l’éditeur.

 

 

Voix off, de Denis Podalydès

Voix off Denis PodalydesVoilà un journal qui trouve admirablement écho en l'amoureuse des mots et des livres audio que je suis ! ... 
Denis Podalydès est un personnage attachant dont j'ai apprécié le portrait profond et émouvant qu'il dévoile. Sans aucun narcissisme, mais avec un soupçon de philanthropie et beaucoup de pudeur.
L'homme se raconte à travers ses proches, sa famille, son enfance, ses cicatrices, ses débuts au théâtre, les hommes politiques, les acteurs admirés, les auteurs lus et aimés. Un vrai bouillon de culture.
Lorsque le comédien se livre pour la première fois à l'exercice du livre audio, il en sort mécontent et frustré. Pourquoi cette voix ? d'où vient-elle ? comment l'enrichir ... même si elle est déjà riche d'un héritage foisonnant, elle cache un homme et révèle une âme, non ?
Quelle belle réflexion qui amène à une lecture plus large et passionnante. J'ai été transportée dans ces bribes de vie aux accents nostalgiques, mais également drôles et sans mièvrerie.

©2008 Mercure de France (P)2019 Éditions Gallimard

« Est-il, pour moi, lieu plus épargné, abri plus sûr, retraite plus paisible, qu'un studio d'enregistrement ? Enfermé de toutes parts, en capitonné, assis devant le seul micro, à voix haute - sans effort de projection, dans le médium -, deux ou trois heures durant, je lis les pages d'un livre. Le monde est alors celui de ce livre. Le monde est dans le livre. Le monde est le livre. Je confie à la voix le soin de me représenter tout entier. Les mots écrits et lus me tiennent lieu de parfaite existence. Alors d'autres voix encore se font entendre, dans la mienne. »

 

 

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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