25/11/19

#Murder, par Gretchen McNeil

gretchen mcneill murder

Condamnée pour le meurtre de sa demi-sœur, Dee clame son innocence et subit un procès expéditif avant d'être envoyée sur l'île d'Alcatraz 2.0 devenue le théâtre d'une nouvelle téléréalité grandeur nature. Le système judiciaire ayant été revu de fond à comble, un milliardaire anonyme a ainsi proposé de confiner les criminels en les livrant à la sentence populaire.
Leur sort est désormais lié aux clics frénétiques d'une application à succès menant à des exécutions toutes plus extravagantes les unes que les autres ! Oui, le monde est devenu dingue.
En débarquant sur cette île, Dee dispose de peu de temps pour sauver sa peau, accorder sa confiance à ses comparses, comprendre la dictature du Postman et s'attirer la haine du public... tout ça, tout ça.
Les assassinats sont filmés et retransmis en direct : franchement, ça dépote ! Mais la belle mécanique semble aussi un peu grippée car les éliminations masquent de plus en plus les dévoiements d'un programme qui ne se contente plus de divertir les américains... et qui relèverait presque d'une vengeance personnelle.
Bouh, ça va cavaler sur les plateaux d'Alcatraz ! Et ça vaut le coup d'y jeter un œil.
Ce roman se lit à toute vitesse parce qu'il est shooté au suspense, à l'action, aux scènes trash et aux dérives modernes des réseaux sociaux etc. On plonge les deux mains jointes et on file à toute vitesse pour échapper aux pièges - on mord aussi à l'appât mais c'est de bonne guerre.
C'est une lecture bien ficelée et entraînante qu'on ne regrette pas d'avoir tenté par curiosité. Une duologie est annoncée, même si ce livre se suffisait à lui-même. À voir !

Milan (2019) - Traduit par Florence Chevalier

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Les choses humaines, de Karine Tuil

Les choses humainesL'histoire du roman met en avant beaucoup de choses qui vont de travers dans notre société et contre lesquelles on a parfois fini par s'y habituer, lâchement. C'est un constat affligeant. D'où ma lecture en apnée, dans un état d'hébétude, à la fois pressée d'en finir mais curieuse du dénouement.

Lors d'une soirée trop alcoolisée, un garçon propose à une fille de sortir prendre l'air puis lui roule un patin derrière une benne à ordures. Ce qu'il advient ensuite est flou, disons qu'il est vécu différemment par les deux protagonistes. Car dès le lendemain, Alexandre est accusé de viol et placé en garde à vue. Son attitude est nonchalante : le garçon nie les faits et réclame son passeport pour retourner à Stanford. Comble de tout, Alexandre Faller est un fils de - son père est un animateur emblématique de la télévision, sa mère est une journaliste féministe très engagée. Le poids de cet héritage va également peser dans la balance. Il ne faudrait pas ébruiter l'affaire et encore moins épiloguer pour un coup d'un soir d'à peine vingt minutes... damned.

Au fil de la procédure judiciaire, on s'intéresse à ce petit monde imbu de leur pouvoir et on déteste sans exception ce spectacle désolant. On évoque pêle-mêle la sentence médiatique, les hashtags qui pullulent en masse, la violence des réseaux sociaux, la sexualité bafouée, les propos explicites, les gestes anodins qui ne doivent plus l'être, l'absence d'empathie, quid du bourreau et de la victime, bref un constat sec et sans concession d'une société qui va mal. Au cœur de ce maelström, on se sent complice et coupable. On n'aime pas du tout ça ! Les personnages sont moches. Le miroir qu'on nous tend renvoie l'image d'un monde qui s'autodétruit. On a le moral à zéro après cette lecture... qui m'inspire vraiment peu d'espoir ! Quelle tristesse.

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

Prix Interallié, 2019
Prix Goncourt des Lycéens, 2019

Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Constance Dollé met en voix avec justesse un récit efficace qui révèle toutes les complexités soulevées par la question du consentement.

 

Posté par clarabel76 à 17:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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