15/01/20

Show Stopper, par Hayley Barker

ShowstopperMagnifique couverture mais lecture assez plate !

Dans un monde imaginé (Londres, 2045) avec une société divisée entre les Purs et les Bâtards, un Cirque déambule pour présenter ses numéros hors du commun. Afin de satisfaire le public, avide de sensations fortes, il faut pousser sans cesse les limites. Ainsi il n'est guère surprenant de mettre en scène des lions en train de dévorer des artistes ou des requins se jeter sur des filles ligotées pour le show... Ce spectacle de l'Horreur procure des Oh et des Ah d'admiration, faisant fi de toute moralité. Après tout, les acrobates ne sont que des rebuts de la société. Des pièces interchangeables, rien à tirer de cette engeance.

Pour Benedict Baines, le Cirque le fascine depuis qu'il a aperçu au loin une funambule et ne s'explique pas ce qu'il ressent. « Mon cœur hurle que c'est mal. Hoshiko, moi, tout ceci. Le Cirque, le monde - c'est mal. Mon cœur me crie de la suivre. Ma tête me dit d'arrêter de faire l'idiot. Je ne vis pas un conte de fées débile. Ce monde, c'est celui dans lequel nous vivons. Les choses sont ainsi. À quoi ça sert de souhaiter qu'elles soient différentes ? Je ne suis qu'un adolescent. Un adolescent tout seul. Point. Regardez ma famille, ma vie, ce que je suis. Je fais partie de ceux qui ont eu de la chance. Je suis du bon côté du gouffre qui divise notre monde en deux. Ce profond et infranchissable abîme. Et je ne peux rien y changer, même si j'en ai le désir. »

Hoshiko incarne le Chat sur scène depuis plusieurs années. Elle subit la tyrannie de Silvio (un Monsieur Loyal pathétique) et prend soin de ses camarades les plus vulnérables. L'arrivée dans son existence de Ben l'irrite au plus haut point : c'est le fils de la Ministre du Contrôle des Bâtards dont les discours virulents découlent sur des mesures radicales. Hoshiko déteste les Baines et leur caste en général. Savoir que ce garçon lui tient la main, lui adresse des mots doux et lui montre de la tendresse la perturbe et chamboule son univers.
Bref.

Ce que j'ai regretté dans cette lecture, c'est d'abord la promesse d'une histoire palpitante, d'un amour contrarié et d'une aventure déchirante. Car le résultat est moins transcendant : tout arrive soudainement, les événements, les émotions, les actions. Les personnages ne se connaissent pas et voudraient nous faire gober à leur romance ? Hum. On nous sert aussi une vision trop machiavélique de leur société : les méchants sont trop méchants... aucune nuance. C'est tout noir, tout blanc : un peu léger, tout ça.

Par contre, le roman se lit rapidement - le rythme est entraînant, la narration est alternée même si elle n'enrichit que très peu l'intrigue (beaucoup de répétitions, je trouve). L'auteure prétend avoir écrit Showstopper en réaction au racisme qui enfle autour d'elle. Pour ça, elle s'inspire des Jeux du Cirque (la passion des Romains) et reprend les mêmes abus et autres excès qui consistent à torturer des esclaves pour divertir une foule en liesse. Certaines scènes sont choquantes mais remarquables car (honteusement) réussies.

Verdit personnel : une lecture glaçante, qui sème parfois le trouble. Les émois amoureux sont de trop ou ont juste été mal exploités. Un deuxième tome doit paraître (Show Stealer).

Bayard (2019) - Traduit par Laurence Bouvard

 

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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