Regarde moiKristin est photographe et mène une existence confortable au cœur de Londres. Son petit ami est également un artiste qui gambade à travers le monde. Libre et sans attache, leur vie se veut bohème et branchée. Mais cette belle façade se craquelle le jour où Kristin reçoit un premier mail anonyme, suivi par d'autres messages troublants, lesquels vont peu à peu mettre à sac son univers doré. Tous révèlent une photo de son intimité qui lui font réaliser qu'elle est traquée, chez elle, dans la rue, au boulot, partout. Après une tournée à l'étranger, son petit ami peine à lui apporter le réconfort souhaité. Cela semble d'ailleurs trop tard car les événements s'enchaînent et taillent en pièces toutes les certitudes.

Comme j'avais déjà lu son roman précédent (À perdre haleine) je savais à quoi m'attendre en matière de bon et moins bon dans celui-ci. Côté intrigue, ça tient la route. On nous promet un thriller urbain, claustrophobe et dérangeant, se jouant de nos terreurs les plus intimes. C'est effectivement le cas. Par contre, la lecture pêche au niveau des personnages, principalement l'héroïne qui agit de façon illogique (encore une fois). J'ai relevé plusieurs détails aberrants, comme reluquer le laveur de vitres et fantasmer sur le mari de sa copine... « Ça doit être hormonal, je ne me conduis jamais comme ça. » Ou disons que la nana est à cran mais elle saoule aussi.

J'ai donc été moins convaincue par ce roman comparé au précédent (À perdre haleine). J'avais vite senti le fin mot de l'histoire. Sinon j'ai bien aimé le cadre londonien mais moins accroché à la mécanique mise en place (la photographie, tout ça... bof bof). Les personnages... n'en parlons pas. Il y a aussi de grosses failles dans l'intrigue... toutefois, son climat sulfureux, ajouté au rythme mou, donne le ton et constitue une forme d'attrait. Un peu de langueur, de nonchalance, pourquoi pas. C'est une lecture correcte mais sans plus.

Belfond Noir (2018) - Traduit par Julia Taylor