La Secte d'AbaddonImpossible, pour moi, d'être catégorique au sujet de cette lecture : elle n'est ni transcendante ni carrément bof. Plutôt couci-couça. Et c'est tant mieux car j'ai passé un très bon moment, alors que certains détails font lever les yeux au ciel. Ha, ha.

Premièrement, Aliette Renoir est une héroïne à la fois irritante et attachante. Fille d'un célèbre chasseur de vampires, la jeune femme n'est malheureusement pas douée en affaires et s'illustre souvent par ses bourdes. La dernière en date : se blesser mortellement lors d'une traque et se réveiller transformée à son grand dam.
Son créateur est un américain (Lawrence) qui l'introduit rapidement dans la cour vampirique où se jouent des intrigues politiques particulièrement perfides. Pour la jeune Aliette, c'est l'occasion d'approcher le responsable de la mort de sa mère (et lui régler son compte). Mais elle débarque en plein psychodrame lors de bacchanales cauchemardesques (meurtres en série et procès expéditif).
Aliette est aux premières loges, démasquée, menacée, accusée à tort etc. Elle se charge donc de l'enquête pour sauver sa peau et celle du prince (aaah, Sytry ♥).

Le schéma est classique mais fonctionne plutôt bien. C'est léger, distrayant et plein de dérision. Autant de qualités qui deviennent des défauts en raison d'une composition fragile (le dosage est un numéro d'équilibriste casse-gueule). On frôle fréquemment la surenchère, dans l'humour (lourd) ou le comportement des personnages (contradictoires). Aliette a peur de son ombre mais se montre hardie en des circonstances douteuses. Elle tient à sa vertu, et succombe au désir charnel (le couple vendu ne me fait pas rêver). L'action se situe dans un Paris occupé par les allemands, sauf que ce contexte est très peu exploité. OK pour l'argot parisien et le langage fleuri dans la bouche de notre héroïne, mais c'est tout. Même le contexte familial est survolé, alors que... bon, c'était pourtant du lourd !

Enfin voilà, on a autant de bons arguments pour adhérer et soupirer. Disons que ça reste un premier tome maladroit et introductif qui m'incite, malgré tout, à lire le suivant (Dans l'ombre du roi) en croisant les doigts pour que les imperfections se lissent. D'ailleurs, cela me fait penser que je n'avais plus lu de romans du genre depuis des lustres et ça m'a donné envie d'y retourner.

©2012 Rebelle éditions (P)2020 Audible Studios

⭐⭐⭐⭐