14/11/07

Les éditions du rouergue présentent ...

Les p'tits bricolages de Christian Voltz sont de retour ... avec l'étonnant et irrésistible  « il est où ? » ! 

il_est_ouLivre rouge du génie et de la rigolade, ce  « il est où ? » va en surprendre plus d'un ! ...  D'abord, c'est vrai que c'est destiné aux plus jeunes (dès 2 - 3 ans). D'histoire il n'y en a pas tellement, c'est une espèce de comptine sur  « il est où ? » à partir d'un amas de bric et de broc.

Sous le gros caillou, derrière la touffe de poils, au milieu des perles : rien ! Pourtant, si on regarde bien, on voit apparaître un petit bonhomme. Un à un, les objets s'agencent pour former la tête, les cheveux, le corps d'un personnage. Et puis patatras ! La fin de l'histoire est espiègle car elle conduit au début !

Donc, bon programme pour les petits : de manière ludique, ils apprendront la formation du corps, la construction de soi et la fragilité de l'espèce. Et puis la chute (sous tous les sens du terme) est une manière de rebondir (attendez-vous à des sursauts d'exclamation !) car vos petits bouts vont bien comprendre le « qui cherche qui » et reprendre la ritournelle avec bonheur ! ! !

*** Pour info : le conseil général de la Seine Saint Denis va faire des heureux ! A partir du mois de décembre,  « il est où ? » de Christian Voltz sera offert aux enfants de 1 à 2 ans des crèches départementales et municipales. Il sera également remis au cours de l'année 2008 aux enfants fréquentant les centres de PMI du département  -blablabla- . L'an dernier cette opération a concerné 6500 enfants de Seine Saint Denis. ***

Gawou en parle aussi !

Il est où - texte et illustrations de Christian Voltz - Ed. du Rouergue, coll. Varia - 13,50 €


 

Passons maintenant à une lecture pour les plus grands ...

Je vous préviens d'office qu'il faut réserver ce livre à un public qui ne fait aucun état d'âme sur les rêves et la folle du logis. Je dis ça parce que j'ai personnellement testé auprès de deux filles et d'un garçon et j'ai pu constater que nos demoiselles sont restées concentrées et ont adoré l'histoire, tandis que le jeune gars à l'esprit cartésien a décrété que c'était tout bonnement impossible, non vraiment pas possible !

fille_sans_coeurQuoi donc ? L'histoire est celle d'une fille très belle, si belle que tous les hommes se retournent sur son passage, ne rêvent que de l'embrasser et lui chantent des poèmes d'amour en souhaitant l'épouser un jour. Mais la belle est assez placide. Pour ne pas dire, glaciale.

Afin de comprendre pourquoi elle est si peu sensible aux marques de tendresse et d'affection, la belle fille conclut qu'elle n'a pas de coeur ! Donc, elle se rend chez tous les commerçants pour qu'on lui fabrique un coeur (de pierre, en sucre ou de fer). Las, tout est vain. Au fur et à mesure que la fille monnaie qu'on lui donne un coeur, elle sacrifie ses artifices de beauté.

La fille n'est donc plus une jolie créature qui fait chanter et rêver. C'est un être quelconque et désespéré. Elle va finir par rencontrer une vieille femme qui lui promet son coeur si elle l'accompagne jusqu'à son dernier souffle. La fille accepte, sans compter, et va donc réaliser qu'on gagne souvent un coeur à se montrer humble et serviable, non plus en se cachant derrière la superficialité.

Cette histoire est poétique et philosophique, une vraie réflexion sur l'apparence et la beauté intérieure. Le texte peut servir à de multiples interprétations, et quand on écoute les enfants on s'aperçoit que chacun a sa propre conclusion sur le parcours de la fille sans coeur.

A réserver, donc, à un bon public qui aime les histoires assez longues et avec des illustrations originales, qui n'appartiennent pas à notre domaine d'affection privilégiée, mais elles se fondent à merveille avec l'esprit de l'album !

La fille sans coeur - texte Pieter van Oudheusden, traduit du néerlandais par Daniel Cunin - illustrations de Goele Dewanckel - Coll. Varia - 18,00 €

 


 

Depuis le début de novembre 2007, les éditions du rouergue ont donc créé une nouvelle collection avec le livre-cd (qui est un genre en plein boom, je trouve). Personnellement j'en deviens accro, surtout pour dépanner les coups de mou, il suffit alors de se mettre en position horizontale et de laisser le mange-disque prendre votre rôle d'orateur ... ça repose, ça divertit !

Deux livres, donc, pour ouvrir le bal :

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L'objectif de la collection : confier l'intégralité des paroles d'une chanson à un illustrateur, réunir les générations autour d'univers graphiques de talent et la (re)découverte du répertoire de la chanson française à texte, en partenariat de Radio France.

La complainte du progrès est une chanson de 1956 dans laquelle Boris Vian décrit les affres de l'amour moderne, confronté au progrès technique et à la société de consommation. C'est drôle, divin, pertinent et joliment insolent ! Un peu goujat, aussi, notre bonhomme ! ...

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur

Maintenant c'est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille
- Ah, Gudule!

Viens m'embrasser
Et je te donnerai
Un frigidai-reu
Un joli scootai-reu
Un atomixai-reu
Et du Dunlopillo
Une cuisiniè-reu
Avec un four en ver-reu
Des tas de couvai-reu
Et des pellagâteaux

[ Ici, un lien pour écouter la chanson ! ]

Gawou aussi a aimé !

Les goûts d'Olga est une chanson de Gérard Morel qui peut paraître absurde ...

Le poulet, Olga n'aime pas
Le poisson si
Sauf la queue qu'Olga n'aime pas
Mais son chat si
La brioche, Olga n'aime pas
Les éclairs si
Astiquer ça la gêne pas
Mais laver si
Ajaccio, Olga connaît pas
Mais Calvi si
Et Marinella n'apprécie pas
Mais Anne si

Faire sa fière, Olga n'aime pas
S'effacer si
La queue d'pie, Olga la met pas
L'anorak si
De boulot, elle en manque pas
Mais de sous si
Et son boulot très payant n'est pas
Salissant si

... et puis finalement non, pas si grotesque que cela !  Le texte prouve (ci-dessus) que c'est plutôt farceur et ironique. Le monsieur Morel est un comédien et chanteur qui aime jouer avec les mots, s'amuser avec les sens et les sonorités. Avec sa fantaisie et son humour, il pointe donc avec ironie les usages du verbe " aimer " : peut-on aimer son poulet comme on aime ses parents ou son amoureux ?  Une chanson riche en double-sens !

Dans les deux albums, les illustrations occupent une importance capitale : elles permettent d'accrocher aussitôt l'oeil du jeune lecteur, la petite musique fera le reste ... la magie aidant !

La Complainte du progrès - Paroles de Boris Vian - Illustrations de Lynda Corazza. 

Les Goûts d'Olga - Paroles et musique de Gérard Morel - Illustrations de Frédériques Bertrand.

32 pages + 1 cd de moins de 10 minutes ... Conseiller éditorial : Philippe Meyer.  19,50 €

[ Qui es-tu Gérard Morel ? ... En chanson, pas avec Olga, mais avec la Princesse ! ]


Pour les petits, pour les grands et moi et moi et moi

Je ne connaissais pas, je viens de les découvrir et déjà j'aime beaucoup ! ...

pyjamasques_et_lilifeepyjamasques_et_romeo_mecano

Cette série est toute nouvelle, fraîchement parue en début d'année avec deux tomes, et voici la suite pétillante de trois héros hors du commun !  Ils sont trois, ils portent des combinaisons moulantes, ce sont les Pyjamasques. Ils s'appellent Yoyo (le super costaud), Gluglu (qui colle) et Bibou (qui vole). La nuit est le théâtre de leurs palpitantes aventures...

Les pyjamasques et Roméo Mécano :

La nuit est belle. Les Pyjamasques et leur ami Ptigarou rêvent au clair de Lune, lorsque surgit dans le lointain une inquiétante machine… Dans la cabine de pilotage, un petit garçon pas très sage s’agite au milieu des manettes et des écrans, c’est Roméo. Inventeur d'étranges machines, il a décidé de capturer la lune pour la découper en morceaux et la vendre au rayon fromage du supermarché !

Les pyjamasques et Lili Fée :

Cette nuit là, nos trois héros,Yoyo, Gluglu et Bibou font les fous et se heurtent à Lilifée, une délicate artiste en pleine création. Éblouis par tant de beauté, les irréductibles Pyjamasques tombent fous d’amour ! Pour la première fois, ils vont se disputer… ses faveurs !

Pyjamasques

Alors surtout ne croyez pas que ce soit cruche et bêta, d'un niveau intellectuel qui ne dépasse pas la Mat. sup. ! Parce que c'est franchement rafraîchissant ! L'ambiance nocturne, très bien dépeinte par ses couleurs, est l'invitation aussi à partager les plus folles péripéties de ce trio sympathique.

C'est simple, pas nunuche, ça ne manque pas d'idées et de rebondissements. Bref, les enfants adorent ! (Et moi aussi !)

Les pyjamasques - par Romuald (auteur illustrateur né en 1976, comme moi, quel talent !!!) - Gallimard jeunesse - coll. Giboulées.  6,00 €

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07/11/07

Contes et légendes

 

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Poeata, le poisson, est la fille du roi des profondeurs, Temoana. Elle est amoureuse de Manuiti, un oiseau. Pour le royaume, cet amour est scandaleux et impossible. Et pour les deux protagonistes aussi, l'histoire s'annonce difficile. Leurs efforts pour se fondre dans l'élément de l'autre se solde d'échec en échec.

« Différents. Il leur arrivait pourtant d'être suffisamment ensemble pour prolonger les instants, et nul ne sait vraiment ce à quoi ils s'entraînaient silencieusement. »

Et puis, au coeur de la mer, vit une créature que personne n'a vue et qui chante.  « Et son chant, que seuls les coeurs purs entendent, guide les désespérés, les amoureux, les mal-aimés. » Meherio, ainsi s'appelle-t-elle, est la fille d'une anguille et d'une jeune fille. Ce n'est pas un monstre, c'est un être exceptionnel, doué d'une grande lucidité et qui va rassurer Poeata par ses chansons et ses paroles.

« La terre, la mer et les cieux sont peuplés d'êtres différents. C'est le mélange entre eux, les amours clandestines qui ont permis cette force. Si tu t'allies à quelqu'un qui te ressemble, tu seras heureuse. Mais si tu choisis un partenaire différent, tu seras obligée de t'enrichir en ouvrant les yeux plus grands pour le comprendre. »

Des amours d'un poisson et d'un oiseau va naître un enfant ... Marara. Celui qui réunit les peuples de la mer et des cieux, « un nouvel être, une nouvelle histoire qui commence et peut s'appuyer sur deux cultures pour créer la tienne. »

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Cette histoire est une légende tahitienne racontée avec poésie et sensibilité par Roxane Marie Galliez, en souvenir de ses voyages dans les îles du Pacifique. C'est en quelque sorte l'apanage de la tolérance, du métissage et des amours extraordinaires, de celles qui s'échappent des cases et des définitions. L'histoire a une résonnance  « conte philosophique » adoucie par les illustrations de Sandrine Lhomme (ambiance maritime, couleurs qui en rappellent les nuances, et beaucoup d'imagination pour tracer le royaume des fonds marins...).

Cette plongée au fond des océans saura bercer les plus rêveurs d'entre nous !

Marara, un amour de plumes et d'eau - écrit par Roxane Marie Galliez - illustrations Sandrine Lhomme. Editions Balivernes - 32 pages.  12,00 €

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Retrouvons à la plume Roxane Marie Galliez pour ce sublime album  « Le murmure des Dieux » où Cathy Delanssay exerce à nouveau et avec une incroyable virtuosité son art du pinceau (déjà beaucoup admiré dans  « A l'orée des fées » par exemple).

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Cette lecture continuera de vous enchanter et conviera petits et grands à visiter d'autres contes et légendes à travers le temps et à travers le monde. Ce sont des dieux et déesses du monde entier dont les histoires, les cultures et les mythologies expliquent à leur façon l'origine du monde.

On y croise donc Thor le Nordique, Huitzilopochtli ou Marishi-Ten, la protectrice des samouraïs. Les Divinités de l'amour comme Parvati et Shiva, les âmes soeurs de l'Inde, Vénus la belle ou Oshun l'africaine. Quelques simples mortels devenus légendaires et l'égal des dieux eux-mêmes...

Le livre s'ouvre sur la prière aux Muses, puis se décompose en quatre parties : La création du monde, La guerre, L'amour et les Héros. Cela commence par Waagal, le temps du rêve aborigène, et cela s'évanouira par Héraclès, le chevalier grec - avant la prière à Ganesh, l'hindou.

La lecture est complète, éblouissante et irradie de beauté, de poésie et d'intelligence.

Pour ceux qui ne jurent que par Rebecca Dautremer (au talent incontestable) n'hésitez pas désormais à vous pencher vers la virtuose Cathy Delanssay. Ses illustrations sont importantes pour peaufiner le charme de ce livre, tant elles sont en parfaite harmonie avec le texte. Le mélange est jubilatoire !

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J'avais parlé du livre A l'orée des fées .

Et ces dames ont chacune un blog ! Celui de Roxane Marie : http://roxanemariegalliez.over-blog.com/  & celui de Cathy  « la goutte de rosée » : http://lagouttederosee.blogspot.com/

(Le lien direct pour ce livre est ici !)

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Et je vous livre un extrait (délicieux) parmi tant d'autres !!!!

« Cette histoire-là vient de l'Irlande, elle est parfumée du souffle des trèfles, elle concerne le mystère des elfes, de ceux que l'on ne voit pas. Vous connaissez les fées et les magies, mais vous a-t-on déjà parlé des Bansidhs ? Peu d'hommes peuvent se vanter d'en avoir rencontré.

Femme, sorcière, messagère ou guérisseuse, la Bansidh est une divinité dont il faut se méfier. Bran, fils de Feoal pourrait en témoigner. Il était à la noce avec ses compagnons : chants, danses, rires et ripailles... Il percevait un son au milieu de la joie, quelque chose de faible et pourtant si pur, une mélopée, un frisson d'éternité.

Bran se lève et cherche ce qui caresse son oreille. Est-ce le Vent ? Dis, est-ce le vent, Bran, que tu entends ? Le chant vient de l'Océan. Alors Bran s'en va et ses hommes le suivent car il est de ces rois qui découvrent le monde et ne s'en satisfont pas. Bran s'en va et son bateau chargé de guerriers se laisse guider par une voix que seul Bran perçoit. Oui, seul Bran entend cette voix... »   (à suivre !)

Bon, encore un tout petit peu pour les plus sages qui lisent ces lignes ... 

 

« Connais-tu l'Egypte et ses hautes pyramides ? Connais-tu le Nil, Thèbes et Memphis ? Et parmi toutes les divinités, connais-tu Isis ?

C'est une magicienne capable de se métamorphoser. Son mari Osiris était le roi d'Egypte mais son frère Seth, jaloux, préparait son crime. Pour prendre le pouvoir et perdre Osiris, Seth l'enferma dans un coffre et le jeta dans le Nil. Isis le cherche, Isis court.  Où est Osiris ? Où est l'époux d'Isis ? »  ...

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« Regardez-la, née de l'écume, regardez-la, Belle Divine. Fermez les yeux un instant et laissez-vous bercer par le ressac et le vent.

Vénus porte à ses cheveux des coquillages pour parures, ses pieds délicats glissent sur l'onde pure et ses cheveux si longs couvrent un corps nu que les alizés osent à peine caresser.

Regardez-la, née de l'écume, elle porte l'amour dans ses yeux, le printemps dans son rire chaleureux.

Les sirènes et les tritons arrêtent de jouer pour la laisser passer, et Poseidon lui-même oublie un instant la mer et ses baisers.

Belle Vénus, Amour et Beauté, est-ce ton sourire, les plis de ton cou ? Belle Vénus, est-ce ta cambrure ou tes gestes si doux ? Aucune déesse n'est plus belle que toi et Pâris ne s'y trompera pas. Quand le joli berger devra choisir une divinité, c'est à toi qu'il remettra la pomme dédicacée : A la plus belle...  »

Le reste se cache dans le livre ! ... La chasse aux pépites est ouverte !

Le Murmure des Dieux - Roxane Marie Galliez (texte) & Cathy Delanssay (illustrations) - Balivernes.  72 pages.  15,00 €

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17/10/07

Aujourd'hui, on parle de fantôme et de loup !

petit_fantomeCette histoire se passe la nuit, et tout commence au fond d'une grande armoire où se trouve Petit Fantôme. Comme son nom l'indique, il est petit, tout blanc, il flotte (ou plane), habillé d'un pyjama, petite bouille ronde et grand regard bleu, c'est Petit Fantôme. Il attend l'heure pour lui de s'échapper de sa cachette, quand la lumière est partie et que le sommeil a soufflé sur tous les oreillers. Il est temps alors de se faufiler dans la maisonnée, de la hanter de sa petite silhouette fantomatique.

Et Petit Fantôme explore, gambade, farfouille et retourne, pioche dans les tiroirs à chaussettes, taquine et s'éparpille. Il joue, il s'amuse comme un fou, plonge dans la soupe ou prend le frais dans le frigo, il n'a de cesse d'enchaîner les bêtises. La nuit lui appartient, le noir le camoufle. Mais attention au chat !  ... L'animal ronronne, fait mine de roupiller mais l'oeil frise. Il pourrait bien, d'un coup de Miaaaoouu, faire disparaître Petit Fantôme.

Mais à quoi bon ? Un peu lâche et fainéant, le chat a bien plus peur de se retrouver seul, tout seul la nuit... qu'avec ce fantôme rikiki. Alors il fait comme si tout ça, bah, il n'en savait rien, ça n'existait pas et il s'endort !

Bonne nuit, les petits lecteurs !

Il est mignon, ce Petit Fantôme ! Dans son album, format moyen, tout noir et illustré par fines touches couleur arc-en-ciel, le plaisir de lecture vous attrape vite au tournant. Et qu'attendre de la paire Ramona Badescu (Pomelo) et Chiaki Miyamoto (Le petit monde de Miki), sinon enchanter et complaire le lectorat ? !!! L'aventure de Petit Fantôme, la nuit, quand la maison dort, est drôle, empreinte de poésie, servie par un texte sans tralala. Ce livre est une rencontre, entre la forte personnalité cocasse de Ramona et l'esprit plus évanescent de Chiaki - elles arrivent ainsi à donner une atmosphère à ce livre qui est absolument stupéfiante !

Verdict de Miss C. :  « le livre est tout noir mais le petit fantôme est très mignon, l'histoire aussi est très drôle ! »

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Petit fantôme - par Ramona Badescu - illustrations Chiaki Miyamoto - Gallimard jeunesse, coll. Giboulées . 40 pages / 12.00 €

pas_peur_du_loupJe ne vais pas décerner la palme de la plus attrayante couverture avec cet autre livre, mais il faut passer la frontière et se laisser séduire par cette histoire de loup. Personnellement j'ai plutôt savouré !!!

Dans notre bouillon, il y a un pépé Louis, des enfants insatisfaits, des contes à revoir et un loup professeur d'histoires à faire peur. Voilà le topo : pépé Louis est renvoyé car ses contes ne plaisent plus aux petits-enfants, il faut qu'il ailler toquer chez le loup pour obtenir une recette plus croustillante. Un marché est conclu, vite fait bien fait, et nos deux compères se penchent sur leur exercice. Ce qu'invente (???) le loup est si terrifiant que les oreilles furtives vont frétiller et donner l'alerte pour s'enfuir, loin, bien loin de ce loup ... à l'imagination (???) fort débridée ! Et même pépé Louis doit admettre que le loup commence à lui ficher une petite trouille non négligeable.

Mais ça marche plutôt pas mal auprès des enfants, et même carrément bien ! Les histoires du loup sont horribles, purement et simplement horribles. Pépé Louis s'endort du sommeil du juste, mais les petits restent tétanisés par cette histoire du soir ... pas tellement reposante ! Alors, à leur tour, ils vont concocter une histoire « noire » pour bien effrayer leur pépé Louis.

Oui, j'ai tout de suite été accrochée par l'histoire, embarquée par ce que l'auteur proposait, parce qu'au premier abord cela semble anodin et facétieux. Très vite, pris dans les filets de l'intrigue, on ne décroche plus et on tourne, on tourne et on tourne encore les pages pour connaître la suite ! Il y a de l'humour, oui, au programme. Et assez singulièrement, il y a du suspense, de l'attente, une curiosité mise à rude épreuve. C'est tellement efficace que je suis arrivée à la dernière page en étant déçue d'être à la fin. J'aurais bien aimé encore un peu de rebondissements et coups de théâtre !

Histoire séduisante, étourdissante, qui fait rire (beaucoup) et frissonner (un peu). Et finalement les illustrations, plutôt originales, se fondent totalement dans l'ambiance du texte. Encore une belle lecture que voilà !

Verdict de Miss C. :  ... elle est restée bouche cousue tout au long de la lecture !!!

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Pas peur du loup, par Anne Cortey - illustrations Vincent Bourgeau - 32 pages.  Gallimard jeunesse, coll. Giboulées.  11.50 €

10/10/07

For your eyes only !

En 2006, Quentin Blake a fait cadeau à l'Hôpital des Maladies mentales de Westminster-Chelsea à Londres de réjouissantes fresques pour émerveiller le quotidien des patients et du personnel. Ce livre fait donc partager ces magnifiques réalisations.

Aucun discours ne pourra égaler le plaisir des yeux. Voyez par vous-mêmes ...

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Parce que la vieillesse fait peur, parce que vieillir est un sujet tabou, mais parce qu'on peut donc prendre de l'âge avec panache, optimisme et légèreté ... bref, ce livre est salvateur ! C'est un peu le message qu'il dégage, ajoutez que Quentin Blake a ce talent et cette facétie indiscutables pour faire mouche ! ... Voilà un petit livre vraiment pas pépère, qui pourra ravir petits et grands !

(A lire, pour le plaisir, l'introduction de Quentin Blake himself ! ... )

couvquentinsmallVivre nos vieux jours! Illustrated by Quentin Blake

Quentin’s French publishers, Gallimard Jeunesse, had to invent a new imprint ‘Gallimard Vieillesse’ especially for this life-enhancing book. It features Quentin’s drawings made originally for the patients of Kershaw Ward (South Kensington and Chelsea Mental Health Centre) plus some brand new ones and will delight people of every age.

Published by Gallimard Jeunesse

Publication date: 4 October 2007

ISBN 978-2-07-061516-2

http://www.quentinblake.com/

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02/10/07

Fais que ta peur soit toute petite, car si tu la laisses grandir c'est toi qui seras tout petit. (*)

Introduction : Tout le monde a peur de quelque chose. La peur peut terrasser l'être le plus courageux.

Petite_souris_le_grand_livre_des_peursLE GRAND LIVRE DES PEURS d'Emily Gravett est le livre indispensable pour vous aider à triompher de vos peurs. Rédigé par une spécialiste du tracas en tout genre, il est le fruit d'une vie entière passée à combattre toutes sortes de peurs à l'aide d'un crayon. Vous aussi, vous pouvez triompher de vos peurs grâce à une expression artistique !

Chaque page de ce livre (ou presque) vous réserve un espace vide (ou presque), afin que vous y notiez vos peurs , et les affrontiez par le biais du dessin, de l'écriture, du collage.

SOUVENEZ-VOUS ! UNE PEUR AFFRONTÈE EST UNE PEUR SURMONTÈE.

Ceci est l'avertissement de l'éditeur, mais je m'empresse de me joindre à celui-ci car ce serait mentir que d'affirmer le contraire !

Autant l'écrire de suite, cet album est un petit bijou !

Par son grand format, son ingénuosité, son originalité et sa facétie, il permet d'exorciser ce sentiment de phobie envers le noir, le vide, les autres et les idées folles - ce qui se cache sous le lit, ça ne vous évoque rien ??? !

Bref, ce livre suit en fait l'histoire d'une petite souris qui confie tous ses petits tracas : arachnophobie, entomophobie, tératophobie, clinophobie etc etc ... (n'ayez crainte, chaque mot est accompagné de sa signification !) Il faut de la science pour déterminer ses peurs, mais aussi une bonne dose d'humour.

L'anglaise Emily Gravett est spécialiste des albums à plusieurs dimensions. Le lecteur peut feuilleter le livre, dans tous les sens, et découvrir un nouveau détail à chaque fois ! Entre les pages grignotées par cette petite souris, la feuille du fermier qui relate un terrible fait divers ou la carte touristique de l'Île de la Peur, votre enfant et vous allez manipuler ce livre à l'endroit, à l'envers et ainsi de suite ! Vous allez également savourer les anecdotes, reconnaître certains cauchemars, frissonner (gentiment) et sourire (malgré tout).

Car ce livre est un délice !

Humour, espiéglerie, intelligence et finesse sont les ingrédients de cette recette efficace, offrant ainsi un album indispensable qui ravira petits et grands !!!!

Faites un tour chez notre frenchy Mélanie au pays des British pour sa journée rencontre avec Emily Gravett ...

Kaléidoscope - Août 2007 -  15 €

Traduit par Elisabeth Duval . Dès 5 ans.

 

(*) Adage Amazonien.

Miss_C_n_en_loupe_pas_une_mietteEdit du soir :

Le verdict de Miss C., 7 ans, est tombé !

« Il est super - hyper - archi - bien ! ! ! »

Elle n'en loupe pas une miette !!!

A lire, relire et découvrir sans fin des petits trucs qu'on n'aperçoit pas au premier coup d'oeil ! 

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27/09/07

Qui boude sa nourriture rend son derrière bien étonné (*)

Il y a des livres où des petits détails vous attirent (la couverture, le titre ou l'auteur) et cela vous pousse, sans aucune justification,  à tendre les bras vers ce produit à cause de ce pouvoir inexplicable !   « La fine fine femme » en est l'exemple.

la_fine_fine_femmeJ'ai voulu lire ce livre, parce que j'aimais son titre et sa couverture. Impossible de dire pourquoi. Je n'ai pas cherché à connaître l'histoire. Aussitôt reçu, ce livre est passé entre mes mains et a fait l'objet d'une scrupuleuse lecture. J'ai fouillé, roulé des yeux de haut en bas, et de droite à gauche, faisant une pause, soucieuse du détail, et parfois les sourcils froncés... L'histoire ne m'échappait pas, elle me semblait même surréaliste.

Mais de quoi ça parle, c'est vrai ? ... Commençons par le commencement !

Au petit matin, un veilleur de nuit rentre chez lui et trouve sur son chemin « une fine, fine femme », une tache sombre sur la route si légère qu’il la porte sans difficulté jusque chez lui. Il la couche dans son grand lit et sans oser la réveiller, dépose à son chevet de l’eau et de la nourriture. Les jours et les nuits passent et la femme jamais ne s’éveille, mais chaque matin, le veilleur de nuit retrouve les plats vides et chaque soir la femme occupe un peu plus de place dans le grand lit. Au même moment, dans la ville, les habitants s'inquiètent et grondent car plusieurs bêtes ont disparu, dévorées. Un vieil homme semble connaître l'origine de ce mal : il se souvient qu'enfant on lui parlait de la redoutable grise ogresse qui s'attaquait aux bêtes avant de s'en prendre aux enfants ! C'est sûr, la grise ogresse est de retour !

Notre veilleur de nuit ne pipe mot mais s'interroge. La légende coincide avec l'arrivée de cette « fine, fine femme » qui couche sous son toit. Pour en avoir le coeur net, il décide un soir de ne pas aller travailler et se cache près de sa protégée. Quand celle-ci se réveille et sort de son lit, elle offre au pauvre homme ébahi le spectacle effrayant de sa large corpulence, de son appétit vorace et de ses escapades nocturnes, à la recherche de toujours plus de nourriture.

La grise ogresse, c'est elle. Il faut prévenir les collègues et mettre en oeuvre une ruse pour renverser la vapeur et rendre l'ogresse une fine, fine femme.

Conte malicieux d'où s'échappe le mythe de l'ogre (ici, il s'agit donc d'une ogresse),  « La fine, fine femme » est une histoire pleine d'imagination et de poésie, un message de tolérance quand on découvre la façon dont les veilleurs de nuit vont  « affronter » l'Ennemie !

Au début, il y a un semblant de légèreté et de fragilité (la femme est si fine qu'une simple couverture de dentelle peut la couvrir) qui se dissipe progressivement. Cela passe par les repas gargantuesques, servis par les illustrations éclatantes et qui vont s'écraser jusqu'aux recoins du livre. La richesse du dessin montre clairement que la femme prend de l'ampleur, que l'abondance prend ses aises. Et que la menace s'apprête à exploser ?

Pas sûr. Parce que ce livre est subtil, étonnant ... Il touche, ou pas. Ce que j'ai trouvé séduisant, c'est la relation entre le veilleur de nuit et la fine, fine femme à travers la nourriture. J'ai beaucoup aimé la chaleur des illustrations, la rondeur et la boulimie. C'est généreux, offert au lecteur. Alors oui, j'ai été charmée ! ...

La fine, fine femme - Véronique Caylou (texte) & Zaü (illustrations).  Gallimard jeunesse  / Août 2007.

A partir de 5 ans.

(*) Proverbe breton (1996) - Lukian Kergoat

Arrête-moi si tu peux ! ...

saucisse_partiePrenez un petit garçon tout à fait normal (c'est l'auteur qui le précise !) et qui s'appelle Banjo Cannon. Il vit avec son papa, sa maman, son chat Mildred dans une jolie maison.

Tous les jours, été comme hiver, qu'il pleuve ou qu'il vente, la famille mange une saucisse au déjeuner.

Mais par un beau jour d'été, Suzy la saucisse saute hors de l'assiette et s'enfuit ! Aussitôt, fourchette, couteau, assiette, salière, ketchup, table et chaise partent à ses trousses ... suivis par Banjo, monsieur et madame, le chat Mildred et le chien du voisin.

Et parmi ces fuyants et poursuivants, on retrouve aussi des carottes, des petits pois et des frites. Tout ce petit monde porte un prénom : Peter, Perceval, Paul, Caroline, Clara, Camilla et Christabel ... De quoi perdre son latin ! (mais pas son humour)

La ribambelle s'éparpille dans le parc, entre ceux qui se cachent, ceux qui mettent les voiles, ceux qui se font croquer ou ceux qui sont bloqués par des passants ... bref la saucisse Suzy parvient à échapper à son garçon affamé - Banjo et son estomac dans les talons !

Elle finit comment, la saucisse partie ?  Encore des gags et des rebondissements à chaque page !

Si le principe peut paraître un peu  « lourd » pour un adulte, il faut reconnaître que c'est assez percutant sur un public d'enfants. Imaginez une saucisse qui déguerpit, des petits pois et des carottes à ses basques, et un déjeuner qui vole en éclats ... là j'avoue que l'idée est drôle, bien pensée et qu'elle laisse la place à une série d'inventions tout à fait cocasses !

Pour la réflexion, faut-il voir dans cette histoire la suggestion qu'il est important de varier les repas pour alimenter l'appétit ? ... Ou simplement qu'il faut terminer son repas avant qu'il ne disparaisse ?

Je ne m'attarde pas sur ce grand débat parce que je souhaite retenir les éclats de rire de ma fille, son empressement à tourner les pages et son avis qui est, tout bêtement,  « quelle histoire folle ! ».

La saucisse partie, Allan Ahlberg (texte) & Bruce Ingman (illustrations) - Gallimard jeunesse  /  Septembre 2007.

A partir de 3 - 4 ans.

19/09/07

Dugenou - Thomas Fersen & Elisabeth Eudes-Pascal

Je ne vais pas vous parler (encore !) de musique mais d'un artiste qui passe souvent près de moi et qui pourtant reste un inconnu à mes oreilles ... Cet artiste, c'est Thomas Fersen et j'ai bien compris qu'il jouissait d'une solide réputation auprès d'un microcosme d'aficionados ... vers lesquels je me tourne un peu aujourd'hui pour compléter mes lacunes ! ... Help ! dites-moi comment rattraper mon retard !  ;o)

Pour l'heure, je vous conseille cet excellentissime .. Hyacinthe !


Thomas fersen - hyacinthe

 

Ceci me conduisant donc à vous parler d'un livre reçu dans ma boîte aux lettres et qui a eu l'effet d'une petite révélation ! ...

dugenouDugenou - texte : Thomas Fersen / illustrations : Elisabeth Eudes-Pascal 

Le tout nouvel album jeunesse du chanteur Thomas Fersen ! Ce premier album, d’une série de trois, met en images le monde singulier de Thomas Fersen. Avec la chanson Dugenou, tirée de l’album qu4tre, Fersen nous raconte sur un ton espiègle et délicieusement irrévérencieux une histoire qui parle des malheurs de celui qui n’est jamais à la hauteur, qui est toujours le dernier. Et ça commence dans la cour de l’école…

C'est vrai qu'en feuilletant ce livre, je n'avais qu'une envie ensuite : celle de découvrir LA fameuse chanson. Je n'ai pas trouvé mieux que ce court extrait (cliquez ici ! ).

Vous pensez quoi de l'idée de mettre en images une chanson, un univers musical ? Pour ma part, je trouve que c'est une divine initiative. D'un côté, c'est un cadeau inestimable pour les "fans", de l'autre cela ouvre une porte aux amateurs, à ceux qui ne connaissent pas (trop bien) le Monsieur en question !!!

Concernant le livre en lui-même, et indépendamment du reste, cela reste une lecture assez drôle, cocasse et très distrayante d'un texte bourré de dérision et de fantaisie. Vous en sortirez en fredonnant le refrain :   

« Mais la nuit Dans mes rêves, On m'appelait : Mon p'tit lu, Ma colombe, Mon Jésus, Mon loukoum Ou ma Fève. »

Pour vous donner le sourire et piquer votre curiosité, je ne peux que vous le recommander !!!

Je le conseille plus pour les grands enfants (nous, les parents) -  A partir de 9 ans, sans quoi !

((( Tiens donc, amis enseignants, j'ai également trouvé ce document "page pédagogique" à partir du texte "dugenou" ! un (futur) grand classique, ou je me trompe !  ? )))

Editions Les 400 Coups - 32 pages  / Août 2007.  7.50 €

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12/09/07

Jacques Prévert, pour les enfants !

Il y a 30 ans, le 11 avril 1977, décédait Jacques Prévert. Ce grand poète, connu pour son recueil  « Paroles » a laissé une oeuvre très riche et variée.

En 2007, les éditions Gallimard jeunesse rééditent quelques-uns des albums en proposant ainsi de revisiter l'oeuvre du poète, toujours d'actualité.

prevert_le_cancreVoici le célèbre poème de Jacques Prévert, illustré par Jacqueline Duhême, pour se rappeler toujours que l'essentiel c'est d'être heureux.

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
...

Un album accessible pour les plus jeunes, même si ce poème est inscrit dans le programme des cycles 2. Ma fille qui fait partie d'une classe à plusieurs niveaux avait déjà connaissance du poème. Ce fut donc un réel plaisir de découvrir cette lecture  - elle n'a d'ailleurs pas hésité à la faire partager avec sa classe. Les images de Jacqueline Duhême sont un atout encore plus réjouissant pour le plaisir de lire, apprendre et comprendre cet hymne du bonheur !

Avis aux enseignants, aux parents ... un titre indispensable, selon moi ! 

 


 

 

prevert_opera_de_la_luneUn grand classique insolent et magique de Jacques Prévert :  L'Opéra de la lune.

Extrait du livre :
Il y avait une autre fois un petit garçon qui souriait très souvent, la nuit, en dormant. C'était une autre fois mais c'était le même petit garçon. On l'appelait Michel Morin, le Petit garçon de la lune, parce que, lorsqu'il y avait la lune, il était content.
- Je la connais, disait-il, on est amis tous les deux et même quand elle ne vient pas le soir, je n'ai qu'à fermer les yeux et je la vois dans le noir de la nuit. Elle est toujours là pour moi et quand je dors, j'ouvre tout grand les yeux en dormant et je me promène avec elle et elle me montre des choses très belles dans mon sommeil.

Cet album est également admirable, mais moins abordable que le précédent. L'éditeur le conseille pour les enfants dès 5 ans, j'émets un doute à ce sujet car j'ai trouvé que la lecture n'était pas évidente au premier abord. Plus de texte, des illustrations charmantes mais une histoire plus parabolique ... bref il faut davantage d'assistance pour cette lecture. (Ceci est mon jugement par rapport à un lectorat de la jeunesse. Ensuite, je le conseille tout à fait pour les plus adultes d'entre nous ! )

Nota Bene : personnellement, j'aurais apprécié que cette édition s'accompagne d'un cd pour soutenir les passages musicaux.

 


 

prevert_baladarUne histoire inoubliable, pleine de poésie et d'humour : Lettres des Îles Baladar

Mot de l'éditeur

Il y avait autrefois, au beau milieu des quatre coins du monde, dans l'archipel des Baladar, une petite île de rien du tout où tout était calme et gai, où le bonheur se promenait parmi les pêcheurs et les enfants. Mais un jour, les habitants du Grand Continent s'aperçurent que de l'or brillait sur l'île...

Ce livre est la réédition "collector" de l'édition originale de 1952.

Vous ne connaissez pas ? N'hésitez plus ! Ce conte de Prévert est un enchantement ! Bien entendu, l'histoire couvre un message plus profond qui dénonce l'ambition de la colonisation et la menace de détruire la liberté et le bonheur individuel. C'est un peu sévère pour les enfants, croyez-vous, mais c'est tout le contraire. Pourquoi ? L'écriture, tout simplement ... N'oubliez pas que c'est du Prévert et donc ... *musique du bonheur*

Cela commence ainsi :   

« Autrefois, et cela fait déjà longtemps, au beau milieu des quatre coins du mondes, il y avait des îles protégées par la Mer.

C'étaient ses îles défendues, elle les appelait les Iles Préférées. De temps à autre, mais assez rarement, un hardi navigateur muni d'une longue-vue de haute précision voyait au loin surgir l'une d'elles, ensoleillée, mais à peine avait-il crié : Terre ! Qu'aussitôt elle disparaissait dans un brouillard instantané et tout aussi vite c'étaient déjà la tempête, les cyclones et les tornades, les typhons, les lames de fond.

Et comme les marins ont autre chose à faire en mer que de faire naufrage tous les jours ils n'allaient pas plus loin dans leur exploration.

Ils appelèrent ces îles les îles Baladar, parce que, disaient-ils, elles ne tenaient pas en place et se bornèrent à inscrire, au hasard des rencontres, quelques noms sur leurs cartes.

Et c'étaient l'île A Part, l'île Subito Presto ou l'île Incognito.

Suivant leur humeur du moment, suivant le bon ou le mauvais temps, ils les traitaient différemment. Un jour ils les appelaient les Défensives, les Méfiantes, les Redoutables, les Imprévues, les Intraitables, les Farouches, les Fugitives. »

(En cours de  lecture par Miss C., 7 ans)