Chez Clarabel (2)

Des livres, de la passion de lire et des dessous chics

15 décembre 2007

Georgie, la suite (et fin !)

Voici enfin un aperçu des trois derniers volumes de la série Georgie !

georgie_volume_3Donc, Georgie est à Londres, elle a rejoint Lowell Grey et veut croire en ses chances de bonheur avec lui, malgré l'annonce des fiançailles avec Elise, la demoiselle de haut rang, qui refuse d'être concurrencée par la jeune australienne.

Dans ce tome, Georgie entraperçoit le climat familial chez les Grey - particulièrement exécrable - et doit faire face au tempérament volcanique de la fiancée officielle. Lowell affirme vouloir affronter la planète entière pour vivre son amour avec Georgie.

A tout ceci, vient s'ajouter la venue d'Abel qui parcourt les rues de Londres pour retrouver la jeune fille. Et c'est tout un flot de souvenirs, de nostalgie et d'émotions controversées qui submerge Georgie face à lui. Sa proposition pourra-t-elle faire fléchir l'amour qu'elle porte à Lowell ? Ce dernier sera-t-il assez fort pour supporter le poids des convenances ?

Après un début cucul-la-praline, l'histoire ne peut s'empêcher de collectionner les soubresauts, les éclats passionnels et les points d'intrigue à venir. C'est attrayant ! La distribution des rôles demeure toutefois conflictuel, pour l'heure le personnage d'Abel réunit tous les suffrages - sexy, malheureux et prévenant. Et pourtant, les lecteurs de l'époque (1982) ont préféré Lowell Grey (ce qui me rappelle le cruel dilemme de Candy, entre Terry et le prince des collines, alias Albert ! Pouah !)

Comme toujours, ce volume se termine sur une note de suspense insoutenable !

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Vive action pour pénétrer dans cet avant-dernier épisode : Abel pense détenir un indice sur la présence de son frère Arthur à Londres. Est-ce lui, le mystérieux Cain, l'objet des tentatives d'assassinat par deux hommes qui sont à la solde du duc de Dangering ? ... Ce dernier a aussi décrété la mise à mort de Georgie - pas moins ! Poussé par sa protégée, Elise la fiancée bafouée, le duc est enragé d'apprendre que Lowell a pris la fuite avec l'australienne, damant le pion à ses projets de mariage convenu.

Parti se cacher en pleine campagne, le couple a bien du mal à joindre les deux bouts. Et Lowell va mal, très mal. Ses jours sont comptés et amènent Georgie à prendre une décision irrémédiable.

Pour soulager la tension dramatique, le scénario s'étoffe de personnages secondaires très caricaturaux, peu crédibles pour incarner la réalité de leur situation, mais qu'importe. L'essentiel est qu'on rigole bien, rien qu'à les croiser ! (Je pense au couple Emma et Dick, ou à Catherine et sa mère dans le volume 3.)

Pour le reste, l'histoire s'assombrit sur le plan sentimental. L'introduction du personnage de Cain donne davantage de confusion dans la répartition des cartes, tout est totalement noueux et accablant. Par ailleurs, la quête des origines de Georgie connaît un sursaut d'intérêt, une piste émerge et augure quelques instants d'artifices poignants (mais tout à fait légitimes) !

**********

georgie_volume_5Mon premier sentiment, en lisant ce cinquième et dernier volume, est une impression de précipitations, de solutions vite trouvées, de combinaisons miraculeuses à des intrigues brodées depuis le tout début ! C'est un peu fort, peu vraisemblable, mais cela ne va pas entacher le bonheur de lecture ressenti.

Il s'agit donc de la fin pour Georgie : Lowell est parti en Italie, Arthur est prisonnier de la folie d'un homme, Abel n'hésitera pas à se sacrifier pour sauver celle qu'il aime ... Georgie vit dans un tourbillon d'émotions nouvelles, elle se sépare d'un amour pour s'ouvrir à une autre histoire, belle et inespérée. Digne aussi de s'inscrire parmi les passions les plus dévastatrices et dramatiques !

Peut-être que deux tomes supplémentaires auraient été appréciables pour mieux gérer le trop-plein d'action et d'émotion de ce dernier volume. Cela donne un patchwork de chamboulements, un crescendo de sensations. D'un autre côté, la puissance est indiscutable, ces excès conditionnent le lecteur, et les larmes sont au rendez-vous !

Remarquable série, très romanesque et mirobolante ! Le charme des personnages, leur charisme et leur destin maudit sont autant de points extraordinaires. J'ai pris un immense plaisir à me replonger dans ce bain de jouvence, ce fut un vrai régal !

Editeur : Tonkam, Paris - Scénario : Man Izawa - Illustrations : Yumiko Igarashi - en noir & blanc - 5,95 € le volume.

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08 décembre 2007

Nostalgie, ô nostalgie !

Qui se souvient ? C'était en 1988, la première chaîne diffusait un nouveau dessin animé qui ressemblait à s'y méprendre à Candy. Cela s'appelait Georgie.

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C'était l'histoire d'une petite blondinette qui vivait en Australie (au 19ème siècle) avec ses deux frères, son papa et sa maman dans une ferme. L'enfant est vive, dynamique, pleine de fraîcheur et d'innocence. Un vrai rayon de soleil. Les premiers épisodes font l'étalage des jours heureux, ceux d'une enfance en plein air, aux basques de ce joli bout-en-train, garçon manqué. De fil en aiguille, on découvre toutefois que Georgie est une petite fille abandonnée à sa naissance en pleine forêt par une mère agonisante et qui était poursuivie par des hommes qui traquaient les bagnards (la région était une destination sans retour pour ces prisonniers). On ignore quelles sont les origines de la fillette, mais avant de mourir la mère a insisté pour qu'elle ne quitte jamais le bracelet qu'elle porte au poignet. Ce bijou détient un secret, celui de la naissance de Georgie.

Et ainsi les épisodes s'enchaînent. Dans le dessin animé, c'est un mélange de candeur, d'instants puérils et drôles, à des moments très graves, comme la mort du père. A partir de là, Georgie va se heurter à la froideur de sa mère. Depuis toujours, la famille a élevé l'enfant sans lui révéler qu'elle était adoptée. Georgie a grandi auprès de ses frères, Abel et Arthur, et fait tout pour plaire à la mère, sans succès.

C'est au moment de l'adolescence que tout éclate. Georgie est devenue une splendide jeune fille, spontanée et pétillante. L'acrimonie de la mère pousse davantage les garçons à protéger cette petite soeur, qu'ils ont appris à chérir plus de que raison. Abel va devenir matelot pour s'éloigner d'elle, et Arthur ambitionne de reprendre la ferme. Tous les deux sont secrètement amoureux de Georgie. Quand leur mère découvre la chose, elle explose de colère et révèle à celle-ci qu'elle n'est qu'une fille de rien.

Pourquoi le cadre champêtre et idyllique vole-t-il soudain en mille morceaux ? Parce que Georgie vient de faire la connaissance du petit-fils du gouverneur, venu tout droit d'Angleterre. Il s'appelle Lowell, il est beau, courtois et dégage un charme fou. Il bouleverse l'adolescente de 14 ans qui s'amourache, provoquant ainsi la colère et la jalousie d'Abel et Arthur.

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Je crois qu'à partir de là la série tombe dans le mélodrame avec actes insensés, déclarations enflammées et passions folles et dévorantes ! ... Georgie va choisir de voguer vers l'Angleterre, d'abord pour rechercher ses véritables parents, puis pour rejoindre son chéri, Lowell, forcé de rentrer chez lui pour annoncer à sa famille la rupture de ses fiançailles avec une jeune fille de la haute bourgeoise. De leur côté, Abel et Arthur ont également décidé de traverser les océans et ramener Georgie à la maison. Mais chacun mène son projet indépendamment de l'autre.

Où Georgie passe, elle fait des ravages ! Cela peut sembler ridicule, bêbête et niais comme c'est pas possible. Mais moi je marche à fond. La première fois, j'avais 12 ans, aujourd'hui j'en ai 31 et je suis toujours autant mordue ! C'est débile, mais bon ... A l'époque, je ne connaissais que le dessin animé. Aujourd'hui j'ai découvert le manga ! ! ! !

georgie_volume_1        georgie_volume_2

La série comporte 5 tomes. Contrairement au dessin animé, l'histoire se passe tout de suite à l'époque des 14 ans de Georgie, et ne s'attarde pas à son enfance. Les scénaristes avaient bien brodé pour tirer 45 épisodes et attirer un large public, surtout qu'il s'agit de l'auteur de Candy ! La lecture du manga (un shojo pure souche !) s'adresse donc aux adolescentes qui rêvent de grandes amours contrariées, avec de l'aventure, des intrigues, des trahisons, des secrets. (Et pas seulement !) A ne pas réserver aux enfants qui viendraient par là, après la découverte du dessin animé ! Nous en sommes bien loin !!! ...

Je sens l'étonnement vous gagner. Je vous rassure, l'histoire est riche d'instants très drôles et frivoles, parfois aidés par des personnages secondaires ayant beaucoup de panache. Mais le manga est nettement plus profond dans sa trame que le dessin animé.

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Ici on découvre des histoires romanesques qui sont déchirantes et poignantes. On oscille souvent entre le rire et les larmes. Et l'avenir des personnages paraît terriblement compromis... En fait, je viens de lire les deux premiers volumes. J'en suis arrivée à une scène cruciale, où je ne sais pas du tout quoi penser !!! Je me rappelais que Georgie avait une histoire qui flirtait avec la sensualité (la sexualité ?), et j'en suis donc arrivée à un point chaud ! J'ai vite commandé la suite.

J'ai également oublié la fin du dessin animé. J'ai cru comprendre que les scénaristes avaient opté pour une fin anticipée par rapport au manga. Mais la tragédie pointe, et je sens que les larmes vont couler dans les chaumières ...

A suivre, donc !

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Le générique :

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04 décembre 2007

Emma (tomes 1 & 2 ) - Kaoru Mori

emma_1Ce manga raconte l'histoire improbable entre une jeune soubrette prénommée Emma et un fils de bourgeois, William Jones, qui se rencontrent chez Kelly Stowner, l'ancienne gouvernante du gentilhomme.
Dans cette Angleterre du 19ème siècle, toute relation entre deux classes sociales différentes est hautement répréhensible, l'un et l'autre le savent. Toutefois, d'histoire d'amour il n'y en a pas clairement, c'est plus feutré. On sent bien William ému et troublé par la jolie domestique, elle-même sensible à son charme. On ne va pas plus loin, n'attendez aucune déclaration enflammée, des emballements ou de la cavalerie ... que nenni ! Cela reste très gentleman, très courtois et même un peu plan-plan !
Le caractère d'Emma est doux, assez mystérieux. Sa beauté attire les demandes en mariage, mais la demoiselle les refuse toutes. Ses rapports avec Mrs Stowner, son employée, paraissent ceux d'une protégée contre les vicissitudes de la vie. Dans ce tome 1, Mrs Stowner se blesse à la cheville et l'histoire laisse planer un nuage sombre. Tout semble préparer à une disparition prochaine, hélas.
De quoi donner du piment à l'histoire ! Parce qu'on ne peut guère compter sur le jeune Jones pour donner des couleurs à cette bluette sentimentale ! Le garçon est niais, mou et maladroit, il rougit, balbutie sans cesse. Son succès relève d'une grande part de mystère !!!
Bref, j'ai bien aimé et je vais continuer à découvrir la suite des aventures. Je n'ai pas été follement emballée par cette mise en bouche, mais les dessins de Kaoru Mori sont très beaux, ils baignent dans l'ambiance victorienne à laquelle on adhère, la main sur le coeur. J'attends désormais un peu plus de fougue dans cette série !

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emma_2Le tome 1 plaçait donc l'histoire d'amour impossible entre Emma, la soubrette, et William Jones, le jeune homme de bonne famille. C'était une entrée en matière sympathique, très soignée et engageante.
J'attendais très franchement ce deuxième tome pour la conduite à suivre : allais-je être conquise pour de bon, ou tout juste séduite, pas assez ébranlée pour connaître la suite des aventures ?
Verdict : j'adore !
Ce tome 2 nous fait davantage rentrer dans l'intimité des personnages : la famille de William arrive, ses deux soeurs et son jeune frère qui vont se ranger du côté du père et soutenir l'importance de la tradition qui repose sur les épaules de l'aîné. William a tenté de faire comprendre son attachement pour Emma, mais son père ne veut pas en entendre parler. Au contraire, il le pousse à côtoyer une fille de son rang, Eleanor.
De son côté, Emma se retrouve toute seule avec la mort de sa bienfaitrice, Kelly Stowner. Elle doit quitter Londres et décide de retourner dans son village natal près de la mer.
Dans ce livre, on découvre avec émotion le passé d'Emma, petite orpheline enlevée pour être vendue à une tenancière de maison close. Son histoire livrée à William par une tierce personne va attacher davantage le jeune homme à la belle soubrette, sans se douter que celle-ci est sur le point de partir, et que peut-être tout deux ne se reverront plus...

Ce n'est pas une saga nunuche et bêtement romanesque, c'est au contraire une peinture délicate de la société anglaise, qui décrit pointilleusement les coutumes de la haute, le cérémonial d'un dîner et la condition des employés de maison. Dans cette époque de convenances, l'histoire d'amour entre Emma et William est vouée à l'échec. Ce serait mentir que de ne pas reconnaître ô combien cette gentille bluette prend soudain de l'importance à subir les foudres du destin pour éloigner de plus en plus nos deux prétendants. C'est captivant, on s'attache fortement à cette série, qui est de grande qualité. (Oui ça y est ! je suis subjuguée !) Et puis c'est drôle aussi, avec des personnages comme Hakim, le jeune aristocrate venu des Indes, qui dégage un magnétisme fou !

Kurokawa, Paris - 192 pages - traduit par Eve Chauviré, illustrations en noir & blanc, lecture à la japonaise.

Série en 7 tomes. 6,90 € le tome.

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27 novembre 2007

L'auberge du bout du monde - Prugne & Oger

auberge_du_bout_du_mondeDans un coin perdu de Bretagne, vers l'an 1884, l'écrivain Saint-Preux s'arrête à une adresse lugubre, répondant du nom de l'Auberge du bout du Monde, où pas une âme ne semble vivre. Son propriétaire est un vieil homme maladif, alité, qui va confier à notre homme en panne de plume une bien étrange histoire qui a commencé par la tragédie, bien des années plus tôt...

Tout a débuté par l'assassinat d'une femme, par la disparition de sa fillette d'à peine 12 ans et par une étrange malédiction qui va frapper le village de Trébernec. Près de onze ans vont passer, quand sonne le retour de la jolie Iréna, désormais muette, et qui semble posséder la capacité de guérisseuse. Ses dons vont cependant provoquer la polémique, les gens la disent proche du diable et de la sorcellerie, de plus l'épidémie qui frappe sauvagement les villageois coincide avec son retour inopiné. A ses côtés, Iréna peut compter sur la dévotion de son ami d'enfance, Yann le marin. Mais les forces du mal s'abattent férocement, ravagent la population, ne faisant pas de quartier.

Quelle ambiance ! C'est dans une atmosphère lugubre et empreinte de mystères que cette fascinante histoire est basée. Nous sommes au 19ème siècle, en Bretagne, la plupart du temps l'action se passe la nuit et sous la pluie. Impossible de ne pas retenir son souffle, d'autant plus que cette inquiétante histoire est mêlée à des forces fantastiques qui créent de l'effet et accentuent l'impression d'angoisse latente. Le scénario est prenant, assez juste, même si parfois les chutes tombent un peu abruptement. Les dessins de Patrick Brugne sont des aquarelles de toute beauté !

On dévore les trois tomes à la suite, absolument conquis !

auberge_1   auberge_3  auberge_2 (Click pour agrandir les images)

Les trois volumes de la série ont paru chez Casterman en 2004, 2006 et 2007 pour un prix approximatif de 9,80 € chacun.

L'intégrale est également disponible à France Loisirs - 144 pages - pour le prix de 19 € 

Cette intégrale contient : La fille sur la falaise - Des pas sur le sable - Les remords de l'aube.

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19 novembre 2007

Lou ! tome 4 : Idylles - Julien Neel

lou_4Quatrième tome de la série, Lou ! est une histoire d'abord destinée aux plus jeunes, mais y'a vraiment pas de mal à se faire du bien en plongeant dans ces aventures bourrées d'humour et de fraîcheur !

Lou ! est donc une petite fille qui vit seule avec sa maman, nouvellement auteur d'une BD de science-fiction et amoureuse de Richard, le voisin sexy. Mère et fille sont inséparables depuis des lustres, mais voici un été qui va tout changer car Lou est invitée par sa nouvelle amie, Marie-Emilie la gothique, dans une villa près de la mer. C'est la première fois que Lou va passer des vacances sans sa maman !

De son côté, cette dernière accepte une tournée de dédicaces, organisée par son éditeur, et qui ne ressemblera pas vraiment à ses rêves de grandeur ! Mais que c'est drôle ! De plus, son chemin va passer par Mortebouse, le fameux village où vit la grand-mère de Lou. De grandes séquences d'hilarité sont à prévoir !!!

Lou, quant à elle, s'éclate avec ses amies, Mina et Karine incluses. Elles ont rencontré des garçons, et quelle surprise d'y retrouver Tristan, le premier grand amour de notre petite Lou. Enfin, petite... Lou fête cet été ses 14 ans ! On le pressent déjà que ce n'est plus une pitchoune haute comme trois pommes, sa silhouette s'est affinée, elle devient une jolie demoiselle, en plein dans l'adolescence, et je trouve que ce tome en donne une étonnante et vivifiante version, pleine d'insouciance mais entrecoupée par de sérieuses remises en question sur les désirs de l'autre et la timidité, l'amour et l'amitié !

Un régal ! J'ai peut-être passé l'âge, mais j'avoue m'être plusieurs fois esclaffée de rire sur des détails (irrésistible Monsieur Henri, le coup des majorettes, les deux guignols qui portent des slips en fourrure ...). Excellent tome, qui renoue avec le succès du début ! On est en plein dans l'éclate, comme le montre la couverture ... "à vous éclabousser de bonheur" !

Glénat - coll. Tchô - 48 pages.  9,40 €

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28 juin 2007

Strawberry Shortcakes - Kiriko Nananan

Phénomène manga ?

Je vous invite à regarder ce soir, jeudi 28 juin, le reportage de l'émission Envoyé Spécial qui traite du " Manga, un monde à l'envers " pour mieux expliquer ce phénomène. Les mangas, ces bandes dessinées japonaises déclinées sur tous les modes (jeux vidéo, dessins animés, etc.), étaient voilà peu accusés de tous les maux. Violents, visuellement agressifs, «décérébrants», ils constituaient, selon certains, une menace pour les enfants. Aujourd'hui, les mangas ont triomphé. Plus de 1000 nouveaux titres sont publiés chaque année. Et la France en est, après les Etats-Unis, le plus gros consommateur au monde. Une équipe d'«Envoyé Spécial» est partie au Japon, à la rencontre des maîtres du genre. (Lien de l'émission)

Et par la même  occasion, je vous présente :

strawberry_shortcakesElles sont quatre filles dans le Tokyo d'aujourd'hui, elles bossent, elles vivent seules ou en colocation. Elles sont toutes les quatre concernées par les atermoiements amoureux, par l'isolement et par l'envie d'aimer et d'être aimées en retour. Il y a Tôko la dessinatrice qui vit mal la trahison de son petit ami et qui régurgite la nourriture qu'elle absorbe par dépit et dégoût. Elle partage désormais son appartement avec Chihiro, une fille très belle qui a un travail nul mais qui fait tout pour rester à Tokyo et ne pas retourner chez elle, dans sa triste campagne. Elle a un petit ami mais elle attend de lui qu'il soulève des montagnes... Tôko ne supporte plus Chihiro, et cette dernière est jalouse de sa force intérieure et de son indépendance financière.
Akiyo est aussi amoureuse de son meilleur ami Kikuchi mais n'arrive pas à lui dire et souffre en silence. Elle vend son corps pour s'offrir un jour la maison de ses rêves, mais elle craque à force de faux-semblants. La quatrième protagoniste est plus discrète, tranquille dans son existence rangée, gourmande et curieuse, elle attend aussi l'amour, qui ne vient pas.

Alors ça ne semble pas très rose, a priori. Et ce n'est pas faute d'en mettre, comme sur cette délicieuse couverture ou avec ce titre "Strawberry shortcakes" = Millefeuille à la fraise. Pourquoi ? "Malgré les apparences, au fond, nous sommes comme des mille-feuilles aux fraises : jolis, fragiles, sucrés."
Et ce sont également les trois qualificatifs qui viennent en tête quand on termine notre lecture. Ce monde féminin n'est pas sentimental et niais, il est plus complexe. Kiriko Nananan est une experte en la matière, déjà auteur de "Blue" et "Everyday", son créneau s'inscrit dans la douleur douce, dans l'étonnante et émouvante subtilité de la sexualité féminine. Elle pénètre l'âme humaine avec une facilité renversante, aidée par son art du dessin qui joue avec l'alternance de gros plans de visages, de silhouettes ou d'objets décadrés, en plus de l'utilisation du monologue. Même si parfois cela frise la morosité, il est impossible de ne pas adhérer à cette histoire, d'aimer les personnages et de les comprendre, de s'apitoyer sur leurs sorts et de souscrire à leurs préoccupations. Il y a une poésie derrière les larmes et la tristesse, un charme ténu, oui vraiment cette lecture est pénétrante, perspicace et raffinée. J'ai vraiment beaucoup aimé...

Traduction : Corinne Quentin. Casterman, coll. Sakka. 330 pages.

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15 juin 2007

Virginie, une histoire qui sent la colle Cléopâtre - Kek

virginieAu départ était un site internet (qui existe toujours), puis c'est devenu un album édité aux éditions Delcourt, une version avec plus de dessins, un épilogue et d'autres surprises. Son jeune auteur Kek ne manque pas de verve, il se rappelle son amour d'enfance, Virginie, qui a quitté leur ville de Dunkerque pour Grenoble à l'âge de neuf ans. Le temps passant, Kek n'a jamais oublié Virginie et tente le coup de la retrouver ! Cette histoire "qui sent la colle Cléopâtre" cultive l'humour et le bon esprit sans non plus tomber dans l'absurdité. Il y a des clins d'oeil, des dessins honnêtes et un discours actuel, parfois grossier, mais cela inspire toujours le comique.
A découvrir !

C'est ma petite soeur qui avait dégoté ce site : Virginie, une histoire qui sent la colle Cléopâtre

Editions Delcourt, coll. Shampooing - 45 pages - 7.90 euros.

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23 mai 2007

Ces livres qui nous déconcertent ...

... mais qui gagnent à être connus !

Ce sont deux albums fort originaux qui, de prime abord, peuvent dérouter et rendre perplexe. Ce sont deux livres que j'ai appris à apprécier, lentement ... mais que je n'ai pas donné à ma fille. Je ne pense pas qu'à 7 ans elle soit apte à saisir la sensibilité de ces deux histoires. Pas encore, dirons-nous.

frisson_de_filleFrisson de fille

Louise s'ennuie. Tout lui semble rasoir. Où sont ses copines ? Elle aimerait encore jouer à se faire peur, à aimer Badblueboy en cachette, à être un frisson de fille. Et si l'aventure était encore possible ? Les forêts sont pleines de légendes et d'aventures, c'est connu. Louise y fait un tour, en quête de frisson. Et qui rencontre-t-elle ? Le grand méchant loup. Et qui vient à sa rescousse ? Badblueboy !

Il est encore séduisant, même avec cette barbe bleue. Mais que cache-t-il dans son manoir ? Avant, Badblueboy collectionnait les mouchoirs des filles... Maintenant, il fiche la trouille !

Oui, c'est une adaptation très moderne du conte Barbe Bleue de Charles Perrault. J'ai beaucoup apprécié le texte, avec un style d'aujourd'hui, pertinent et frais, tout en demeurant poétique. L'héroïne est fort sympathique, humaine, positive et développe des sentiments nouveaux (le désir, l'envie de plaire, la soif d'aventure).

Cependant, j'ai été plus dubitative sur les illustrations et l'impression qu'elles donnent. Ce sont des gravures sur bois réalisées par Isabelle Vandenabeele, je ne renie pas le talent, mais la forte prononciation du bleu-rouge-noir a bien du mal à emballer. Mais l'ensemble est cohérent et accentue l'ambiance inquiétante, entre la cruauté et l'effroi qu'un personnage provoque sur l'autre.

Autre précision : la morale est différente. La jeune fille trouve en elle la force de dépasser ses craintes et de prendre sa vie en main. De quoi insuffler au lecteur un vent de courage et d'assurance.

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Edward van de Vendel / Isabelle Vandenabeele * traduit du néerlandais par Daniel Cunin * (Le Rouergue)

Passons de suite aux Petits meurtres et autres tendresses :

petits_meurtresJ'avais très envie de découvrir l'auteur Kitty Crowther, ses illustrations ne manquent pas d'audace. Elles possèdent un singulier aspect désuet qui n'est pas pour me déplaire ... Mais l'univers de Kitty Crowther est totalement insolite ! Habituée aux ouvrages pour la jeunesse, elle s'est lancée dans un exercice nouveau : proposer un album pour adultes !

Ses Petits Meurtres et autres tendresses sont des histoires de couples sanguinolantes et acides, en 60 pages. Attention, ça peut faire mal ! Moi j'avoue avoir pensé à mon Maître (et mentor) Sir Alfred Hitchcock. Je suis sûre qu'il aurait raffolé de cet humour ... noir !

Car c'est dans cette ambiguité du "je t'aime - je te tue" que règne l'ambiance de ce livre. Les petits crimes du foyer, les déclarations à l'arsenic, les odeurs de soufre, le poignard affûté et toujours un cadavre pas très loin ! ... Je sais, ça désarçonne. On aime, ou on déteste. Chaque page se compose d'un dessin et d'une citation (cf ci-dessous).

Parce que j'ai trouvé ça abominable et démoniaque, moi j'avoue avoir aimé ! ...

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Depuis le temps que je lui disais d'acheter un téléphone portatif !

Kitty Crowther (Seuil)

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24 janvier 2007

Tournants dangereux - Maïtena

tournants_dangereux_maitenaMaïtena revient avec une nouvelle série : après Les Déjantées, voici donc Tournants Dangereux, un mélange acidulé de drôlerie et de vérité sur le monde dans lequel nous baignons avec allégresse et perfidie. Dans cet album (souple et non pas cartonné, comme les BD habituelles), on dévore très vite les saynètes qui épinglent les jeunes femmes actuelles et ce qui caractérise notre terrifiante (et affligeante) société : la mode, la plaie du fumeur, les questionnaires type, ce qui dérange dans le foot, les cadeaux difficiles, la lingerie, le bronzage, le sport, les péchés capitalistes, le jeunisme, la quête du grand amour, la fidélité, la routine...

Maïtena porte également un regard très corrosif sur le couple, sur l'enfant et les névroses dont font bien souvent leur beurre moults magazines féminins, cela sonne comme ces rubriques futiles et insensées, mais c'est dix fois plus mordant et volontairement moqueur. Aucune complaisance, le trait dans les dessins de Maïtena prouve cette énergie découlée de l'agacement et du désir de dire Stop aux classiques complexes féminins (certains jugeront que ces dessins ne sont pas très beaux, c'est vrai !). Dans l'ensemble, la pilule n'est pas amère, on rigole beaucoup, se reconnaissant ici ou là, les thèmes étant évidemment universels !

Je trouve, toutefois, que cette lecture s'adresse davantage à un public féminin. A noter, en indice d'humour, on pense à notre petite française, Hélène Bruller, auteur de "Je veux le prince charmant" (chez Albin Michel). Le but recherché étant de divertir, je pense que c'est honnêtement atteint, même si c'est un style déjà vu, il faudra penser à se renouveller pour la suite !

Métailié

  • Quelques feuilles :

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23 novembre 2006

Le Décalogue - 1 & 2 - Giroud & Behe & De Vita

decalogue_1I. Le manuscrit  Un manuscrit en français est entre les mains de Simon Broemecke, directeur éditorial installé à Glasgow. C'est une histoire confuse et obscure qui remonte à 1814 et qu'une délicieuse petite vieille, Melinda Pitts, lui a remis en l'ayant trouvé dans une malle familiale. Après traduction du manuscrit, Simon est pris au piège de l'engrenage de l'édition : c'est une histoire passionnante, "la marque du prophète", dont on lui attribue la paternité de l'oeuvre. Impossible de reculer, sauf lorsqu'il commence à recevoir des lettres de chantage. Un deuxième personnage est au courant, le manuscrit n'était donc pas unique... Spirale infernale : Simon va tenter de se libérer d'une emprise diabolique. Or, on se demande si finalement le manuscrit n'est pas la pièce maîtresse de cette terrible machination.

Le scénario est singulièrement captivant. La confusion du héros ne cesse de grossir au fur et à mesure qu'il tente de sortir des fils de la toile d'araignée. Le manuscrit a un pouvoir redoutable, d'autres jupons avec fards sont aussi des figures menaçantes. Le 1er livre du Décalogue annonce la couleur : tu ne tueras point. Dans un Glasgow mystérieux, le long des docks où croupissent des clochards, un inquiétant tueur en série sème la zizanie. Une grande richesse dans les dessins et dans l'ambiance écossaise. Le lecteur est happé par tous ces mystères...

decalogue_2II. La Fatwa  Merwan est un jeune beur de la banlieue parisienne, entichée d'Aline, une danseuse saltimbanque qui se produit avec sa troupe dans les gares depuis Paris jusqu'à Istambul. Le couple se chamaille, le jeune homme la traque jusque dans l'Orient Express quand il aperçoit un visage familier. Cet inconnu est poursuivi par la sentence de la "fatwa". La gloire sourit à Merwan, à lui la promesse du paradis et de quelques millions de dollar... Et puis, un livre refait surface : le Nahik. "Depuis son origine, Nahik traîne une réputation de livre maudit. Si j'étais mystique, je penserais que le message de paix contenu dans le décalogue dérange tellement le diable qu'il appelle le malheur sur tous ceux qui s'en approchent et tentent de le diffuser."

Ce livre 2 apparaît davantage comme une réflexion du commandement "tu resteras à l'écoute de ta conscience pour y entendre la voix de Dieu" qui est bien amené et conduit avec prudence. En note de l'auteur, on relève ceci : "Bâtir une fiction sur un support aussi délicat que la religion musulmane constitue un exercice périlleux, et il est bon de s'entourer de sérieux garde-fous" (ouvrages historiques, le Coran, l'institut national des langues et civilisations orientales, le museum d'histoire naturelle, etc.). Du beau linge est réuni pour cet album dont la lecture apporte une lumière sur quelques zones d'ombre.. mais que la découverte du décalogue semble riche et prometteuse pour la suite !

SDM
"Dix récits autonomes et pourtant liés, à lire indépendamment ou comme une saga, dix chapitres haletants, abordant les passions qui habitent l'homme depuis la nuit des temps ainsi que ses angoisses face à l'Au-delà et ses rapports au Divin" (quatrième de couverture). Dix albums et dix illustrateurs talentueux et confirmés.

Glénat

Posté par clarabel76 à 17:32 - Bédé - Manga - Commentaires [4] - Permalien [#]
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