20/05/19

Brigade Verhoeven Tome 2 : Irène, par Pascal Bertho & Yannick Corboz

BRIGADE VERHOEVEN 2 IRENEDans Rosie, nous rencontrions pour la première fois Camille Verhoeven, commandant à la Brigade criminelle. Nous le retrouvons en couple avec Irène dans cette adaptation du roman de Pierre Lemaitre : Travail soigné.
Camille pensait profiter de ses vacances pour être auprès de sa femme, qui est enceinte et prête à accoucher. Au lieu de ça, il est rappelé d'urgence au bureau pour une affaire qui lui vaudra bien des nuits blanches. Et pour cause, un tueur en série se joue de lui. Il sème dans Paris et sa banlieue des cadavres en s'inspirant de grands classiques policiers.
Avant de tirer ça au clair, Verhoeven et son équipe courent comme des tarés et cherchent à trouver LE détail pour confondre le tortionnaire. En attendant, la lecture est intense, l'ambiance est lourde et le suspense haletant. On pressent le compte à rebours. La pression du criminel sur le commandant Verhoeven - lui et pas un autre - est tendue. On sent le duel implacable entre deux ennemis jurés. Et on flippe.
Les auteurs ont admirablement construit leur bande dessinée, glissant quelques planches pour jouer avec nos nerfs. Les plus attentifs comprendront qu'il faut se méfier... que rien n'est anodin. Qu'au détour du chemin, l'émotion sera grande et renversante. J'en soupire, j'en tremble, je peste de rage.
Bref. L'immersion est donc totale - c'est un roman plus noir que noir. Cette fois, les descriptions ne suffisent pas - les images sont incarnées. Ça cogne dur et fort. J'avais pourtant déjà lu le roman, il n'empêche que j'ai encaissé difficilement ce que la BD me proposait. On ne s'y prépare jamais totalement...
Mais c'est réussi. On a la tête farcie d'horreurs et le cœur au bord des lèvres. Mais on applaudit le travail - le scénario et la mise en page sont grandioses. L'histoire est poignante, mais percutante. J'ai aimé aussi que des romans policiers viennent appuyer une enquête en cours - le personnage du libraire est impressionnant.
Très bon boulot, les gars ! Au suivant... 

SÉRIE EN 4 TOMES ♦ RUE DE SEVRES (2019)

 

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05/05/19

Pêle-mêle BD : Et nos lendemains seront radieux - Les Classiques de Patrique (Chroniques décalées de la littérature)

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Après la mort de leurs parents, Sylvain et Camille ont grandi auprès de leur grand-père à la campagne. Vieux réac, celui-ci a inculqué aux enfants une haine farouche envers les institutions mais a choisi de les instrumentaliser pour torpiller le système de l'intérieur. Ainsi, Sylvain a rejoint les grandes écoles et nourri une ambition dévorante en devenant le bras droit de la nouvelle locataire de l'Élysée. Mais lors d'un weekend au Fort de Brégançon, alors que l'orage menace, le frère et la sœur vont prendre la présidente en otage et lui tenir un discours enflammé sur le chaos écologique et les mesures à adopter en urgence (et en force).

Ambiance huis clos avec action politique dans cette BD : une lecture qui grattouille en cette saison de revendication sociale et de conscience verte. Hervé Bourhis imagine un scénario qui fait froid dans le dos parce qu'il fait écho à l'actualité. Par contre c'est sans concession. On assiste à un dialogue musclé entre la politicienne et le tandem réfractaire : les arguments fusent, les idéaux sont mis à mal. Il y a du vrai et du faux des deux côtés - société de consommation, lobbying et abeilles en détresse. Il y a donc péril en la demeure mais halte aux utopies. Il y a surtout une note douce-amère qui ne nous lâche pas et qui accompagne ce thriller sombre et poignant jusqu'à la dernière page... Une très bonne lecture.

Et nos lendemains seront radieux, par Hervé Bourhis

Gallimard Bande Dessinée, 2019

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Comment revoir ses classiques à travers cette lecture fabuleusement drôle et culottée ! Merci Patrique. J'ai ri, mais j'ai ri. C'était génial. Dernièrement j'avais déjà beaucoup aimé Avez-vous lu les classiques de la littérature ? avec la fantastique Soledad. Ça sent le bon filon - ou comment moderniser une littérature dite poussiéreuse et reconquérir un public qui boude.

J'ai ainsi découvert les chroniques décalées de Patrique (une petite motte de terre ou de sable) qui partage sa passion pour Orlando ou Dostoïevski avec un humour dévastateur. J'ai également gloussé face aux déboires d'Emma Bovary ou ceux d'Achille dans l'Iliade . J'ai mené mon enquête pour démasquer l'assassin de Roger Ackroyd. J'ai replongé aussi en adolescence avec Claudine à l'école ou même L'Amant. Par contre, je n'ai toujours rien compris à Rabelais. Le meilleur moyen de désacraliser des chefs d'œuvre et de les rendre accessibles, c'est bien entendu d'en parler sans complexe et avec dérision. Patrique a tout compris. Sous l'apparence délirante, le sujet est néanmoins traité avec sérieux et profondeur (présentation de l'auteur, de l'époque et réflexions autour de la lecture). En bref, cela donne encore plus envie de lire ou relire les titres concernés. Rien que pour ça, tu es mon idole, Patrique ! À savoir : les chroniques ont été prépubliées dans la revue TOPO.

Les Classiques de Patrique (Chroniques décalées des chefs d'œuvre de la littérature), par Delphine Panique

Gallimard BD, 2019

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23/04/19

Pêle-mêle : La Cité sans nom - Le fils de l'Ursari - La Romance de l'ogre Yosipovitch

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La Cité sans nom est une série palpitante et riche en émotions !

L'histoire se déroule dans une cité déchirée par des années de guerre, de convoitise et de conquête. Désormais, tout semble assez paisible et stable sous la coupe de l'Empire des Lames sauf que le calme n'est qu'apparent. Encore des complots, encore des trahisons, encore des vengeances... Au cœur de l'action, nous découvrons Kaidu et son amie Rat qui parcourent les ruelles et les toits de la ville loin des regards indiscrets. Ils ont noué une relation de confiance à force de se lancer des défis et sont maintenant inséparables. C'est ensemble qu'ils ont aussi décroché le respect de leurs aînés en déjouant un attentat même si le chaos n'a pas dit son dernier mot et entend déchaîner sa puissance pour renverser la politique en place.

Cette lecture est animée par un souffle d'aventure et d'émotion qui nous embarque tout de go. On ne voit plus les pages défiler, on est pris dans le rythme et on a envie de connaître la suite sans plus tarder. C'est aussi une belle aventure humaine, avec une amitié forte entre Kaidu et Rat, dont on connaît les racines et les souffrances intimes, les secrets de famille et les sacrifices. Faith Erin Hicks a donc réussi à combiner les genres pour une immersion spectaculaire dans son univers : rebondissements, suspense, action, tendresse, émotion et humour sont du nombre. Elle ne déçoit pas non plus sur la durée (contrairement à 5 Mondes) et nous offre un divertissement de haut vol qui fait toujours plaisir à découvrir. C'est fort !

La Cité Sans Nom, par Faith Erin Hicks

-SÉRIE EN 3 TOMES-

Rue de Sèvres (2018, 2019)

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LE FILS DE L'URSARI

Cette adaptation du roman de Xavier-Laurent Petit exploite toujours et encore des sujets sensibles et d'actualité (sur la situation des réfugiés et leurs conditions d'accueil). On suit donc le destin d'une famille de Roms qui doit son voyage en France à une crapule et qui va vivre de misère et de galères pour le rembourser. On comprend de suite que la lecture ne sera pas légère et insouciante. Et on plonge dans une ambiance sombre et poignante. La famille partage un cabanon insalubre, aux abords de Paris. Pas de papier, pas d'argent. C'est système D pour survivre.

Au milieu, le jeune Ciprian porte un regard candide sur son entourage (on devient mendiant professionnel ou emprunteur de portefeuilles) mais le môme n'est pas non plus ignorant de la précarité qui les entoure. Outre le chantage, la police est présente. Il faut souvent louvoyer ou se planquer. Aucun détour possible. Une journée sans travail, c'est un lendemain qui déchante. Enfin, la spirale est infernale : à lire, c'est dur. Heureusement l'histoire laisse poindre une lueur d'espoir quand Ciprian surprend des joueurs d'échecs au Luxembourg. Et le garçon analphabète perçoit plus qu'il ne comprend ce qui se trame sous ses yeux. En plus, l'enfant pensait être discret mais c'est loupé ! ... De là, commence donc un autre apprentissage pour Ciprian. Celui de la confiance, du respect, du cadre et de l'avenir.

Mis en scène par Cyrille Pomès et Isabelle Merlet, ce parcours est sans fard, sans glamour. C'est assez rude aussi même si ça raconte la vie réelle et hélas actuelle. Une BD instructive et efficace pour sensibiliser les plus jeunes. 

Le Fils de l'Ursari, de Cyrille Pomès & Isabelle Merlet

D'après le roman de Xavier-Laurent Petit

Rue de Sèvres, 2019

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ROMANCE DE L'OGRE YOSIPOVITCH

Dans les Noires Forêts de l'Oural, vit un ogre solitaire et à l'appétit particulièrement vorace. Mais lorsqu'il croise la douce et ravissante Bella, cyclope de son état, son cœur s'emballe, ses yeux voient trouble, sa langue devient bête et ses mains baladeuses. Vlan, la Bella ne s'en laisse pas conter et lui colle une torgnole en pleine poire. Ce malatru doit apprendre les bonnes manières s'il souhaite lui conter fleurette. Devenir un vrai gentleman, pour un ogre rustaud, le challenge est de taille. Et le rendez-vous posé : s'il ne montre pas patte blanche d'ici vingt-quatre heures, notre Édouard sera dévoré tout cru par sa dulcinée !

Dans cette fable, on croise aussi un blaireau et deux jeunes loups en sortie botanique - pris en otages par notre ogre aux abois. Commence ainsi une leçon de vie loufoque et saugrenue... avec des acteurs pour le moins effrayants. Ici, on ne badine pas avec l'amour. On le tartine comme Cyrano sous les yeux exorbités de trolls en délire. C'est complètement dingue - un peu rebutant aussi car les illustrations n'adoucissent pas les traits des personnages. Qu'importe, c'est une lecture rapide et juvénile qui aura tout loisir d'égayer l'heure du coucher ! 

La Romance de l'Ogre Yosipovitch, de Matthieu Sylvander & Anaïs Vaugelade (illustrations)

Neuf de l'école des loisirs, 2019

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26/03/19

Un été d'enfer ! de Vera Brosgol

Un été d'enfer Vera BrosgolVoilà une BD assez caustique dans son genre.
L'histoire raconte l'expérience traumatisante d'une gamine de neuf ans qui s'imaginait vivre des vacances inoubliables en partant camper quinze jours en pleine forêt. C'était son modèle de l'American Way of Life (Vera est originaire de Russie).
La désillusion sera énorme car la vie en pleine nature n'est pas une image de carte postale : hygiène douteuse et petites bestioles porteuses de la rage. Sans oublier les WC sauvages, baptisés Hollywood pour vendre du rêve. C'est la descente en Enfer pour Vera. 
Elle qui avait fait des pieds et des mains auprès de sa mère pour s'inscrire en camp scout comprend vite son erreur. Ses camarades non plus ne lui rendent pas la vie facile : c'est la plus jeune et la petite nouvelle du groupe. Elle n'a pas de seins, pas de soutif, pas de règles. Les filles sont sans pitié et se moquent d'elle en la tenant à l'écart. Les épreuves qui opposent garçons contre filles sont humiliantes (le jeu consiste à voler le drapeau de l'autre puis d'infliger des gages au perdant). Aucun esprit d'équipe. Plaisir sadique à écraser les plus faibles. Bisbilles entre nanas aux hormones bouillonnantes. On n'est pas loin du goulag avec une fabuleuse ambiance délétère.
Du moins, tout est rapporté d'après la vision de Vera. Elle condense ainsi le meilleur et le pire dans cette histoire tirée de souvenirs personnels - à quelques exagérations près. Mais elle produit une bonne histoire, non sans dérision et envie de partager l'envers du décor pour tous les pleurnicheurs de la planète. On a le droit de détester les colos et le camping ! On se sent aussi moins seul de vivre un été difficile et solitaire à la lecture de cette BD trop rigolote.

Rue de Sèvres, 2019 - traduit par Alice Delarbre

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07/03/19

Pêle-mêle séries en BD : Yin et le dragon - Spill Zone - Aliénor Mandragore

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Époustouflant final de cette série se déroulant dans la Chine des années 30, sur fond de guerre sino-japonaise et de légendes sur les dragons, autour d'une épopée bouleversante.

Au-delà de la couverture magnifique, l'histoire nous embarque dans un face-à-face glaçant entre la petite Yin et le terrifiant dragon noir, déterminé à exterminer l'espèce humaine. Beaucoup d'intensité et de drame dans ce dernier rendez-vous et une parenthèse mystique dans son dénouement : quelle surprise !

Heureusement, la connivence entre la fillette et ses amis est vraiment touchante et distille une pointe de tendresse dans ce grand champ de désolation. Une série étonnante et riche en émotions.

Yin et le Dragon (T3) : Nos Dragons Éphémères, par Marazano & Xu Yao

Rue de Sèvres (2019) - SÉRIE EN 3 TOMES (T1 / T2)

 

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Suite et fin de cette série écrite par Scott Westerfeld, auteur connu pour la série Midnighters, Leviathan ou Uglies. Spill Zone est son premier album BD. 

Le premier tome avait présenté les personnages et le contexte, puis s'était bouclé sur une étrange révélation concernant la petite sœur d'Addison et sa relation avec sa poupée (démoniaque). Cette fois, l'histoire passe à la vitesse supérieure : les forces malveillantes sont plus coriaces que jamais. Addison cherche à quitter la zone mais Vespertine va l'en empêcher en prenant possession du corps de Lexa. L'intervention de Don Zae pourrait être sa porte de secours... mais peut-on faire confiance à ce mystérieux garçon surgi de nulle part ?

Les secrets de la Spill Zone seront également révélés, en attendant la lecture est sombre et très nébuleuse. Difficile de succomber à une telle atmosphère, même si son suspense est tenace. Le dénouement est aussi vague et étonnant que promis. À lire pour les aficionados de l'auteur.

Spill Zone (T2) : Le vœur brisé, de Scott Westerfeld & Alex Puvilland

Rue de Sèvres (2019) - SÉRIE EN 2 TOMES

 

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L'aventure entraîne notre sémillante héroïne - Aliénor Mandragore - sur le territoire des Korrigans. La fée Morgane voudrait récupérer un objet confié autrefois à leur roi, mais pour y parvenir, la fille de Merlin et son camarade Lancelot vont devoir se heurter à un vrai casse-tête. Car les Korrigans ne sont pas aimables, pas conciliants, pas accueillants, bref pas du tout inoffensifs. Nos deux amis vont en faire l'amère expérience.

L'aventure est une fois encore pleine de verve, d'humour et d'enchantement dans cette relecture des légendes de Brocéliande ! Pour accompagner cette joyeuse frénésie, attendez-vous également à toujours plus de nostalgie et d'émotion. Aliénor s'interroge sur son propre destin et hésite à affirmer son désir secret d'emprunter une autre voie, sans décevoir les attentes de son père... Merlin, farouchement allergique à son triste sort. Lancelot ne faillit jamais, même si son dévouement va se retourner contre lui. Ce sont ainsi des séquences tantôt délicates tantôt cocasses (la chorégraphie improbable dans le labyrinthe... trop drôle !) qui laissent apparaître une grande profondeur à cette série très attachante. Laissons-lui poursuivre son chemin clopin-clopant. C'est un pur bonheur et un plaisir sans cesse renouvelé de replonger dans cet univers fascinant.

Aliénor Mandragore (T4) : Le chant des Korrigans, de Séverine Gauthier & Thomas Labourot

rue de Sèvres (2018)

 


19/11/18

C'est pas du polar... mais ça craint quand même ! de Bruno Heitz

c'est pas du polar gj

Jean-Paul reçoit la visite d'un journaliste qui cherche par tous les moyens à guérir la dépression de sa femme.
Cette dernière vit en effet un sevrage difficile car elle a dévoré tous les romans de son auteur fétiche (Gaston Sidérac) lequel vient d'annoncer qu'il arrêtait sa série des Enquêtes du commissaire Grosjules. Le couple a donc mis au point un plan tordu afin d'attirer l'homme dans un appartement où ils veulent le séquester, en tout bien tout honneur, pour l'inciter à écrire, écrire, écrire.
Mais que vient faire notre Jean-Paul dans cette affaire ? Rien, ou presque. En vérité, l'épouse du journaliste n'est autre que cette chère Jacotte, son ancienne dulcinée. Quoi de plus logique de faire appel à lui pour les soutenir dans leur croisade...
Comme toujours, chez Bruno Heitz, l'aventure va partir en sucette mais les séquences saugrenues ne vont pas manquer ! Les amateurs de Simenon y retrouveront aussi des clins d'œil et une ambiance proche des romans de Maigret dans ce vaudeville parodique et haut en couleur. Résultat, c'est truculent à souhait.
Ce quatrième volume des mésaventures de Jean-Paul, anti-héros par excellence, est fidèle aux attentes. Les personnages sont tous grotesques et un peu cinglés, sans méchanceté pure et dure. Cette fois, même notre Jean-Paul est aussi le dindon de la farce.
Verdict final, c'est réussi. On rit et on passe un vrai bon moment. À la prochaine !

Gallimard BD (2018)

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14/11/18

Eden, Tome 1 : Le visage des sans-noms, de Fabrice Colin & Carole Maurel

eden le visage des sans nomsProche de son quinzième anniversaire, Jonas se prépare à l'Ascension, un concours d'entrée pour intégrer les Élus. Sa sœur Hélix a déjà obtenu son sésame et attend avec impatience de revoir sa famille.
Or, il semblerait que d'autres voies informelles permettraient d'atteindre le sérail et ainsi échapper à sa modeste condition. Au cœur de la ville, la classe laborieuse tire la langue pour joindre les deux bouts, tandis que les élus conservent le privilège de l'éducation et du pouvoir.
La colère gronde dans les ruelles sombres, les silhouettes se faufilent, les oreilles sont grandes ouvertes, les espions font leur sale besogne. Car la révolution est à l'œuvre chez des activistes qui refusent de se planquer davantage.
Jonas en découvre l'ampleur, un peu brutalement, et doit choisir son camp entre loyauté familiale ou ambition personnelle. Que décider ?
Un début de série engageant, asez lisse et ordinaire, car sans grosse surprise. On retrouve dans le scénario toutes les ficelles des romans dystopiques qui ont déjà fait recette : un monde en ruines, une cité bâtie sur les vestiges d'une autre (ici Phoenice est l'ancien San Francisco), le système de castes et la révolte en marche. Voilà, voilà.
La lecture n'est pas désagréable, ni inintéressante, mais j'attends plus de révélations, plus de rudesse et de prospection, car pour le moment je ne suis pas renversée par la tournure des événements. L'univers graphique est charmant. Série en cours.

Rue de Sèvres, 2018

 

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Marco & Co : Adieu veaux, vaches, cochons..., d'Olivier Jouvray & Sylvain Bec

marco and co gjMarco est un petit gars de la campagne, qui a grandi à la ferme avec ses parents, parmi les veaux, vaches, cochons... Mais Marco rêve d'une vie d'artiste. Passionné de dessin, il tente sa chance en s'inscrivant dans une école à Paris, n'imaginant pas encore la possibilité d'y être accepté (notre ami a une tendance chronique à se sous-estimer).
La nouvelle lui tombe sur le bec, bim, Marco a décroché son billet d'entrée. Pour ses parents, c'est aussi la remise en question car il faut organiser le départ de Marco (leur fiston les quitte pour la grande ville, bouh ouh ouh), mais surtout il faut négocier avec Grand-mère Cloclo, une pure citadine qui ne mâche pas ses mots et pense que son gendre est un plouc.
Là aussi, grosse surprise, mamie accepte d'héberger son petit-fils et ne fait pas les choses à moitié. Quand le garçon débarque en avance, pour tâter le terrain, il a déjà un avant-goût de la vie qui l'attend. Déception ? Pas du tout. Marco pressent qu'un nouveau chapitre est en train de s'écrire : vie de château et vie de bohème, c'est tout bon. Notre Marco peut dire adieu à ses racines. Sans le moindre état d'âme.
Franchement, c'est drôle car les personnages sont impayables et grossièrement caricaturaux (à juste titre). Ils collectionnent les situations burlesques, lesquelles s'enchaînent dans des courtes séquences aux chutes folkloriques. C'est vif et farfelu. Légèrement saugrenu. Mais on adore ce ton décalé et plein d'humour.
Cette nouvelle série (prépubliée dans Spirou) va régaler un nouveau public amateur de dérision. On cautionne, à fond.

Gallimard BD (2018)

 

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L'Ogre amoureux, de Nicolas Dumontheuil

L'ogre amoureuxLe comte de Barback est un ogre horrible et terrifiant ! Comme son nom l'indique, il adore la viande, la viande, rien que la viande. Il en mange tout le temps. Les habitants ont d'ailleurs appris à composer avec son appétit vorace et ne chôme pas pour lui fournir du bétail à profusion.
Un matin, c'est un renard roux qui est livré au comte. Un renard pas très malin, puisqu'il a été fait prisonnier bêtement en voulant croquer quelques poules dodues. Son compère l'ours l'avait pourtant prévenu, mais allez raisonner un renard affamé...
Dans son malheur, Maître Renard a du bol car Barback est persuadé qu'il détient un pouvoir divinatoire. L'ogre doit prochainement se marier, il est fou amoureux mais ignore tout de sa fiancée. Grotesque, pensez-vous. Ce n'est qu'un début.
Car Barback et Renard partent ensemble à la noce. Ils auront tout lieu de discuter du bout de gras en chemin... Mais ce périple s'annonce également pittoresque. Renard veut se faire la malle, Gros Louis veut le sauver, Barback est doté d'un flair infaillible, et même les petits vieux aux manières doucereuses sont redoutables ! Oh punaise.
Cest affolant de cruauté et de loufoquerie... mais c'est tellement bon à lire ! Ce conte est décapant dans le genre : à bas les clichés et le sirop. On est loin de la lecture gentillette : l'humour est féroce, les personnages sont tous des affreux jojos, l'histoire se barre dans tous les sens et on absorbe tout ça avec des yeux hallucinés.
Verdict : j'ai bien rigolé !

Futuropolis (2018)

 

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12/11/18

Didier, la 5ᵉ roue du tracteur, de Ravard & Rabaté

didier la 5e roue du tracteurIl n'y a pas que l'amour dans le pré... il y a aussi l'humour !
Didier est un fermier au physique bedonnant. Il a 45 ans. Il est célibataire. Un matin, après une visite chez le médecin, il réalise qu'il n'a jamais connu l'amour et décide de se lancer. Pourquoi pas sur Meetic ? Sa sœur Soazig rédige une petite annonce, peaufinant le portrait du Didier, proche du cas désespéré.
Mais ne le blâmons pas, car notre ami est franchement impayable. En effet, Didier aime sa routine, sa liqueur de poires, ses vaches, le cyclisme, les copains... notamment Régis, un collègue qui vient de tout perdre et qui se refait une petite santé chez Soazig et Didier.
Entendons... tournée des foires, buvette, galette saucisses, concours de sillon, course de cochons et j'en passe. Il fait bon vivre dans ce petit coin de Bretagne, à la campagne, où l'ambiance est joyeuse et salutaire.
Quid de l'amour ? Cela ne manque pas non plus. Cela déboule sans crier gare, cela déborde et cela vous noue une étonnante relation, je ne vous raconte pas, même notre Didier crie pitié, il n'est pas une machine à sexe ! Ha, ha.
Ça peut paraître naïf mais c'est une BD qui fait chaud au cœur. On s'attache aux personnages, on sourit à leurs petites histoires. Jamais on ne cherche à se moquer d'eux. Au contraire. On rencontre des hommes et des femmes ordinaires, avec leurs problèmes et aussi leurs désirs un peu fous. On les quitte presque à regret car on a passé un vrai bon moment avec eux.
C'est doux, c'est tendre, c'est drôle. Une touche de poésie, une dose de sourire. Hop, une très chouette lecture !

Futuropolis (2018) 


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