03/07/20

Vent mauvais, par Cati Baur 💨

VENT MAUVAIS CATI BAURScénariste d'une comédie à succès (qui commence à dater), Béranger n'a plus rien écrit depuis quinze ans et sombre peu à peu dans la morosité. Il décide alors de quitter Paris pour la campagne et achète une petite maison située au pied d'un champ d'éoliennes.
Malgré les remarques sarcastiques de ses amis, l'homme est follement enthousiaste et s'extasie du cadre de vie qu'il va offrir à ses deux filles - deux adolescentes en pleine crise. La magie des lieux a d'ailleurs un effet stimulant sur son inspiration car l'homme replonge miraculeusement dans l'écriture.
Autour de lui, pourtant, le monde campagnard ne se contente pas de ronronner. Ses voisins sont accusés d'avoir vendu leur âme et l'étonnante Marjolaine s'impose doucement chez lui, avec son Scrabble sous le bras. Soir après soir, un petit verre en appelant un autre, une relation se tisse et vient lui mettre la tête à l'envers.
Sauf que ce n'est pas tout ça ! Les piliers de comptoir rouspètent, réclament des preuves. Les filles veulent une piscine ou un minimum d'attention. Les semaines passent et la sérénité (fatalement) trépasse.

Je ne vais pas tout vous raconter. Juste vous signaler que cette BD est vraiment géniale même si c'est loin d'être le Festival du rire. Mais quelle ambiance ! Tantôt bucolique, tantôt sinistre. L'histoire est grouillante d'espoir et d'illusion, de vie et de chaos, de doute et de désespoir.
En gros, c'est la trajectoire bouleversante d'hommes et de femmes dans un monde en pleine dérive. Là, des éoliennes sont pointées du doigt, accusées de provoquer des maladies ou de rendre dingue. Toutefois, de belles histoires aussi se dessinent et réservent des instants doux, touchants, émouvants. Et pour orchestrer tout ça, nous avons les dessins de Cati Baur qui dépeignent la vie comme j'aime l'imaginer - entre cocon rassurant et joyeux bordel.
Bref. C'était vraiment bien !

Rue de Sèvres / 2020

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24/06/20

Artemis Fowl : La Bande Dessinée, par Eoin Colfer & illust. par Stephen Gilpin

J02537

Cette version dessinée du roman éponyme a été une bonne pioche : une lecture correcte et divertissante pour les amateurs, plus ou moins fidèle pour les plus exigeants. Mais l'esprit Fowl est présent, tout en malice et facétie.

En vrai, j'ai lu le roman il y a une éternité et n'avais conservé que des souvenirs très flous de l'histoire - Artemis est un génie du mal qui tente de rétablir la fortune familiale en usant de méthodes crapuleuses, soit en kidnappant, en volant ou en exerçant du chantage... Sa dernière lubie ? Tenir tête au Peuple des Fées et enlever l'une de ses représentantes en échange d'une rançon. L'opération est risquée mais le garçon est rusé. Face à lui, le capitaine Holly Short se révèle pourtant une adversaire redoutable. Revancharde et frondeuse, ce sacré bout de femme va lui montrer qu'il a tiré le mauvais numéro !

L'histoire est donc un formidable concentré d'action et d'humour avec des personnages hauts en couleur. La palme du cocasse revient d'ailleurs au nain, Mulch Diggums... graphiquement très proche du spécimen vu dans Le Seigneur des Anneaux. Ceci dit, je n'ai pas spécialement d'avis sur l'aspect visuel en général, sauf que c'est moderne et ça se lit comme les comics (super-héros, technologies et scènes explosives). Un lectorat plus jeune s'y laissera prendre et c'est tant mieux.

C'est avant tout un chouette complément au roman (et un prolongement du film de Kenneth Branagh) car de nombreux détails manquent à l'appel. N'oubliez jamais, lisez le livre... Mais Butler est dans la place ! Ce garde du corps qui ne craint rien ni personne est un solide colosse au grand cœur - la bande dessinée fait de lui un personnage très attachant. Cœur sur lui. ♥ Cette version comporte donc des qualités et des défauts, comme c'est souvent le cas dès qu'une nouvelle adaptation sort. Par contre, elle met l'eau à la bouche et propose un rendez-vous sympathique avec un héros qui ne joue pas dans la cour des gentils. Ça change un peu et c'est pas mal du tout !

La couverture, en vrai, est plus jolie (cf. les lunettes aux reflets verts).

Gallimard jeunesse - 2020

 

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Sombres citrouilles, de Malika Ferdjoukh & Nicolas Pitz

SOMBRES CITROUILLES BDJ'ignore pourquoi je n'avais jamais lu le roman de Malika Ferdjoukh - honte sur ma vie ! Du coup, cette adaptation en bande dessinée a été une TOTALE découverte.

Globalement j'ai adoré l'histoire - quelle ambiance ! - moins les illustrations (appréciation purement anecdotique) car il y a tout de même de pleines pages de toute beauté.

L'histoire se déroule dans une grande demeure familiale, un soir du 31 octobre. Les Coudrier ont tous rendez-vous pour célébrer l'anniversaire du grand-père. Les préparatifs vont bon train alors que secrets et mensonges se dessinent en coulisses. Et là, BIM les enfants de la maisonnée découvrent UN MORT dans le champ de citrouilles ! Qui, comment, pourquoi... En fait, l'étau se resserre autour des membres de la famille qui auraient tous des mobiles et donc une cible au dos.

L'intrigue est bien ficelée et m'a fait penser au roman Mais qui a tué Harry ? (repris au cinéma par Sir Alfred H.). Ici l'album plante son décor dans des teintes automnales, absolument divines. Ajoutez des secrets de famille et des bambins au cœur de l'action... vous en frissonnerez de bonheur ! (D'ailleurs, graphiquement, les oreilles des personnages me posent un souci.)

Sinon c'est une lecture franchement extra, aux ingrédients “ferdjoukhiens” qui ont toujours raison de moi parce que je suis absolument fan. ♥

Rue de Sèvres - 2019

Quelques pages à feuilleter : https://www.editions-ruedesevres.fr/sombres-citrouilles

 

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04/03/20

Sacrées sorcières (de Roald Dahl) par Pénélope Bagieu

Sacrées sorcières pénélope bagieuEXCELLENTE ADAPTATION !

Ce format BD colle merveilleusement à l'humour malicieux de Roald Dahl. On retrouve le ton espiègle, le suspense et la cocasserie du roman (qu'on ne présente plus). Pénélope B. se régale en s'appropriant ce conte pour enfants qui fait dresser les cheveux sur la tête : on s'éclate avec sa petite grand-mère (note inside : le tabac tue), la relation avec son petit-fils est tordante, leur aventure à l'hôtel prend un tour affolant mais l'histoire est vraiment riche en rebondissements, émotions, claquements de dents, sourires et applaudissements.

Le mythe des sorcières retrouve aussi ses lettres de noblesse : oui, ce sont des femmes cruelles et sans cœur. Elles détestent les enfants et ont prévu de les éliminer du royaume. Et toc ! Le plan est infaillible... enfin, c'était sans se douter de l'espion derrière le paravent, qui sent le caca de chien.

J'avoue : Sacrées sorcières est mon roman préféré de Roald Dahl ♥
Seule entorse à la règle : Pénélope B. a créé un nouveau personnage qui n'existait pas dans le texte original. Elle a ainsi glissé une petite fille pour permettre aux lecteurs d'aujourd'hui de choisir le héros auquel il aimerait s'identifier. #ZeroDiscrimination #HeForShe

En tout cas, c'est une lecture formidable et terriblement palpitante. Une adaptation éclatante d'un classique qui n'a pas pris une ride. Humour noir et tension dramatique au taquet... absolument stupéfiant (et pétrifiant). Oui, on reste sur les fesses.
Et moi, j'adore !

Gallimard BD / Collection Fétiche (2020)

 

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28/01/20

Sur la route de West, de Tillie Walden

J02279Étrange, étrange, étrange... cette bande dessinée l'est sans aucun doute, mais est surtout hors du commun !

Deux jeunes femmes se croisent sur la route et décident de poursuivre ensemble leur chemin. La voiture (qui remorque une caravane) n'est pas seulement chargée en bagages, elle est encombrée de non-dits, de silences, de souffrances et de colères froides.

Au cours de leur périple, Béa et Lou trouvent un chat perdu en pleine forêt et s'aident de l'adresse sur son médaillon pour se rendre chez son propriétaire. Direction West, une petite ville qui ne figure sur aucune carte. Et pourtant, elles filent droit devant. Seulement voilà, à partir de maintenant, elles ne font que croiser des individus peu commodes et vraiment flippants !

Pour qui ? pourquoi ? Impossible de savoir. Et c'est très perturbant. D'abord on ignore dans quoi on embarque, mais on tourne les pages par curiosité (et par goût du défi), juste quand on pense avoir saisi un bout de la ficelle, on perd à nouveau le nord. On bascule alors dans un semblant de quatrième dimension... tellement ça devient trop bizarre et incompréhensible.

Si l'intrigue est un peu zigzagante, l'ambiance a le mérite d'être envoûtante (la qualité des dessins et des couleurs est prodigieuse). L'histoire, en revanche, pèse gros sur le cœur. Rien de ce qu'elle suppose ou révèle n'est tendre, limpide ou facile. C'est lourd et déroutant. D'où le paradoxe : si cette lecture a su me convaincre pour son côté sombre et inquiétant, j'ai été moins emballée par ses dérives fantasmagoriques.

J'ai tout lu en mode interloquée et envoûtée par cette bd extraordinaire, mais j'ai également été déboussolée par ce qu'elle me racontait. J'admets que l'expérience n'est pas banale mais elle va laisser son empreinte un petit moment...

Bandes dessinées hors collection, Gallimard Jeunesse (2020)

Traduit par Alice Marchand - Titre VO : Are You Listening ?

 

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04/12/19

La Tour des Anges #1, par Stéphane Melchior & Thomas Gilbert

La Tour des Anges

Dans ce nouveau cycle (qui fait suite aux Royaumes du Nord en trois tomes), nous ne retrouvons pas tout de suite la jeune Lyra Belacqua. C'est d'abord un certain Will Parry qui se présente à nous.

Ce garçon vit actuellement à Oxford avec sa maman aux nerfs fragiles. La disparition de son époux, au cours d'une mission scientifique, l'a fortement affaiblie et frappée de terreur. Will soupçonne d'ailleurs un complot ou un secret qu'il aimerait percer. Sa rencontre musclée avec deux agents type Men in Black va brutalement le propulser dans une autre dimension... une ville où règne un silence pesant et où il croise la fameuse Lyra !

Cette nouvelle immersion dans la saga culte de Philip Pullman est incroyable d'efficacité. Une fois encore, on se coupe de la réalité le temps d'une lecture : on tourne les pages avec avidité et on s'exporte vers un imaginaire fascinant (où l'on frissonne beaucoup également). Car l'histoire réserve moults révélations et autres interrogations. C'est toutefois gorgé de magie, de suspense, de tension. Vraiment, c'est captivant.

Pour cette adaptation, Stéphane Melchior s'est entouré d'un nouveau complice - Thomas Gilbert - qui a su relever le défi avec brio. On retrouve cette ambiance crépusculaire et assez anachronique, cette atmosphère si particulière mais qui rend cette série si étonnante !

Gallimard BD, 2018

D'après l'œuvre de Philip Pullman
D'après l'univers graphique de Clément Oubrerie

Parution du volume 2 en JANVIER 2020 !

 

03/12/19

Les Spectaculaires prennent l'eau, par Régis Hautière & Arnaud Poitevin

les spectaculaires prennent l'eauQue j'aime l'humour de cette série !

« Paris, capitale éblouissante d'une France resplendissante, par un de ces matins pluvieux de janvier où le gris du ciel s'accorde si délicatement avec l'humeur des passants... Deux jours plus tard, à l'heure incertaine où la lumière devient trop faible pour différencier un loup arctique d'un bichon maltais... (mais aussi :) À quelques encablures de là, dans une rue temporairement débarrassée de toute déjection canine... »

Voilà, voilà.

Dans cet épisode virevoltant, nos Spectaculaires multiplient les interventions contre un Marsouin qui fait tourner la police en bourrique. Les plans se succèdent et les maladresses se bousculent. Vous imaginez bien les scènes loufoques et c'est clairement très divertissant. Autre bonus : on plonge dans un Paris de la Belle Époque qui donne des étoiles dans les yeux. Et ça, c'est superbe !

Rue de Sèvres, 2018

Paris, janvier 1910, la Seine connaît une crue exceptionnelle plongeant tous les quartiers sous plusieurs mètres d’eau et désorganisant totalement les services publics. Les boutiques sont saccagées et dans les rues qui ne sont plus éclairées, faute de gaz et d’électricité, les habitants sont agressés. Les malfrats en profitent, notamment l’un d’eux qui se fait appeler le Marsouin. Cambrioleur de haut vol, il pille les Musées, libère des prisonniers… en signant ses délits d’un M, soldant chacune de ses actions par une lettre adressée à la presse soulignant l’incapacité de Louis Lépine, Préfet de police et créateur du concours du même nom.

A DÉCOUVRIR ÉGALEMENT

  

 

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Comment refroidir le Yéti (Astrid Bromure #5), par Fabrice Parme

Astrid est de retour pour une cinquième aventure ! Avec en guest-star rien de moins que l'abominable homme des neiges. Mais est-il si abominable ?

ASTRID BROMURE Refroidir le yetiRendez-vous pour un ton plein d'humour pour illustrer une histoire cocasse, dans laquelle la jeune Astrid croise sur la terrasse de son immeuble le fameux Yéti !

Toute la ville est sens dessus dessous depuis l'annonce de son évasion. Des explorateurs venaient juste de débarquer fièrement avec leur prise légendaire, mais les routes verglacées ont semé la pagaille. Le Yéti est en roue libre dans les rues new-yorkaises... la radio prévient, planquez les bébés et les nounous, la créature est vorace !

Oui, enfin... vorace de brioches sucrées et de vrais contacts humains. Car le yéti va finalement révéler ses intentions pacifiques et dénoncer une campagne de diffamation honteuse. Astrid Bromure va entraîner sa famille, leurs domestiques et son enseignante à rétablir la vérité. En attendant, un vent de folie souffle dans la maison tandis que la neige finit de tomber sur les buildings.

Voilà qui donne un cinquième épisode particulièrement déjanté et distrayant à lire. Ce n'est pas mon préféré dans la série, par contre j'apprécie toujours son ambiance et ses illustrations élégantes.

Rue de Sèvres (2019)

 

A DÉCOUVRIR ÉGALEMENT CHEZ RUE DE SÈVRES

      

 

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Lettres d'amour de 0 à 10, par Susie Morgenstern & Thomas Baas

LETTRES D'AMOURUne histoire qui pétille et des personnages attachants, voilà qui compose une lecture savoureuse sur les secrets de famille et le véritable sens de l'amour ! C'est en effet ravissant et éclatant de bonheur.

Victoire de Montardent est un électron libre venu catalyser l'existence trop monotone du jeune Ernest Morlaisse. Et c'est tout le bien qu'on lui souhaite ! Élevé par sa grand-mère, le garçon a grandi en s'abstenant de poser des questions sur ses parents. Précieuse est une vieille dame prisonnière de ses fantômes. Ernest est sensible à sa détresse et n'ose pas la bousculer. Il suit une routine stricte, entre l'école et l'appartement, jamais il ne se détourne du droit chemin. Jusqu'au jour où débarque une nouvelle élève dans sa classe... et avec elle, ce sont les crochets au règlement, la fondue bourguignonne, les carrés de chocolat, les courses au supermarché, les grandes tablées au cœur d'une tribu turbulente. De fil en aiguille, la vision embrumée du garçon s'éclaircit et lui offre même la possibilité de braver l'interdit en retrouvant son papa !

Je n'avais jamais lu le roman de Susie Morgenstern jusqu'à présent (j'ignore pourquoi). Cette adaptation en bande dessinée a donc été une découverte de A à Z. Et j'ai beaucoup aimé ! ♥

Rue de Sèvres (2019)

Scénario, dessin & couleurs de Thomas Baas

d'après le roman de Susie Morgenstern

 

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28/11/19

L'Anniversaire du chat assassin, par Véronique Deiss & d'après Anne Fine

L'ANNIVERSAIRE DU CHAT ASSASSIN

En apprenant la date de sa naissance, Tuffy réclame à cor et à cri une grande fête d'anniversaire.
Or, le jour du 31 octobre, la famille d'Ellie organise une grosse fiesta avec tous leurs voisins pour fêter Halloween. Rancunier, Tuffy n'a pas dit son dernier mot.
Jour après jour, il va hanter les nuits du papa d'Ellie (ses jours aussi). Il va glisser des indices, mettre la pression, en parler à tous ses copains... Tuffy veut marquer le coup et donne rendez-vous à sa bande dans un hangar à chevaux.
Vient rapidement le jour J. Tandis que ça swingue et ça glousse dans la maison d'Ellie, l'ambiance dans la grange retombe vite. Les bonnes blagues, ça va cinq minutes. Et puis l'intrusion des chiens du quartier finit de boucler la boucle.
Tuffy entraîne ses camarades jusqu'au jardin de sa jeune maîtresse. On entend les rires et les exclamations depuis les buissons. Nul ne réalise le drame dans les coulisses : des chiens revanchards, les babines retroussées, et des potes aux abois....
La fête du 31 va forcément dégénérer par une succession de malentendus, de maladresses et de gags en puissance !
Cet épisode est extra, comme toute la série. L'humour de Tuffy est désopilant... auquel les illustrations facétieuses de Véronique Deiss apportent ce zeste supplémentaire.
Il y a du piment et de l'espièglerie dans l'air et c'est ce qui fait craquer les mômes.
Succès assuré et mérité.

Rue de Sèvres (2019)

 

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